Au Japon, le petit constructeur Mitsuoka prépare un étonnant roadster LA1, basé sur une Mazda MX-5 mais habillé comme une Corvette des années 1950.
Le nouveau projet LA1 de Mitsuoka, présenté pour l’instant sous forme de rendus, attire l’attention bien au-delà du Japon. Comme le rapporte le constructeur nippon lui-même, cette création part d’une Mazda MX-5 actuelle pour en faire une réinterprétation très fidèle de la Chevrolet Corvette C1 des années 60, avec quatre phares ronds, profusion de chrome et teintes pastel dignes d’un catalogue des fifties.
Un faux air de Corvette C1 sur une base de Mazda MX-5
De loin, le LA1 ressemble clairement à une Corvette de première génération. Mitsuoka ne cherche pas à masquer la source d’inspiration américaine : la face avant reprend l’idée des quatre projecteurs ronds alignés, associés à un large pare-chocs chromé. L’ensemble évoque fortement les Corvette C1 d’après 1958.
Pour donner un peu d’identité propre à ce roadster, la marque japonaise ajoute un capot nervuré et ajouré ainsi qu’un petit splitter avant. La silhouette adopte un long capot, un habitacle reculé et une poupe étirée, bien plus américaine que japonaise dans son esprit.
La carrosserie du LA1 reprend les codes visuels de la Corvette C1 – quatre phares, chrome omniprésent, couleurs pastel – tout en conservant la technique moderne de la Mazda MX-5.
Les proportions restent toutefois celles d’une petite propulsion compacte. Des éléments comme le cadre de pare-brise, la capote souple escamotable ou encore certains vitrages trahissent la présence de la Mazda MX-5 ND en dessous. En revanche, le porte-à-faux arrière rallongé casse la silhouette habituelle de la japonaise et renforce la parenté avec le coupé-cabriolet américain d’époque.
Des détails de Corvette des années 50 poussés très loin
A l’arrière, Mitsuoka pousse l’hommage jusque dans l’implantation des feux. Ceux-ci sont installés sur les ailes arrière, comme sur les Corvette C1 produites avant 1961. Là encore, les pare-chocs largement chromés s’affichent sans retenue, tout comme un bouchon de malle façon « bumper lid » qui donne un cachet très rétro.
La palette de couleurs a été pensée comme un clin d’œil direct aux années 1950 :
vert pastel très doux,
bleu clair lumineux,
gris sobre,
rouge vif très saturé,
ivoire cassé,
blanc uni classique,
noir profond.
Sur la plupart de ces teintes, Mitsuoka ajoute les fameuses « flèches » latérales blanches, ces découpes contrastées sur les flancs qui faisaient la signature visuelle des Corvette C1. Des jantes au dessin rétro montées sur des pneus à lettrage blanc complètent l’allure de coupé américain des fifties, sans oublier une capote noire très fonctionnelle, plus contemporaine dans sa conception.
Malgré ce traitement très old school, plusieurs éléments rappellent que l’on est en 2020 et non en 1960 : rétroviseurs modernes, éclairage à LED, gabarit compact et ajustements de carrosserie précis restent ceux d’une Mazda MX-5 récente, simplement recarrossée.
Un cœur de Mazda MX-5 sous la robe rétro
Sur le plan mécanique, Mitsuoka n’a pas encore détaillé la fiche technique du LA1. Le constructeur indique seulement que la voiture sera officiellement présentée le 26 novembre, date à laquelle tous les détails seront révélés, y compris le prix et les spécifications précises.
On sait toutefois ce que propose aujourd’hui la Mazda MX-5 ND au Japon, base de ce projet :
Moteur
Cylindrée
Puissance approximative
Boîte de vitesses
4 cylindres essence
1,5 litre
environ 130 ch
manuelle 6 rapports ou automatique 6 rapports
4 cylindres essence
2,0 litres
environ 181 ch
manuelle 6 rapports ou automatique 6 rapports
Le LA1 devrait logiquement reprendre ces mécaniques, avec la boîte manuelle ou automatique à six rapports déjà disponibles sur la MX-5 japonaise. Mitsuoka n’évoque ni V8 ni performances dignes d’une véritable Corvette : l’objectif est ailleurs.
L’idée est d’offrir le comportement léger et joueur de la MX-5, avec propulsion et simplicité mécanique, emballé dans une carrosserie rappelant les sportives américaines de la fin des années 1950.
L’agrément attendu mise donc sur le plaisir de conduite à l’ancienne – faible poids, moteur atmosphérique, roues arrière motrices – plutôt que sur une puissance brute à l’américaine.
Mitsuoka, petit constructeur japonais spécialiste des métamorphoses rétro
Le LA1 n’est pas une première pour Mitsuoka. Ce constructeur japonais, officiellement reconnu comme le dixième fabricant automobile du pays, s’est fait une spécialité de transformer des modèles courants en clins d’œil appuyés aux icônes automobiles d’hier.
