Cet été, la rotation de la Terre accélère légèrement, au point de raccourcir trois journées, selon les mesures d’un service scientifique international.
D’après les données de l’International Earth Rotation and Reference Systems Service (IERS), relayées par un média scientifique anglophone, notre planète connaît depuis quelques années une accélération discrète mais mesurable de sa rotation. Résultat : trois jours de l’été 2025 seront un peu plus courts que la normale, sans que les chercheurs comprennent encore totalement l’origine du phénomène.
Trois jours de l’été 2025 raccourcis de 1,3 milliseconde
En théorie, la Terre met 24 heures, soit 86 400 secondes, pour tourner une fois sur elle-même. En pratique, cette durée varie très légèrement au fil du temps. L’IERS, organisme international chargé de mesurer avec une grande précision la longueur du jour, a repéré un changement notable à partir de 2020 : la planète s’est mise à tourner un peu plus vite.
Selon les prévisions de cet organisme, les jours les plus courts de l’année 2025 tomberont les :
9 juillet 2025 ;
22 juillet 2025 ;
5 août 2025.
Chacune de ces journées devrait être raccourcie d’environ 1,3 milliseconde par rapport à la moyenne. Personne ne peut s’en rendre compte dans la vie quotidienne, mais pour les systèmes de mesure du temps et les réseaux numériques, cette différence compte.
La journée du 9 juillet 2025 sera environ 1,3 milliseconde plus courte que la moyenne, selon les données de l’IERS, tout comme celles du 22 juillet et du 5 août.
Un rôle connu de la Lune, mais une tendance nouvelle depuis 2020
Depuis longtemps, les scientifiques savent que la Lune influence la rotation de la Terre. Par son attraction gravitationnelle, elle provoque une déformation de notre planète, à l’origine des marées, mais aussi d’un freinage très lent du mouvement de rotation.
Ce « frein de marée » retire progressivement de l’énergie à la rotation terrestre. Les estimations établies indiquent que ce mécanisme rallonge la durée du jour d’environ 2 millisecondes par siècle. Sur des centaines de millions d’années, l’effet devient spectaculaire.
Il y a environ 200 millions d’années, à l’ère du Trias, une journée durait un peu moins de 23 heures.
Dans environ 200 millions d’années, la journée devrait atteindre environ 25 heures.
La position de la Lune par rapport à l’équateur terrestre joue aussi un rôle. Quand notre satellite est plus éloigné de l’équateur, son effet de freinage est un peu moins efficace, rendant certains jours très légèrement plus longs.
Mais les mesures récentes montrent autre chose : depuis 2020, la longueur de certains jours est une demi-milliseconde plus courte que les valeurs observées avant cette date. Cette accélération dépasse donc les simples fluctuations attendues à cause de la Lune.
Les jours les plus courts observés depuis 2020 sont environ 0,5 milliseconde plus brefs que ceux enregistrés avant cette période, signe d’un changement de régime encore inexpliqué.
Des précédents connus, mais un phénomène actuel sans cause claire
Des événements géophysiques majeurs peuvent modifier légèrement la rotation terrestre. L’exemple souvent cité est le séisme de magnitude 9,0 survenu au Japon en 2011. Ce tremblement de terre aurait raccourci la durée du jour d’environ 1,8 microseconde, soit 0,0018 milliseconde.
Ces variations sont dues à de minuscules redistributions de masse au sein de la Terre : croûte, manteau, noyau, océans ou atmosphère. Comme un patineur qui rapproche les bras de son corps pour tourner plus vite, la Terre accélère ou ralentit en fonction de la manière dont sa masse se répartit.
Dans le cas de l’accélération observée depuis 2020, aucune cause précise n’a pour l’instant été clairement identifiée dans l’article source. Les chercheurs évoquent la possibilité d’influences combinées, sans trancher : circulation interne du noyau terrestre, transferts de masse dans les océans, modification de la répartition des glaces, ou encore variations de l’atmosphère.
Les scientifiques savent que certains événements, comme le séisme du Japon en 2011, peuvent raccourcir la durée du jour, mais la tendance récente reste sans explication définitive.
Ce que change l’accélération de la Terre pour la mesure du temps
Pour le quotidien des habitants, ces millisecondes en moins ne changent strictement rien. L’impact se situe ailleurs, dans la manière de faire coïncider le temps astronomique et le temps officiel utilisé par les horloges atomiques.
