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Cuba à court de kérosène : Iberia prolonge la suspension de ses vols vers l’île jusqu’au 30 juin 2027, Air France et Air Canada ont pris des mesures similaires

Cuba à court de kérosène : Iberia prolonge la suspension de ses vols vers l'île jusqu'au 30 juin 2027, Air France et Air Canada ont pris des mesures similaires

Confrontée à une grave pénurie de carburant, Cuba voit plusieurs compagnies internationales réorganiser en profondeur leurs liaisons avec l’île des Caraïbes.

La compagnie espagnole Iberia a décidé d’allonger jusqu’au 30 juin 2027 l’interruption de ses vols vers La Habana, en raison de la crise énergétique qui frappe Cuba, rapporte un média d’information lusophone. Air France, Air Canada et la compagnie espagnole World2Fly ont, elles aussi, ajusté leurs opérations vers la destination, devenue difficile à desservir dans des conditions normales.

Une suspension prolongée jusqu’en 2027 pour Iberia

Iberia avait déjà annoncé au printemps une première suspension de sa ligne vers Cuba. En avril, la compagnie prévoyait d’interrompre au moins jusqu’en novembre ses vols vers l’île, en invoquant « la situation que Cuba traverse », caractérisée par de graves problèmes d’approvisionnement et une demande jugée trop faible.

La situation se dégradant, Iberia a communiqué, dans une note publiée en ligne, que cette interruption serait étendue sur plusieurs années. La liaison entre Madrid et La Habana restera donc suspendue jusqu’au 30 juin 2027.

La suspension temporaire de la liaison de et vers La Habana est désormais prolongée jusqu’au 30 juin 2027, en raison de la crise du carburant et d’une demande insuffisante.

Cette décision confirme que la desserte aérienne de Cuba ne relève plus d’un aléa ponctuel, mais d’un problème structurel lié aux conditions économiques et énergétiques du pays.

Air France, Air Canada et World2Fly réorganisent aussi leurs vols

Iberia n’est pas un cas isolé. Selon la même source, d’autres compagnies aériennes ont adopté des mesures comparables. La compagnie espagnole World2Fly a réduit ou modifié ses liaisons avec Cuba. Air Canada et Air France ont, elles aussi, ajusté leur programme, en fonction de la disponibilité du carburant sur place.

Les transporteurs sont confrontés à une contrainte identique : l’absence de kérosène en quantité suffisante dans les aéroports cubains pour assurer les vols long-courriers au départ de l’île. Les plans de vol doivent donc être repensés, voire supprimés, lorsque les contraintes logistiques deviennent trop lourdes.

Face à la rareté du kérosène à Cuba, plusieurs compagnies adaptent leurs rotations, réduisent les fréquences ou modifient les itinéraires, fragilisant l’accessibilité de l’île.

Des escales techniques devenues incontournables

Pour celles qui continuent malgré tout de desservir Cuba, les contraintes opérationnelles se sont nettement alourdies. Faute de carburant suffisant pour le trajet retour, les avions doivent effectuer une escale technique pour se ravitailler avant de rejoindre l’Europe ou l’Amérique du Nord.

  • Arrêt dans un autre aéroport des Caraïbes ou du continent pour refaire le plein ;
  • Temps de vol allongés pour les passagers ;
  • Coûts d’exploitation plus élevés pour les compagnies ;
  • Complexité accrue dans la gestion des équipages et des slots aéroportuaires.

Ce détour systématique diminue l’attractivité de la destination pour les transporteurs, déjà confrontés à une demande touristique en repli. À terme, cela peut conduire à une réduction durable de l’offre de sièges vers l’île.

Crise énergétique et blocage pétrolier : un pays à court de carburant

La pénurie actuelle de kérosène s’inscrit dans une crise énergétique bien plus large. Cuba dépend fortement des importations de pétrole pour alimenter ses centrales électriques, ses transports et, par ricochet, son aviation civile.

Pendant des années, l’île a été largement approvisionnée par le Venezuela. Le pétrole vénézuélien permettait de soutenir la production d’électricité et les besoins en carburants. Selon la source citée, cette situation s’est modifiée après la destitution du président Nicolás Maduro en janvier par les États-Unis, événement présenté comme un tournant dans les relations entre Washington, Caracas et La Habana.

Depuis, Cuba subit un blocage pétrolier imputé à l’administration de Donald Trump. Cette politique de pression, combinée au renforcement de l’embargo américain, limite les cargaisons de pétrole arrivant sur l’île et complique les contrats d’approvisionnement.

La combinaison d’un blocage pétrolier et du renforcement de l’embargo américain a plongé Cuba dans une crise énergétique qui affecte jusqu’aux vols internationaux.

Une crise économique généralisée pour 9,6 millions d’habitants

La crise ne touche pas seulement les avions et les touristes. Pour les 9,6 millions d’habitants de Cuba, le manque de pétrole se traduit par de longues coupures d’électricité, des pénuries de produits de base et une forte inflation.

