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Des jumeaux identiques photographiés côte à côte : l’un fumait, l’autre non, et le visage trahit tout

Des jumeaux identiques photographiés côte à côte : l'un fumait, l'autre non, et le visage trahit tout

Aux États-Unis, des chercheurs ont comparé des jumeaux identiques, l’un fumeur et l’autre non, pour mesurer l’impact du tabac sur le visage.

Menée dans l’Ohio et relayée par le média en ligne britannique LADbible, une étude sur des jumeaux identiques met en lumière, photos à l’appui, la manière dont la cigarette marque le visage. Même patrimoine génétique, même âge, même mode de vie global… sauf le tabac. Le contraste observé entre les jumeaux a permis aux scientifiques de quantifier très précisément le vieillissement lié au tabagisme.

Une étude inédite menée sur 79 paires de jumeaux américains

Les travaux ont été conduits au sein du département de chirurgie plastique de l’université Case Western Reserve, dans l’Ohio, aux États-Unis. Les résultats ont été publiés dans le Journal of the American Society of Plastic Surgeons, la revue de la Société américaine de chirurgie plastique.

Au total, 79 paires de jumeaux identiques, âgés de 18 à 78 ans, ont été étudiées. L’étude s’est organisée en deux groupes :

  • Premier groupe : 45 paires de jumeaux, où l’un était fumeur et l’autre non.
  • Deuxième groupe : uniquement des jumeaux fumeurs, mais avec un écart d’au moins cinq années de tabagisme entre les deux.

Chaque participant a été photographié de face et sous différents angles. Des spécialistes ont ensuite évalué, de manière standardisée, plusieurs critères de vieillissement facial, sans savoir lequel des deux jumeaux fumait ou fumait le plus.

Les jumeaux fumeurs présentaient, dans une majorité de cas, un visage visiblement plus âgé que leur frère ou leur sœur non fumeur, ou moins exposé au tabac.

Quand le visage parle : un jumeau paraît plus vieux que l’autre

Les résultats sont frappants. Dans le premier groupe, celui où un jumeau fumait et l’autre pas, l’équipe a constaté que le fumeur paraissait plus âgé dans 57 % des cas. Autrement dit, sur plus d’une paire sur deux, les spécialistes attribuaient un âge plus avancé au visage du jumeau qui fumait.

Dans le second groupe, où les deux jumeaux fumaient mais depuis des durées différentes, l’effet dose apparaît de manière nette. Le jumeau ayant fumé plus longtemps paraissait plus vieux dans 63 % des cas. Quelques années supplémentaires de cigarettes suffisent donc, selon les chercheurs, à accentuer encore les signes de l’âge.

Pour un observateur extérieur, les clichés utilisés dans la publication, commentés par la Société américaine de chirurgie plastique, montrent des paires de visages où les rides, les poches et le relâchement cutané se concentrent presque systématiquement du côté du fumeur ou du plus gros fumeur.

Les zones du visage les plus abîmées par la cigarette

L’équipe du Dr Bahman Guyuron, qui a dirigé l’étude, ne s’est pas contentée d’un jugement global. Les chercheurs ont passé en revue région par région le visage des jumeaux pour noter précisément les différences.

Chez les jumeaux fumeurs, comparés à leurs frères ou sœurs non fumeurs, les scores étaient plus mauvais pour plusieurs éléments :

  • Excès de peau de la paupière supérieure (paupières tombantes).
  • Poches sous les yeux (paupières inférieures gonflées).
  • Malar bags : poches situées sur le haut des joues, sous les yeux.
  • Sillons nasogéniens (ou nasolabiaux) : les plis qui partent du nez et descendent vers la bouche.
  • Rides de la lèvre supérieure, en particulier les fines lignes verticales au-dessus de la bouche.
  • Rides de la lèvre inférieure, au niveau de la zone dite « vermillon », la partie colorée de la lèvre.
  • Bas du visage affaissé : apparition de bajoues et perte de fermeté de l’ovale.

