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Pourquoi certaines personnes ramènent toujours la conversation à elles-mêmes : leur cerveau y trouve une véritable récompense

Deux personnes en conversation, l'une parlant avec expression tandis que l'autre écoute attentivement

Aux Pays-Bas, une psychologue explique pourquoi certaines conversations semblent sans cesse revenir à la même personne.

Interrompre, rebondir immédiatement sur sa propre expérience ou ne pas laisser l’autre finir : ces attitudes peuvent vite fatiguer l’entourage. Le média néerlandais LINDA.meiden, dans un article publié le 21 octobre 2024, a interrogé la psychologue Iris van der Steen sur ce réflexe qui ne relève pas toujours d’un simple manque d’intérêt pour autrui.

Parler de soi peut activer un mécanisme de récompense

Selon Iris van der Steen, les personnes qui ramènent fréquemment une discussion à elles peuvent le faire pour plusieurs raisons. L’une d’elles se trouve dans le fonctionnement même du cerveau : évoquer son vécu pourrait susciter la libération de dopamine.

La dopamine est impliquée dans les mécanismes de récompense : le cerveau en libère aussi lors d’activités comme le sport, l’alimentation ou les relations sexuelles.

La psychologue précise que cette substance est associée aux comportements que le cerveau considère comme gratifiants. Elle souligne aussi qu’on ne sait pas précisément pourquoi parler de soi entraîne ce même mécanisme. Cela peut néanmoins aider à comprendre pourquoi certaines personnes prennent facilement toute la place dans un échange, parfois sans s’en apercevoir.

Ce réflexe ne traduit donc pas forcément une volonté de dominer la conversation. Une personne peut entendre quelqu’un parler de yoga, reconnaître un centre d’intérêt commun et vouloir aussitôt raconter sa propre pratique. L’intention peut être de créer un lien. À l’écoute, le résultat est parfois tout autre : l’interlocuteur peut avoir le sentiment que son récit a été coupé ou minimisé.

L’envie d’être reconnu au sein d’un groupe

L’insécurité peut aussi peser dans la manière de prendre la parole. D’après Iris van der Steen, certaines personnes cherchent à montrer qu’elles ont, elles aussi, une vie intéressante ou une bonne connaissance du sujet abordé. Elles veulent laisser une impression précise auprès du groupe.

Cette recherche de reconnaissance ne passe pas uniquement par l’apparence, les vêtements ou l’attitude. Elle peut aussi se jouer dans les récits que chacun fait de lui-même. Parler beaucoup de ses réussites, de ses activités ou de ses expériences peut alors devenir une façon de trouver sa place.

  • Raconter systématiquement une expérience personnelle après chaque confidence ;
  • Interrompre avant la fin d’une explication ;
  • Répondre à une émotion par un récit centré sur soi ;
  • Multiplier les détails sur son quotidien sans poser de question en retour.

Ces comportements ne suffisent pas, à eux seuls, à définir une personnalité. Leur répétition peut tout de même abîmer une relation. Quand une personne se sent régulièrement écartée de l’échange, elle peut finir par moins se confier, voire éviter certains rendez-vous.

Les codes sociaux jouent un rôle décisif

La conversation repose aussi sur des règles implicites. Iris van der Steen rappelle qu’il faut s’ajuster aux personnes présentes. Les expressions du visage, les silences ou le regard permettent souvent de voir si le récit intéresse encore les autres.

Savoir percevoir que l’on parle trop longtemps fait partie de ces compétences relationnelles. Elles s’acquièrent notamment dans l’éducation et au fil des expériences sociales. Certaines personnes ont moins appris à attendre leur tour, à écouter activement ou à mesurer la place qu’elles occupent dans un groupe.

Écouter permet aussi d’apprendre

Monopoliser la parole a un coût très concret. Celui qui parle constamment répète ce qu’il connaît déjà et se prive des connaissances, des histoires ou des points de vue de l’autre. Iris van der Steen insiste sur cet aspect : interrompre quelqu’un qui maîtrise un sujet revient à se fermer une occasion d’apprendre.

Poser des questions sincères aide à mieux connaître l’autre et peut renforcer la qualité du lien.

L’écoute ne signifie pas qu’il faudrait s’effacer ou ne jamais raconter son expérience. Elle suppose un équilibre. Un partage personnel peut être pertinent lorsqu’il répond à ce que l’autre vient de dire, sans déplacer immédiatement tout le centre de gravité de la discussion.

Comment réagir face à une personne qui monopolise les échanges

Lorsqu’une relation compte, la psychologue néerlandaise conseille d’aborder le sujet à un moment calme, hors d’une conversation déjà tendue. Mieux vaut éviter de lancer le reproche juste après une interruption ou devant un groupe.

