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Jugé trop agressif, le freinage d’urgence automatique est désactivé par 21,3 % des conducteurs au Royaume-Uni, et 25,9 % n’utilisent jamais leur régulateur adaptatif

Au Royaume-Uni, une étude montre que de nombreux conducteurs boudent les aides à la conduite modernes, jugées compliquées ou trop intrusives.

Alors que les voitures neuves au Royaume-Uni se remplissent de technologies censées faciliter et sécuriser la conduite, une enquête relayée par le site spécialisé Carscoops montre qu’une part notable des automobilistes n’en veut tout simplement pas. Certains systèmes sont même délibérément désactivés, notamment le freinage d’urgence automatique, pourtant conçu pour éviter les accidents.

Une étude nationale sur 1 350 automobilistes britanniques

L’enquête a été réalisée durant l’été 2026 par l’institut Censuswide auprès de 1 350 conducteurs au Royaume-Uni, pour le compte du grand groupe de concessions britannique Dick Lovett. Objectif : savoir quelles technologies embarquées sont réellement utilisées au quotidien, et lesquelles restent ignorées ou coupées.

Les résultats montrent un fossé grandissant entre l’équipement des voitures modernes et l’usage réel qu’en font leurs propriétaires.

Les chercheurs ont interrogé uniquement des conducteurs dont les véhicules disposent déjà de certains équipements : aides à la conduite, systèmes connectés, fonctions de confort ou de personnalisation. Les réponses mettent en évidence des systèmes très appréciés, comme la connexion Bluetooth, mais aussi des fonctions avancées largement délaissées.

Freinage d’urgence automatique et régulateur adaptatif dans le viseur

Parmi les chiffres les plus frappants, un concerne directement la sécurité. Selon l’étude, 21,3 % des conducteurs désactivent le freinage d’urgence automatique de leur voiture. Un système pourtant censé intervenir en cas de collision imminente, pour limiter la gravité d’un choc, voire l’éviter.

Les personnes interrogées expliquent souvent trouver ce dispositif trop agressif. Il se déclenche selon eux dans des situations jugées bénignes, ce qui crée du stress ou des réactions inattendues du véhicule.

Au Royaume-Uni, 21,3 % des conducteurs coupent purement et simplement le freinage d’urgence automatique, et 25,9 % n’utilisent jamais leur régulateur adaptatif.

Le régulateur de vitesse adaptatif, qui ajuste automatiquement la vitesse pour garder une distance de sécurité avec le véhicule de devant, est aussi largement boudé. L’étude note que 25,9 % des propriétaires de voitures équipées ne l’activent jamais. Autre signe de malaise : 7 % des répondants reconnaissent qu’ils ne sauraient même pas comment s’en servir.

Lane assist, assistants vocaux, affichage tête haute : des aides mal acceptées

Le rejet ne s’arrête pas là. D’autres aides à la conduite subissent le même sort :

  • près de 18 % des conducteurs évitent d’utiliser l’assistant de maintien dans la voie ;
  • 17,8 % ne se servent pas de l’assistant vocal intégré ;
  • 17,1 % des automobilistes disposant d’un affichage tête haute en réalité augmentée refusent de l’allumer, et 7 % supplémentaires ne savent pas le faire fonctionner.

Ces pourcentages ne concernent que les conducteurs possédant effectivement ces systèmes. Ils illustrent une forme de défiance face à des aides perçues comme envahissantes, trop complexes, ou peu intuitives.

Des équipements de confort souvent payés… mais rarement utilisés

L’étude ne se limite pas aux aides à la conduite. Elle s’intéresse aussi à des équipements de confort relativement haut de gamme, comme les sièges massants. Là encore, l’usage reste modeste.

Parmi les automobilistes interrogés qui possèdent des sièges massants, seuls 22 % déclarent les utiliser régulièrement. Et la majorité des conducteurs ne disposent même pas de ce type d’option : 67,3 % des personnes sondées n’ont pas de sièges massants dans leur voiture.

Les chiffres sont proches pour d’autres technologies :

  • seuls 22,4 % disent utiliser l’affichage tête haute en réalité augmentée lorsqu’il est présent ;
  • 24,5 % utilisent la fonction de démarrage à distance quand leur véhicule en est équipé ;
  • 62 % des répondants n’ont pas de démarrage à distance ;
  • 60,5 % n’ont pas d’affichage tête haute en réalité augmentée ;
  • 57,3 % ne disposent pas de climatisation pilotable par application.

Ces équipements restent donc minoritaires dans le parc, et lorsqu’ils sont présents, ils ne sont pas toujours exploités. Pour certains acheteurs, cela représente un surcoût peu justifié, puisque les fonctions restent inactives.

Les technologies que les Britanniques apprécient vraiment

À l’inverse, des fonctions jugées plus simples et immédiates sont largement adoptées. La même étude livre un classement des technologies préférées des automobilistes au Royaume-Uni.

Technologie Proportion de conducteurs qui l’utilisent régulièrement
Connexion Bluetooth 58,3 %
Caméra de recul 45,7 %
Navigation intégrée 44,5 %
Pare-brise chauffant 41 %
Sièges chauffants 31,9 %
Chargeur de téléphone sans fil 31,9 %
Surveillance d’angle mort 29,4 %
Caméra à 360 degrés 27,8 %
Modes de conduite 27,3 %
Régulateur adaptatif 26,9 %

La connexion Bluetooth arrive en tête : 58,3 % des conducteurs assurent ne pas pouvoir s’en passer.

Les caméras de recul, la navigation intégrée et le pare-brise chauffant font aussi partie des équipements qui ont clairement trouvé leur public. Ils sont perçus comme simples, immédiatement utiles, sans nécessiter de réglages complexes ou de longues explications.

