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Sauriez-vous encore lire une carte routière ? Au Royaume-Uni, 45 % des conducteurs disent qu’ils se perdraient sans GPS, et seuls 5 % gardent un atlas papier

Au Royaume-Uni, une vaste enquête montre combien les automobilistes se reposent désormais sur le GPS, au point d’oublier la carte papier.

Commandée par l’automobiliste club britannique RAC et relayée par le site du même nom, une série de sondages menés en 2026 auprès de conducteurs au Royaume-Uni détaille l’ampleur de cette dépendance numérique. Entre stress au volant sans guidage et déclin de la lecture de cartes routières, ces chiffres dressent le portrait d’automobilistes parfois démunis dès que le GPS s’éteint.

Des conducteurs britanniques perdus sans assistance numérique

Premier constat tiré du sondage réalisé auprès de 2 000 conducteurs et rapporté par le site du RAC : 20 % des automobilistes britanniques déclarent ne pas se sentir à l’aise pour lire une carte routière ou un atlas traditionnel lorsqu’ils se rendent dans un endroit qu’ils ne connaissent pas.

La gêne ne se limite pas au manque d’aisance. Sans guidage numérique, les erreurs se multiplient : 69 % des conducteurs au Royaume-Uni reconnaissent qu’ils commettent des fautes de navigation lorsqu’ils roulent sans GPS ni application dédiée.

Près de 7 conducteurs britanniques sur 10 admettent faire des erreurs dès qu’ils roulent sans assistance de navigation.

Selon ce sondage relayé par le RAC, un tiers des personnes interrogées se disent stressées lorsqu’elles conduisent sans système de guidage. Le stress se traduit notamment par la peur de rater une sortie, de se tromper de direction ou de ne pas réussir à corriger rapidement une erreur d’itinéraire.

GPS coupé : retard, kilomètres inutiles et demi-tours

Les conséquences concrètes se voient sur le trajet. Toujours d’après l’enquête eBay citée par le RAC, 45 % des conducteurs britanniques estiment qu’ils se perdraient ou prendraient un mauvais embranchement s’ils devaient se débrouiller sans GPS.

Lorsque le trajet se poursuit sans assistance, les chiffres grimpent :

  • 29 % des conducteurs déclarent qu’ils roulent plus que nécessaire avant de retrouver le bon chemin ;
  • 25 % indiquent qu’ils arrivent en retard à destination, faute d’itinéraire clair.

Cette perte de repères contribue à ancrer l’usage quasi systématique des outils numériques. Toujours selon l’enquête rapportée par le site du RAC, 21 % des automobilistes disent utiliser un GPS ou une application de navigation « pour tous ou la plupart de leurs trajets, même lorsqu’ils connaissent déjà la route ».

Un conducteur britannique sur cinq utilise le GPS même sur des trajets qu’il connaît déjà par cœur.

Le smartphone détrône les GPS intégrés des voitures

Le téléphone intelligent facilite encore cette habitude. Dans cette étude, 46 % des conducteurs au Royaume-Uni disent préférer une application de navigation affichée sur l’écran de leur smartphone, ou via une duplication sur l’écran de la voiture. Les systèmes intégrés par les constructeurs sont nettement moins plébiscités : seulement 29 % des personnes interrogées s’appuient sur le GPS de bord de leur véhicule.

Un chiffre frappe particulièrement : seuls 5 % des conducteurs continuent à utiliser un atlas routier papier. La carte physique, autrefois indispensable dans la boîte à gants, devient un objet rare, voire inconnu pour les plus jeunes automobilistes.

Au Royaume-Uni, l’atlas routier papier ne survit plus que chez 5 % des conducteurs interrogés.

Les automobilistes veulent plus qu’un simple guidage tour par tour

Les données reprises par le RAC montrent aussi que les conducteurs n’attendent plus seulement un fléchage d’un point A à un point B. La demande porte sur des fonctions beaucoup plus avancées, en temps réel.

Parmi les options jugées les plus utiles par les automobilistes britanniques figurent :

  • les informations sur le trafic en direct (36 %) ;
  • des heures d’arrivée estimées jugées fiables (34 %) ;
  • le recalcul automatique de l’itinéraire en cas d’erreur ou d’embouteillage (27 %).

Ces attentes expliquent le succès des applications comme Google Maps, Waze ou Apple Plans, qui combinent guidage, informations communautaires et données remontées en temps réel.

Une confiance limitée dans les GPS, malgré une utilisation massive

Un second sondage mené par le RAC auprès de 1 601 conducteurs au Royaume-Uni montre une autre facette de la relation aux GPS : presque tout le monde les utilise, mais peu les suivent aveuglément.

Selon ces données, 91 % des automobilistes britanniques recourent à un système de navigation :

  • 8 % sur chaque trajet ;
  • 30 % pour la plupart de leurs déplacements ;
  • 53 % seulement de temps à autre.

