Au bar en Italie comme au bistrot en France, le choix du café n’est pas anodin : certains formats sont bien plus favorables à la santé.
Interrogée par le magazine italien Grazia, la pharmacienne et nutritionniste Laure Hyvernat détaille quel type de café privilégier au comptoir, comment le sucrer et avec quel lait le consommer. Son objectif : transformer la pause café, en Italie comme en France, en un geste réellement bénéfique plutôt qu’en simple dose de caféine avalée machinalement.
Le café le plus sain au comptoir : noir, serré… et sans sucre
Pour Laure Hyvernat, le choix est clair : le café le plus sain à commander reste le café noir, sans lait ni sucre. Qu’il soit très court ou un peu plus long, c’est lui qui concentre le plus d’intérêts santé.
La nutritionniste privilégie le café noir espresso ou très serré, sans lait ni sucre, pour profiter au maximum de ses effets protecteurs.
Espresso ou très serré : pourquoi ce format est privilégié
Un espresso ou un café très serré contient une forte concentration de polphénols, ces composés d’origine végétale connus pour leurs propriétés antioxydantes et anti‑inflammatoires. Ils participent à la protection des cellules contre le stress oxydatif et sont associés à un moindre risque de maladies cardiovasculaires, de certains cancers et de diabète.
La teneur en caféine d’un espresso est globalement comparable à celle d’un café allongé, mais avec un volume bien plus faible. Ce point intéresse directement les personnes qui ont l’estomac fragile.
Un petit volume de café, à teneur similaire en caféine, limite le contact avec la muqueuse digestive et convient mieux aux estomacs sensibles.
La nutritionniste met en avant ce rapport volume/caféine : le café reste stimulant, tout en étant moins agressif pour l’estomac et l’intestin qu’un grand mug avalé trop vite.
Différence entre café serré et espresso classique
Dans les bars italiens, mais aussi dans certains cafés français, on distingue le café serré (proche du « ristretto » italien) de l’espresso standard. La différence tient à deux paramètres : quantité d’eau et temps d’extraction.
Type de café
Volume moyen
Temps d’extraction
Profil en bouche
Café serré
Environ 15–20 ml
Moins de 20 secondes
Très concentré, corsé, aromatique
Espresso classique
Environ 25–30 ml
Temps standard, plus long
Un peu plus doux, moins dense
Le café serré contient un volume moindre, est plus dense et donne une impression de force accrue. La nutritionniste rappelle pourtant qu’il peut contenir un peu moins de caféine qu’un espresso plus long, malgré cette sensation en bouche, en raison du temps d’extraction plus court.
Avec lait : café crème, cappuccino, latte… vraiment une mauvaise idée ?
Les options à base de lait — café crème, cappuccino, latte — ne sont pas automatiquement « interdites ». Laure Hyvernat insiste toutefois sur plusieurs points qui changent largement leur impact sur la santé.
Les boissons café + lait ne sont pas forcément nocives, mais leur effet varie selon le type de lait, la fréquence de consommation et le profil hormonal de chacun.
Trois critères qui font la différence
Le type de lait : lait de vache entier, demi‑écrémé, écrémé ou boisson végétale (avoine, amande, soja) n’ont pas le même profil en graisses, en sucres et en protéines.
La fréquence : un cappuccino ou un grand café latte occasionnel ne pose pas le même problème qu’une consommation quotidienne répétée.
Le profil métabolique et hormonal : résistance à l’insuline, troubles hormonaux ou digestifs modifient la tolérance à ces boissons.
La nutritionniste explique qu’elle déconseille les cafés très lactés à certaines de ses patientes. Sont particulièrement concernées celles qui présentent une résistance à l’insuline, ou des troubles hormonaux comme l’endométriose, l’acné hormonale ou le syndrome des ovaires polykystiques.
Dans ces situations, associer régulièrement café et lait, surtout de vache, peut favoriser des pics glycémiques plus marqués ou entretenir une inflammation de bas grade déjà présente. L’effet n’est pas le même pour tout le monde, mais ces profils nécessitent davantage de prudence.
Lait de vache ou boisson végétale : un choix à adapter
Pour un consommateur sans problème particulier, un cappuccino au lait de vache pris de temps en temps reste compatible avec une alimentation équilibrée. Le choix du lait permet néanmoins d’ajuster la boisson :
Lait entier : plus crémeux, plus riche en graisses saturées et en calories.
Lait demi‑écrémé ou écrémé : moins gras, mais la texture est moins onctueuse.
Boissons végétales : profil très variable selon la marque, parfois enrichies en sucres ou en additifs.
Laure Hyvernat invite à regarder la composition des boissons végétales, souvent perçues comme « automatiquement saines » alors que certaines versions sont fortement sucrées ou très transformées.
Faut‑il sucrer son café, et avec quoi ?
Une autre question fréquente au comptoir concerne le sucre. Pour la nutritionniste, l’idéal reste de s’en passer. C’est la condition pour limiter les pics de glycémie répétées dans la journée, surtout chez ceux qui consomment plusieurs cafés.
Supprimer le sucre du café est un geste simple qui réduit l’accumulation de petites charges glycémiques à longueur de journée.
