En Allemagne, un coiffeur met en garde les joggeuses contre la queue de cheval classique, accusée de maltraiter les longueurs à chaque foulée.
À Hambourg, un coiffeur très suivi sur Instagram alerte les adeptes de running, rapporte le média en ligne allemand qui relaie son message. Pour lui, la manière d’attacher ses cheveux pendant le jogging n’est pas un simple détail de style, mais un vrai facteur de santé capillaire, avec des conséquences visibles sur les pointes.
Ce que la queue de cheval fait à vos cheveux pendant le jogging
Lors de ses sorties sportives autour de l’Alster, à Hambourg, le coiffeur Dejan Garz observe toujours la même scène : la majorité des coureuses arborent une queue de cheval bien serrée, longueurs libres dans le dos. Pratique, rapide, efficace… mais loin d’être idéale pour les cheveux, selon lui.
D’après son analyse, la problématique ne vient pas de l’élastique en lui-même, mais du mouvement répété des longueurs pendant l’effort. À chaque foulée, la masse de cheveux fouette le dos, les épaules, parfois le haut des bras. Ce balancement permanent crée un frottement continu sur les cuticules, la couche externe protectrice du cheveu.
Pour le coiffeur, ce va-et-vient contre le dos rend l’entraînement « hautement éprouvant » pour la fibre capillaire, bien plus qu’on ne l’imagine.
Cette friction répétée, pendant toute la durée de la séance, fragilise les pointes, déjà souvent plus sèches et plus fines que le reste de la chevelure. Les écailles se soulèvent, le cheveu perd sa surface lisse et commence à accrocher.
Des cheveux plus rêches et des pointes qui se dédoublent
Selon Dejan Garz, les conséquences se voient assez vite chez les coureuses régulières qui gardent toujours la même coiffure. Les longueurs prennent un aspect plus « mousseux », moins discipliné. Les mèches deviennent difficiles à lisser, même après le shampoing.
Le phénomène typique qui apparaît est le fourche, qu’il définit simplement : les pointes se fendent en deux ou en plusieurs brins, les longueurs semblent ternes et cassantes. La coupe perd sa netteté, les extrémités s’effilochent et se coincent plus facilement dans la brosse.
Le frottement constant pendant la course peut rendre les cheveux plus crépus en apparence et favoriser le développement de fourches.
Ces dégâts ne se rattrapent pas avec un simple soin. Une fois que le cheveu est cassé ou fendu, la seule solution durable reste la coupe. Pour un·e sportif·ve qui tient à la longueur de ses cheveux, la coiffure choisie pour courir peut donc faire la différence sur le long terme.
Les coiffures recommandées par le coiffeur pour courir
Face à ce constat, le professionnel propose des alternatives plus protectrices que la queue de cheval classique. Son principe : limiter au maximum le mouvement libre des longueurs, en les rassemblant de façon compacte.
Il insiste sur un point : l’objectif n’est pas d’ajouter de la tension à la racine, mais de réduire les frottements sur les pointes. Les coiffures doivent rester confortables et adaptées au sport.
Tresses, chignons et buns : des options plus douces pour les pointes
Dans son message, Dejan Garz cite plusieurs coiffures à privilégier pour le jogging :
La tresse : une natte serrée maintient les cheveux regroupés, ce qui limite les frottements contre le dos.
Le chignon haut : placé sur le sommet du crâne, il dégage la nuque et empêche les longueurs de battre dans le dos.
Les « space buns » : deux petits chignons hauts, de chaque côté de la tête, qui maintiennent les cheveux de manière symétrique et bien compacte.
Ces coiffures restent jugées parfaitement « sport compatibles » par le coiffeur, tout en protégeant mieux les pointes que la queue de cheval laissée libre.
Pour protéger ses longueurs, le coiffeur recommande des coiffures où les cheveux sont rassemblés et bougent le moins possible.
Sous sa publication, certaines internautes réagissent avec humour. L’une d’elles se moque d’elle-même, écrivant qu’elle n’a pas à se préoccuper de ce problème puisqu’elle ne fait tout simplement pas de sport. Une façon légère de souligner que cette préoccupation touche surtout les personnes qui courent régulièrement.
Pourquoi le jogging reste bénéfique, malgré ce risque capillaire
Le message du coiffeur ne remet pas en cause l’intérêt du sport. Au contraire, l’article rappelle, en s’appuyant sur la caisse d’assurance maladie allemande DAK Gesundheit, que même une activité modérée a un effet réel sur la santé.
En citant la Deutsche Herzstiftung, la fondation allemande pour le cœur, DAK Gesundheit indique que dix minutes de marche rapide par jour suffisent déjà à faire baisser nettement le risque de maladies cardiovasculaires. Le pourcentage avancé dans l’article illustre cet impact significatif, même pour un effort limité.
Le journal en ligne rappelle aussi le rôle du running sur la santé mentale, en se référant au Comité olympique sportif allemand (Deutscher Olympischer Sportbund, équivalent du Comité national olympique et sportif français). Selon cette instance, la course régulière stimule la formation de nouveaux neurones, ce qui contribue à améliorer les performances cognitives.
