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En vacances au Maroc, elle tombe amoureuse de son moniteur de surf : avec 75 000 euros, ils transforment une ruine en surfhouse

En vacances au Maroc, elle tombe amoureuse de son moniteur de surf : avec 75 000 euros, ils transforment une ruine en surfhouse

En vacances à Rabat, une Néerlandaise rencontre un moniteur de surf marocain. Leur histoire va les mener bien plus loin qu’un simple flirt estival.

Au fil d’un séjour au Maroc, un coup de foudre sur une plage de Rabat s’est mué en projet de vie commun et en petite entreprise touristique. Le site économique Business Insider raconte comment Nina, Néerlandaise, et Ilyass, surfeur marocain, ont racheté un vieux riad délabré pour le transformer en maison d’hôtes dédiée au surf.

De la vague au coup de foudre à Rabat

Il y a onze ans, Nina part en vacances au Maroc avec des amis. Direction Rabat, sur la côte atlantique, pour apprendre à surfer. Sur place, elle rencontre Ilyass, moniteur de surf originaire de la région. Sur sa planche, la jeune femme ne repartira pas seulement avec quelques take-off réussis.

Entre Nina et Ilyass, « ça a tout de suite cliqué », raconte-t-elle au média en ligne Business Insider.

Leur histoire commence comme beaucoup d’histoires de vacances : soleil, mer, adrénaline des premières vagues. Contrairement à la majorité des flirts de plage, le lien ne se brise pas au retour de l’avion pour Amsterdam. Les deux jeunes adultes se donnent une chance, à distance.

Une relation à distance entre les Pays-Bas et le Maroc

Pendant plusieurs années, le couple jongle entre deux pays. Ils vivent une relation à distance, avec des allers-retours réguliers. Ils travaillent aussi ensemble, par périodes, dans des surf camps, ces structures d’hébergement et d’initiation au surf très présentes sur les côtes marocaines.

Cette organisation a ses limites. Les billets d’avion, les changements de pays et l’absence de base stable finissent par peser. En 2021, le couple se marie. Vient alors la question du mode de vie à long terme : rester dans une vie morcelée ou s’installer quelque part pour bâtir un projet commun.

Un riad abandonné depuis vingt ans, sans salle de bain

Le déclic se produit lorsque Nina et Ilyass se mettent à chercher un lieu fixe au Maroc. Ils ciblent un riad, ces maisons traditionnelles marocaines construites autour d’un patio central, réputées pour leur charme et leurs possibilités de transformation en maison d’hôtes.

Au fil de leurs recherches, ils tombent sur un bien totalement à l’abandon. Un riad très dégradé, sans aucune salle de bain fonctionnelle.

« Nous avons trouvé un riad très délabré, sans salle de bain. À part quelques oiseaux, il était désert depuis plus de vingt ans, mais il conservait de magnifiques éléments, notamment des carreaux traditionnels », décrit Nina à Business Insider.

Malgré l’état des lieux, le couple y voit un potentiel. Les carreaux d’origine, la structure architecturale, la situation géographique : autant d’arguments pour imaginer un futur surfhouse, une maison d’hôtes dédiée à l’accueil de surfeurs, inspirée des surf camps où ils ont déjà travaillé.

Un financement mêlant économies personnelles et aide de proches

Le riad est finalement acheté en 2024. Nina détaille la répartition de leur financement :

  • 40 % du projet couverts par leurs propres économies ;
  • 60 % par des prêts consentis par leur famille et leurs amis.

Au total, ils « estiment avoir dépensé 75 000 euros » pour l’ensemble de l’opération, indique Nina. Ce montant englobe l’achat du bien et les travaux de rénovation nécessaires pour le rendre habitable et accueillant pour des clients.

Cinq mois de travaux et une surfhouse pour 16 personnes

La rénovation démarre en avril 2025. Il faut rendre le bâtiment sain, créer les salles de bain absentes, moderniser les installations tout en préservant le cachet des lieux, notamment les carrelages traditionnels cités par Nina.

Le chantier dure cinq mois. En octobre 2025, le couple ouvre enfin les portes de leur projet : un riad transformé en maison d’hôtes pour surfeurs, baptisée « Ilyana Surfhouse », contraction évidente de leurs deux prénoms.

Le riad rénové compte désormais cinq chambres d’hôtes et peut accueillir jusqu’à 16 personnes.

Ilyana Surfhouse se positionne sur un créneau porteur au Maroc : l’hébergement de surfeurs et voyageurs en quête d’une expérience plus familiale que l’hôtel classique, avec la possibilité de prendre des cours de surf sur place et de vivre au rythme de la mer.

« Au début, mes parents nous ont pris pour des fous »

Comme souvent dans les projets un peu audacieux, le cercle familial ne suit pas immédiatement. Nina confie que ses propres parents ont d’abord jugé l’aventure risquée.

« D’abord, mes parents pensaient que nous étions fous, mais ils ont été convaincus quand ils l’ont vu », raconte-t-elle.

Une fois le riad rénové, la surfhouse ouverte et les premiers clients arrivés, les proches réalisent la cohérence du projet. La famille d’Ilyass s’implique même activement dans l’exploitation de la maison d’hôtes.

  • La mère d’Ilyass est aux fourneaux pour les repas ;
  • sa sœur prépare les petits-déjeuners ;
  • son frère prête main-forte pour l’encadrement du surf.

Cette organisation familiale donne au lieu une ambiance de maison plutôt que d’hôtel. Une configuration fréquente dans les petites structures touristiques marocaines.

Un pari économique assumé sur huit ans

Sur le plan financier, Nina se montre confiante. Selon elle, l’activité démarre correctement et la fréquentation semble suffisante pour envisager un remboursement progressif des sommes investies.