« Les jumeaux fumeurs, comparés à leurs homologues non fumeurs, avaient des scores plus mauvais pour l’excès de peau des paupières supérieures, les poches sous les yeux, les malar bags, les sillons nasogéniens, les rides de la lèvre supérieure, les rides de la lèvre inférieure et les bajoues », détaille le rapport publié dans la revue scientifique.

Les chercheurs notent que l’hyperpigmentation des paupières inférieures – ces zones plus sombres sous les yeux – était plus fréquente chez les fumeurs, mais la différence restait juste en dessous du seuil statistique retenu.

En revanche, certaines rides classiques n’étaient pas significativement différentes entre fumeurs et non fumeurs : rides horizontales du front, rides du lion entre les sourcils, pattes-d’oie au coin des yeux ou encore certaines lignes de la lèvre inférieure accentuées par le mouvement de « moue ».

Plus on fume longtemps, plus les dégâts s’installent

Chez les jumeaux qui fumaient tous les deux, mais avec plus de cinq années d’écart de consommation, la tendance se renforce. Le rapport précise que le jumeau ayant fumé le plus longtemps présentait systématiquement des scores plus mauvais pour :

  • Les poches sous les yeux.
  • Les malar bags sur les joues.
  • Les rides de la lèvre inférieure, sur la zone du vermillon.

Autrement dit, non seulement le fait de fumer marque le visage, mais la durée d’exposition aggrave ces signes de manière cumulative.

Pourquoi la cigarette fait-elle vieillir la peau aussi vite ?

Interrogé dans la publication scientifique, le Dr Bahman Guyuron explique les mécanismes en jeu. Selon lui, la cigarette agit à plusieurs niveaux sur la peau.

« La cigarette réduit la formation de collagène, provoque la dégradation du collagène existant et diminue la circulation de la peau. En outre, la nicotine réduit l’épaisseur de la peau. Tout cela diminue l’élasticité cutanée et provoque un vieillissement prématuré », résume le chirurgien.

Le collagène constitue une des principales protéines de soutien de la peau. Il lui donne sa fermeté et sa capacité à retrouver sa forme après une expression ou un étirement. Quand sa production baisse et que les fibres se dégradent, la peau se relâche, les rides s’installent plus vite et les creux se marquent davantage.

La réduction de la microcirculation cutanée entraîne, elle, une moins bonne oxygénation et un moins bon apport en nutriments. La peau cicatrise moins bien, se dessèche, perd son éclat. La nicotine, en resserrant les vaisseaux sanguins, accentue ce phénomène.

Enfin, l’étude rappelle que les expressions répétées liées à l’acte de fumer – plissement des lèvres, contraction des muscles autour de la bouche, fermeture partielle des paupières pour éviter la fumée – renforcent avec le temps certaines rides spécifiques, notamment autour des lèvres.

Ce que cette étude change pour un lecteur français

En France, les effets du tabac sur la santé sont largement documentés, en particulier pour le cancer, les maladies cardiovasculaires ou respiratoires. L’étude américaine met en avant un aspect plus visible : l’impact direct sur l’image de soi, à travers le visage.

Pour un lecteur français, cette recherche apporte plusieurs éléments concrets :

  • Elle repose sur des jumeaux identiques, ce qui limite les biais liés à la génétique.
  • Elle met en évidence des zones précises du visage que l’on peut observer facilement au quotidien.
  • Elle illustre qu’une différence de seulement quelques années de tabagisme peut se lire sur les traits.

En France, les autorités sanitaires comme Santé publique France et l’Assurance maladie rappellent régulièrement que l’arrêt du tabac réduit le risque de nombreuses maladies. Les bénéfices pour la peau sont aussi mis en avant par les dermatologues et les chirurgiens plasticiens : teint plus clair, meilleure cicatrisation, ralentissement de l’apparition de nouvelles rides.

Tabac et esthétique : un enjeu désormais pris en compte

Dans les cabinets de chirurgie plastique ou de dermatologie esthétique français, la question du tabac revient fréquemment. Certains praticiens conditionnent même certains actes – notamment les liftings ou injections importantes – à un arrêt préalable du tabac pour limiter les risques de complications et améliorer la qualité de la cicatrisation.