Le comité olympique allemand met en avant une meilleure concentration, une résistance accrue au stress et une humeur plus stable chez les personnes qui courent régulièrement.
Autrement dit, l’impact négatif possible sur les pointes de cheveux ne pèse pas lourd face aux bénéfices globaux du jogging. Le message de Dejan Garz se veut surtout pratique : ajuster sa coiffure pour protéger ses longueurs, sans renoncer aux bienfaits du sport.
Ce que cela change pour les coureuses en France
Pour une joggeuse ou un joggeur en France, la situation est comparable à celle décrite en Allemagne. Les gestes de frottement restent les mêmes, que l’on coure au bord de la Seine, dans un parc urbain ou sur un sentier côtier.
Les recommandations du coiffeur hambourgeois peuvent donc s’appliquer sans adaptation particulière : éviter les longueurs libres qui frappent le dos et privilégier des coiffures qui maintiennent les pointes groupées.
Coiffure
Impact sur les longueurs pendant la course
Queue de cheval classique
Mouvement important, frottement répété sur le dos et les épaules
Tresse basse ou haute
Longueurs rassemblées, frottement réduit, cheveux plus protégés
Chignon haut
Longueurs compactes, pratiquement aucun contact avec le dos
Space buns
Masse capillaire répartie et maintenue, peu de mouvement libre
En France comme en Allemagne, les coiffeurs insistent généralement sur l’importance de limiter les agressions mécaniques : frottement contre l’oreiller, coiffage trop brutal, accessoires rugueux. Le mouvement répété des cheveux pendant la course s’ajoute à cette liste de micro-agressions quotidiennes.
Gestes simples pour limiter la casse sur cheveux longs
Sans modifier le fond de l’alerte lancée par Dejan Garz, quelques réflexes connus des professionnels peuvent venir compléter ses conseils pour les coureurs français :
Choisir des élastiques sans pièce métallique, pour éviter que les cheveux ne se coincent et ne cassent au retrait.
Éviter de trop serrer à la racine, afin de ne pas créer de tension excessive sur le cuir chevelu.
Sur cheveux très secs ou fragilisés, envisager une tresse ou un chignon légèrement flous plutôt qu’une attache ultra serrée.
Couper régulièrement les pointes pour empêcher les fourches de remonter sur la longueur.
Ces gestes ne remplacent pas l’avis personnalisé d’un coiffeur, mais vont dans le même sens que le message de Dejan Garz : la mécanique compte autant que les produits lorsqu’on parle de santé capillaire.
Pourquoi la friction est l’ennemie silencieuse des pointes
Sur le plan purement physique, la friction répétée casse les protections naturelles du cheveu. À chaque contact, une partie infime de la surface s’abîme. Sur une séance de course d’une heure, avec plusieurs milliers de foulées, ces micro-chocs se cumulent.
Ce phénomène ne concerne pas seulement les sportives aux cheveux très longs. Des longueurs mi-dos peuvent déjà venir frotter les vêtements techniques, souvent légèrement texturés, ce qui accentue l’usure. Le port d’un sac à dos ou d’une ceinture de running peut aussi créer des zones de frottement supplémentaires.
Adapter sa coiffure aux contraintes du jogging, comme le propose ce coiffeur de Hambourg, revient donc à traiter les cheveux comme un équipement à part entière. Au même titre que les chaussures de running ou le choix du textile, la façon d’attacher ses longueurs peut faire la différence entre une chevelure qui reste souple et brillante, et des pointes qui finissent trop vite chez le coiffeur pour être coupées.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.
Pourquoi la queue de cheval abîme-t-elle les cheveux pendant la course ?
Le mouvement répété des cheveux à chaque foulée crée un frottement constant contre le dos et les épaules. Ce va-et-vient fragilise les cuticules (couche protectrice du cheveu), ce qui soulève les écailles et provoque fourches et aspect rêche.
Quelles coiffures faut-il privilégier pour courir sans abîmer ses cheveux ?
La tresse maintient les cheveux regroupés, le chignon haut empêche les longueurs de battre dans le dos, et les space buns répartissent la masse capillaire de manière symétrique. L'objectif est de limiter le mouvement libre des pointes.
Ces dégâts capillaires peuvent-ils être réparés avec un soin ?
Non, une fois que le cheveu est cassé ou fendu, la seule solution durable reste la coupe. Les soins ne peuvent pas réparer une fibre déjà endommagée.
Est-ce une raison d'arrêter le jogging ?
Non, le jogging reste très bénéfique pour la santé cardiovasculaire et mentale. Il suffit d'ajuster sa coiffure : il est possible de courir régulièrement tout en protégeant ses longueurs.
Ces recommandations s'appliquent-elles aussi en France ?
Oui, les mécanismes de frottement sont identiques que l'on coure en Allemagne ou en France. Les conseils du coiffeur hambourgeois peuvent s'appliquer sans adaptation particulière aux joggeurs français.