Malgré cet usage massif, la confiance reste mesurée. Le RAC rapporte que 84 % des conducteurs ayant choisi d’ignorer les instructions de leur GPS sont finalement arrivés plus tôt que l’estimation fournie par l’appareil ou l’application. Une partie non négligeable des automobilistes préfère donc encore son propre jugement à celui de la technologie, surtout lorsqu’elle connaît un raccourci local.

Au Royaume-Uni, 84 % des conducteurs qui ont contredit leur GPS sont arrivés plus vite que l’heure annoncée.

Des sources d’énervement bien identifiées

Les raisons de cette méfiance relative apparaissent clairement dans les plaintes remontées au RAC. Parmi les utilisateurs :

  • 52 % estiment que leur système ne détecte pas correctement les embouteillages à venir ;
  • 44 % reprochent aux GPS de les envoyer sur des chemins trop étroits ou des petites routes peu adaptées ;
  • 19 % affirment avoir failli rester coincés après avoir été dirigés vers une impasse difficile à manœuvrer ;
  • 11 % racontent avoir été guidés à contresens dans une rue à sens unique.

Malgré ces problèmes, 12 % des conducteurs reconnaissent suivre les indications de leur GPS sans jamais les remettre en question. La grande majorité, 89 %, adopte une attitude plus prudente, en s’autorisant à ignorer les consignes lorsqu’ils pensent connaître un meilleur chemin.

Quelles habitudes de navigation en France ?

En France, aucun sondage récent strictement équivalent à ceux du RAC n’est cité dans cet article britannique. Les tendances observées au Royaume-Uni restent cependant comparables à ce que constatent les acteurs du secteur : généralisation des applications sur smartphone, recul de la carte papier et mélange de confiance et de méfiance envers le GPS.

Les automobilistes français utilisent eux aussi massivement les applications mobiles de guidage. De nombreux véhicules récents sont équipés de systèmes embarqués, mais ces derniers restent souvent en concurrence avec les services gratuits installés sur les téléphones. Le principe est identique : un écran central, un guidage vocal, des informations sur le trafic et un recalcul d’itinéraire en cas de ralentissement.

Comme au Royaume-Uni, la carte routière papier ne disparaît pas totalement en France, mais elle devient un outil de secours, apprécié surtout par certains professionnels de la route, des conducteurs plus âgés ou des randonneurs qui préfèrent garder une vision d’ensemble du territoire.

Lire une carte routière, un savoir-faire qui s’étiole

Ces chiffres britanniques questionnent un point précis : la capacité à se repérer sans écran. Lire une carte ne consiste pas seulement à suivre une couleur de route. Cela suppose de savoir :

  • repérer les axes principaux et secondaires ;
  • estimer les distances grâce à l’échelle ;
  • anticiper les changements de direction ;
  • comprendre la hiérarchie du réseau routier (autoroutes, nationales, départementales) ;
  • adapter son itinéraire à la topographie (relief, virages, traversées de villages).

Sans cette compétence, un conducteur devient très vulnérable en cas de batterie vide, de perte de réseau ou de panne du système intégré. Dans les zones rurales ou les régions de montagne, cette perte de repères peut rapidement rallonger un trajet, voire compliquer le retour vers un axe principal.

Un atout en cas de panne technologique

Au-delà du confort, les spécialistes de la sécurité routière rappellent régulièrement qu’un minimum de sens de l’orientation et de lecture de carte reste utile. Un simple atlas au format poche, rangé dans la voiture, peut permettre de :

  • retrouver un axe majeur après une déviation non indiquée ;
  • choisir une route de repli en cas de fermeture d’autoroute ;
  • comprendre rapidement où l’on se situe sur une grande zone, ce que les zooms du GPS ne montrent pas toujours clairement.

Dans les faits, cette habitude se perd au Royaume-Uni comme en France. L’étude citée par le RAC, avec ses 5 % d’utilisateurs d’atlas papier, montre à quel point la navigation est devenue un service entièrement délégué aux appareils.

GPS, applications et sécurité : un équilibre à trouver

Les données britanniques mettent en lumière un paradoxe : les GPS réduisent fortement le risque de se perdre, mais la confiance totale dans la technologie peut, dans certains cas, exposer à des situations risquées, comme les demi-tours difficiles, les impasses ou les sens interdits évoqués par les conducteurs interrogés.

Les autorités de la route, au Royaume-Uni comme en France, rappellent par ailleurs que l’utilisation d’un téléphone en conduisant est strictement encadrée. Toute manipulation du smartphone tenu en main au volant est sanctionnée. L’usage d’un support fixe et des commandes vocales est donc recommandé pour accéder à une application de guidage sans détourner son attention de la route.

Pour les automobilistes français, l’exemple britannique sert de mise en garde : s’appuyer sur un GPS rend les trajets plus simples, mais conserver quelques réflexes de lecture de carte et un sens général de la géographie reste un vrai filet de sécurité en cas de panne, de réseau absent ou d’itinéraire mal calculé.

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