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Après la France, le Canada et la Chine, l’Italie dresse sa première carte de l’hydrogène naturel caché dans son sous-sol

L’Italie vient de franchir une étape stratégique en cartographiant pour la première fois l’hydrogène naturel présent sous son territoire, à l’image de la France, du Canada et de la Chine.

Ce travail de repérage inédit, révélé par un média spécialisé italien, marque l’entrée officielle de la péninsule dans la course à l’hydrogène naturel, un gaz déjà étudié en France, au Canada et en Chine comme future ressource énergétique à faible émission de carbone. Les autorités italiennes espèrent ainsi identifier de nouveaux gisements potentiels, voire une « manne énergétique » encore largement méconnue.

Une première carte nationale de l’hydrogène naturel en Italie

Selon le média italien à l’origine de l’information, les services géologiques de l’État ont rassemblé et croisé des données issues de forages, d’anciennes campagnes de prospection pétrolière et gazière, d’analyses géochimiques et de relevés de terrain. Objectif : dresser une première carte nationale des zones où de l’hydrogène naturel pourrait être présent dans le sous-sol italien.

Cette carte ne recense pas seulement quelques points isolés, mais des ensembles de structures géologiques favorables à la génération ou à la circulation de ce gaz. Elle met en avant des secteurs précis, par exemple :

  • les zones de failles profondes où les roches se fracturent et laissent remonter des gaz ;
  • les régions riches en roches ferreuses susceptibles de produire de l’hydrogène par réactions chimiques avec l’eau ;
  • des bassins sédimentaires déjà bien connus de l’industrie pétrolière italienne.

L’Italie rejoint ainsi le cercle restreint des pays qui disposent d’une cartographie nationale de leur potentiel en hydrogène naturel, après la France, le Canada et la Chine.

Pour les autorités italiennes, cette carte n’est pas une fin en soi. Elle sert avant tout de base de travail pour cibler des campagnes d’exploration plus fines et évaluer la faisabilité technique et économique d’éventuelles futures exploitations.

Pourquoi l’hydrogène naturel attire autant l’Italie

L’hydrogène naturel – parfois appelé hydrogène « blanc » – est un gaz produit spontanément dans le sous-sol par des processus géologiques. Il se distingue de l’hydrogène industriel dit « vert », « bleu » ou « gris », fabriqué à partir d’électricité ou de gaz naturel.

Pour un pays comme l’Italie, encore largement dépendant des importations d’hydrocarbures, ce potentiel énergétique représente une perspective très stratégique :

  • réduire la dépendance aux importations de gaz fossile ;
  • renforcer la sécurité énergétique nationale ;
  • contribuer aux objectifs climatiques européens en misant sur une énergie à faible émission de CO₂ ;
  • recycler les compétences et infrastructures de l’industrie pétrolière italienne vers une nouvelle ressource.

Des chercheurs et responsables interrogés par le média italien rappellent que l’hydrogène naturel pourrait, dans certains cas, être extrait à des coûts inférieurs à ceux de la production d’hydrogène vert, qui nécessite une grande quantité d’électricité renouvelable.

Un potentiel encore très incertain, mais jugé prometteur

La carte publiée par l’Italie ne garantit pas l’existence de gisements exploitables. Elle localise plutôt des « zones prometteuses » qui justifient des investigations plus poussées. Les responsables cités par le média italien insistent sur ce point : il faudra des années de recherches, de forages tests et d’analyses pour mesurer réellement les volumes disponibles, leur qualité et leur accessibilité.

L’approche italienne reste donc prudente. Aucun chiffre de réserves ni de production future n’est avancé. L’enjeu, à ce stade, consiste à ne pas rater un possible tournant énergétique, tout en évitant de créer des attentes irréalistes auprès du public et des investisseurs.

La cartographie constitue une première boussole scientifique : elle indique où concentrer les efforts, sans promettre pour l’instant un nouvel Eldorado énergétique.

Ce que font déjà la France, le Canada et la Chine

Le choix de l’Italie d’élaborer cette première carte s’inscrit dans une dynamique internationale. Trois pays sont régulièrement cités comme pionniers de l’hydrogène naturel : la France, le Canada et la Chine.

La France, laboratoire de l’hydrogène « blanc »

En France, le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) pilote depuis plusieurs années des travaux sur la présence d’hydrogène naturel. Des émissions de gaz ont été identifiées dans différentes régions, notamment dans des contextes de failles ou de roches riches en fer.

