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Amir Tarighpeyma, spécialiste en médecine capillaire, alerte sur les compléments contre la chute de cheveux : « L’accumulation de certains nutriments génère une toxicité métabolique »

Illustration conceptuelle montrant des comprimés colorés et des flacon de compléments alimentaires capillaires à côté d'un cheveu stylisé et d'un symbole d'avertissement sanitaire

En Espagne, un spécialiste de la médecine capillaire met en garde contre les compléments anti-chute de cheveux pris sans avis médical, pointant des risques méconnus.

Interrogé par le média espagnol EFE, le docteur Amir Tarighpeyma, tricologue et spécialiste en médecine capillaire, alerte sur l’usage banalisé des compléments alimentaires contre la chute de cheveux. Selon lui, ces produits ne sont pas une solution systématique et leur prise sans diagnostic précis peut même nuire à la santé générale, en provoquant une toxicité métabolique silencieuse.

Des compléments capillaires loin d’être anodins

Les rayons des pharmacies et parapharmacies espagnoles, comme en France, regorgent de gélules et poudres « anti-chute », vendues comme une aide facile pour renforcer la chevelure. Pour Amir Tarighpeyma, cette approche automatique est trompeuse : sans évaluation médicale, le recours à la nutricosmétique capillaire reste souvent inefficace et parfois dangereux.

Le médecin rappelle que prendre des compléments contre la chute de cheveux sans diagnostic médical préalable peut être contre-productif et exposer à une toxicité métabolique.

Le spécialiste souligne que ces produits devraient rester des outils ciblés, réservés à des cas bien identifiés, pas un réflexe dès qu’on retrouve plus de cheveux sur la brosse ou dans la douche. Il pointe une confusion fréquente entre « complément » et « solution miracle », alors qu’en l’absence de déficit réel, l’organisme se retrouve submergé par des apports inutiles.

Dans quels cas les compléments peuvent-ils aider ?

Pour le tricologue, l’usage de compléments ne se justifie que dans des situations précises et toujours encadrées par un professionnel de santé. Il évoque notamment trois grands scénarios cliniques.

  • Un déficit analytique spécifique, mis en évidence par une prise de sang.
  • Une augmentation ponctuelle de la demande métabolique de l’organisme.
  • Des restrictions alimentaires ou un stress oxydatif important affectant la cellule.

Dans le premier cas, l’analyse biologique révèle par exemple une carence en fer, en vitamine D ou en certains oligo-éléments. Dans ce contexte, un complément adapté et dosé sur mesure peut corriger le déficit et soutenir le follicule pileux.

Dans le second, l’organisme consomme davantage de ressources : période de convalescence, chirurgie, maladie chronique, variation hormonale marquée. Une supplémentation peut alors être discutée pour accompagner cette « surconsommation » métabolique.

Enfin, des régimes très restrictifs, un végétarisme ou véganisme mal encadré, ou encore une alimentation déséquilibrée peuvent appauvrir les apports. Le stress oxydatif, lui, correspond à un excès de radicaux libres qui abîment les cellules, y compris celles du follicule pileux. Là encore, les compléments ne se justifient qu’après bilan précis, pas en automédication.

« Plus » ne veut pas dire « mieux » : le risque de toxicité métabolique

Le docteur Tarighpeyma insiste sur un travers fréquent : l’idée qu’augmenter les doses de vitamines et minéraux accélérerait la pousse ou stopperait davantage la chute.

« L’accumulation systématique de certains nutriments génère une toxicité métabolique », avertit le spécialiste en médecine capillaire.

Il cite un exemple parlant : celui des vitamines liposolubles, comme la vitamine A. Contrairement aux vitamines hydrosolubles, que le corps élimine plus facilement par les urines, ces vitamines se stockent dans les tissus, en particulier dans le foie.

Un apport excessif de vitamine A sur la durée peut conduire à une hypervitaminose. Le paradoxe, souligne le médecin, est que ce surdosage peut justement entraîner une chute de cheveux, alors même que de nombreux compléments anti-chute en contiennent.

