Retrouvée après des années dans des collections privées, la Ferrari 550 Maranello rouge de Michael Jordan affiche moins de 29 000 km et un carnet signé de sa main
Aux États-Unis, une rare Ferrari 550 Maranello jadis conduite par Michael Jordan refait surface après un long passage dans l’ombre.
Le site américain spécialisé dans les voitures de collection We Are Curated raconte avoir remis la main sur une Ferrari 550 Maranello rouge achetée neuve par Michael Jordan à la fin des années 1990. Une auto devenue mythique, tant pour les fans de sport automobile que pour les passionnés de basket et de sneakers, et qui réapparaît dans un état remarquablement préservé.
Une Ferrari légendaire liée aux plus grands exploits de Jordan
Selon le récit de We Are Curated, cette Ferrari 550 Maranello rouge, dotée d’un intérieur beige et de jantes Speedline chromées, a été livrée neuve à Michael Jordan en 1997, en pleine période faste des Chicago Bulls en NBA. Le bolide a notamment été photographié alors que la star le conduisait après le titre décroché en 1997, dans la foulée du célèbre « Flu Game », l’un des matchs les plus marquants de sa carrière.
Après ces apparitions publiques, la voiture disparaît des radars. Elle glisse progressivement dans des collections privées et devient presque une légende urbaine pour les amateurs de voitures d’exception comme pour les fans de Jordan. Pendant des années, seuls quelques clichés circulent, sans aucune certitude sur l’endroit où elle se trouve.
Restée introuvable pendant des années, la Ferrari 550 Maranello rouge de Michael Jordan vient de réapparaître, avec un faible kilométrage et des documents exceptionnels, dont un carnet signé de sa main.
Le modèle en lui-même n’a rien d’anodin. La 550 Maranello incarne une époque très prisée de Ferrari : un coupé grand tourisme à moteur V12 à l’avant, associé à une boîte mécanique à grille apparente, symbole absolu pour de nombreux collectionneurs.
Une inspiration directe pour une paire de Air Jordan culte
Cette 550 Maranello dépasse largement le cadre des passionnés de voitures. Elle occupe une place particulière dans l’univers des sneakers. Dans la vidéo publiée par We Are Curated, des spécialistes de baskets rappellent que cette Ferrari a servi de modèle direct à la Air Jordan 14, la chaussure portée par Jordan lors de son fameux « Last Shot » en 1998, qui scelle son sixième titre de champion NBA.
Le designer Tinker Hatfield, figure légendaire de Nike, a puisé dans la passion de Jordan pour les voitures de sport. Là où la Air Jordan 5 s’inspirait d’un avion de chasse, la Air Jordan 14 reprend clairement les codes de cette Ferrari 550 Maranello précise. Les détails sont nombreux : badge rappelant le logo au cheval cabré, prises d’air stylisées, semelle évoquant une bande de roulement.
La Ferrari 550 Maranello : coupé V12 à moteur avant, boîte manuelle à grille.
La Air Jordan 14 : chaussure inspirée visuellement de ce modèle précis.
Le lien : le goût assumé de Jordan pour les voitures d’exception comme source de design.
Pour les collectionneurs de sneakers, cette voiture devient ainsi une véritable pièce d’histoire, à la fois objet automobile et source d’inspiration pour l’un des modèles les plus emblématiques de la gamme Jordan.
Une traque digne d’un film pour retrouver la voiture
Retrouver une voiture des années 1990 ayant appartenu à une célébrité relève souvent du défi. Dans ce cas, le point de départ tient presque de l’anecdote. L’équipe de We Are Curated part d’une simple rumeur et d’un message sur un forum qui ne mentionne que les six derniers chiffres du numéro de série de la Ferrari.
Petit à petit, ils parviennent à reconstituer le numéro de châssis complet. Ils contactent alors un interlocuteur chez Ferrari afin de vérifier la trace de la voiture dans le registre de la marque. La réponse confirme la piste : le véhicule est toujours déclaré au nom de Michael Jordan, avec ses plaques personnalisées « MJ 5 ».
Convaincue que l’auto existe encore quelque part, l’équipe décide d’aller plus loin. We Are Curated envoie un chasseur de voitures – un « barn find hunter », spécialiste des trouvailles cachées – vivre plusieurs semaines en Californie. Sa mission : remonter la piste dans la ville où la Ferrari était immatriculée.
Sur place, il visite ateliers mécaniques, garages, adresses professionnelles. Après un long travail de fourmi, un premier indice apparaît, puis un contact se dessine. L’auto appartient à un propriétaire riche et très discret, peu enclin à la médiatisation, qui finit par téléphoner en colère.
La conversation s’apaise. Le vendeur raconte finalement : « Au départ, je vous appelais pour vous crier dessus, mais tout ce que vous avez fait a fonctionné, et vous m’avez eu. » L’accord se fait, mais dans des conditions très particulières.
Un achat record… sans avoir vu la Ferrari
La discrétion exigée par le propriétaire oblige l’équipe à accepter un pari risqué. Les responsables de We Are Curated expliquent avoir versé une somme record pour ce type de modèle, sans aucune inspection préalable.
Ils n’avaient ni photos détaillées, ni certitude sur l’état de la voiture. Aucune visite sur place n’a été possible. « Nous avons fini par payer un record mondial, et nous n’avions pas inspecté la voiture, nous ne l’avions pas vue, nous n’avions aucune photo. Je ne savais pas à quoi elle ressemblait », reconnaissent-ils dans la vidéo.
