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Sa Citroën casse en plein désert du Sahara : il la démonte et en fabrique une moto pour survivre

Sa Citroën casse en plein désert du Sahara : il la démonte et en fabrique une moto pour survivre

Perdu en plein désert marocain, loin de toute ville et sans moyen de communication, un Français voit sa Citroën 2CV finir hors d’usage.

Le site d’actualité automobile espagnol qui relate cette histoire revient sur l’incroyable aventure d’Émile Leray, un Français pris au piège au Maroc au début des années 1990, après un accident avec sa Citroën 2CV dans le désert. Sans radio, sans téléphone, avec très peu d’eau et de nourriture, cet électricien passionné de mécanique va transformer sa voiture en une étonnante « moto » de fortune pour s’extirper de ce piège de sable et de roche.

Un voyage en solitaire qui vire au cauchemar dans le désert marocain

En 1993, Émile Leray voyage seul à bord de sa Citroën 2CV dans le sud du Maroc. Il circule dans une zone proche du Sahara, dans un secteur désertique, loin des grandes villes. En raison d’un conflit à la frontière entre le Maroc et le Sahara, l’armée lui interdit d’emprunter l’itinéraire prévu.

Il choisit alors une route alternative, plus au nord, qui traverse un terrain particulièrement pierreux. Au volant de sa 2CV, il roule plus vite que ce que permet réellement l’état de la piste. La sanction tombe vite : une roue est endommagée, le bras gauche de la suspension avant casse et une partie du châssis de la Citroën se plie. La voiture devient inutilisable.

Autour de lui, rien ou presque : seulement le désert, des cailloux, le soleil écrasant, et aucun village à l’horizon. Selon le récit rapporté par le média espagnol, Émile estime qu’il se trouve à plus de 30 kilomètres de toute zone habitée. À pied, sous cette chaleur, avec peu de réserves, l’issue pourrait être fatale.

Coincé à plus de 30 kilomètres de tout village, avec une Citroën 2CV détruite, Émile Leray doit improviser s’il veut rester en vie.

Dix jours de réserve, aucun moyen d’alerte : le compte à rebours est lancé

Très vite, la situation apparaît dramatique. Le Français dispose d’eau et de nourriture pour environ dix jours seulement. Il n’a pas de radio, pas de téléphone portable, à une époque où ces appareils restent rares et peu répandus chez les particuliers en voyage, et très peu d’outils.

À ce moment-là, rien ne plaide en sa faveur : l’isolement, la chaleur, l’absence de circulation sur cette piste secondaire, les vivres limitées. L’option consistant à rester près du véhicule et attendre un hypothétique passage devient risquée. Marcher au hasard dans le désert le serait tout autant.

Émile Leray est électricien de métier et possède de solides connaissances en mécanique. Il sait démonter et remonter un véhicule, mais il n’a ni atelier, ni électricité, ni outillage normal. Son coffre ne contient que quelques outils de base : des pinces, un marteau, des tournevis, quasiment rien pour mener une réparation lourde.

Transformer une Citroën 2CV en moto de survie, pièce par pièce

Refusant que « le désert soit sa tombe », selon le récit du média espagnol, il décide d’utiliser ce qu’il a : sa 2CV, accidentée mais pleine de pièces encore intactes. Son idée est radicale : plutôt que de tenter de réparer la voiture, il va la démonter intégralement pour créer un autre véhicule, plus léger, capable de rouler malgré le châssis abîmé.

Inspiré par le film « Le vol du Phénix » sorti en 1965, où un avion écrasé dans le désert est reconstruit en un appareil plus petit à partir de ses propres débris, il imagine sa propre version terrestre du « phénix » mécanique. Sa Citroën, symbole de simplicité technique, devient un stock de pièces détachées à ciel ouvert.

Commence alors un travail d’endurance extrême. Pendant douze jours, Émile démonte méthodiquement sa 2CV, élément par élément. La carrosserie, découpée et déplacée, lui sert d’abri rudimentaire contre le soleil et le vent. Il récupère :

  • une partie du châssis, dont un long longeron pour servir de base structurelle ;
  • deux roues seulement, pour créer un engin à deux roues façon moto ;
  • le moteur, déplacé à l’arrière de la nouvelle structure ;
  • le réservoir d’essence, repositionné ;
  • divers éléments mécaniques pour l’assemblage et la transmission.