Le zinc illustre un autre type de déséquilibre. Pris en excès et de manière prolongée, il perturbe l’absorption du cuivre, un oligo-élément également impliqué dans le bon fonctionnement du follicule. En cherchant à « booster » la chevelure avec des gélules très dosées, on risque au final d’aggraver la situation en créant une nouvelle carence, moins visible.

Pourquoi le bilan sanguin reste incontournable

Pour traiter une alopécie ou une chute excessive de manière efficace, Amir Tarighpeyma estime que l’étape du bilan sanguin est incontournable. L’objectif : cartographier les manques éventuels et adapter la prise en charge.

Selon le tricologue, il faut identifier les carences grâce à un bilan qui analyse notamment ferritine, vitamine D, vitamine B12, acide folique et zinc.

Ces paramètres sont liés à trois fonctions clés pour le cheveu :

  • Oxydation et oxygénation : la ferritine reflète les réserves de fer, essentielles pour transporter l’oxygène vers les follicules.
  • Division cellulaire : la vitamine B12 et l’acide folique participent à la fabrication de nouvelles cellules, dont celles du bulbe pilaire.
  • Synthèse de la kératine : la kératine constitue la structure principale du cheveu, et sa production dépend notamment du zinc.

Le spécialiste rappelle aussi la notion de perte physiologique normale : « La perte physiologique oscille entre les 50 et 100 cabellos diarios », explique-t-il dans la version espagnole de ses propos. Autrement dit, perdre une poignée de cheveux chaque jour reste normal. L’inquiétude survient lorsque le volume de chute augmente nettement, s’inscrit dans la durée ou s’accompagne d’un affinement visible de la chevelure.

Le mystérieux « efluvio telógeno estacional » de septembre

Amir Tarighpeyma attire aussi l’attention sur un phénomène saisonnier souvent méconnu : l’« efluvio telógeno estacional », un effluvium télogène saisonnier qui se manifeste en particulier à la rentrée.

« Septembre marque le début de l’effluvium télogène saisonnier, un phénomène physiologique lié à la synchronisation du cycle capillaire », explique le spécialiste.

Selon lui, cette chute accrue correspond en réalité aux cheveux qui ont terminé leur cycle plusieurs mois auparavant. Ils se détachent alors de manière synchronisée, ce qui donne l’impression d’une perte soudaine et inquiétante.

Le phénomène reste limité dans le temps : « Cette perte correspond aux cheveux qui ont complété leur cycle des mois auparavant et se détachent de manière synchrone, un processus autolimité qui ne se prolonge généralement pas au-delà de six à huit semaines », précise le médecin. Une information rassurante pour ceux qui constatent, chaque automne, une augmentation de la chute sans comprendre pourquoi.

Compléments capillaires : quelle situation pour les patients en France ?

En France aussi, de nombreux patients se tournent vers les compléments alimentaires en vente libre pour tenter de freiner une chute de cheveux. La réglementation encadre ces produits, mais ils restent accessibles sans ordonnance, ce qui entretient l’automédication.

Les dermatologues français et les médecins généralistes avancent une approche proche de celle décrite par Amir Tarighpeyma. La prise en charge d’une chute de cheveux passe d’abord par :

  • Une anamnèse détaillée (antécédents, traitements, contexte hormonal, stress, alimentation).
  • Un examen clinique du cuir chevelu et parfois une trichoscopie.
  • Un bilan biologique si une carence ou un trouble hormonal est suspecté.
  • Les compléments alimentaires sont alors envisagés comme un adjuvant, jamais comme le cœur du traitement, et uniquement lorsqu’un déficit ou un besoin accru est réellement objectivé. Les autorités sanitaires françaises rappellent que ces produits ne remplacent ni une alimentation variée, ni un traitement médical adapté en cas de pathologie sous-jacente (alopécie androgénétique, maladie auto-immune, trouble thyroïdien, etc.).

