Dans un parc animalier britannique, une manchote âgée a été célébrée avec un gâteau très spécial, sous les yeux de visiteurs amusés.
À Paradise Park, un sanctuaire de faune situé en Cornouailles, au Royaume-Uni, une manchote d’exception a été mise à l’honneur, rapporte le média en ligne Good News Network. Spneb, manchote de Humboldt, y a fêté ses 38 ans, un âge record pour son espèce, entourée de soigneurs, de visiteurs… et d’un gâteau d’anniversaire glacé garni de poissons.
Une manchote de 38 ans, record mondial pour son espèce
Spneb est considérée comme la plus vieille manchote de Humboldt au monde, d’après les registres internationaux des zoos. Cette espèce vit d’ordinaire sur les côtes de l’ouest de l’Amérique du Sud, notamment au Chili et au Pérou. En milieu naturel, son espérance de vie tourne plutôt autour de vingt ans, parfois un peu plus en captivité lorsque les soins sont optimaux.
À 38 ans, Spneb a largement dépassé l’espérance de vie habituelle d’une manchote de Humboldt, ce qui en fait une véritable doyenne.
Malgré cet âge avancé, les équipes de Paradise Park assurent qu’elle garde une énergie et une curiosité intactes. Le sanctuaire insiste sur le fait qu’elle « n’a pas perdu son éclat » et se montre toujours aussi intéressée par ce qui se passe autour d’elle, au sein de la colonie.
Un anniversaire fêté avec un gâteau glacé… aux sardines
Pour marquer ce cap symbolique, Paradise Park a organisé une petite fête le 16 avril. Les soigneurs ont préparé un véritable gâteau d’anniversaire, mais adapté à une star à plumes : un gâteau de glace, surmonté de poissons, dont ses préférés.
Une base de glace pour garder le tout bien frais ;
Des sardines de Cornouailles, dont elle raffole ;
Des sprats, autre petit poisson gras apprécié des manchots ;
Une présentation pensée pour stimuler sa curiosité et son appétit.
Le gâteau a été présenté à Spneb devant les visiteurs, mais aussi devant le reste de la colonie de manchots, décrits avec humour comme ses « fans avec nageoires et sans nageoires ». L’animal a ainsi pu profiter de ses friandises favorites sous les regards attendris du public.
Une « voisine vigilante » qui veille sur les plus jeunes
Spneb est suivie de près par ses soigneurs, dont Becky Waite, qui connaît bien son caractère. Elle explique que, malgré son âge, la manchote conserve un solide appétit et une bonne activité.
Selon sa soigneuse Becky Waite, Spneb aime jeter « un coup d’œil curieux » hors de son nichoir et « supervise volontiers les jeunes comme une sorte de voisinage surveillé à plumes ».
Dans la colonie, Spneb n’est pas seule. Elle vit avec un compagnon nommé Prince, âgé de 21 ans. Becky Waite le décrit comme un animal très théâtral : ce manchot, plaisantent les soigneurs, « aurait dû naître paon » tant il aime se mettre en avant et parader, à la manière de l’oiseau connu pour faire la roue.
Un nom inspiré du médicament qui lui a sauvé la vie
Spneb ne devait pas forcément atteindre un âge aussi avancé. En 2007, la manchote a été frappée par une infection fongique grave : l’aspergillose, une maladie provoquée par un champignon microscopique qui peut toucher les voies respiratoires de nombreux animaux, dont les oiseaux.
Pour la soigner, les vétérinaires de Paradise Park lui ont administré plusieurs traitements durant quatre mois. Les médicaments se sont révélés efficaces, et la manchote a finalement surmonté l’épreuve. Son nom est justement né de cette période difficile : Spneb est une combinaison des noms des médicaments antifongiques qui lui ont permis de survivre.
Résultat de quatre mois de traitements contre l’aspergillose, le nom « Spneb » est un hommage direct aux médicaments qui l’ont sauvée en 2007.
Selon le sanctuaire, sa guérison est due à la fois à la prise en charge vétérinaire, à la durée du traitement et à la résistance de l’animal lui-même, décrit comme déterminé. Cette expérience explique en partie l’attention particulière portée à sa santé depuis lors.
Comment les manchots de Humboldt gèrent la chaleur
Dans la nature, les manchots de Humboldt vivent dans des zones qui peuvent être relativement chaudes, notamment en période de réchauffement saisonnier. Pour éviter une surchauffe, ils disposent d’un mécanisme physiologique visible sur leur visage.
Ces manchots possèdent une zone nue sur le visage, sans plumes, qui rougit et aide à évacuer la chaleur lorsque la température grimpe.
Cette plaque de peau nue fonctionne comme un radiateur naturel. Quand l’animal a chaud, le sang afflue vers cette zone, qui prend une coloration rougeâtre. La chaleur se dissipe alors plus facilement dans l’air. Dans les parcs zoologiques, ce mécanisme est surveillé, en complément de bassins adaptés et de zones d’ombre.
