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Le chinois Leapmotor atteint 1 000 points de vente en Europe : ce n’est pas seul qu’il s’est imposé dans 36 pays

Showroom ou point de vente Leapmotor affichant des véhicules électriques T03, B05 ou B10 en exposition, symbolisant l'implantation du constructeur chinois en Europe.

Le constructeur chinois Leapmotor accélère en Europe, où il revendique désormais un vaste maillage commercial, notamment en France.

Avec l’appui du groupe Stellantis, le spécialiste chinois de la voiture électrique Leapmotor a discrètement mais sûrement étendu son réseau dans l’Union européenne. Comme le rapporte le site spécialisé L’Argus, la marque n’est plus un simple outsider : elle revendique désormais plus de mille points de vente répartis sur 36 pays européens, dont un maillage déjà dense en France.

Leapmotor s’installe dans 36 pays, de l’Islande à la Bulgarie

Désormais, Leapmotor est présent dans 36 pays d’Europe, de l’Islande à l’ouest jusqu’à la Bulgarie à l’est, en incluant Malte. Cette expansion s’appuie sur un accord stratégique avec Stellantis, géant automobile né de la fusion entre PSA et Fiat Chrysler, qui lui ouvre les portes du marché européen.

Leapmotor revendique 1 020 points de vente dans l’Union européenne, avec une présence sur environ 80 % du territoire européen.

Les modèles phares de la marque, les T03, B05 et B10, constituent le cœur de cette offensive. En août 2026, le marché européen a représenté 27 % des livraisons mondiales de Leapmotor, un cap inédit pour ce constructeur venu de Chine.

Les dernières ouvertures de sites se sont concentrées en Norvège et dans les Balkans, avec d’autres inaugurations prévues avant la fin de l’année 2026. La stratégie est claire : mailler rapidement le continent pour rendre la marque visible et accessible, avant même d’atteindre de gros volumes de ventes.

147 points de vente en France : un maillage déjà dense

Sur les 1 020 points de vente revendiqués dans l’Union européenne, 147 se trouvent en France. À l’échelle de l’Hexagone, cela place Leapmotor au niveau d’un réseau déjà bien identifié, alors que la marque était quasi inconnue du grand public il y a encore deux ans.

Ce déploiement rapide n’est pas anodin. Il suit la logique déjà observée avec les constructeurs japonais dans les années 1960 puis 1970, qui avaient commencé par proposer des modèles perçus comme abordables, fiables et parfois mieux équipés que ceux des marques européennes. Les marques chinoises, dont Leapmotor, reprennent cette recette, avec quelques leviers :

  • des prix souvent attractifs, malgré des droits de douane et surtaxes pouvant dépasser ensemble 45 % sur certains véhicules chinois importés ;
  • un équipement riche de série ;
  • une autonomie mise en avant sur les modèles électriques ;
  • des véhicules positionnés sur des segments encore peu couverts, comme certaines citadines électriques.

À cela s’ajoutent des projets de production de véhicules électriques chinois directement en Europe, voire en France, sur le modèle de ce qu’a pu faire Toyota avec la Yaris produite dans l’Hexagone. L’objectif : réduire les coûts logistiques, contourner en partie certaines barrières douanières et rassurer les consommateurs européens sur la pérennité de la marque.

Un réseau rendu accessible grâce à Stellantis

Le partenariat avec Stellantis constitue la clé de voûte de cette implantation. Dans un communiqué daté du 22 septembre 2026, le groupe explique que Leapmotor profite non seulement des showrooms mais aussi de l’infrastructure après-vente déjà en place.

Selon Stellantis, « en moyenne, les consommateurs européens ne se trouvent qu’à 22 minutes en voiture du point de vente Leapmotor le plus proche ».

Au-delà de la vente, ce maillage permet à Leapmotor de s’appuyer sur un réseau de services après-vente déjà rodé. Pour un automobiliste français, savoir qu’une voiture peut être entretenue et réparée dans un réseau identifié constitue souvent un critère décisif, en particulier lorsqu’il s’agit d’une marque nouvelle.

