Une étude menée en Corée du Sud bouscule une idée reçue bien ancrée sur la meilleure façon de sécher ses cheveux au quotidien.
Faut-il laisser ses cheveux sécher naturellement ou dégainer le sèche-cheveux à chaque shampoing ? Le média féminin allemand qui relaie cette étude coréenne affirme que la réponse n’est pas celle que beaucoup attendaient. Les chercheurs, puis une coiffeuse de Berlin, détaillent pourquoi le séchage à l’air libre ne serait pas toujours le plus protecteur pour la fibre capillaire.
Une croyance bien installée remise en cause
Depuis des années, le réflexe présenté comme « sain » consiste à éviter la chaleur et à laisser ses cheveux sécher tout seuls. L’argument avancé est simple : la chaleur abîmerait les longueurs, fragiliserait la fibre et assécherait la pointe comme le cuir chevelu.
L’article rappelle ainsi que beaucoup redoutent la haute température et le souffle puissant des sèche-cheveux. Ils les accusent de provoquer :
sécheresse et fragilisation de la fibre,
casse et apparition de fourches,
aspect mousseux et indiscipliné sur certaines chevelures.
Le texte précise toutefois que les appareils modernes sont conçus pour limiter ces dégâts, à condition d’être utilisés correctement. Réglages, distance, temps de séchage : tout joue.
Utilisé avec la bonne technique, le sèche-cheveux peut être moins néfaste pour la fibre capillaire que le séchage à l’air libre prolongé, selon l’étude coréenne citée par le média allemand.
Une étude coréenne qui change la donne
Le tournant vient d’un travail mené par des dermatologues en Corée du Sud. Leur objectif : comparer plusieurs méthodes de séchage sur des cheveux humains afin d’observer les effets précis sur la structure de la fibre.
Pour rester rigoureux, les chercheurs n’ont pas réalisé les tests directement sur le cuir chevelu de volontaires, mais sur des perruques en cheveux naturels. Cette approche leur a permis de travailler sur des mèches standardisées et de répéter les traitements dans des conditions identiques.
Cinq méthodes de séchage passées au crible
Les mèches ont été réparties en cinq groupes :
(a) aucune intervention ;
(b) séchage à l’air ambiant à 20 °C, sans appareil ;
(c) séchage au sèche-cheveux pendant 60 secondes à 15 cm, à 47 °C ;
(d) séchage au sèche-cheveux pendant 30 secondes à 10 cm, à 61 °C ;
(e) séchage au sèche-cheveux pendant 15 secondes à 5 cm, à 95 °C.
Chaque mèche a été soumise 30 fois au même protocole, avec des durées précisément contrôlées pour assurer un séchage complet dans chaque configuration.
Les scientifiques ont ensuite observé la structure des cheveux pour repérer les dommages : surface de la cuticule, état des couches internes, éventuels gonflements.
Ce que révèle la structure du cheveu
Pour comprendre les résultats, l’étude rappelle d’abord comment se compose un cheveu, quel que soit son type :
La cuticule, ou couche externe visible, formée de 5 à 10 couches de petites « écailles » qui se chevauchent.
Le cortex, ou couche fibreuse, partie centrale et principale de la fibre, qui donne sa résistance et sa forme au cheveu.
Le canal médullaire, ou moelle du cheveu, présent surtout dans les cheveux normaux à épais, qui participe à la brillance et à la solidité.
Entre la cuticule et le cortex se trouve ce que les scientifiques appellent le « complexe de membrane cellulaire », riche en lipides. Ce réseau lipidique est essentiel à la cohésion des couches et à la brillance de la chevelure.
Lorsque les lipides du complexe de membrane cellulaire restent équilibrés, la chevelure conserve force, souplesse et éclat. Quand cette zone se dégrade ou gonfle, les cheveux deviennent secs, poreux et cassants.
Le vrai problème du séchage à l’air libre
Les auteurs de l’étude coréenne ont noté un phénomène surprenant sur les mèches séchées sans aucune chaleur. Les cheveux restés longtemps humides présentaient une couche de complexe de membrane cellulaire gonflée.
La raison avancée : un cheveu mouillé gonfle plus facilement. L’eau pénètre, les couches se dilatent et mettent sous pression la cuticule. Lorsque cette situation dure, la fibre souffre de l’intérieur.
À l’inverse, un séchage maîtrisé au sèche-cheveux réduit la durée pendant laquelle la fibre reste saturée en eau. La cuticule se referme plus rapidement, ce qui limite ce gonflement interne.
Selon l’analyse reprise par le média allemand, l’air chaud appliqué correctement n’abîmerait pas seulement en surface : il réduirait le temps d’exposition à l’humidité, et donc certains dommages internes.
Les cheveux séchés uniquement à l’air libre apparaissent ainsi plus vulnérables à la casse, plus poreux et plus ternes sur la durée, d’après les observations citées.
Le regard d’une coiffeuse à Berlin
Pour confronter ces résultats à la pratique du salon, le média a interrogé Meike Busch, coiffeuse au sein du salon Udo Walz à Berlin. Elle confirme la conclusion générale :
« Laisser sécher les cheveux à l’air libre est une option, mais je privilégierais le séchage au sèche-cheveux. L’air chaud n’est pas aussi nocif qu’on le pense, tant qu’on adopte la bonne technique », explique-t-elle.
Son avis rejoint la prudence des dermatologues coréens : le risque vient surtout d’un usage excessif de la chaleur, d’une mauvaise distance ou de gestes agressifs, plus que de l’appareil lui-même.