Les pouvoirs publics français ont lancé des programmes de recherche dédiés pour mieux caractériser ce potentiel. Des projets pilotes se préparent pour tester des méthodes d’exploration adaptées à ce gaz très diffus, avec une forte implication de la recherche publique et de quelques groupes industriels.

Le Canada, terrain d’expérimentation géologique

Le Canada s’intéresse aussi à cette ressource, porté par son expérience dans l’exploration pétrolière et gazière. Des équipes scientifiques étudient la présence d’hydrogène dans certains massifs rocheux et bassins sédimentaires. Là encore, l’enjeu consiste à déterminer si l’on peut passer de simples manifestations géologiques à de véritables champs exploitables.

La Chine, intégration à une stratégie énergétique d’ampleur

La Chine, mentionnée par le média italien, intègre ces travaux sur l’hydrogène naturel à une stratégie plus large de développement de l’hydrogène comme vecteur énergétique. La puissance asiatique multiplie les projets industriels et de recherche conjoints, dans l’idée d’identifier toutes les sources possibles de ce gaz, qu’elles soient naturelles ou produites artificiellement.

Quelles perspectives pour la France face à cette initiative italienne ?

Pour un lecteur en France, la démarche italienne pose une question claire : la France dispose-t-elle d’une carte équivalente ? Les travaux du BRGM et de plusieurs équipes universitaires ont déjà débouché sur des inventaires de manifestations d’hydrogène et des cartes de zones favorables, mais la stratégie française reste encore largement centrée sur l’hydrogène vert produit à partir d’électricité décarbonée.

Les investissements publics français ciblent surtout :

  • la construction d’électrolyseurs sur le territoire ;
  • le soutien à l’industrie lourde (acier, chimie) pour réduire l’usage du gaz fossile ;
  • le développement de solutions de mobilité à hydrogène pour les camions, bus ou trains sur certaines lignes non électrifiées.

L’hydrogène naturel reste pour l’instant un sujet de recherche et de prospective, et non une filière industrielle structurée. La démarche italienne pourrait toutefois inciter Paris à accélérer la mise en cohérence des données géologiques nationales, déjà nombreuses mais encore dispersées entre différents organismes.

Comment fonctionne l’hydrogène naturel dans le sous-sol ?

L’hydrogène naturel se forme par plusieurs mécanismes géologiques. Le plus souvent, il résulte d’une réaction entre certaines roches riches en fer et l’eau infiltrée en profondeur. Cette réaction, appelée oxydation du fer ou « serpentinisation » dans certains contextes, libère de l’hydrogène moléculaire.

Une partie de ce gaz demeure piégée dans les roches, une autre remonte vers la surface le long des failles et fractures. Là où des couches imperméables le bloquent, il peut s’accumuler dans des réservoirs, un peu comme le gaz naturel. Pour les géologues, toute la difficulté consiste à identifier ces pièges et à en estimer la taille.

Type de ressource Origine Atout principal
Hydrogène naturel Réactions géologiques dans le sous-sol Pas besoin d’électricité pour le produire
Hydrogène vert Électrolyse de l’eau avec électricité renouvelable Très faible empreinte carbone, maîtrisable industriellement
Hydrogène gris Réforme du gaz naturel Technologie mature mais fortement émettrice de CO₂

Un atout potentiel, mais aussi des risques et des défis

L’hydrogène naturel présente des avantages évidents pour un pays qui parviendrait à l’exploiter : pas de dépense d’énergie pour le produire, une ressource potentiellement abondante et compatible avec des objectifs climatiques si les fuites sont maîtrisées.

Mais cette piste soulève aussi plusieurs défis :

  • la nécessité de comprendre les flux d’hydrogène pour éviter de perturber des équilibres géologiques locaux ;
  • la gestion des risques liés à un gaz très inflammable, qui nécessite une vigilance accrue en matière de sécurité ;
  • la mise en place d’un cadre réglementaire adapté, encore inexistant dans de nombreux pays européens ;
  • la question du partage de la valeur entre État, collectivités et acteurs privés si des gisements exploitables sont trouvés.

Les autorités italiennes, citées par le média local, affirment vouloir avancer par étapes, en associant chercheurs, industriels et acteurs publics. Pour elles, la carte fraîchement publiée n’est que la première pierre d’une éventuelle future filière, dont l’ampleur dépendra des résultats des campagnes de terrain à venir.

Pour la France comme pour l’Italie, l’hydrogène naturel reste donc un pari scientifique et industriel. La différence tient désormais à la méthode : Rome se dote d’un outil national de repérage, quand Paris mise surtout sur l’hydrogène produit. Les prochains projets d’exploration diront si cette nouvelle ressource peut réellement peser dans le mix énergétique européen.

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