Ce point répond à l’une des principales craintes liées aux constructeurs émergents : la peur de se retrouver avec un véhicule difficile à faire entretenir, avec des délais de pièces détachées longs ou un service client difficilement joignable. En s’adossant à un acteur majeur du marché européen, Leapmotor tente donc de lever cet obstacle psychologique.

Des ventes encore modestes, mais une progression spectaculaire

Sur le plan commercial, Leapmotor part de loin mais affiche une croissance rapide. Selon les chiffres relayés par L’Argus, la marque a dépassé pour la deuxième fois la barre des 100 000 ventes mensuelles dans le monde, avec exactement 103 129 unités écoulées le mois dernier à l’échelle globale.

En France, le tableau est différent. Les transactions mensuelles restent limitées : le marché hexagonal se compte « à pas plus de trois chiffres » par mois pour la marque. Depuis le début de l’année 2026, Leapmotor a livré 4 707 voitures neuves en France.

Avec 4 707 livraisons depuis le début de 2026, Leapmotor revendique une hausse de 158 % en France, mais ne pèse encore que 0,4 % du marché.

Cette part de marché de 0,4 % place la marque au 25e rang des constructeurs dans l’Hexagone. La progression reste toutefois marquante : +158 % sur un an, signe que le réseau commence à produire ses effets.

D’un lancement bricolé aux ambitions structurées

Les débuts de Leapmotor en France n’avaient pourtant rien d’un plan parfaitement calibré. L’Argus rappelle qu’il y a deux ans, certains modèles T03 étaient proposés en location longue durée dès 100 euros par mois dans des centres Leclerc, comme à Bar-le-Duc en Lorraine au printemps 2024. Une approche opportuniste, plus proche du coup marketing que d’une véritable stratégie de long terme.

Aujourd’hui, la situation a changé. La marque se présente avec un catalogue identifié, un partenariat industriel lourd et un réseau structuré. Cette mutation illustre l’entrée dans une nouvelle phase : Leapmotor ne se contente plus de « tester » le marché français, elle cherche clairement à y installer une présence durable.

Ce que cela signifie pour le marché français et les conducteurs

Pour les automobilistes français, l’arrivée d’un nouveau constructeur sur le segment de la voiture électrique et hybride se traduit par plus de choix et une pression concurrentielle supplémentaire sur les prix. Les marques traditionnelles, déjà bousculées par la transition électrique et la montée en gamme de certaines concurrentes, doivent désormais compter avec des acteurs chinois capables de proposer :

  • des petites citadines électriques positionnées à des tarifs compétitifs ;
  • des niveaux d’équipement élevés sur des gammes d’entrée ou de milieu de gamme ;
  • des offres de financement agressives, notamment en location longue durée.

Cette concurrence peut inciter les constructeurs européens à accélérer sur certains segments délaissés, comme les petites électriques abordables, ou à revoir leur politique tarifaire. Pour les acheteurs, cela peut se traduire par des offres promotionnelles plus fréquentes ou des équipements renforcés à prix équivalent.

Reste la question de la perception. Les constructeurs chinois pâtissent encore parfois d’une image floue, voire négative, liée à des craintes sur la qualité, la fiabilité ou la revente. C’est là que le label Stellantis et le réseau après-vente jouent un rôle clé, en apportant un socle de confiance qui manque souvent aux nouveaux entrants.

Quelle situation en France pour les autres marques chinoises ?

Leapmotor n’est pas un cas isolé. D’autres marques chinoises de véhicules électriques ou hybrides se positionnent déjà sur le marché français via des importateurs ou des accords avec des groupes européens. Certaines sont présentes dans un nombre plus limité de concessions, d’autres misent davantage sur la vente en ligne complétée par quelques points physiques.

Pour un lecteur français, la principale différence réside dans la façon dont ces marques structurent leur présence :

Type d’implantation Effet pour le client
Partenariat avec un grand groupe (comme Stellantis) Réseau dense, après-vente plus rassurant, accès facilité aux pièces et aux réparations
Importateur indépendant avec peu de concessions Réseau plus limité, crainte d’un suivi plus fragile à long terme
Vente surtout en ligne, relais locaux ponctuels Tarifs parfois attractifs, mais doute possible sur l’accompagnement après l’achat

La stratégie Leapmotor/Stellantis s’inscrit clairement dans la première catégorie, avec un réseau pensé pour rassurer un public encore hésitant à franchir le pas vers une marque chinoise.

