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Il demande à l’assistant vocal d’éteindre les liseuses, sa Lynk & Co coupe les phares de nuit sur autoroute et finit dans la glissière : l’incident a eu lieu en Chine

En Chine, un conducteur de SUV électrique a vu son trajet de nuit basculer après une simple commande vocale mal interprétée.

Le site spécialisé américain The Drive rapporte un incident inquiétant survenu en Chine à bord d’un SUV électrique Lynk & Co Z20 : en voulant éteindre les lampes de lecture via l’assistant vocal, le conducteur s’est retrouvé sans phares, de nuit, sur autoroute, avant de finir dans la glissière. Le constructeur a depuis réagi en urgence par une mise à jour logicielle.

Un trajet de nuit tourne mal après une commande vocale

Les faits se déroulent en Chine, à bord d’un Lynk & Co Z20, un SUV électrique de la marque sino-suédoise adossée à Geely. Selon The Drive, le conducteur circule sur une voie rapide de nuit lorsque des liseuses, ces petites lumières de lecture situées à l’intérieur de l’habitacle, restent allumées.

Plutôt que de chercher le bouton manuel, l’automobiliste choisit la solution la plus moderne : passer par la commande vocale intégrée au véhicule. Il demande à l’assistant d’éteindre les liseuses. Le système interprète mal la requête et coupe… les phares.

En voulant désactiver les lumières de lecture, l’assistant vocal a éteint les phares du SUV, en pleine nuit sur autoroute.

Dans la vidéo diffusée sur le réseau social chinois Weibo, issue d’une dashcam, on voit la route soudainement plonger dans le noir. Quelques instants plus tard, la voiture heurte la barrière de sécurité sur le côté droit de la chaussée. Le véhicule termine dans la glissière, conséquence directe de cette extinction subite de l’éclairage principal.

D’après The Drive, on entend les occupants parler après le choc, ce qui laisse penser qu’ils sont conscients, mais leur état de santé précis n’a pas été communiqué.

Le constructeur confirme et bloque l’extinction des phares par la voix

Dans bien des affaires de ce type, les témoignages restent flous et les marques ne commentent pas. Ce cas-ci fait exception. Sur Weibo, un responsable commercial de Lynk & Co, Mu Jun, confirme publiquement l’incident.

Il explique qu’une mise à jour « over the air » (OTA), c’est-à-dire à distance via la connexion du véhicule, vient d’être déployée. Cette mise à jour modifie le fonctionnement de la commande des phares.

Désormais, sur les Lynk & Co concernées, les phares peuvent uniquement être désactivés manuellement, plus via l’assistant vocal.

Concrètement, la marque verrouille toute extinction des feux de route ou de croisement par la voix. Le conducteur doit utiliser un commutateur physique pour couper l’éclairage, comme sur un véhicule classique.

Ce correctif illustre la capacité des constructeurs à agir rapidement sur un parc déjà livré grâce aux mises à jour OTA. Il révèle aussi que, jusqu’ici, l’architecture logicielle laissait la commande vocale intervenir sur un élément critique de sécurité, ce qui surprend dans l’industrie.

Des propriétaires d’autres véhicules électriques prennent peur

L’affaire, relayée par The Drive, a immédiatement fait réagir les conducteurs d’autres voitures électriques en Chine. D’après le site CnEVPost, des propriétaires testent désormais les limites de leurs propres assistantes vocales embarquées, y compris sur les modèles Zeekr, une autre marque du groupe Geely.

Leur objectif : savoir si des phrases ambiguës peuvent, elles aussi, couper les phares ou des éléments essentiels.

  • Les commandes directes du type « éteins les phares » semblent en général bloquées.
  • Des formulations plus vagues comme « coupe toutes les lumières » peuvent parfois contourner les garde-fous.
  • La sensibilité à ces commandes dépend du modèle, de la marque et du logiciel utilisé.

Cette situation met en lumière une difficulté propre aux systèmes vocaux modernes, largement dopés à l’IA : ils doivent interpréter des demandes naturelles, mais ne pas toucher aux fonctions vitales du véhicule.

Quand l’IA comprend trop bien… ou trop mal

Dans cet incident, la faille ne vient pas d’un bug spectaculaire, mais d’une interprétation hasardeuse d’une commande pourtant simple. L’IA embarquée a assimilé le mot « lumières » à l’ensemble de l’éclairage, y compris les phares indispensables à la conduite de nuit.

Les assistants vocaux automobiles doivent rester cantonnés aux fonctions de confort et de divertissement, pas aux systèmes de sécurité.