Sans chalumeau ni perceuse, il bricole avec ses maigres moyens. Il plie, tord, ajuste à coups de marteau, serre avec des pinces et des boulons. Il découpe des pièces pour en faire d’autres. Chaque geste coûte de l’énergie, sous une chaleur qui l’épuise un peu plus chaque jour.

Une « moto » de fortune, moitié voiture, moitié engin de film post-apocalyptique

Au fil des jours, un véhicule totalement improbable prend forme. Le média espagnol le compare à une moto sortie d’un univers à la Mad Max, mais dans une version survie artisanale. En réalité, il s’agit d’une moitié de voiture, coupée dans le sens de la longueur, posée sur deux roues, sans carrosserie enveloppante.

Émile repositionne le moteur à l’arrière, modifie la disposition du réservoir de carburant et imagine un système de direction à partir de l’axe originel du volant. Pour pouvoir s’asseoir, il fabrique un siège rudimentaire en réutilisant un morceau de pare-chocs et une partie du garnissage de la planche de bord.

Sans chalumeau ni perceuse, Émile Leray assemble une moto improbable à partir d’un longeron de châssis, de deux roues et du moteur de sa 2CV.

Il parvient aussi à mettre en place un accélérateur sommaire. Tout reste très précaire, mais suffisant pour envisager un déplacement jusqu’à la localité la plus proche. En raison de la nouvelle position du moteur et du système de transmission modifié, un détail inattendu apparaît : la seule manière d’avancer consiste à utiliser… la marche arrière.

Sa « moto » de survie ne peut ainsi rouler qu’en exploitant ce rapport de boîte, ce qui limite fortement sa vitesse maximale. Il ne dépassera pas les 20 km/h, estime-t-il. Loin d’être un handicap pour lui, cette lenteur reste compatible avec la priorité absolue : sortir vivant du désert.

Douze jours de bricolage, puis le pari du retour vers Tan-Tan

Après douze jours passés à démonter, ajuster, assembler et tester tant bien que mal son engin, Émile parvient à mettre en mouvement sa création. Le Français est déjà très affaibli : il a perdu du poids, souffre de déshydratation, a la peau brûlée par le soleil et se sent épuisé.

Malgré cet état physique préoccupant, il se lance sur la piste avec sa « moto » à deux roues. Son objectif : atteindre Tan-Tan, une ville du sud-ouest du Maroc, située sur la côte atlantique, qui fait office de centre urbain et de point de passage pour les voyageurs de la région.

Le retour se révèle pénible. Son véhicule reste instable, inconfortable et lent. La chaleur est toujours présente. Chaque kilomètre demande un effort de concentration. Mais il avance, porté par l’idée que ce bricolo extrême est désormais son unique chance de salut.

Épuisé, déshydraté et brûlé par le soleil, Émile Leray parvient finalement à rejoindre la ville marocaine de Tan-Tan avec sa 2CV transformée en moto.

Après ce périple en marche arrière à environ 20 km/h, il atteint enfin Tan-Tan. Il est vivant et son engin, aussi insolite soit-il, a rempli sa mission : le sortir du désert.

Arrivé vivant… mais verbalisé pour véhicule non conforme

L’histoire rapportée par le média espagnol se termine sur une note pour le moins ironique. À son arrivée à Tan-Tan, Émile croise un agent chargé du contrôle routier, équivalent marocain d’un policier ou d’un gendarme sur la route.

Voyant ce véhicule étrange qui n’a plus grand-chose d’une Citroën 2CV, l’agent lui demande les papiers. Le Français présente la carte grise de sa voiture. Mais le véhicule à deux roues, châssis tronqué et moteur déplacé n’a évidemment plus rien voir avec la description du document officiel. L’agent estime que l’engin ne correspond pas à la fiche de la 2CV et le verbalise pour non-conformité.

Malgré cette amende, Émile peut repartir vers la France. Il emporte avec lui sa « moto » de survie, qu’il conserve encore aujourd’hui selon le récit. Elle devient le symbole d’une « histoire brutale et incroyable de dépassement de soi » et du rôle du bricolage dans une situation de survie extrême.

Ce que raconte cette histoire aux automobilistes français

Au-delà de l’anecdote spectaculaire, l’expérience de ce Français au Maroc illustre la fragilité d’un voyage en zone isolée. Dans le désert, un simple accident mécanique peut se transformer en urgence vitale. L’absence de radio, de téléphone satellite ou de localisation rend toute assistance quasi impossible.