Les équivalents et les enjeux pour les marques françaises

En France, les constructeurs historiques comme Renault, Peugeot, Citroën ou encore Dacia occupent déjà massivement le marché, avec leurs propres réseaux de concessions et d’agents répartis sur tout le territoire. Ce maillage ressemble, dans son principe, à ce que Leapmotor tente de bâtir en s’appuyant sur Stellantis.

Les marques françaises disposent d’un atout majeur : une notoriété bien installée, une perception de fiabilité et une gamme adaptée au marché local. Leur défi consiste désormais à maintenir cette position face à des acteurs qui misent sur :

  • des coûts de production plus bas ;
  • une montée en gamme rapide sur les technologies embarquées ;
  • des délais de mise sur le marché parfois plus courts sur de nouveaux modèles électriques.

Pour les conducteurs français, la clé sera de comparer non seulement le prix d’achat ou la mensualité, mais aussi :

  • la durée et l’étendue de la garantie ;
  • la densité du réseau de points de service ;
  • la disponibilité des pièces détachées ;
  • la valeur de revente attendue à moyen terme.
  • Un terme technique à comprendre : la coentreprise

    Le partenariat entre Leapmotor et Stellantis prend la forme d’une coentreprise. Concrètement, il s’agit d’une société commune créée par deux entreprises, qui partagent le capital, les décisions stratégiques et les risques. Ce montage permet à Leapmotor d’accéder au marché européen sans devoir tout construire de zéro, tout en offrant à Stellantis un moyen d’élargir son offre en matière de véhicules électriques à prix contenu.

    Pour les clients, cela se traduit par des véhicules chinois distribués et servis via un réseau européen déjà connu, sans que Leapmotor ne soit perçue comme un acteur isolé. Cette structure limite aussi le risque de voir la marque disparaître du jour au lendemain, puisque le groupe européen a lui aussi intérêt à faire vivre le partenariat.

    L’expansion rapide de Leapmotor illustre enfin une tendance de fond : l’arrivée de nouveaux acteurs sur le marché français de l’électrique ne se joue plus seulement sur les salons automobiles ou les campagnes de publicité, mais sur la capacité à mailler le territoire, proposer un service après-vente solide et rassurer des clients qui hésitent encore à changer de marque, de technologie et parfois de continent automobile.

    Questions fréquentes

    Combien de points de vente Leapmotor compte-t-il en France ?

    Leapmotor revendique 147 points de vente en France sur ses 1 020 points répartis dans l'Union européenne, ce qui représente un maillage déjà dense pour une marque quasi inconnue il y a deux ans.

    Comment Leapmotor s'est-il implanté aussi rapidement en Europe ?

    Grâce à un accord stratégique avec Stellantis, qui lui permet de profiter des showrooms et de l'infrastructure après-vente déjà en place du géant automobile. En moyenne, les consommateurs européens ne se trouvent qu'à 22 minutes en voiture du point de vente le plus proche.

    Quels sont les modèles principaux de Leapmotor ?

    Les modèles phares sont le T03, le B05 et le B10, des véhicules électriques et hybrides positionnés sur des segments d'entrée et milieu de gamme.

    Quel est le poids de Leapmotor sur le marché automobile français ?

    Avec 4 707 livraisons depuis le début de 2026, Leapmotor ne pèse que 0,4 % du marché français, plaçant la marque au 25e rang des constructeurs, malgré une croissance de 158 % sur un an.

    Pourquoi les consommateurs européens hésitent-ils à acheter des véhicules chinois ?

    Les craintes portent sur la qualité, la fiabilité, la revente et surtout la disponibilité de services après-vente et de pièces détachées. Le partenariat avec Stellantis est destiné à lever cet obstacle psychologique en offrant un réseau de maintenance identifié et fiable.
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