Spneb, symbole de longévité animale en captivité
Le cas de Spneb rejoint d’autres histoires d’animaux qui battent des records d’âge dans des zoos ou des sanctuaires. Good News Network rappelle ainsi l’existence d’une gorille très âgée, mise en avant pour sa manière de se comporter avec dignité et ayant franchi le cap des 69 ans.
Dans les structures spécialisées, certains animaux vivent plus longtemps qu’en milieu naturel. Plusieurs facteurs l’expliquent :
un suivi vétérinaire régulier, avec des bilans de santé ;
une alimentation stable et adaptée à leurs besoins ;
l’absence de prédateurs et de dangers liés à l’environnement ;
une surveillance continue permettant d’intervenir rapidement en cas de maladie.
Les exemples d’animaux très âgés, comme Spneb, servent aussi d’arguments pour montrer les bénéfices d’une captivité encadrée quand elle s’accompagne de protocoles de bien-être animal stricts.
Les manchots de Humboldt au Royaume-Uni et en France
Au Royaume-Uni, plusieurs parcs zoologiques et aquariums abritent des manchots de Humboldt, une espèce classée vulnérable par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Ces établissements participent à des programmes d’élevage coordonnés, proches des programmes européens de conservation.
En France, les manchots de Humboldt sont également présents dans différents parcs animaliers et aquariums, dans le cadre de programmes de reproduction encadrés. Ces structures coopèrent pour :
gérer les lignées afin d’éviter la consanguinité ;
échanger des individus entre établissements pour maintenir une diversité génétique suffisante ;
soutenir des projets de protection in situ dans les pays d’origine de l’espèce, en Amérique du Sud ;
mener des actions de sensibilisation du public à la fragilité de ces populations.
Aspect
Royaume-Uni
France
Type d’établissements
Zoos et sanctuaires privés comme Paradise Park
Zoos, aquariums publics et privés
Objectif principal
Conservation, reproduction et sensibilisation
Conservation, éducation du public et recherche
Espèce concernée
Manchot de Humboldt
Manchot de Humboldt et autres espèces de manchots selon les sites
Pour un visiteur français, la situation de Spneb rappelle le rôle de ces établissements dans la préservation d’espèces menacées, mais aussi dans l’amélioration des connaissances vétérinaires sur la longévité des animaux en captivité.
Ce que révèle l’histoire de Spneb sur la santé des oiseaux marins
L’infection dont a souffert Spneb, l’aspergillose, concerne régulièrement les oiseaux marins en captivité comme en milieu naturel. Ce type de champignon se trouve dans l’environnement, notamment dans la litière humide ou les matériaux organiques en décomposition.
Pour limiter ce risque dans les parcs animaliers, plusieurs mesures sont généralement mises en place :
nettoyage fréquent des enclos et des nids ;
contrôle de l’humidité et de la ventilation ;
surveillance des signes respiratoires anormaux ;
traitement rapide si une infection est détectée.
L’histoire de Spneb illustre l’efficacité de ces protocoles lorsqu’ils sont appliqués avec constance. Une infection grave n’a pas empêché la manchote d’atteindre un âge record, grâce à une prise en charge prolongée et à un suivi attentif au fil des années.
Elle montre aussi comment certains établissements choisissent de conserver la mémoire de ces épisodes en donnant à l’animal un nom lié à sa guérison. Dans ce cas précis, Spneb porte au quotidien la trace du médicament qui a prolongé sa vie et lui a permis, près de vingt ans plus tard, de déguster un gâteau glacé aux sardines pour ses 38 ans.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.
Son nom est une combinaison des noms des médicaments antifongiques qui lui ont permis de survivre à une aspergillose grave en 2007. Les vétérinaires de Paradise Park l'ont soignée durant quatre mois avec ces traitements, d'où cet hommage médical.
Quel est l'âge normal d'une manchote de Humboldt ?
En milieu naturel, l'espérance de vie d'une manchote de Humboldt tourne autour de vingt ans, parfois un peu plus en captivité lorsque les soins sont optimaux. À 38 ans, Spneb a donc largement dépassé ces normes.
Comment les manchots de Humboldt supportent-ils la chaleur ?
Ils possèdent une zone nue sur le visage, sans plumes, qui rougit lorsque la température grimpe. Cette plaque de peau fonctionne comme un radiateur naturel en permettant au sang d'affluer vers cette zone, dissipant ainsi la chaleur dans l'air.
Pourquoi les manchots vivent-ils plus longtemps en captivité qu'en nature ?
Plusieurs facteurs l'expliquent : un suivi vétérinaire régulier, une alimentation stable et adaptée, l'absence de prédateurs et de dangers environnementaux, ainsi qu'une surveillance continue permettant d'intervenir rapidement en cas de maladie.
Quels rôles jouent les parcs zoologiques pour les manchots de Humboldt ?
Ils participent à des programmes d'élevage coordonnés, gèrent les lignées pour éviter la consanguinité, échangent des individus entre établissements, soutiennent des projets de protection dans les pays d'origine et sensibilisent le public à la fragilité de ces populations classées vulnérables.