Pour les personnes habituées à un café très sucré, un sevrage brutal peut paraître difficile. Une stratégie réaliste consiste à diminuer progressivement la quantité de sucre, ou à passer du sucre blanc raffiné à des alternatives un peu moins transformées, tout en gardant à l’esprit que cela reste… du sucre.
Les édulcorants de synthèse ou intenses ne constituent pas nécessairement une solution durable. Même s’ils n’apportent quasiment pas de calories, ils entretiennent le goût pour le sucré et peuvent perturber certains signaux de faim et de satiété. Sur ce point, la majorité des autorités de santé recommandent la modération.
Ce qui change pour un amateur de café en France
Les recommandations de Laure Hyvernat, recueillies par Grazia en Italie, s’appliquent très facilement aux habitudes françaises, que l’on soit adepte du « petit noir au zinc » ou du grand café allongé pris en terrasse.
Au bar français : petit noir plutôt que grande tasse
Dans les cafés hexagonaux, on retrouve une offre proche de l’Italie : espresso au comptoir, café serré sur demande, mais aussi allongé, noisette, café crème ou boissons lactées de type latte.
Pour se rapprocher du conseil de la nutritionniste, un consommateur français peut :
opter pour un petit noir ou un espresso serré plutôt qu’un grand allongé, afin de limiter le volume total ingéré tout en conservant l’effet stimulant ;
réserver le café crème ou le cappuccino à des moments ponctuels, plutôt que de les consommer plusieurs fois par jour ;
demander son café sans sucre ajouté, même si un sachet est posé sur la soucoupe, et éviter d’en mettre « par réflexe ».
En France, comme en Italie, rien n’interdit un cappuccino dominical ou un latte gourmand. L’enjeu se situe dans la répétition : un café noir non sucré reste neutre ou bénéfique pour la plupart des adultes, là où des boissons très sucrées ou très lactées, consommées plusieurs fois par jour, pèsent rapidement sur l’équilibre métabolique.
Adapter sa consommation de café à son profil
Laure Hyvernat insiste sur le caractère très individuel de la tolérance au café. Certaines personnes encaissent plusieurs expressos par jour sans inconfort particulier, d’autres ressentent palpitations, nervosité ou troubles du sommeil dès la deuxième tasse.
Le bon format de café dépend aussi du sommeil, de l’état hormonal, de la digestion et de la sensibilité personnelle à la caféine.
Les personnes souffrant de reflux gastro‑œsophagien, d’ulcère ou d’intestin irritable ont tout intérêt à privilégier des petits volumes, à ne pas boire leur café à jeun et à rester attentives aux signaux de leur corps.
Chez celles suivies pour des troubles comme la résistance à l’insuline, l’endométriose, l’acné hormonale ou le syndrome des ovaires polykystiques, l’avis de la nutritionniste reste prudent sur les cafés très sucrés ou très lactés. En cas de doute, un échange avec un professionnel de santé permet d’ajuster la consommation plutôt que de l’arrêter brutalement.
Quelques repères pratiques pour la prochaine pause café
Pour rendre ces conseils concrets, la nutritionniste invite à raisonner en choix simples au comptoir :
Si vous hésitez, choisir un café noir court, sans sucre.
Garder les cafés avec beaucoup de lait ou de sucre pour les occasions.
Éviter d’enchaîner les tasses tout au long de la journée, surtout en fin d’après‑midi.
La pause café reste un moment social, convivial, ancré dans le quotidien en France comme en Italie. En ajustant légèrement le format de la boisson, en réduisant le sucre et en réservant les recettes les plus riches aux moments exceptionnels, elle peut aussi devenir un véritable allié santé — sans renoncer au plaisir d’un bon café bien préparé.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.
Pourquoi un espresso est-il plus sain qu'un café allongé ?
Un espresso contient une forte concentration de polyphénols, ces composés aux propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires. Avec un volume bien plus faible, il fournit une caféine comparable tout en étant moins agressif pour l'estomac et l'intestin.
Peut-on consommer un cappuccino ou un latte régulièrement ?
Un cappuccino ou latte occasionnel ne pose pas de problème pour un consommateur sans trouble particulier. Cependant, une consommation quotidienne est déconseillée, surtout pour les personnes ayant une résistance à l'insuline ou des troubles hormonaux comme l'endométriose ou le syndrome des ovaires polykystiques.
Quel lait choisir pour son café ?
Le lait entier est plus crémeux mais riche en graisses saturées. Le lait demi-écrémé ou écrémé limite l'apport gras. Les boissons végétales offrent un profil variable : il faut vérifier leur composition car certaines sont fortement sucrées ou très transformées.
Est-il vraiment nécessaire de supprimer le sucre du café ?
Supprimer le sucre limite les pics de glycémie répétés au long de la journée. Pour un sevrage progressif, il est possible de diminuer graduellement la quantité ou de passer à des alternatives moins transformées, bien que cela reste du sucre.
Les édulcorants de synthèse sont-ils une bonne alternative ?
Même s'ils n'apportent quasiment pas de calories, les édulcorants de synthèse entretiennent le goût pour le sucré et peuvent perturber les signaux de faim et de satiété. Les autorités de santé recommandent la modération.