Les modes de conduite restent largement sous-exploités

L’étude pointe également l’usage des modes de conduite (confort, sport, éco, etc.), désormais présents sur la quasi-totalité des voitures modernes. Seuls 27,3 % des automobilistes déclarent les utiliser régulièrement.

Les jeunes conducteurs se montrent plus curieux : chez les 25-34 ans, 38,3 % disent jouer fréquemment avec ces réglages. Les autres tranches d’âge restent plus réservées, laissant souvent la voiture en mode standard.

Un fossé générationnel face à la technologie embarquée

L’âge apparaît comme un facteur clé pour expliquer l’usage ou non de ces équipements. Censuswide observe de fortes différences entre jeunes conducteurs et automobilistes plus âgés.

  • la connexion Bluetooth est utilisée par 68,5 % des 25-34 ans et 68,8 % des 35-44 ans, contre 49,7 % seulement des 55 ans et plus ;
  • la recharge sans fil du téléphone séduit 44,4 % des 35-44 ans, mais seulement 20,7 % des conducteurs de plus de 55 ans ;
  • le démarrage à distance est utilisé par plus d’un quart des moins de 35 ans, mais tombe à 5,1 % au-delà de 55 ans.

Fait notable : le pare-brise chauffant échappe à cette logique. Son utilisation augmente avec l’âge, passant de 27,2 % chez les 18-24 ans à près de 45 % chez les 45-54 ans. Un équipement concret, directement lié au confort en hiver, qui parle davantage aux automobilistes expérimentés.

Un problème de pédagogie et de rapport qualité/prix

Derrière ces chiffres, Carscoops souligne un constat simple : bon nombre de conducteurs britanniques paient pour des technologies qu’ils ne maîtrisent pas, ou dont l’usage ne leur a jamais été correctement expliqué. Résultat, beaucoup jugent qu’elles ne valent pas l’effort nécessaire pour les apprivoiser.

« À mesure que les voitures deviennent de plus en plus sophistiquées, prendre le temps de comprendre ce que votre véhicule peut faire ne consiste pas seulement à en avoir pour son argent, cela peut aussi aider à améliorer la sécurité, le confort et l’expérience de conduite en général », souligne Alex Lee, expert du groupe Dick Lovett.

Les systèmes liés à la sécurité resteront présents, les régulateurs européens imposant progressivement ce type d’équipements. En revanche, les options de confort très coûteuses, comme les sièges massants ou certains affichages en réalité augmentée, pourraient être revues si les constructeurs estiment que les clients ne les utilisent pas.

Que se passe-t-il en France ?

En France, la situation présente de nombreux points communs, même si les chiffres de l’étude concernent uniquement le Royaume-Uni. Les aides à la conduite comme le freinage d’urgence automatique ou l’alerte de franchissement de ligne se généralisent aussi, sous l’impulsion de la réglementation européenne.

Les véhicules neufs vendus sur le marché français doivent intégrer un certain nombre de systèmes d’assistance : limiteur de vitesse intelligent, aide au maintien dans la voie, surveillance de la somnolence, entre autres. Ces obligations s’appliquent progressivement à l’ensemble des nouveaux modèles mis sur le marché.

En pratique, de nombreux conducteurs français expriment les mêmes réserves que leurs voisins britanniques : ressentiment face à des alertes jugées excessives, doute sur l’efficacité réelle, manque de clarté dans les menus. Les concessionnaires jouent un rôle clé, comparable à celui de groupes comme Dick Lovett au Royaume-Uni : ce sont eux qui doivent expliquer les fonctions, paramétrer les aides et rassurer les clients.

Les équivalents français des dispositifs cités dans l’étude existent déjà :

  • régulateur et limiteur de vitesse, avec ou sans adaptation automatique ;
  • systèmes d’aide au maintien dans la voie et d’alerte de franchissement ;
  • freinage automatique d’urgence ;
  • surveillance d’angle mort, caméras à 360 degrés ;
  • sièges chauffants, parfois massants, et pare-brise chauffant sur certains modèles.

Comme au Royaume-Uni, l’enjeu pour les conducteurs français reste de comprendre ce que fait leur voiture, comment ajuster les aides à leur goût, et dans quelles situations ces systèmes peuvent réellement renforcer la sécurité plutôt que de devenir une source de stress.

Quelques repères utiles sur les technologies citées

Le freinage d’urgence automatique repose sur des capteurs (radar, caméra, parfois lidar) qui détectent un risque de collision frontale. Le système prévient le conducteur, puis freine le véhicule si aucune réaction n’est détectée. Sur route encombrée ou en ville, des réglages trop sensibles peuvent donner le sentiment que la voiture freine « pour rien », d’où les critiques de certains automobilistes.

Le régulateur adaptatif, lui, conserve la vitesse choisie tout en maintenant une distance avec le véhicule qui précède. L’automobiliste choisit généralement le niveau de distance souhaité. Ce système est surtout utile sur autoroute ou voie rapide, avec un trafic relativement fluide. Mal utilisé en ville ou dans des conditions très variables, il peut vite agacer.

L’affichage tête haute en réalité augmentée projette des informations de conduite directement dans le champ de vision, sur le pare-brise ou sur une zone dédiée. Il peut afficher la vitesse, les indications de navigation, voire des alertes de changement de file. Bien paramétré, il permet de limiter les détours du regard vers l’écran central. Mal réglé, il peut donner l’impression d’un surplus d’informations devant les yeux.

Pour un conducteur français comme britannique, l’enjeu consiste souvent à consacrer un peu de temps, lors de la prise en main du véhicule, à ces fonctions méconnues. Sans apprentissage minimal, une partie de ces technologies reste perçue comme une contrainte, alors qu’elles ont été conçues pour simplifier la conduite ou renforcer la sécurité.

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