Payer un montant record pour une Ferrari de collection, sans la voir ni la faire expertiser, représente un pari financier rare dans ce milieu.
Le transport est organisé, la Ferrari prend la route vers son nouveau propriétaire. Tout l’enjeu repose alors sur le moment où la voiture sortira du camion.
Une auto en état remarquable et un carnet signé « Michael Jordan »
À l’arrivée, la surprise est très favorable pour les acheteurs. Loin d’une carrosserie fatiguée ou d’un intérieur usé, la 550 Maranello apparaît en excellent état. Le compteur affiche un kilométrage relativement bas pour un véhicule de 1997 : moins de 29 000 km, soit un usage modéré sur près de trois décennies.
Mais l’élément qui fait réellement basculer cette Ferrari dans une autre dimension concerne les documents qui l’accompagnent. We Are Curated détaille la présence :
d’une copie du titre d’immatriculation original de l’Illinois, État où Jordan évoluait avec les Chicago Bulls ;
des trousses à outils d’origine, souvent perdues ou égarées au fil des années ;
du carnet de garantie d’usine, signé non pas par un gestionnaire ou une société, mais par Michael Jordan lui-même.
Pour un collectionneur, un carnet d’entretien ou un livret de garantie signé directement par l’acheteur célèbre constitue un atout rare. Il authentifie l’origine de la voiture, renforce sa valeur et raconte très concrètement le lien entre le joueur et ce modèle précis.
Une coïncidence de date qui renforce la dimension symbolique
L’histoire réserve un dernier clin d’œil. L’équipe de We Are Curated décide de faire acheminer la Ferrari à Chicago pour une présentation officielle, sans connaître la date exacte d’achat par Jordan. La voiture arrive dans la ville le 29 mai.
Ce n’est qu’ensuite que l’équipe découvre que Michael Jordan avait pris livraison de cette Ferrari le 29 mai 1997. La 550 Maranello revient donc à Chicago précisément 29 ans jour pour jour après son achat initial, comme un retour symbolique à son point de départ.
Livrée le 29 mai 1997 à Michael Jordan, la Ferrari 550 Maranello est revenue à Chicago un 29 mai, exactement 29 ans après sa première livraison.
Ce hasard renforce encore la dimension « hollywoodienne » de l’histoire, déjà marquée par une chasse quasi policière, un achat à l’aveugle et une voiture étroitement liée à la dernière grande page écrite par Jordan avec les Bulls.
Ce que représente une telle Ferrari pour un collectionneur français
Pour un amateur français, une 550 Maranello de célébrité, dotée d’un historique limpide et d’un faible kilométrage, cumule plusieurs facteurs recherchés. Le modèle bénéficie déjà d’une cote solide sur le marché des véhicules de collection, notamment pour son moteur V12 atmosphérique et sa boîte manuelle, une configuration de plus en plus rare.
Lorsqu’elle est associée à un propriétaire comme Michael Jordan, la valeur ne se limite plus à la fiche technique. Elle englobe la dimension culturelle et sportive. L’historique complet, avec documents d’origine, carnet de garantie signé, titres d’immatriculation conservés et accessoires d’époque, compte énormément lors d’une vente, y compris en France.
Sur le marché français, comme sur les principaux marchés européens, les Ferrari de cette période voient leur attrait renforcé par la combinaison suivante :
un design encore relativement récent, facilement utilisable sur route ;
un moteur noble, considéré comme le cœur de l’identité Ferrari ;
une production limitée par rapport aux véhicules de grande série ;
un historique vérifiable, avec factures et documents d’usine.
Les acheteurs français accordent eux aussi une grande importance au carnet d’entretien tamponné et aux preuves de propriété, surtout lorsqu’un nom connu apparaît sur les papiers. Un simple changement de propriétaire sans trace écrite peut, au contraire, faire douter et réduire la valeur d’un véhicule de collection.
Pourquoi l’historique et la traçabilité comptent autant
L’histoire de cette Ferrari 550 Maranello illustre un point souvent rappelé aux passionnés : l’historique et la documentation peuvent peser presque autant que la voiture elle-même. Dans le cas présent, le faible kilométrage, l’état général et la signature de Michael Jordan sur le carnet renforcent tous la rareté de l’exemplaire.
Pour un collectionneur, conserver :
les documents d’immatriculation d’origine,
les livrets fournis par le constructeur,
les outils, pochettes et accessoires livrés avec la voiture,
les factures d’entretien et de réparation,
permet non seulement de faciliter une revente future, mais aussi de garantir la crédibilité de la voiture sur le marché international. Une Ferrari associée à un grand nom du sport ou du spectacle, mais dépourvue de toute preuve écrite, perd une partie de son intérêt pour les acheteurs sérieux.
À travers ce récit, We Are Curated met en lumière la manière dont une supercar des années 1990 peut devenir une pièce de collection transversale : objet mécanique, symbole de la carrière d’un joueur et source d’inspiration pour une basket culte. Autant d’éléments qui expliquent l’acharnement déployé pour retrouver cette 550 Maranello et l’enthousiasme suscité par sa réapparition, carnet signé de la main de Michael Jordan à l’appui.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.