Cette étude américaine sur les jumeaux identiques constitue un argument visuel supplémentaire. Elle donne aux médecins une base scientifique pour expliquer à leurs patients que l’apparence du visage ne dépend pas uniquement de la génétique ou du soleil, mais aussi de la consommation de tabac.

Regarder son visage comme un indicateur de tabagisme

Pour une personne qui fume en France, certains signes évoqués par l’étude peuvent servir de repères : paupières qui tombent plus tôt, poches persistantes sous les yeux malgré le repos, sillons marqués autour de la bouche, bajoues précoces. Ces indices ne sont pas spécifiques au tabac, mais l’étude montre qu’ils apparaissent plus souvent et plus rapidement chez les fumeurs.

La démarche des chercheurs de l’université Case Western Reserve illustre une méthode simple : comparer deux personnes aussi similaires que possible, ici des jumeaux identiques. À défaut d’avoir un jumeau, certains médecins proposent à leurs patients de se baser sur d’anciennes photos, prises avant le début du tabagisme ou durant des périodes d’arrêt, pour visualiser l’évolution.

« Avec un suivi plus long, nous pensons que chaque jumeau fumeur aurait présenté une différence de vieillissement », anticipe le Dr Guyuron dans les colonnes de la revue scientifique.

Ce type de travaux nourrit également les campagnes de prévention. Au-delà des messages sur les cancers ou l’infarctus, le rappel d’un vieillissement accéléré du visage peut toucher un public plus jeune, parfois moins sensible aux arguments médicaux à long terme.

Un levier supplémentaire pour ceux qui envisagent d’arrêter

Pour les fumeurs qui réfléchissent à arrêter, l’information apportée par cette étude peut constituer un levier de motivation supplémentaire. L’arrêt du tabac ne rajeunit pas magiquement le visage, mais il permet de freiner la progression des dégâts décrits par les chercheurs.

Les spécialistes français de l’addictologie et de la tabacologie rappellent que plusieurs aides existent : entretiens avec un médecin ou un tabacologue, substituts nicotiniques, accompagnement en ligne ou en pharmacie. L’objectif reste la réduction des risques graves pour la santé, mais les bénéfices esthétiques, eux, commencent souvent à se voir dans les mois qui suivent la dernière cigarette.

À la lumière de l’étude américaine mise en avant par LADbible, le visage apparaît ainsi comme un véritable « révélateur » du nombre d’années passées à fumer. Un élément concret que chacun peut observer dans le miroir lorsqu’il s’interroge sur l’avenir de sa peau… et de sa santé.

Questions fréquentes

Comment cette étude prouve-t-elle que c'est vraiment la cigarette qui vieillit le visage ?

En comparant des jumeaux identiques ayant le même patrimoine génétique, le même âge et le même mode de vie global, les chercheurs ont pu isoler l'effet unique du tabagisme. La seule différence était la consommation de cigarettes, ce qui élimine les autres facteurs de confusion.

Quelles sont les zones du visage les plus endommagées par la cigarette ?

Les yeux sont particulièrement affectés (poches, paupières tombantes, malar bags), suivis des rides autour des lèvres et du nez, ainsi que de l'affaissement du bas du visage avec apparition de bajoues.

Plus on fume longtemps, plus les dégâts augmentent-ils ?

Oui, l'étude montre que chez les jumeaux fumant tous deux, celui ayant une consommation plus longue présentait systématiquement des scores plus mauvais pour plusieurs critères, avec une différence notable à partir de cinq années d'écart.

Ces effets du tabagisme sur la peau peuvent-ils être réversibles ?

L'article ne traite que des dommages observés chez les fumeurs, sans aborder la possible réversibilité. Il souligne surtout que la réduction du collagène, la dégradation des fibres et la diminution de la circulation ont des effets cumulatifs et durables.

Pourquoi certaines rides ne sont-elles pas différentes entre fumeurs et non-fumeurs ?

Certaines rides comme le front ou les pattes-d'oie ne sont pas significativement accentuées par le tabac, probablement parce qu'elles sont davantage liées aux expressions naturelles du visage qu'aux mécanismes spécifiques du vieillissement lié à la cigarette.
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