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Allocations familiales : fin de la majoration à 14 ans, voici ce que ça change concrètement pour les familles et leur versement CAF

En France, le report de la majoration pour âge des allocations familiales bouleverse les prévisions de nombreuses familles depuis mars 2026.

La réforme concerne les enfants nés à partir du 1er mars 2012. Elle résulte du décret n° 2026-138 du 27 février 2026, présenté dans une actualité du site public d’information administrative Service-Public.fr. La Caisse d’allocations familiales (Caf), ou la Mutualité sociale agricole (MSA) pour les foyers agricoles, applique cette règle sans demande particulière des bénéficiaires.

Une majoration reportée de 14 à 18 ans

Jusqu’ici, les allocations familiales pouvaient être augmentées lorsque certains enfants atteignaient 14 ans. Depuis le 1er mars 2026, cet âge passe à 18 ans pour les enfants dont le quatorzième anniversaire intervient à compter de cette date.

La date de naissance devient donc déterminante. Un enfant né avant le 1er mars 2012 conserve l’ancien dispositif. Sa majoration peut commencer à 14 ans, sous réserve des autres conditions liées à la composition du foyer. Un enfant né le 1er mars 2012 ou après devra attendre ses 18 ans.

Pour les enfants concernés par la nouvelle règle, souffler leurs 14 bougies n’entraîne plus de hausse des allocations familiales.

Le décalage est conséquent : quatre années séparent désormais l’âge où la famille pouvait percevoir la majoration et celui où elle pourra éventuellement y avoir droit. La mesure ne modifie pas les règles propres à l’allocation de rentrée scolaire. Elle vise seulement la majoration pour âge liée aux allocations familiales.

Le versement débute après l’anniversaire

Lorsqu’elle est due, la majoration commence le mois civil suivant l’anniversaire de l’enfant. Un enfant né en mars 2012, concerné par le nouveau seuil de 18 ans, pourrait donc ouvrir ce droit à compter d’avril 2030. Le paiement, qui correspond au mois écoulé, interviendrait alors au début du mois de mai 2030.

Les parents n’ont pas de formulaire spécifique à remplir. La Caf tient compte des informations déjà connues dans le dossier familial. Il reste prudent de vérifier les dates de naissance enregistrées, la situation des enfants à charge et les versements affichés dans l’espace personnel.

Des montants liés aux revenus du foyer

Depuis le 1er avril 2026, la majoration mensuelle s’élève à 76,13 euros, 38,07 euros ou 19,03 euros par enfant concerné. Le montant dépend du niveau de ressources de la famille.

Le calcul prend en compte le revenu net catégoriel de l’année 2024 pour les droits versés en 2026. Il s’agit des revenus retenus après l’abattement forfaitaire de 10 % ou après la prise en compte des frais réels, selon la situation fiscale.

  • Pour deux enfants, le taux plein s’applique jusqu’à 79 980 euros de revenus annuels retenus.
  • Le taux intermédiaire concerne les revenus allant jusqu’à 106 604 euros.
  • Au-delà, la majoration réduite peut s’appliquer.

Les plafonds évoluent avec le nombre d’enfants à charge. Pour trois enfants, les seuils indiqués dans le barème 2026 sont de 86 644 euros puis 113 268 euros. Pour quatre enfants, ils atteignent 93 308 euros puis 119 932 euros.

Lorsqu’un foyer dépasse légèrement une limite, un complément dégressif peut limiter l’effet d’un changement de tranche. En cas de résidence alternée, la majoration est partagée et son montant est réduit de moitié.

Pourquoi les familles de deux enfants sont les plus exposées

Dans les familles de deux enfants, la majoration ne concerne pas l’aîné. Le Code de la sécurité sociale réserve ce supplément aux enfants à charge, à l’exception du plus âgé. Cette particularité existait déjà, mais le report à 18 ans en renforce les conséquences.