L’IERS est notamment chargé de décider de l’ajout ou non d’une « seconde intercalaire ». Cette seconde supplémentaire est insérée à certaines dates, en général le 30 juin ou le 31 décembre, afin de réaligner le temps universel coordonné (UTC) sur la rotation réelle de la Terre.
La dernière seconde intercalaire a été ajoutée le 31 décembre 2016. Depuis, aucune autre n’a été insérée. L’accélération actuelle de la Terre a conduit l’IERS à faire un choix inédit : ne pas ajouter de seconde intercalaire en 2025 et envisager, à l’horizon 2029, l’éventualité d’une seconde à retrancher plutôt qu’à ajouter, selon les données avancées dans la source.
Période
Évolution de la durée du jour
Décision liée au temps officiel
Avant 2016
Rotation légèrement plus lente
Ajout de secondes intercalaires, dont la dernière en 2016
Depuis 2020
Rotation légèrement plus rapide
Aucune seconde ajoutée, réflexion sur un éventuel retrait vers 2029
Quelles conséquences pratiques en France ?
En France, comme dans le reste du monde, l’heure légale repose sur l’UTC, défini à partir de plusieurs horloges atomiques de haute précision. C’est le Bureau international des poids et mesures (BIPM), basé près de Paris, qui coordonne ce temps atomique international.
Les décisions de l’IERS sur les secondes intercalaires s’appliquent donc directement à l’heure française. Quand une seconde est ajoutée, les systèmes informatiques, les réseaux télécoms, les GPS, les bourses électroniques ou encore certains équipements industriels doivent être ajustés.
Dans le cas actuel, aucune modification ressentie par le public n’est attendue : aucun changement d’horloge, aucune adaptation en magasin ou à la maison. La gestion des éventuelles secondes à ajouter ou retirer concerne surtout :
les grands systèmes informatiques et réseaux ;
les infrastructures de télécommunication ;
les systèmes de navigation par satellite ;
certains observatoires et centres de calcul scientifique.
Les autorités françaises ne prennent pas de décision nationale spécifique : elles appliquent les conventions internationales sur l’UTC. Les Français continueront donc à vivre avec la même heure légale, sans percevoir ces ajustements subtils.
Pourquoi la durée du jour change-t-elle en permanence ?
Même hors événements spectaculaires, la durée du jour varie en continu. Parmi les causes connues et bien établies :
les marées océaniques, liées à la Lune et au Soleil ;
les mouvements de l’atmosphère, comme les grands courants de vent ;
les variations des courants marins ;
les échanges de moment de rotation entre le manteau et le noyau terrestre ;
la fonte ou l’accumulation des glaces polaires, qui déplacent des masses d’eau.
À l’échelle d’une journée, ces effets sont minimes, mais ils s’additionnent et font régulièrement varier la durée de rotation de quelques microsecondes à quelques millisecondes. C’est pour cette raison que l’IERS suit en permanence la longueur du jour avec une grande précision.
La durée exacte d’une journée n’est jamais strictement de 24 heures : elle oscille légèrement en fonction de processus internes et externes à la Terre.
Un phénomène suivi de près, mais sans danger annoncé
L’article source rappelle que cette accélération ne suscite pas d’alerte particulière. Elle ne provoque ni déséquilibre géologique brutal, ni modification du climat à court terme. L’effet est bien trop faible pour influencer directement la vie quotidienne.
Pour les scientifiques, l’enjeu se situe plutôt dans la compréhension fine du système Terre : comment interagissent la Lune, l’intérieur de la planète, les océans et l’atmosphère pour produire ces micro-variations ? Chaque série de mesures constitue une nouvelle pièce du puzzle.
Pour les ingénieurs et gestionnaires de temps, l’attention se porte sur la compatibilité des systèmes numériques avec une éventuelle seconde à retirer à l’avenir. Certains logiciels ont déjà montré par le passé qu’ils géraient mal l’ajout d’une seconde intercalaire, provoquant des pannes ponctuelles. L’idée d’une seconde en moins pose d’autres questions techniques, tout aussi sensibles.
Enfin, pour un lecteur français curieux, cette affaire donne un ordre de grandeur : entre les dinosaures du Trias et aujourd’hui, la durée du jour a augmenté d’un peu plus d’une heure, et elle continuera à s’allonger sur des centaines de millions d’années. L’accélération actuelle reste donc un léger contretemps dans une tendance générale au ralentissement de la Terre, que l’IERS et la communauté scientifique continueront à suivre de très près.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.