    Des conseils souvent valables des deux côtés des Pyrénées

    Pour un lecteur français, les mises en garde du spécialiste espagnol rejoignent les recommandations généralement émises en consultation en France :

    Problème Réflexe fréquent Approche médicale conseillée
    Chute de cheveux soudaine Acheter un complément « anti-chute » en pharmacie Consulter un médecin, vérifier ferritine, vitamine D, B12, folates, bilan thyroïdien
    Rentrée et automne Craindre une alopécie définitive Envisager un effluvium télogène saisonnier, généralement transitoire
    Fatigue et stress Multivitamines à forte dose Apport ciblé en fonction d’un bilan, gestion du sommeil et du stress

    Ce que recouvrent « chute » et « cycle capillaire »

    Pour mieux comprendre les propos du spécialiste espagnol, il faut rappeler la notion de cycle du cheveu. Chaque follicule alterne plusieurs phases : croissance (anagène), régression (catagène), repos (télogène) puis chute. Tous les cheveux ne se trouvent pas au même stade en même temps, ce qui évite une perte massive simultanée.

    Lors d’un effluvium télogène, davantage de cheveux basculent en phase de repos, puis tombent de manière groupée. Le volume de chute augmente, mais une repousse survient dans les mois suivants, si la cause est éliminée ou transitoire.

    La « chute normale » évoquée par Amir Tarighpeyma correspond à cette rotation permanente. Perdre chaque jour l’équivalent de quelques dizaines de cheveux fait partie de ce cycle, à condition que la densité globale reste stable et que la texture des cheveux ne se modifie pas brutalement.

    Comment limiter les risques liés aux compléments contre la chute

    Pour réduire le risque de toxicité métabolique décrite par le médecin espagnol, quelques principes simples peuvent guider les personnes inquiètes de leur chevelure :

    • Éviter de cumuler plusieurs compléments contenant les mêmes vitamines ou minéraux.
    • Lire les dosages sur les étiquettes et respecter les durées de cure conseillées.
    • Demander l’avis d’un professionnel de santé en cas de prise prolongée.
    • Ne jamais compenser une alimentation déséquilibrée uniquement par des gélules.
    • Surveiller tout symptôme inhabituel (fatigue marquée, maux de tête, troubles digestifs, aggravation de la chute).

    Ces précautions rejoignent l’alerte d’Amir Tarighpeyma : les compléments anti-chute ne sont pas neutres, encore moins lorsqu’ils sont pris sans contrôle. En cherchant à « en faire plus » pour sauver leurs cheveux, certains patients s’exposent à une surcharge métabolique dont les effets, eux, restent bien réels.

    Questions fréquentes

    Peut-on prendre des compléments anti-chute sans avis médical?

    Non, selon le docteur Tarighpeyma, prendre des compléments sans diagnostic médical préalable peut être contre-productif et exposer à une toxicité métabolique. Ces produits devraient rester des outils ciblés et encadrés par un professionnel.

    Quand les compléments capillaires se justifient-ils vraiment?

    Ils se justifient dans trois cas précis: un déficit analytique spécifique identifié par prise de sang, une augmentation ponctuelle de la demande métabolique (maladie, convalescence), ou des restrictions alimentaires et un stress oxydatif avéré.

    Pourquoi la vitamine A en excès peut-elle aggraver la chute?

    La vitamine A est liposoluble et se stocke dans les tissus, notamment le foie. Un apport excessif prolongé peut causer une hypervitaminose qui provoque justement une chute de cheveux, alors que beaucoup de compléments anti-chute en contiennent.

    Qu'est-ce que l'effluvium télogène saisonnier de septembre?

    C'est un phénomène physiologique lié à la synchronisation du cycle capillaire qui se manifeste particulièrement à la rentrée. Les cheveux terminant leur cycle depuis plusieurs mois se détachent de manière synchrone, créant l'impression d'une perte soudaine, limité à 6-8 semaines.

    Quelle est la perte de cheveux considérée comme normale?

    La perte physiologique oscille entre 50 et 100 cheveux par jour. L'inquiétude survient lorsque le volume augmente nettement, s'inscrit dans la durée ou s'accompagne d'un affinement visible de la chevelure.
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