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Les chiens pleurent-ils vraiment des larmes ? Un vétérinaire explique ce qui se passe dans leurs émotions

Les chiens pleurent-ils vraiment des larmes ? Un vétérinaire explique ce qui se passe dans leurs émotions

Au Brésil, un vétérinaire explique comment les chiens peuvent produire des larmes lors de retrouvailles, entre douleur, stress et joie intense.

Un vétérinaire brésilien détaille, dans un article du site d’information en ligne g1, ce que les scientifiques savent désormais des larmes des chiens et de leurs émotions. À partir d’une étude récente et de cas observés en clinique, il décrit comment la joie, la douleur ou la solitude peuvent s’exprimer chez nos compagnons à quatre pattes, sans les réduire à de simples réflexes.

Une étude scientifique qui bouscule les idées reçues

L’article de g1 Itapetininga e Região s’appuie sur une étude publiée dans la revue scientifique Current Biology, du groupe Cell Press. Les chercheurs y ont mesuré la quantité de larmes produites par les chiens lors de retrouvailles avec leurs maîtres.

Pour y parvenir, l’équipe a utilisé un examen standard en ophtalmologie vétérinaire et humaine : le test de Schirmer. Il consiste à placer une petite bandelette de papier sous la paupière afin de mesurer la production de larmes sur une durée donnée.

Les chercheurs ont observé une augmentation significative de la quantité de larmes au moment où les chiens retrouvaient leur maître après une séparation.

Autrement dit, les glandes lacrymales des chiens semblent plus actives durant ces moments de forte charge émotionnelle. Le phénomène ne se limite donc pas à un simple clignement réflexe lié au vent, à la poussière ou à une irritation.

Cette étude vient nourrir une question que beaucoup de propriétaires se posent : leur chien pleure-t-il de tristesse ou de joie comme un humain, ou n’est-ce qu’un hasard physiologique ?

« Ils ont conscience et raisonnement, avec certaines limites »

Pour éclairer ces résultats, g1 a interrogé le vétérinaire Luís Felipe Roberto, installé à Itapetininga, dans l’État de São Paulo. Il rappelle d’abord que le chien n’est pas un simple « automate » guidé uniquement par l’instinct.

Selon lui, les chiens disposent d’une forme de conscience et de raisonnement, « avec un certain limite ». Ils interprètent leur environnement, reconnaissent leurs proches, apprennent de leurs expériences et réagissent à ce lien affectif avec leur maître.

« Quand l’animal traverse une pathologie, il devient plus stressé et, à cause de la douleur, peut pleurer. Une autre forme est le pleur de joie, quand l’animal est extrêmement content », explique le vétérinaire à g1.

Dans son expérience de terrain, les larmes ne sont donc pas réservées aux seules situations de souffrance. Un chien peut manifester une sorte de « débordement émotionnel », par exemple lors d’un retour de vacances, d’une longue absence du maître ou d’un moment de jeu particulièrement intense, même si ces larmes restent bien moins fréquentes et visibles que chez l’humain.

Les émotions, un indicateur clé de la santé du chien

Pour Luís Felipe Roberto, l’état émotionnel d’un animal constitue un véritable signal d’alerte pour le maître. Un changement de comportement peut révéler un problème médical ou un mal-être profond.

Il cite notamment la « maladie du carrapato », littéralement « maladie de la tique », très répandue au Brésil. Cette pathologie transmise par les tiques – comparable à certaines maladies vectorielles suivies par les vétérinaires en France – peut se manifester, entre autres, par une profonde tristesse et un abattement.

Un chien soudain très triste, apathique, isolé, peut souffrir d’une affection sous-jacente qui nécessite une consultation vétérinaire.

L’expert insiste aussi sur les conséquences émotionnelles de l’absence prolongée du maître. Des propriétaires qui passent beaucoup de temps hors de la maison laissent parfois un animal livré à lui-même, qui développe une forme de solitude pouvant prendre plusieurs formes.

  • Chien qui pleure ou gémit à longueur de journée ;
  • Aboiements répétés, parfois signalés par le voisinage ;
  • Léchage excessif des pattes, jusqu’à irriter la peau ;
  • Destructions d’objets, de portes ou de meubles en l’absence du maître.