Les allocations familiales supposent en effet qu’au moins deux enfants de moins de 20 ans restent à charge. Dès que l’aîné atteint 20 ans, la famille de deux enfants perd normalement ses allocations familiales. Si le cadet n’a pas encore atteint 18 ans à cette date, il ne pourra pas ouvrir la majoration.

Avec un écart d’âge trop grand entre les deux enfants, le cadet peut ne jamais bénéficier de la majoration pour âge.

Le texte fourni indique que le cadet doit être né au plus 22 mois après l’aîné pour que la majoration puisse débuter avant les 20 ans de celui-ci. Avec un écart de 12 mois, le droit peut durer 11 mois. Avec 23 mois d’écart ou davantage, aucun versement n’est susceptible de commencer dans une famille de deux enfants.

L’exemple donné est celui d’une mère vivant à Limoges avec deux enfants nés en juin 2011 et en septembre 2014. Le plus jeune, né après le 1er mars 2012, devrait attendre septembre 2032 pour atteindre 18 ans. Or son frère aurait déjà eu 20 ans en juin 2031. La famille ne percevrait donc plus d’allocations familiales à cette échéance, sans jamais toucher la majoration pour le cadet.

Une perte chiffrée par le Conseil de la famille

Le Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge, une instance publique d’expertise, a évalué les effets de la réforme dans une note de mars 2026. Selon sa simulation, une famille de deux enfants âgés de 14 et 16 ans, bénéficiaire du taux plein, perdrait 906 euros par an.

Pour un foyer comptant trois enfants de 14, 16 et 17 ans, la perte annuelle atteindrait 2 719 euros au taux plein, selon cette même simulation. Dans les familles d’au moins trois enfants, l’exclusion de l’aîné ne s’applique plus de la même manière : chaque enfant peut ouvrir droit à la majoration lorsqu’il atteint l’âge requis.

Le Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge estime qu’environ 700 000 familles sont touchées en 2026. Leur nombre pourrait atteindre 1,2 million en 2029. L’instance prévoit également une forte diminution des dépenses consacrées à ces majorations dans les années à venir.

Ce qui ne change pas après les 20 ans

La majoration pour âge ne doit pas être confondue avec l’allocation forfaitaire provisoire. Cette dernière concerne certaines familles ayant au moins trois enfants à charge lorsqu’un enfant atteint 20 ans et continue de vivre au foyer.

En 2026, son montant maximal est de 96,27 euros mensuels, avec des montants réduits selon les ressources. Elle peut être versée jusqu’au mois précédant le 21e anniversaire, sous conditions, notamment lorsque les allocations familiales étaient versées pour au moins trois enfants le mois avant les 20 ans du jeune adulte.

Le report de 14 à 18 ans n’affecte pas cette allocation forfaitaire provisoire. Les règles sont aussi différentes dans certains territoires ultramarins : hors Mayotte, des majorations existent pour les familles avec un seul enfant à charge à 11 ans puis à 16 ans. Mayotte ne prévoit pas de majoration pour âge.

Les vérifications utiles dans son dossier

Les familles concernées peuvent comparer la date de naissance de chaque enfant avec le 1er mars 2012. Pour un foyer avec deux enfants, il faut aussi regarder l’écart d’âge avec l’aîné et anticiper son vingtième anniversaire.

  • Vérifier que les enfants figurent bien comme étant à charge dans le dossier Caf ou MSA ;
  • Signaler les revenus d’un enfant majeur lorsqu’ils dépassent les limites applicables ;
  • Contrôler les paiements mensuels et les éventuelles notifications dans l’espace personnel ;
  • Interroger directement la Caf en cas de naissance multiple ou de situation familiale particulière.

Un recours en annulation contre le décret est en cours devant le Conseil d’État, selon le texte source. Aucune décision n’avait été rendue au moment des informations rapportées. Tant qu’aucune décision ne modifie le dispositif, la date du 1er mars 2012 reste le point de repère central pour évaluer l’ouverture future de la majoration.

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