Alors que les SUV dominent le marché français, Renault et Citroën travaillent dans l’ombre à réinventer le monospace familial.
Selon les informations du site automobile français qui publie ce scoop, Citroën et Renault réfléchissent à faire revenir l’esprit des Espace et Xsara Picasso, ces monospaces qui ont marqué les années 1990 et 2000. L’idée n’est pas de ressortir les mêmes autos, mais de proposer, en France comme en Europe, de nouveaux modèles électriques capables d’offrir l’habitabilité des monospaces sans renoncer au style ni à l’aérodynamisme réclamés par la transition énergétique.
Citroën veut faire renaître l’esprit du Xsara Picasso
Chez Citroën, le monospace n’a jamais totalement disparu des esprits. La marque aux chevrons assume travailler sur un « successeur spirituel » du Xsara Picasso, ce modèle lancé en 1999 qui avait démocratisé le monospace compact pour les familles françaises.
Avec la poussée des SUV, Citroën avait peu à peu abandonné cette silhouette au profit de modèles plus baroudeurs visuellement, en orientant les familles vers le Berlingo ou le Spacetourer, dérivés d’utilitaires. Une solution pratique, mais moins valorisante que les monospaces conçus dès le départ pour les particuliers.
Citroën prépare un futur modèle électrique qui reprend l’ADN du monospace familial, mais avec une silhouette totalement repensée.
Le constructeur voit dans le monospace moderne un moyen de se différencier sur un marché saturé de SUV proches les uns des autres. L’espace à bord, la modularité des sièges et le confort restent des arguments forts pour les familles nombreuses, les taxis ou les VTC.
Le concept Citroën ELO, laboratoire du monospace électrique de demain
Cette renaissance passe par un concept déjà dévoilé : le Citroën ELO, présenté en décembre 2025 puis exposé au salon de Bruxelles en janvier 2026. Ce prototype 100 % électrique sert de vitrine à la réflexion de la marque sur le sujet.
Contrairement aux anciens monospaces, le futur modèle n’adoptera pas la silhouette très verticale d’antan. La partie arrière sera plus affinée, dans le but de réduire la traînée aérodynamique et d’augmenter l’autonomie, un enjeu central pour tout véhicule électrique.
Architecture pensée dès l’origine pour l’électrique
Ligne arrière étirée pour mieux fendre l’air
Habitacle orienté vers la modularité et la vie à bord
Refus des excentricités ergonomiques passées
Xavier Chardon, qui dirige la marque Citroën au sein de Stellantis, confirme qu’un modèle inspiré du Picasso est bien à l’étude. Il ne s’agit pas d’un simple exercice de style : le projet vise une commercialisation à l’horizon 2030.
Le Citroën ELO donne une idée de ce que pourrait être le monospace électrique du futur : familial, aérodynamique et moins « utilitaire » que le Berlingo.
Gilles Vidal, directeur du design chez Stellantis, indique que ses équipes travaillent à rendre cette silhouette à la fois désirable et fonctionnelle. Le cahier des charges cherche à conserver les points forts des monospaces – accessibilité, rangements, sièges individuels – tout en évitant les choix trop radicaux, comme les trois sièges alignés à l’avant qui avaient marqué certains concepts des années 1990.
Pas de présentation au Mondial de l’Auto, priorité à la future 2CV électrique
Le concept ELO ne sera pas montré au Mondial de l’Auto à Paris à l’automne 2026. Citroën préfère mettre en avant une autre carte stratégique : sa future 2CV électrique, héritière moderne de l’icône populaire. Ce choix illustre les arbitrages de communication de la marque, qui reste prudente sur le calendrier du futur monospace.
D’après les informations du média spécialisé, le retour d’un vrai monospace Citroën de nouvelle génération n’est pas attendu avant 2030. Le projet avance, mais à un rythme compatible avec les investissements nécessaires pour une nouvelle plateforme électrique et les contraintes de CO₂ imposées en Europe.
Renault : l’Espace peut-il vraiment revenir ?
Renault se trouve dans une situation différente. Le constructeur a déjà « recyclé » le nom Espace pour le coller sur un grand SUV à sept places, loin du monospace révolutionnaire lancé en 1984. Même logique pour le Scénic, désormais SUV électrique.
La question posée par le média français est donc claire : le Losange prépare-t-il lui aussi un retour au vrai monospace, ou se contentera-t-il de jouer avec la nostalgie via ses appellations historiques ?
Les informations disponibles restent limitées. Le contexte suggère toutefois que Renault observe de près la stratégie de Citroën. L’habitabilité et la polyvalence qui ont fait le succès des anciens Espace restent recherchées par une partie du public, notamment les familles disposant d’un seul véhicule ou les professionnels du transport de personnes.
Renault a gardé le nom Espace, mais a fait évoluer le concept vers le SUV : la marge de manœuvre pour un retour au monospace pur se réduit.
Un éventuel retour de l’esprit Espace pourrait prendre la forme d’un grand véhicule électrique à la silhouette intermédiaire, entre SUV et monospace, misant sur une hauteur de toit généreuse et un plancher plat. Rien ne permet toutefois d’affirmer qu’un tel modèle est déjà en développement avancé.