Elle recommande aussi de parler de son propre ressenti. Dire que l’on se sent peu écouté ou frustré permet d’exprimer l’effet concret du comportement, plutôt que d’accuser directement l’autre d’être égocentrique. Cette manière de formuler les choses peut limiter le sentiment d’attaque et favoriser une discussion plus ouverte.

  • Choisir un moment où chacun est disponible et détendu ;
  • Décrire une situation vécue sans généraliser ;
  • Exprimer son ressenti avec des mots simples ;
  • Expliquer ce qui aiderait à mieux échanger ;
  • Laisser à l’autre la possibilité de répondre.
  • Si la personne est plus éloignée, un collègue occasionnel ou une simple connaissance, il peut être plus difficile d’aborder le problème. Chacun peut alors se demander si cette discussion est utile et si le lien justifie cette démarche.

    Quelle place pour ce sujet en France ?

    En France, il n’existe pas de règle ou d’institution chargée de trancher les déséquilibres ordinaires dans une conversation entre proches. La question relève surtout de la qualité des relations, de l’écoute et de la communication interpersonnelle.

    Dans le cadre du travail, la situation peut prendre une autre dimension si une personne coupe régulièrement la parole, humilie un collègue ou empêche les autres de s’exprimer en réunion. Le dialogue avec le responsable hiérarchique, les représentants du personnel ou le service des ressources humaines peut alors constituer une voie adaptée, selon le contexte.

    Une difficulté récurrente dans les échanges familiaux ou amicaux peut aussi être évoquée avec un psychologue. Cette démarche ne vise pas à coller une étiquette à quelqu’un, mais à mieux comprendre les habitudes relationnelles et leurs effets.

    Reconnaître son propre réflexe

    Se reconnaître dans ce comportement n’a rien d’irréversible. Iris van der Steen invite d’abord à se demander ce qui pousse à reprendre la parole : le plaisir de parler de soi, l’envie d’être apprécié, la crainte de ne pas compter dans le groupe ou le souhait sincère de montrer que l’on comprend l’autre.

    Une méthode simple consiste à marquer une pause lorsque l’envie de raconter sa propre histoire surgit. Laisser l’interlocuteur finir, puis poser une question liée à ce qu’il vient de dire, change souvent le rythme de l’échange. Il peut s’agir de demander ce qu’il a ressenti, ce qu’il envisage de faire ou ce qui compte le plus pour lui dans la situation racontée.

    Le silence n’est pas un vide à remplir

    Dans une conversation, un bref silence peut donner à l’autre le temps de préciser sa pensée. Il évite aussi de répondre trop vite avec sa propre expérience. Après l’échange, chacun peut se demander s’il a appris quelque chose sur son interlocuteur ou sur le sujet évoqué.

    Cette attention transforme parfois une discussion banale en véritable moment de partage. Elle permet surtout de ne pas confondre le désir de créer un lien avec le besoin de reprendre toute la lumière.

    Questions fréquentes

    Pourquoi certaines personnes ramènent-elles toujours la conversation à elles-mêmes ?

    Selon la psychologue Iris van der Steen, parler de soi libère de la dopamine, un neurotransmetteur impliqué dans les mécanismes de récompense du cerveau. Cela peut aussi résulter d'une insécurité et d'une recherche de reconnaissance au sein d'un groupe, plutôt que d'une volonté délibérée de dominer.

    Comment savoir si je monopolise la conversation ?

    Vous pouvez reconnaître ce comportement en observant si vous interrompez souvent, si vous répondez à une émotion par un récit centré sur vous, si vous racontez systématiquement une expérience personnelle après chaque confidence, ou si vous multipliez les détails sur votre quotidien sans poser de questions en retour.

    Quel impact cela peut-il avoir sur mes relations ?

    Monopoliser la parole peut abîmer une relation. L'autre peut se sentir régulièrement écartée de l'échange et finir par moins se confier, voire éviter certains rendez-vous. De plus, celui qui parle constamment se prive des connaissances, des histoires et des points de vue de l'autre.

    Comment corriger ce comportement ?

    Vous pouvez marquer une pause lorsque l'envie de raconter votre histoire surgit, laisser l'interlocuteur finir, puis poser une question sincère liée à ce qu'il vient de dire. Cela change souvent le rythme de l'échange et renforce la qualité du lien.

    Que faire si quelqu'un d'autre monopolise la conversation ?

    Abordez le sujet à un moment calme, hors d'une conversation tendue, en décrivant votre ressenti plutôt qu'en accusant la personne d'être égocentrique. En milieu professionnel, vous pouvez éventuellement solliciter le responsable hiérarchique ou les ressources humaines si le problème persiste.
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