Les bons réflexes pour un séchage au sèche-cheveux plus doux
L’article détaille plusieurs gestes concrets pour limiter les dégâts, tout en profitant des bénéfices d’un séchage rapide.
Réglage, distance et temps de séchage
Garder au moins 15 cm de distance entre le sèche-cheveux et la chevelure, rappelle l’experte.
Privilégier une chaleur modérée plutôt que la température maximale, surtout sur les longueurs fragiles.
Limiter le temps d’exposition sur une même zone, en gardant le sèche-cheveux en mouvement.
Les résultats de l’étude coréenne montrent d’ailleurs que les températures très élevées, proches de 95 °C, deviennent nettement plus agressives lorsque le sèche-cheveux est collé à la fibre.
Soins et accessoires adaptés
Un après-shampoing systématique aide à hydrater et à gainer les longueurs.
Un spray protecteur thermique peut former une barrière supplémentaire sur les cheveux fragiles.
Un textile doux, comme une serviette en microfibre ou un simple t-shirt en coton, remplace avantageusement le frottement énergique avec une serviette classique en éponge.
Un sèche-cheveux performant avec plusieurs réglages de chaleur facilite un usage plus nuancé.
L’idée centrale reste de limiter les agressions mécaniques (friction, torsion) et thermiques, tout en évitant que les cheveux ne restent longtemps détrempés.
Ce que cela change pour les habitudes en France
Pour un lecteur ou une lectrice en France, ces résultats invitent à nuancer les conseils souvent répétés dans les salons ou sur les réseaux sociaux. Beaucoup de professionnels français continuent de recommander la chaleur modérée, mais l’idée que le séchage « naturel » serait automatiquement plus sain est désormais remise en question par ce travail coréen.
Les principes avancés restent universels : structure de la fibre, rôle de la cuticule, fragilité du cheveu mouillé. Ils peuvent donc éclairer les choix du quotidien en France :
raccourcir le temps passé avec les cheveux ruisselants,
éviter de dormir régulièrement avec les cheveux mouillés,
choisir le réglage intermédiaire du sèche-cheveux, plutôt que le maximum de chaleur,
garder une distance raisonnable entre l’appareil et la chevelure.
En salon de coiffure français, ces notions rejoignent les conseils déjà fréquents sur l’importance des soins, de la protection thermique et de la qualité du matériel utilisé.
Humidité, chaleur et risques cumulés pour la fibre
Cette étude met surtout en lumière l’effet cumulatif de l’humidité prolongée sur la structure interne du cheveu. À chaque shampoing, le cortex se gorge d’eau, les couches se dilatent, puis se rétractent au séchage. Cette alternance répétée peut fragiliser la fibre, surtout si la phase humide dure longtemps.
En réduisant cette période grâce à un séchage contrôlé, on limiterait certains dégâts internes, même si l’air chaud sollicite davantage la surface. La clé repose donc sur un équilibre entre durée d’humidité et intensité de chaleur.
Pour des cheveux déjà très sensibilisés (colorations répétées, décolorations, lissages), ce compromis devient encore plus important. Une exposition trop longue à l’eau peut accentuer la porosité, tandis qu’un souffle trop chaud accentue la casse. Alterner les techniques, adapter la fréquence des shampoings et renforcer la routine de soins peut alors faire la différence.
Un exemple concret de routine plus protectrice
Sur la base des éléments décrits par l’étude et par la coiffeuse interrogée, une habitude possible consiste à :
Essorer doucement les cheveux avec une serviette en microfibre ou un t-shirt, sans les frotter.
Appliquer un soin après-shampoing puis, si besoin, un produit protecteur thermique.
Commencer un séchage au sèche-cheveux à chaleur moyenne, à environ 15 cm du cuir chevelu.
Arrêter le séchage lorsque les cheveux sont presque secs, sans chercher à tout lisser par la chaleur.
Cette approche tient compte de la fragilité du cheveu mouillé tout en limitant l’impact direct de la chaleur. Elle s’inscrit dans la lignée des constats partagés par l’étude coréenne relayée par le média allemand.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.
Pourquoi le séchage à l'air libre abîme-t-il les cheveux selon cette étude ?
Lorsque les cheveux restent longtemps humides, l'eau pénètre la fibre et provoque un gonflement du complexe de membrane cellulaire, qui se dilate et met sous pression la cuticule. Cette situation prolongée fragilise le cheveu de l'intérieur, le rendant plus poreux, cassant et terne.
Quelle est la température idéale pour sécher ses cheveux au sèche-cheveux ?
L'article recommande une chaleur modérée plutôt que la température maximale. L'étude coréenne montre que les très hautes températures, proches de 95 °C, deviennent nettement plus agressives, surtout si l'appareil est trop proche de la chevelure.
À quelle distance dois-je tenir mon sèche-cheveux ?
Il faut maintenir au minimum 15 centimètres de distance entre l'appareil et la chevelure pour éviter les dommages thermiques excessifs et les agressions sur la fibre.
Quels accessoires utiliser pour sécher ses cheveux sans les abîmer ?
Privilégiez une serviette en microfibre ou un t-shirt en coton pour essuyer vos cheveux plutôt qu'une serviette classique en éponge. Complétez avec un après-shampoing hydratant et un spray protecteur thermique avant le séchage.
Le sèche-cheveux est-il vraiment mauvais pour les cheveux ?
Non, ce n'est pas l'appareil lui-même qui est mauvais, mais son usage excessif, une mauvaise distance ou des gestes agressifs. Utilisé correctement avec les bonnes techniques, le sèche-cheveux peut être moins néfaste qu'un séchage à l'air libre prolongé.