« Nous sommes satisfaits de la façon dont l’activité se déroule. Nous espérons que la maison sera remboursée sur nos bénéfices en huit ans », explique-t-elle.

Ce type de prévision reste évidemment dépendant de la fréquentation touristique de Rabat, des conditions économiques locales et du pouvoir d’achat des visiteurs. Le Maroc, et en particulier ses villes côtières, attire depuis plusieurs années une clientèle de surfeurs européens, notamment venant de France, des Pays-Bas ou d’Allemagne.

Rabat, capitale marocaine et spot pour surfeurs

Business Insider rappelle quelques données sur la ville où se déroule l’histoire :

  • Rabat est la capitale du Maroc et le siège du gouvernement marocain ;
  • la ville se situe sur la côte atlantique, à l’embouchure du fleuve Bouregreg, en face de la ville de Salé ;
  • la médina de Rabat et plusieurs monuments historiques sont inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2012.

Pour des voyageurs français, Rabat reste moins touristique que Marrakech ou Agadir, mais propose aussi des spots de surf, une médina classée, et un climat propice à la pratique une large partie de l’année.

Quand le flirt de vacances se transforme (ou pas) en grande histoire

L’histoire de Nina et Ilyass fait figure d’exception. La plupart des flirts de vacances ne se transforment pas en mariage ni en création d’entreprise commune.

Business Insider cite l’analyse de la psychologue-conseillère Chris Oeuvray, qui met en garde contre les illusions des romances estivales. Pour elle, le contexte des vacances fausse souvent la perception des sentiments.

« Soleil, activité physique, nouvelles expériences et moins de stress améliorent l’humeur. En même temps, la nouveauté active notre système de récompense. Soudain, nous associons une personne à la liberté, la légèreté et le bonheur », explique-t-elle.

Dans ces conditions, on peut interpréter une attirance intense comme une « grande histoire d’amour », alors qu’il s’agit parfois d’une construction liée au contexte, loin du quotidien et de ses contraintes.

Le retour à la réalité peut être brutal

Chris Oeuvray raconte le cas d’une de ses clientes tombée amoureuse en Australie. À son retour, la jeune femme pleure durant tout son vol de 15 heures, convaincue d’avoir laissé derrière elle « l’amour de sa vie ». Quelques jours plus tard, pourtant, elle rencontre un autre homme dans son pays et en tombe amoureuse à nouveau.

Pour la psychologue, cet exemple illustre la façon dont le cerveau projette parfois des sentiments liés davantage au cadre qu’à la personne elle-même. Dans le cas de Nina et d’Ilyass, le couple a traversé l’épreuve de la distance, du temps et de projets concrets, ce qui ancre la relation à un niveau bien différent du simple flirt.

Créer une maison d’hôtes sur fond de romance : ce que cela évoque en France

Pour un lecteur français, l’histoire de ce couple rappelle les projets de chambres d’hôtes, de gîtes ou de maisons de surf que l’on trouve sur les littoraux français, notamment dans le Sud-Ouest, en Bretagne ou en Normandie. La logique est similaire : transformer une bâtisse existante en hébergement pour touristes, parfois avec une activité sportive à côté, comme le surf ou la randonnée.

En France, ce type de projet suppose de respecter plusieurs étapes : achat ou rénovation du bien, règles d’urbanisme, éventuelles autorisations pour recevoir du public selon la taille de la structure, immatriculation en tant que meublé de tourisme ou maison d’hôtes, inscription au registre du commerce si l’activité devient professionnelle. Au Maroc, les démarches administratives et les normes diffèrent, mais la finalité reste la même : accueillir des voyageurs contre rémunération.

Beaucoup de porteurs de projet français misent sur un bâtiment ancien – ferme, maison de village, ancien hôtel – à rénover, avec un financement mêlant apport personnel, crédit bancaire et parfois soutien familial. La démarche de Nina et d’Ilyass, même à Rabat, s’inscrit donc dans une dynamique assez comparable, avec des montants adaptés au marché immobilier local.

Ce que signifie transformer un riad en surfhouse

Un riad marocain est traditionnellement organisé autour d’un patio central, souvent avec jardin ou fontaine, et des pièces qui donnent vers l’intérieur plutôt que vers la rue. Pour en faire une surfhouse accueillant des touristes, plusieurs aspects pratiques entrent en jeu :

Élément Adaptation pour une surfhouse
Architecture traditionnelle Préserver les carreaux, les arcs, le patio pour le charme et l’authenticité.
Confort moderne Créer des salles de bain, améliorer l’isolation, installer une plomberie et une électricité fiables.
Vie de surfeur Prévoir des espaces de rangement pour les planches, des zones pour faire sécher les combinaisons.
Convivialité Aménager des lieux communs pour les repas, les briefings surf, les moments de détente entre hôtes.

Le pari de Nina et d’Ilyass repose autant sur la dimension affective – leur histoire de couple, leur lien à Rabat – que sur une idée précise du type de séjour qu’ils souhaitent proposer : un mélange de vie locale marocaine, de surf encadré par un moniteur expérimenté et d’accueil familial.

Pour des voyageurs français amateurs de surf, ce genre de structure peut offrir une alternative intéressante aux grands hôtels : un budget souvent plus accessible, une immersion plus directe dans la vie locale, et un accompagnement sur les spots adapté au niveau de chacun. Comme pour toute petite structure, le revers tient au risque économique pour les propriétaires, très dépendants du bouche-à-oreille et des saisons, mais aussi à l’engagement quotidien que représente la gestion d’une maison d’hôtes habitée par des vacanciers presque toute l’année.

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