Parmi ses réalisations récentes citées par la marque :
la Rock Star, déjà basée sur une Mazda MX-5, qui imitait la Corvette C2 des années 60 ;
le Buddy, un Toyota RAV4 transformé en imitation de Chevrolet K5 Blazer façon véhicule de série spéciale d’Halloween ;
une Honda Civic compacte recarrossée en faux Dodge Charger des années 1970, présentée en 2023.
Selon le récit de Mitsuoka, tout a commencé lors d’un voyage de son fondateur Susumu Mitsuoka à Los Angeles. Il y découvre un kit car à l’allure vintage posé sur une base mécanique moderne. Cette rencontre donne naissance à l’idée qui deviendra son activité principale : le coachbuilding, vaste travail de carrosserie consistant à offrir une nouvelle identité visuelle à une voiture existante.
Un « coachbuilder » plus qu’un simple préparateur
Contrairement à un atelier de tuning classique, Mitsuoka revendique le statut de constructeur à part entière. Ses modèles sont homologués comme de véritables voitures neuves au Japon, avec une carrosserie entièrement redessinée, même si le châssis, la structure et les éléments mécaniques viennent d’un grand constructeur japonais.
Cette démarche explique pourquoi le LA1 ne cherche pas à copier la Corvette dans ses moindres détails techniques. La marque préfère parler d’« idée » de Corvette, traduite à travers les proportions d’un petit roadster japonais.
Ce que vise Mitsuoka, c’est un mélange de nostalgie américaine et de praticité japonaise : l’esthétique d’une Corvette C1, l’usage quotidien d’une MX-5.
Le constructeur prévient déjà que le LA1 devrait être produit en quantités limitées, avec un délai d’attente potentiel de plusieurs mois, comme souvent pour ses créations. Le tarif sera communiqué au moment de la présentation, le 26 novembre.
Ce que cela représente pour un conducteur français
Pour un lecteur en France, le LA1 illustre une tendance que l’on voit rarement chez les grands constructeurs : la réinterprétation très littérale de modèles historiques. Sur le marché français, les clins d’œil rétro passent généralement par des modèles de grande série comme la Fiat 500 moderne ou la Mini, mais ces voitures sont dessinées comme des réinterprétations globales, pas comme des sosies proches d’un modèle précis.
La démarche de Mitsuoka se rapproche plus du travail de certains carrossiers italiens ou britanniques, mais avec une base industrielle japonaise. Pour un automobiliste français, un modèle comme le LA1 resterait de toute façon une rareté absolue, importation individuelle oblige.
Sur le principe, la recette intéresse pourtant clairement les passionnés français :
la fiabilité et les coûts d’usage d’une Mazda MX-5, très appréciée en France ;
un look de Corvette C1, introuvable en version originale à un prix raisonnable ;
la possibilité de rouler au quotidien avec une voiture à l’allure de collector.
En France, on trouve parfois des préparations esthétiques inspirées de modèles mythiques, mais elles restent souvent artisanales. Mitsuoka, lui, propose un modèle structuré, construit en petite série, avec un réseau et une homologation au Japon. Le constructeur japonais ne communique toutefois pas sur une éventuelle commercialisation officielle en Europe.
Pourquoi mêler nostalgie américaine et technologie japonaise séduit autant
Le succès d’estime des projets de Mitsuoka repose sur une combinaison qui parle à beaucoup d’amateurs : la nostalgie du style des années 50 à 70, associée à la fiabilité et à la facilité d’usage de voitures modernes. Pour qui aime l’atmosphère d’un cabriolet américain chromé mais redoute la consommation, l’entretien et la rareté des pièces, l’approche a du sens.
Techniquement, la Mazda MX-5 apporte une architecture idéale pour ce type de transformation : moteur avant, propulsion, poids contenu et châssis rigide, déjà conçu pour un cabriolet. Sur cette base, reproduire les lignes d’une ancienne sportive permet de garder un comportement sain, des performances suffisantes et un confort compatible avec un usage de tous les jours.
Le LA1 pousse cette logique assez loin, avec des codes esthétiques très marqués : feux multiples, chrome omniprésent, couleurs très typées. Pour un conducteur français habitué au parc automobile très homogène des SUV récents, une telle voiture se distingue immédiatement, que ce soit en rassemblement d’anciennes ou simplement dans la circulation.
Reste à voir comment Mitsuoka positionnera son tarif et sa diffusion. L’expérience des modèles précédents du constructeur montre un même schéma : petites séries, délais d’attente, et un prix supérieur à celui de la voiture donneuse mais justifié par le travail de carrosserie. Pour les passionnés prêts à assumer ce parti pris esthétique, le LA1 promet un mélange unique entre Corvette de collection et Mazda moderne.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.