Pourquoi le monospace pourrait redevenir à la mode
Le basculement vers l’électrique change les priorités. Les SUV, lourds et hauts, pénalisent l’autonomie. À l’inverse, un véhicule plus bas, mieux profilé, mais toujours spacieux, répond mieux aux contraintes techniques actuelles.
Les futures plateformes électriques permettent aussi de libérer de l’espace à bord, en plaçant la batterie dans le plancher et en raccourcissant les capots. Cet avantage structurel se marie bien avec la philosophie du monospace : maximiser l’habitabilité sur une longueur donnée.
Ancien monospace
Monospace électrique à venir
Moteur thermique, capot long
Plateforme dédiée électrique, capot raccourci
Lignes hautes, peu travaillées
Profil arrière affiné pour l’aérodynamique
Banquettes coulissantes ou sièges individuels
Modularité conservée, rangements optimisés
Consommation élevée en ville
Gestion fine de l’énergie, autonomie optimisée
Ce que cela change pour les automobilistes en France
Pour les conducteurs français, le retour annoncé de ce type de véhicules ouvre une alternative aux SUV compacts et familiaux qui se ressemblent tous. Les familles nombreuses, aujourd’hui souvent orientées vers des utilitaires dérivés, pourraient retrouver des modèles plus confortables, mieux insonorisés et plus valorisants.
En France, l’offre actuelle repose largement sur des SUV à sept places et des dérivés d’utilitaires type combispaces. Un nouveau monospace électrique issu de Citroën, et peut-être de Renault, apporterait :
une meilleure accessibilité à bord, avec de grandes portes et un plancher bas ;
une modularité plus fine des sièges arrière ;
une image plus « voiture de tourisme » qu’« utilitaire vitré » ;
une consommation électrique potentiellement inférieure à celle d’un SUV de même taille.
Pour les professionnels du transport de personnes, ces modèles pourraient représenter une alternative crédible aux grands vans, avec un niveau de confort et d’équipements plus proche de celui d’une berline haut de gamme.
Afin de mieux comprendre les enjeux de ce retour, il faut rappeler ce qu’est un monospace. Il s’agit d’un véhicule où l’habitacle forme un seul volume continu, sans séparation marquée entre le compartiment moteur et l’espace passagers. Cette architecture permet de gagner de précieux centimètres pour les jambes et la tête, tout en offrant un grand coffre.
À l’avenir, un conducteur français devra arbitrer entre :
le SUV, au look valorisant, mais plus gourmand en énergie ;
la berline ou le break, plus bas, souvent plus efficient ;
le monospace électrique nouvelle génération, qui cherche un compromis entre style, espace et autonomie.
Le retour annoncé de l’esprit Espace et Picasso illustre une tendance de fond : les constructeurs ne peuvent plus se contenter de suivre la mode des carrosseries. La réglementation européenne sur le CO₂, la généralisation des zones à faibles émissions dans les grandes villes françaises et la hausse du coût de l’énergie poussent à repenser la forme des voitures.
Un monospace électrique bien conçu, avec un bon coefficient aérodynamique et une masse contenue, peut offrir plusieurs avantages concrets : recharge moins fréquente sur autoroute, meilleure stabilité à haute vitesse que certains SUV hauts, et confort accru pour les passagers arrière. Les prochaines années diront si Renault et Citroën parviennent à transformer ce pari en succès commercial, comme ils l’avaient fait, chacun à sa manière, avec l’Espace et le Xsara Picasso.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.
Le Citroën ELO est un prototype 100 % électrique présenté en décembre 2025 et exposé au salon de Bruxelles en janvier 2026. Il sert de laboratoire pour la réflexion de Citroën sur le monospace électrique de demain, reprenant l'ADN du monospace familial avec une silhouette totalement repensée pour l'aérodynamisme et l'efficacité énergétique.
Quand pourrait arriver un vrai monospace électrique Citroën ?
Selon les informations de l'article, un modèle inspiré du Xsara Picasso pourrait être commercialisé aux alentours de 2030. Le concept ELO ne sera pas montré au Mondial de l'Auto de Paris en automne 2026, Citroën prioritarisant la présentation de sa future 2CV électrique.
Pourquoi le monospace redevient-il intéressant avec l'électrique ?
Les véhicules électriques bas et bien profilés offrent une meilleure autonomie que les SUV lourds et hauts. La plateforme électrique permet aussi de placer la batterie dans le plancher et de raccourcir le capot, libérant plus d'espace à bord. Cette configuration s'accorde parfaitement avec la philosophie du monospace : maximiser l'habitabilité sur une longueur donnée.
Renault va-t-il aussi revenir au monospace traditionnel ?
Les informations restent limitées. Renault observe la stratégie de Citroën de près, mais son choix passé de transformer l'Espace en grand SUV réduit sa marge de manœuvre. Un éventuel retour pourrait prendre la forme d'un grand véhicule électrique intermédiaire entre SUV et monospace, mais rien ne permet d'affirmer qu'un tel projet est en développement avancé.
Quels avantages un monospace électrique apporterait-il aux automobilistes français ?
Les conducteurs français disposeraient d'une alternative aux SUV compacts très ressemblants : meilleure accessibilité à bord, modularité plus fine des sièges arrière, image plus valorisante qu'un utilitaire, et consommation électrique potentiellement inférieure à celle d'un SUV de même taille.