Pour un lecteur français, cette histoire rappelle plusieurs principes de base pour tout trajet en région isolée, que ce soit dans le Sahara, en montagne ou sur de longues pistes :

  • prévenir quelqu’un de son itinéraire et de son heure approximative d’arrivée ;
  • emporter une réserve d’eau et de nourriture bien supérieure au strict minimum ;
  • prévoir une trousse de secours et des protections contre le soleil ;
  • disposer, si possible, d’un moyen de communication d’urgence (radiobalise, téléphone satellite) dans les zones dépourvues de réseau mobile ;
  • connaître les bases d’entretien de son véhicule et emporter un minimum d’outils.

La Citroën 2CV, voiture emblématique en France, est souvent citée pour sa simplicité et sa robustesse. L’aventure d’Émile pousse cette réputation à l’extrême : ici, la 2CV ne se contente pas d’emmener son conducteur, elle fournit aussi la matière première pour construire le véhicule suivant.

Voyages tout-terrain : quelles précautions pour les Français ?

En France, les voyages en zone désertique ne se posent pas dans les mêmes termes qu’au Maroc ou plus généralement dans le Sahara. En revanche, les amateurs de raids en 4×4 ou de grands trajets vers l’Afrique du Nord, souvent au départ de France, se confrontent parfois à ces questions de sécurité.

Certaines agences spécialisées en raids encadrés insistent sur la préparation : contrôle technique approfondi du véhicule, formation de base à la mécanique, gestion de la navigation, connaissance des premiers secours. Partir seul reste fortement déconseillé sur les portions les plus isolées.

Pour les automobilistes ou motards français qui envisagent ce type de voyage, le principe retenu par les professionnels est simple : ne jamais s’en remettre à la chance. Un incident banal, comme une suspension qui casse ou une roue arrachée, peut avoir des conséquences graves loin de toute zone habitée.

Bricolage de survie : force de l’ingéniosité, limites à garder en tête

L’histoire d’Émile Leray met au premier plan la notion de bricolage de survie. Utiliser des objets du quotidien, des pièces mécaniques ou du matériel détourné pour fabriquer un outil, un abri ou un moyen de transport est une technique fréquemment mise en avant dans les formations de survie.

Dans son cas, son métier d’électricien et sa bonne connaissance des voitures lui ont permis de concevoir une solution exceptionnelle à partir de la Citroën 2CV. Ce type d’improvisation peut concerner :

  • la création d’un abri à partir de la carrosserie ou de bâches ;
  • la récupération de câbles, tuyaux ou pièces métalliques pour renforcer une structure ;
  • la modification d’un système mécanique pour faire fonctionner un moteur ou une pompe différemment ;
  • la fabrication d’outils à partir de morceaux de métal et de bois.
  • Une telle approche a toutefois des limites. Elle demande du temps, de l’énergie et un minimum de compétences techniques. Dans une situation de survie, elle ne remplace pas la préparation en amont, les moyens de signalisation (miroirs, fumées, balises), ni l’équipement de secours.

    L’aventure d’Émile Leray, survenue au Maroc en 1993 et relayée par le média espagnol, reste un cas extrême où l’ingéniosité individuelle, alliée à une forte résistance physique, a suffi pour échapper à une issue tragique. Elle rappelle qu’un véhicule, aussi simple soit-il, peut parfois offrir bien plus que du transport : une réserve d’abri, de matériaux… et, pour les plus débrouillards, une seconde vie mécanique inespérée.

    Questions fréquentes

    Pourquoi Émile Leray roulait-il en marche arrière avec sa moto de fortune ?

    En raison de la nouvelle position du moteur et du système de transmission modifié lors de la transformation, la seule manière d'avancer consistait à utiliser le rapport de marche arrière.

    Combien de temps Émile Leray avait-il de vivres et d'eau ?

    Le Français disposait d'eau et de nourriture pour environ dix jours seulement, ce qui créait une pression temporelle critique pour son évasion.

    Quel film a inspiré le projet de transformation du véhicule ?

    Émile Leray s'est inspiré du film « Le vol du Phénix » de 1965, où un avion écrasé dans le désert est reconstruit en un appareil plus petit à partir de ses propres débris.

    Avec quels outils exactement a-t-il construit la moto ?

    Il disposait de très peu d'outils : des pinces, un marteau, des tournevis et quelques boulons. Sans chalumeau ni perceuse, il a plié, tordu et ajusté les pièces à coups de marteau.

    Quelle était la vitesse maximale de la moto improvvisée ?

    La moto ne dépassait pas les 20 km/h, lenteur qui n'était pas un handicap puisque l'objectif prioritaire était simplement de sortir vivant du désert.
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