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Le pont le plus haut du monde culmine à 565 mètres au-dessus d’une rivière chinoise, une folie d’ingénierie

Dans le sud-ouest de la Chine, un viaduc traverse un canyon à une altitude vertigineuse et relie deux provinces montagneuses.

Inauguré en 2016 dans la province chinoise du Guizhou, le pont Beipanjiang, aussi appelé pont de Duge, impressionne autant par ses dimensions que par les difficultés rencontrées lors de sa construction. Le média en ligne espagnol Xataka revient sur cet ouvrage, inscrit au Guinness World Records comme le pont le plus haut du monde.

Un tablier suspendu à 565 mètres du sol

Le pont de Duge enjambe la vallée de la rivière Beipan, à proximité de la frontière entre les provinces du Yunnan et du Guizhou. Son record ne repose pas sur la hauteur de ses pylônes ni sur sa longueur totale. Il tient à la distance qui sépare son tablier de la surface située sous l’ouvrage.

La chaussée du pont s’élève à 565 mètres au-dessus du canyon de la rivière Nizhu, soit un écart comparable à la hauteur d’un immeuble d’environ 200 étages.

Cette mesure place l’ouvrage devant de nombreux ponts suspendus construits dans des zones escarpées de Chine. Le pays abrite plusieurs infrastructures spectaculaires, notamment au-dessus des rivières Sidu, Puli et Jin’an. Le pont de Duge est toutefois le premier à avoir dépassé la barre des 500 mètres entre son tablier et le terrain inférieur.

Son statut est aussi particulier par sa conception. Il s’agit d’un pont à haubans, une technique dans laquelle des câbles inclinés relient directement le tablier aux pylônes. Les ponts figurant parmi les plus élevés sont souvent des ponts suspendus, dont le tablier dépend de grands câbles porteurs arrimés de part et d’autre de la vallée.

Des dimensions pensées pour franchir un relief difficile

Le viaduc s’étend sur 1 341 mètres et accueille quatre voies de circulation. Sa portée principale atteint 720 mètres. Sa tour orientale monte à 269 mètres, ce qui en fait l’une des structures les plus imposantes de ce type.

La construction a duré cinq ans, avant l’ouverture à la circulation le 29 septembre 2016. Plus de 1 000 ingénieurs et techniciens ont participé au chantier, selon la BBC. Le relief accidenté du Guizhou a représenté l’une des principales contraintes : il fallait acheminer les matériaux, installer les équipements en altitude et maintenir la stabilité de la structure dans une vallée profonde.

La tension des câbles, un réglage décisif

Simon Pitchers, de l’Institution des ingénieurs en structures du Royaume-Uni, avait souligné auprès de la BBC le caractère exceptionnel du chantier. « C’est une réalisation extraordinaire. Les conditions dans lesquelles il a été construit étaient très, très extrêmes », expliquait-il.

Le spécialiste insistait sur le rôle des nombreux câbles qui soutiennent le tablier : « La clé est de ne pas mettre trop ou trop peu de tension dans chacun d’eux. » Cette phase de réglage conditionne la répartition des charges et le comportement de l’ouvrage face aux vibrations, au vent, au trafic ou aux variations de température.

  • 565 mètres séparent le tablier du fond de la vallée ;
  • 1 341 mètres correspondent à la longueur totale du pont ;
  • quatre voies permettent le passage des véhicules ;
  • 720 mètres constituent la portée principale ;
  • 269 mètres correspondent à la hauteur de la tour orientale.

Un ouvrage utile avant d’être une attraction

Les images du pont attirent des visiteurs venus se photographier devant sa silhouette. La structure n’a pourtant pas été bâtie pour le tourisme. Elle répond d’abord à un enjeu de désenclavement dans une région chinoise marquée par les montagnes et les vallées profondes.

Le pont appartient à l’autoroute G56, qui relie Hangzhou à Ruili. Avant son ouverture, franchir cette zone pouvait imposer un détour important. La nouvelle liaison a réduit un trajet qui demandait auparavant cinq heures entre les deux zones concernées.

Dans les régions au relief escarpé, un pont de cette ampleur peut modifier l’accès aux villes, aux services et aux axes commerciaux. Il évite aux automobilistes de descendre dans les vallées puis de remonter sur des routes sinueuses. Le gain ne dépend donc pas seulement de la vitesse de circulation, mais aussi de la continuité du réseau routier.

La France et la différence entre hauteur et altitude

En France, le viaduc de Millau est souvent cité lorsque l’on évoque les grands ouvrages d’art. Sa silhouette est devenue emblématique grâce à ses pylônes très élevés et à son franchissement de la vallée du Tarn. La comparaison avec le pont de Duge demande pourtant de distinguer plusieurs mesures.

La hauteur d’un pylône désigne la taille de la tour qui porte les câbles. La hauteur d’un pont, dans le cadre du record détenu par Duge, mesure l’écart vertical entre la chaussée et le sol ou l’eau en contrebas. Quant à l’altitude, elle indique l’élévation d’un lieu par rapport au niveau de la mer. Ces notions sont parfois confondues alors qu’elles ne décrivent pas la même réalité.

Pourquoi les ponts à haubans utilisent autant de câbles

Sur un pont à haubans, chaque câble contribue à soutenir une portion précise du tablier. Les efforts sont transférés vers les pylônes, puis vers les fondations. Cette architecture permet de franchir de grandes distances sans multiplier les piles au fond d’un canyon, où leur construction serait particulièrement complexe.

Le choix de cette technique impose une surveillance continue. Les équipes doivent vérifier l’état des câbles, du revêtement routier, des joints et des appareils d’appui. Dans un environnement montagneux, la météo et les vents peuvent aussi compliquer l’entretien. Le pont de Duge reste ainsi un record mondial, mais surtout une infrastructure conçue pour faire passer chaque jour une autoroute au-dessus d’un relief que les ingénieurs ont dû contourner par les airs.

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