Le vétérinaire souligne que le léchage compulsif des pattes constitue souvent un signe fort de stress, voire d’anxiété. Il ne s’agit pas d’un simple « tic » anodin, mais d’un comportement à surveiller.

Oxitocine : l’hormone qui renforce le lien maître-chien

L’étude publiée dans Current Biology ne s’est pas contentée d’observer les larmes. Les chercheurs se sont également intéressés au rôle de l’oxytocine, souvent surnommée « hormone de l’attachement » chez l’humain.

Cette hormone participe notamment au déclenchement du travail lors de l’accouchement et favorise la montée de lait. Elle est aussi associée aux comportements maternels et aux liens affectifs positifs.

Selon les chercheurs, la sécrétion lacrymale observée chez les chiens durant les retrouvailles est médiée par l’oxytocine, déjà connue pour son rôle majeur dans le lien mère-bébé chez l’humain.

Interrogé sur ce point, Luís Felipe Roberto confirme ce parallèle : après la mise bas, la chienne libère de l’oxytocine et d’autres hormones qui soutiennent à la fois le travail de l’utérus, la lactation et le comportement maternel. Ce même système hormonal pourrait aussi contribuer au lien très fort qui se crée plus tard avec le maître, qu’il soit une figure « maternelle » ou « paternelle » pour l’animal.

Comment les chiens montrent-ils leur attachement au quotidien ?

Les larmes ne sont qu’un élément parmi d’autres pour comprendre les émotions canines. Le vétérinaire rappelle que les chiens expriment surtout leur attachement et leur joie par des comportements bien connus des propriétaires.

Parmi ces signaux :

  • La vocalisation : aboiements, jappements ou petits gémissements à l’arrivée du maître ;
  • Les léchouilles, notamment sur les mains ou le visage ;
  • Le fait de renifler et de rester très proche physiquement du propriétaire ;
  • La queue qui s’agite de manière ample et rapide ;
  • Les bonds, tours sur soi, courses dans la pièce à l’arrivée du maître.

Ces comportements, souvent banalisés, traduisent pourtant une forte charge émotionnelle. L’étude relayée par g1 suggère que, dans certains cas, cette excitation s’accompagne aussi d’une augmentation de la production de larmes, sans que celles-ci roulent forcément sur les joues comme chez l’humain.

Différencier les vraies larmes émotionnelles des problèmes oculaires

Les spécialistes rappellent qu’un œil qui coule n’a pas systématiquement une cause émotionnelle. Un chien peut produire des larmes en excès pour des raisons purement physiques : poussière, allergie, malformation des paupières, infection oculaire ou canal lacrymal bouché.

Type de larmes Origine principale Signes associés fréquents
Larmes émotionnelles possibles Retrouvailles, joie, stress ponctuel Comportement excité ou au contraire abattu, gémissements, recherche de contact
Larmes réflexes / pathologiques Irritation, allergie, infection, malformation Rougeur, frottement de l’œil, écoulement épais ou coloré, clignements fréquents

Un maître qui constate un écoulement persistant, épaissi ou teinté doit consulter un vétérinaire, car il peut s’agir d’une conjonctivite, d’un corps étranger ou d’un autre trouble oculaire nécessitant un traitement.

Quelle situation pour les chiens en France ?

Les travaux cités par g1 sont internationaux et intéressent également les vétérinaires français. La plupart reconnaissent depuis longtemps la capacité des chiens à ressentir de nombreuses émotions : joie, peur, frustration, anxiété, parfois proche de ce qui est qualifié de « dépression » en langage courant.

En France, les vétérinaires, les comportementalistes et les éducateurs canins insistent sur plusieurs points :

  • Respect du rythme de l’animal et de ses besoins de sortie et de jeu ;
  • Prise en charge des troubles anxieux, notamment l’anxiété de séparation ;
  • Surveillance des changements de comportement comme indicateurs de douleur ou de maladie ;
  • Consultation rapide en cas de modification brutale de l’humeur ou de l’appétit.

Les vétérinaires français constatent aussi une demande croissante de propriétaires soucieux du bien-être psychique de leur animal, pas seulement de sa santé physique. Des programmes d’éducation positive, des thérapies comportementales ou des aménagements du quotidien sont proposés lorsque le chien supporte mal la solitude ou manifeste des signes de stress chronique.

