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Kérosène : pourquoi Transavia France redoute l’hiver, et ce que son directeur dit des prix des billets

Le kérosène atteint 194,90 dollars le baril. Transavia France redoute la basse saison, Air France-KLM est couvert à 67 % pour 2026.

Vous réservez un vol pour la Toussaint ou pour un week-end d’hiver ? Le kérosène a atteint 194,90 dollars le baril en moyenne mondiale, et Transavia France juge la rentabilité « quasi impossible » avec un carburant aussi cher. Reste à savoir ce que cela changera dans le prix de votre billet.

En bref

  • Le kérosène moyen mondial atteignait 194,90 dollars le baril mi-septembre 2026, en hausse de 7,4 % sur une semaine.
  • Transavia France anticipe un creux jusqu’à Noël, hors Toussaint, et ne peut pas répercuter automatiquement la hausse sur ses billets.
  • Air France-KLM a couvert 67 % de son carburant 2026 et 40 % de 2027, sans effacer tout le surcoût.

Le chiffre clé : 194,90 dollars, prix moyen mondial du kérosène le baril, semaine achevée le 18 septembre 2026.

Le kérosène atteint son plus haut niveau européen depuis mai

Le 3 septembre, la tonne de kérosène livrée en Europe du Nord-Ouest se négociait à 1 476 dollars. C’était son plus haut niveau depuis mai. Le relevé hebdomadaire de l’IATA pour la semaine achevée le 18 septembre 2026 confirme la tendance : 194,90 dollars le baril en moyenne mondiale, soit 7,4 % de plus en sept jours.

Un détail compte pourtant. Ces prix de marché ne correspondent pas forcément à ce que paie chaque compagnie. Celle qui a acheté une partie de son carburant à l’avance, avec des contrats de couverture, ne subit pas toute la hausse. C’est ce qui explique que les situations soient très différentes d’un transporteur à l’autre.

Indicateur Chiffre
Kérosène en Europe du Nord-Ouest, 3 septembre 1 476 dollars la tonne
Prix moyen mondial, semaine achevée le 18 septembre 2026 194,90 dollars le baril (+7,4 % en une semaine)
Facture carburant prévue d’Air France-KLM en 2026 8,9 milliards de dollars
Facture carburant de Transavia au deuxième trimestre 306 millions d’euros (+50,1 % sur un an)

Transavia France craint un creux d’activité jusqu’à Noël

Olivier Mazzucchelli, directeur général de Transavia France, s’est confié à l’AFP. Les recettes ont été bonnes en juillet et en août, dit-il. Mais les coûts liés au pétrole dépassent les prévisions budgétaires de la compagnie à bas prix, filiale d’Air France-KLM. Lorsqu’on lui demande s’il est possible d’être rentable avec un carburant aussi cher, sa réponse tient en quelques mots : « C’est quasi impossible ».

La période la plus délicate est devant lui. Le dirigeant prévoit un creux d’activité jusqu’à Noël, à l’exception des vacances de la Toussaint. C’est justement là que le problème se pose : quand les avions se remplissent moins, il est plus difficile d’absorber un carburant plus cher.

« On n’a pas la possibilité d’offrir des prix complètement élastiques avec l’augmentation du prix du pétrole. »

Olivier Mazzucchelli, directeur général de Transavia France, dans un entretien à l’AFP

Pour vous, le message est nuancé. Une hausse des tarifs ne peut pas compenser automatiquement celle du carburant. Les sources ne annoncent pas pour autant de hausse chiffrée des billets cet hiver.

Air France-KLM est protégé en partie, pas complètement

Le groupe avait couvert 67 % de sa consommation de carburant prévue pour 2026 et 40 % de celle de 2027, d’après ses résultats de fin juillet. Ces contrats atténuent les variations du marché sur les volumes concernés. Ils ne suppriment pas le surcoût sur les achats non couverts.

La facture reste lourde. Le groupe prévoyait 8,9 milliards de dollars de carburant en 2026, soit 2 milliards de plus qu’en 2025. Au deuxième trimestre, la hausse du prix du carburant a pesé pour 804 millions d’euros sur ses résultats, par rapport à l’année précédente.

Voici le point le plus direct pour un voyageur : Air France-KLM indique avoir compensé environ 85 % de cet effet grâce à ses recettes, notamment par l’évolution des prix des billets d’avion. Une partie du surcoût est donc déjà passée par les tarifs.

Chez Transavia, France et Pays-Bas réunis, la facture carburant du deuxième trimestre a bondi de 50,1 % sur un an, à 306 millions d’euros. Malgré plus de trafic et un coefficient de remplissage de 91,2 %, l’activité affiche une perte d’exploitation ajustée de 35 millions d’euros.

Nouveaux Airbus et plans de vol : les leviers pour consommer moins

Transavia France poursuit le remplacement de ses Boeing 737-800 par des Airbus de la famille A320neo. Elle compte aujourd’hui 31 Airbus sur une flotte de 96 monocouloirs. Cinq A321neo de 232 sièges doivent arriver à partir de mars 2027.

Selon Olivier Mazzucchelli, ces appareils offrent un coût par siège plus favorable sur les lignes capables de les remplir. Il attribue aussi 2 à 3 % d’économies de carburant par an à l’optimisation des plans de vol.

Ces leviers travaillent sur la durée. Ils ne règlent pas le problème de l’hiver qui vient, avec des avions à remplir hors des périodes de vacances.

Les capacités sont revues à la baisse, sans coupes annoncées pour l’hiver

Air France-KLM a ramené sa prévision de croissance des capacités pour 2026 à une fourchette de 2 à 3 %, contre 2 à 4 % auparavant. Pour Transavia France et Pays-Bas, elle passe à environ 8 %, contre 8 à 10 %. Le groupe dit adapter son réseau et ses tarifs dans un contexte volatil.

Ces ajustements ne constituent pas, à ce stade, une annonce de réductions supplémentaires pour l’hiver. Rien n’indique donc, pour l’instant, que vos vols soient supprimés.

La saison hivernale sera un test : remplir les avions hors vacances, ajuster les prix, limiter la consommation. Le niveau réel de la facture dépendra aussi du marché pétrolier, lié au contexte sécuritaire au Moyen-Orient, et les contrats de couverture déjà signés.

Vos questions

Les billets d’avion vont-ils augmenter cet hiver ?

Aucune hausse chiffrée n’est annoncée. Transavia France explique qu’elle ne peut pas relever ses prix de façon complètement élastique. Air France-KLM dit avoir compensé environ 85 % de l’effet carburant du deuxième trimestre, notamment par les prix des billets.

Des vols vont-ils être supprimés à cause du kérosène ?

Pas d’annonce en ce sens à ce stade. Le groupe Air France-KLM a abaissé ses prévisions de croissance des capacités pour 2026 et dit adapter son réseau et ses tarifs. Ces ajustements ne valent pas réduction supplémentaire annoncée pour l’hiver.

Pourquoi Air France-KLM est-il moins exposé que Transavia ?

Le groupe a couvert 67 % de sa consommation prévue en 2026 et 40 % en 2027. Ces contrats amortissent la hausse sur les volumes concernés. Transavia, elle, a vu sa facture carburant grimper de 50,1 % au deuxième trimestre et affiche une perte d’exploitation ajustée.

Sources : Air Journal.

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