Entre soleil, mer et piscine, la chevelure est mise à rude épreuve. En Espagne, un coiffeur réputé démonte le fameux passage obligatoire chez le coiffeur à la rentrée.
Chaque fin d’été, la même question revient dans les salons de coiffure, en France comme en Espagne : faut-il absolument couper ses cheveux pour les « réparer » après les vacances ? Interrogé par l’agence de presse espagnole Efe, le coiffeur et directeur de salon Juandiegoteo, figure installée à Madrid et ambassadeur de plusieurs marques capillaires, apporte des réponses nuancées et démonte au passage un grand mythe beauté.
Le vrai impact de l’été sur la fibre capillaire
Avant de parler ciseaux, Juandiegoteo rappelle le contexte : ce n’est pas le calendrier qui abîme les cheveux, mais ce qu’ils subissent pendant les vacances. La saison chaude combine plusieurs agressions bien connues des dermatologues.
Les rayons ultraviolets fragilisent les protéines du cheveu.
Le soleil réduit la teneur en eau de la fibre capillaire.
L’eau salée et le chlore augmentent la sécheresse et les frisottis.
Les températures élevées accentuent la déshydratation.
À ces facteurs s’ajoutent des gestes quotidiens très estivaux : coiffures serrées, passages répétés de fer à lisser ou de boucleur avant les soirées, lavages plus fréquents sans routine de soin adaptée.
Le résultat typique de l’été, selon les spécialistes, se résume à des pointes fourchues, une perte de brillance, plus de casse et un toucher rêche.
L’état des cheveux à la rentrée dépend donc bien davantage de la protection mise en place avant et pendant les vacances que de la date de retour au bureau.
Passer sous les ciseaux après l’été : obligation ou simple option ?
Face à la question récurrente « faut-il forcément couper à la rentrée ? », la réponse de Juandiegoteo est claire. « C’est un conseil que l’on entend depuis toujours, mais ce n’est pas tout à fait vrai », affirme-t-il. Pour lui, tout part des soins réalisés en amont.
Il résume sa position ainsi : « Si tu prends soin de tes cheveux avant, pendant et après l’été, tu peux afficher une superbe chevelure. Il faut rester constant dans les soins estivaux, dans la façon de les protéger du soleil et de l’eau chlorée ou salée. Rincer à l’eau douce, etc. »
Son protocole idéal pour traverser l’été en limitant la casse repose sur trois axes :
protection contre les UV avec des produits spécifiques pour cheveux ;
rinçage systématique à l’eau douce après chaque baignade, mer comme piscine ;
renforcement de l’hydratation grâce à des masques et après-shampoings nourrissants.
Selon lui, ce sont ces gestes répétés qui font la différence au moment de la rentrée, beaucoup plus qu’un rendez-vous ponctuel en salon.
Couper les pointes sans changer de tête
Pour autant, Juandiegoteo ne bannit pas les ciseaux. Quand les pointes sont très abîmées, un léger passage chez le coiffeur améliore visiblement l’aspect de la chevelure.
« Quand les pointes présentent des cassures visibles, le coupe aide à améliorer l’aspect général du cheveu et évite que ces petites fissures remontent le long de la fibre », rappelle le professionnel. Le but n’est pas de sacrifier la longueur gagnée pendant des mois.
Le coiffeur estime qu’en moyenne, « le plus habituel pour couper les pointes, ce serait environ deux centimètres, pour trouver l’équilibre entre assainir et conserver la longueur du cheveu ».
Cette valeur reste une base indicative. Un cheveu fragilisé par des décolorations successives ou par un usage intensif d’appareils chauffants nécessitera parfois une coupe plus franche. À l’inverse, une chevelure bien entretenue tout l’été pourra se contenter d’un simple rafraîchissement.
Le grand mythe : la coupe n’accélère pas la pousse
C’est l’idée reçue la plus ancrée autour des ciseaux : se couper les cheveux les ferait pousser plus vite. En Espagne aussi, le mythe résiste. « Le coupe des pointes n’accélère pas la croissance », tranche Juandiegoteo.
Le spécialiste rappelle un point de physiologie capillaire : le cheveu naît au niveau du follicule pileux, situé dans le cuir chevelu. C’est là que se décide la vitesse de pousse, pas au niveau des pointes.
Le coiffeur nuance toutefois : « Le coupe des pointes n’accélère pas la croissance. Mais elle influe pour qu’ils poussent sains, de manière stable, et nous évitons que les pointes se cassent ; ainsi, ils poussent plus ‘entiers’. »
Autrement dit, la coupe n’a aucun impact direct sur la vitesse de croissance, mais comme les cheveux se cassent moins, ils conservent mieux leur longueur. À l’œil nu, la chevelure semble donc s’allonger plus régulièrement.
Et si l’on refuse de couper ses cheveux ?
Beaucoup tiennent à chaque centimètre de longueur et ne veulent pas en perdre un à la rentrée. Pour ces profils, Juandiegoteo mise sur une stratégie basée sur la prévention et la réparation ciblée.
« Si on ne veut pas couper les cheveux, le secret, c’est la prévention avec des soins hydratants, des protections capillaires contre le soleil, éviter les appareils chauffants. Et appliquer un sérum », recommande-t-il.
Les spécialistes interrogés par Efe rappellent aussi le rôle des :
masques réparateurs, utilisés régulièrement ;
huiles ou beurres nutritifs, appliqués surtout sur les longueurs et pointes ;
traitements enrichis en protéines, utiles sur cheveux très sensibilisés.
Ces produits améliorent temporairement l’apparence d’une fibre fragilisée : toucher plus doux, aspect plus lisse, moins de frisottis. Mais un point reste non négociable : aucune formule ne peut recoller définitivement une pointe déjà ouverte. Dans ces cas-là, seule la coupe supprime la partie abîmée.