Selon le média lusophone, le pays traverse une phase de grande instabilité économique :

  • Longs délestages électriques, parfois quotidiens, qui perturbent la vie quotidienne et l’activité productive ;
  • Manque de denrées alimentaires, files d’attente et rationnement ;
  • Rareté des médicaments, avec des conséquences directes pour le système de santé ;
  • Inflation élevée qui érode le pouvoir d’achat des ménages.

Les autorités cubaines mettent en avant plusieurs causes : le durcissement de l’embargo américain, la faible productivité de l’économie locale et l’effondrement du tourisme international depuis la pandémie de Covid-19. Le recul des arrivées étrangères réduit les entrées de devises, dont l’île a besoin pour acheter carburants, nourriture et médicaments sur les marchés internationaux.

Quel impact pour les voyageurs français et les compagnies européennes ?

Pour un voyageur français qui souhaite se rendre à Cuba, la situation actuelle se traduit par moins de choix de vols et des itinéraires parfois plus longs qu’auparavant. La suspension prolongée d’Iberia retire une option au départ de l’Europe du Sud, tandis que les ajustements d’Air France peuvent modifier les fréquences et les horaires au départ de Paris.

Les compagnies européennes doivent arbitrer entre la volonté de maintenir une présence sur un marché historique des Caraïbes et la complexité opérationnelle liée à la pénurie de carburant. Les escales techniques, les risques de retard et le niveau de demande influencent directement ces décisions.

Compagnie Mesure prise vers Cuba
Iberia Suspension des vols vers La Habana jusqu’au 30 juin 2027
World2Fly Mesures similaires de réduction ou d’ajustement des vols
Air France Ajustement des opérations, avec contraintes de ravitaillement
Air Canada Décisions comparables de réorganisation des liaisons

Pour les tour-opérateurs français qui programment des séjours à Cuba, cette instabilité complique la construction des packages. Ils doivent tenir compte du risque de modifications de vols et prévenir les clients des possibles escales supplémentaires et variations de durée de trajet.

La situation en France : un ravitaillement sécurisé mais sous surveillance

En France, les grandes plates-formes comme Paris-Charles-de-Gaulle, Orly ou Lyon-Saint-Exupéry disposent d’infrastructures de stockage de carburant importantes, alimentées par des raffineries et des terminaux pétroliers situés en métropole ou dans les ports maritimes.

Les risques de pénurie de kérosène existent, mais ils relèvent généralement de tensions ponctuelles : mouvements sociaux dans les raffineries, perturbations logistiques ou hausse brutale des prix du pétrole. Les autorités et les gestionnaires d’aéroports mettent alors en place des plans de continuité, avec :

  • priorisation de certains vols stratégiques ;
  • réduction temporaire des capacités ;
  • recours à des stocks de sécurité.

La Direction générale de l’aviation civile (DGAC) joue un rôle central de coordination entre compagnies, aéroports et autorités, afin de limiter les perturbations. Les compagnies opérant en France peuvent aussi choisir de tanker, c’est-à-dire de remplir davantage leurs réservoirs dans un aéroport où le carburant est disponible, pour éviter un ravitaillement dans une plate-forme en tension.

Cette organisation ne met pas à l’abri de difficultés, mais elle évite les blocages lourds observés à Cuba, où l’absence de carburant local impose des stratégies de contournement systématiques.

Carburant aérien, escale technique et effets en chaîne

Le carburant utilisé par les avions commerciaux est un kérosène spécifique, appelé souvent Jet A-1. Ce produit doit répondre à des normes internationales strictes. Lorsqu’un aéroport n’en dispose plus en quantité suffisante, les compagnies sont contraintes de modifier leurs plans de vol.

L’escale technique, qui consiste à se poser dans un autre aéroport uniquement pour ravitailler, a plusieurs conséquences :

  • Les temps de vol augmentent, ce qui raccourcit parfois le séjour sur place pour les passagers en voyage organisé.
  • Les coûts (redevances aéroportuaires, carburant supplémentaire, frais d’équipage) pèsent sur la rentabilité des lignes.
  • Les retards en cascade deviennent plus fréquents, surtout en haute saison.

À Cuba, cette pratique s’impose pour les vols de retour en raison de la pénurie locale. Lorsque la demande de passagers baisse en parallèle, certaines compagnies jugent que le maintien de la liaison ne se justifie plus et choisissent la suspension pure et simple, comme Iberia jusqu’en 2027.

Pour les voyageurs qui envisagent un séjour sur l’île, cette situation encourage la préparation en amont : vérifier régulièrement l’état des vols, anticiper d’éventuels changements d’horaires et se renseigner sur les conditions locales, qu’il s’agisse de l’électricité, des transports intérieurs ou de l’accès aux services de base.

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