Les spécialistes du secteur répètent depuis des années que les interactions vocales ne doivent pas permettre de désactiver un élément nécessaire au maintien de la sécurité : phares, freins, direction assistée, airbags ou aides à la stabilité. Sur beaucoup de modèles récents, ces systèmes restent isolés du reste de l’infotainment, précisément pour éviter ce type de scénario.

Dans le cas de Lynk & Co, la réaction rapide montre que la marque a identifié un défaut de conception dans la hiérarchie des commandes. L’épisode rappelle qu’un véhicule moderne, truffé de lignes de code, reste vulnérable à ce genre de mauvaise interprétation, même sans cyberattaque.

La question de la responsabilité et des limites de l’assistance

Ce type d’incident pose une question qui intéresse aussi bien les conducteurs que les assureurs : en cas d’accident déclenché par une fonction vocale mal conçue, qui porte la responsabilité ? Le conducteur qui a déclenché la commande, ou le constructeur qui a permis à l’IA de couper un équipement de sécurité ?

Aucune procédure publique n’est évoquée dans la source, mais l’enjeu dépasse le seul cas de Lynk & Co. Il concerne tous les véhicules partiellement ou fortement numérisés, où une ligne de dialogue avec un assistant peut avoir des conséquences physiques immédiates.

Pour l’instant, les acteurs de l’automobile avancent en posant des garde-fous logiciels, comme la limitation désormais mise en place par Lynk & Co. Les autorités de sécurité routière, en Chine comme ailleurs, pourraient à terme imposer des règles précises sur ce que la voix a le droit ou non de contrôler.

Ce que cela change pour les conducteurs français

En France, la plupart des voitures récentes intègrent aussi une commande vocale, qu’elle soit propre au constructeur, connectée à un smartphone ou adossée à un assistant grand public. Ces systèmes permettent généralement de :

  • Gérer la navigation et l’itinéraire.
  • Régler la climatisation ou la température.
  • Lancer des appels ou dicter des messages.
  • Changer de station radio ou de playlist.

Les phares, les freins ou la direction restent pilotés par des commandes physiques. Les normes européennes de sécurité et les homologations imposent une séparation stricte entre les systèmes critiques et l’infotainment. Les mises à jour à distance existent aussi en Europe, mais elles demeurent encadrées, notamment pour tout ce qui touche à la sécurité active.

Pour un conducteur français, cet incident chinois rappelle surtout l’intérêt de vérifier ce que son véhicule accepte réellement comme commandes vocales. Même si les constructeurs présents en France verrouillent déjà l’accès à certaines fonctions, un test simple à l’arrêt permet de s’assurer qu’aucune phrase ambiguë ne provoque une action inattendue.

Assistant vocal en voiture : bonnes pratiques à garder à l’esprit

La généralisation de l’IA et des commandes vocales améliore le confort, en limitant le temps passé à manipuler des écrans tactiles. Mais cet épisode souligne l’intérêt de quelques réflexes prudents :

  • Privilégier les boutons et commutateurs physiques pour tout ce qui concerne l’éclairage et les aides à la conduite.
  • Tester les commandes vocales à l’arrêt, sur un parking, pour voir ce qu’elles déclenchent réellement.
  • Mettre à jour régulièrement le logiciel du véhicule lorsque le constructeur propose un correctif officiel.
  • Rester méfiant face aux formulations vagues, du type « coupe toutes les lumières » ou « désactive tout ».

Un assistant vocal embarqué se comporte comme une interface supplémentaire entre le conducteur et les fonctions de la voiture. Plus l’IA comprend un langage naturel large, plus elle risque d’interpréter de travers une tournure floue. Les constructeurs doivent donc non seulement poser des limites techniques, mais aussi communiquer clairement sur ce qu’il est possible de faire ou non par la voix.

Une technologie utile, à encadrer strictement

L’incident impliquant le Lynk & Co Z20 illustre les bénéfices et les risques des véhicules de plus en plus connectés. L’over-the-air permet de corriger rapidement un défaut sans passage en atelier, mais une erreur de conception initiale peut avoir des conséquences immédiates sur la route.

Pour les automobilistes, en Chine comme en France, l’enjeu consiste désormais à tirer parti de l’assistance vocale pour limiter les distractions, tout en gardant la main sur les fonctions vitales du véhicule. L’affaire chinoise rappelle que, face à un assistant, la meilleure garantie de sécurité reste encore un commutateur bien réel… et un conducteur attentif.

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