Comment un maître peut-il mieux comprendre les signaux de son chien ?

Les propos rapportés par g1 invitent les propriétaires, au Brésil comme en France, à observer leur chien de manière globale et pas seulement à guetter des larmes éventuelles.

Quelques repères concrets :

  • Surveiller la cohérence des signaux : un chien joyeux qui remue la queue, saute et gémit légèrement à l’arrivée du maître est probablement dans un état émotionnel positif, même si ses yeux brillent davantage.
  • Repérer les signes de mal-être : tristesse persistante, isolement, gémissements fréquents en l’absence du maître, léchage excessif des pattes ou de zones du corps doivent alerter.
  • Noter les changements brusques : un chien soudain apathique, qui ne joue plus ou refuse la nourriture, peut souffrir d’un problème de santé, comme la maladie transmise par les tiques citée au Brésil ou d’autres affections connues en France.
  • Consulter en cas de doute : même si les larmes peuvent parfois être liées aux émotions, seule une consultation vétérinaire permet d’écarter une cause oculaire ou médicale.
  • Le cas de la « maladie du carrapato » rappelé par Luís Felipe Roberto illustre bien cette nécessité. La tristesse ou l’abattement ne relèvent pas uniquement du moral : ils peuvent être le signe d’une maladie infectieuse sérieuse qui, en France aussi, peut être transmise par des tiques ou d’autres parasites.

    Un lien affectif aux effets très concrets

    Les travaux cités par g1 et l’analyse du vétérinaire brésilien convergent vers une idée : le lien affectif entre un chien et son maître n’est pas une simple interprétation humaine. Il s’appuie sur des mécanismes biologiques mesurables, comme la production d’oxytocine et, parfois, l’augmentation de la production de larmes.

    Pour un propriétaire français, cette connaissance peut se traduire par des gestes simples :

    • Ritualiser les départs et les retours, avec des moments calmes mais chaleureux ;
    • Proposer des activités et des jeux qui renforcent la complicité ;
    • Aménager l’environnement du chien pour limiter la solitude prolongée ;
    • Ne pas minimiser des comportements inhabituels, même s’ils semblent « juste émotionnels ».

    Les larmes d’un chien ne ressemblent sans doute pas aux pleurs humains. Elles restent rares, discrètes, difficiles à interpréter au quotidien. Mais l’étude mise en avant par g1, comme l’expérience du vétérinaire brésilien, confirme qu’un chien peut vivre des émotions assez intenses pour que son corps réagisse, jusque dans ses yeux.

    Questions fréquentes

    Les chiens pleurent-ils vraiment de vraies larmes comme les humains ?

    Oui, les chiens produisent bel et bien des larmes lors de situations émotionnelles intenses, notamment lors de retrouvailles avec leur maître. Cependant, ces larmes sont généralement moins visibles que chez l'humain et ne coulent pas forcément sur les joues.

    Qu'est-ce qui provoque les larmes chez les chiens ?

    Les larmes peuvent être dues à des émotions positives (joie intense, retrouvailles), à du stress, à de la douleur ou à une souffrance. L'hormone oxytocine, l'hormone de l'attachement, médiatise cette sécrétion lacrymale lors des moments émotionnels.

    Comment distinguer les larmes émotionnelles d'un problème oculaire chez mon chien ?

    Les larmes émotionnelles s'accompagnent généralement de comportements excités ou au contraire d'abattement, de gémissements ou de recherche de contact. Un écoulement persistant, épais ou coloré, associé à une rougeur ou à un clignement excessif, signale plutôt un problème physique comme une infection ou une allergie.

    Quels sont les autres signes d'attachement et d'émotion chez le chien ?

    Les chiens expriment principalement leur attachement par des vocalisations (aboiements, jappements), des léchouilles, en se tenant très proches physiquement, par l'agitation rapide de la queue et par des bonds ou des courses enthousiastes à l'arrivée du maître.

    Les changements émotionnels chez le chien peuvent-ils indiquer un problème de santé ?

    Oui, une tristesse soudaine, l'apathie ou l'isolement social peuvent révéler une affection sous-jacente, comme certaines maladies transmises par les tiques. Un changement comportemental significatif justifie une consultation vétérinaire.
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