Les soins cosmétiques peuvent maquiller une pointe fourchue pendant un temps, mais aucune crème ne la reconstruit durablement. D’où l’importance de prévenir avant de réparer.
Tous les combien faut-il couper ses cheveux ?
Là encore, pas de calendrier magique. « Il n’existe pas de moment optimal », affirme Juandiegoteo. « Mais il est recommandé de les couper tous les deux à quatre mois ; il faudrait étudier chaque cas concret. »
Le bon intervalle dépend d’une série de paramètres :
Facteur
Impact sur la fréquence de coupe
Type de cheveux (fins, épais, bouclés, raides)
Les cheveux fins marquent plus vite les dégâts, les boucles masquent parfois les pointes abîmées.
Un usage intensif favorise les pointes cassantes, donc des coupes plus régulières.
Objectif de la personne (garder un carré net, laisser pousser, entretenir une frange)
Un coupe structurée demande des retouches fréquentes, une longue chevelure peut espacer les visites.
Le retour de vacances sert souvent de repère pratique pour prendre rendez-vous, mais les professionnels interrogés insistent : ce ne sont pas les ciseaux une fois dans l’année qui font la santé du cheveu, mais l’accumulation de petites habitudes tout au long des saisons.
Ce que recommande un coiffeur en France dans une situation comparable
En France, les coiffeurs et dermatologues partagent globalement les mêmes constats que leurs homologues espagnols. Le soleil méditerranéen, le chlore des piscines municipales ou des hôtels et le sel de l’Atlantique agissent de la même manière sur la fibre capillaire française.
Les salons de coiffure de l’Hexagone conseillent, eux aussi, un passage régulier entre deux et quatre mois, en ajustant en fonction du type de cheveu et du style souhaité. Les recommandations tournent autour de pratiques similaires :
porter un chapeau ou un foulard en plein soleil, surtout en bord de mer ;
utiliser des sprays ou huiles capillaires avec filtre UV ;
rincer longuement les cheveux à l’eau claire après la mer ou la piscine ;
espacer les lissages et brushings, ou baisser la température des appareils ;
programmer des soins profonds en salon (bain d’huile, protocole nourrissant) après une période d’expositions répétées.
Sur le mythe de la pousse plus rapide après une coupe, les dermatologues français rappellent la même réalité que celle évoquée en Espagne : la vitesse de croissance dépend de facteurs internes (génétiques, hormonaux, état de santé général), et non des longueurs déjà sorties du cuir chevelu.
Quelques repères concrets pour adapter sa routine capillaire
Pour un lecteur français qui se demande quoi faire à la rentrée, l’exemple espagnol donne un cadre simple. L’idée n’est pas de courir chez le coiffeur par obligation, mais de jauger objectivement l’état de ses pointes.
Observer les pointes à la lumière : si elles se séparent en deux ou trois, la coupe s’impose.
Passer la main sur les longueurs : si le cheveu accroche au toucher, c’est signe de cuticule abîmée.
Regarder la brillance : une chevelure très terne malgré les soins indique une fibre fatiguée.
Dans les cas où les dégâts restent limités, une stratégie combinant masques riches, sérums sur les pointes, réduction des lissages et protection systématique au soleil peut suffire plusieurs semaines avant un vrai rafraîchissement en salon.
Pourquoi la prévention fait toute la différence
L’analyse de Juandiegoteo rejoint un constat répété dans le secteur capillaire : on ne « répare » pas un cheveu comme on répare un objet. Une fois la fibre cassée, il n’existe aucune solution durable autre que la coupe.
En revanche, certains réflexes ont un effet cumulatif très concret sur l’état de la chevelure :
porter régulièrement des protections solaires capillaires limite la dégradation des protéines ;
utiliser un après-shampoing à chaque lavage réduit les frottements et donc la casse ;
attacher les cheveux en tresse souple plutôt qu’en queue très serrée préserve les longueurs.
Ces gestes répétés mois après mois permettent d’arriver en fin d’été avec des cheveux encore souples et brillants. Les ciseaux ne sont alors plus une urgence, mais un simple ajustement pour entretenir une matière déjà en bon état, comme le souligne le coiffeur espagnol interrogé par l’agence Efe.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.
Est-il vraiment obligatoire de se couper les cheveux à la rentrée ?
Non, ce n'est pas une obligation. Selon le coiffeur Juandiegoteo, c'est un conseil enraciné depuis longtemps mais sans fondement. La clé réside dans les soins réguliers avant, pendant et après l'été, bien plus que dans une coupe à une date précise.
Se couper les cheveux les fait-il vraiment pousser plus vite ?
Non, c'est un mythe. La croissance des cheveux se décide au niveau du follicule pileux dans le cuir chevelu, pas aux pointes. En revanche, une coupe évite que les pointes cassées remontent et permet aux cheveux de conserver une longueur plus régulière.
Quels soins permettent de protéger les cheveux en été sans les couper ?
L'idéal est d'appliquer des produits de protection contre les UV, de rincer systématiquement à l'eau douce après chaque baignade, et d'utiliser régulièrement des masques hydratants et des sérums nourrissants sur les longueurs et pointes.
Une crème ou un soin peut-il vraiment réparer une pointe fourchue ?
Non, aucun cosmétique ne peut reconstruire durablement une pointe ouverte. Les soins peuvent améliorer temporairement l'apparence, mais seule la coupe supprime définitivement la partie abîmée.
Tous les combien faut-il couper ses cheveux en général ?
Il est recommandé de couper ses cheveux tous les deux à quatre mois, mais cela dépend du type de cheveux, des techniques chimiques utilisées, de l'usage d'appareils chauffants et de l'objectif personnel (garder une coupe structurée, laisser pousser, etc.).