Une chercheuse américaine en sexualité affirme, dans une étude relayée par un média britannique, que certaines femmes trompent leur partenaire pour préserver leur couple, et non pour le quitter.
Dans un article relayant les travaux de la sociologue américaine Alicia M. Walker, le média en ligne britannique LadBible rapporte une thèse déroutante : certaines femmes auraient recours à l’infidélité non pas pour fuir leur relation, mais pour la maintenir à flot. Un constat qui bouscule l’idée largement répandue selon laquelle tromper marquerait toujours la fin d’une histoire d’amour.
Une étude qui remet en cause nos idées reçues sur l’infidélité féminine
Alicia M. Walker, docteure en sociologie et spécialiste de la sexualité et des relations de couple aux États‑Unis, a mené une recherche auprès de femmes engagées dans des relations stables mais infidèles. Son travail, présenté dans un article publié sur la plateforme américaine Psychology Today, s’intéresse aux raisons profondes qui les poussent à franchir cette limite.
Contrairement à l’image romantique ou dramatique souvent associée aux aventures extraconjugales, ces femmes n’avaient, selon la chercheuse, ni le projet de tout quitter, ni celui de tomber amoureuses de leur amant. Elles se décrivent comme attachées à leur partenaire officiel, à leur vie de famille, à la stabilité de leur couple.
Pour Alicia M. Walker, l’infidélité de ces femmes n’est pas un tremplin vers une nouvelle vie, mais une stratégie pour rester dans leur relation malgré une frustration sexuelle persistante.
Walker insiste dans son texte sur un point : son analyse n’est pas un plaidoyer pour l’adultère. Elle parle d’un « bricolage » relationnel, une solution imparfaite trouvée dans un contexte vécu comme bloqué.
Des femmes « coincées » dans des mariages sans sexe
Dans son article, Alicia M. Walker décrit des femmes coincées dans ce qu’elles appellent des « mariages sans sexe » ou des relations où leurs besoins intimes ne sont plus pris en compte. Elles affirment avoir tenté d’en discuter, parfois à plusieurs reprises, sans changement durable.
La sociologue rapporte que, pour ces femmes, l’infidélité intervient souvent après une longue période de tentatives pour améliorer la situation à l’intérieur du couple. Elles ne se disent ni euphoriques ni fières de ce choix, mais parlent d’une impasse.
« Cheater est une solution désordonnée, imparfaite, un recours désespéré », écrit Alicia M. Walker. Les femmes qu’elle a interrogées se sentaient « frustrées, insatisfaites et sans options ».
Pour elles, le divorce n’apparaît pas toujours comme une option acceptable. Certaines évoquent la peur de détruire la famille, l’impact financier, ou tout simplement l’attachement sincère à leur conjoint, qu’elles décrivent souvent comme un « bon partenaire » en dehors de la dimension sexuelle.
Une « solution » pour éviter un divorce vécu comme plus destructeur
Walker résume l’état d’esprit de ces participantes : elles ne veulent ni « brûler » leur mariage, ni repartir à zéro. Elles cherchent plutôt à contourner un problème précis, bien identifié, en dehors du cadre officiel du couple.
« Plutôt que de réduire leur mariage en cendres, elles ont trouvé un contournement », explique la sociologue. En s’engageant dans une liaison « soigneusement gérée » et « très stratégique », elles espèrent satisfaire leurs besoins sexuels sans perdre ce qu’elles valorisent le plus dans leur relation officielle.
Autrement dit, l’affaire extraconjugale n’est pas pensée comme un grand amour caché, mais comme un arrangement fonctionnel, limité à un domaine précis de leur vie.
Ni romance ni papillons dans le ventre : « juste des orgasmes »
Un des points les plus frappants du récit d’Alicia M. Walker tient à l’absence assumée de dimension romantique dans ces liaisons. Les femmes interrogées ne parlent ni de poèmes, ni de lettres enflammées, ni de promesses d’avenir.
Walker insiste sur la dimension très concrète de ces rencontres :
Selon elle, ces femmes « ne cherchaient pas de connexion ». Elles cherchaient surtout des « orgasmes ». Pas de validation, pas de « papillons dans le ventre », pas de compliments exaltés sur leur beauté : simplement des « climax », souligne la chercheuse.
Les participantes décrivent souvent leur conjoint officiel comme un « Prince charmant » au quotidien : présent, fiable, investi dans la vie commune. Ce qui leur manque ne serait pas l’amour, mais la satisfaction sexuelle. L’amant devient alors, dans ce récit, une sorte de « prestataire » très ciblé.
Le partenaire officiel reste le centre de la vie affective et familiale.
L’amant comble un manque strictement sexuel.
La frontière émotionnelle est, autant que possible, maintenue.
Pour certaines, fixer ces règles émotionnelles strictes permettrait de limiter le risque de tout faire basculer. La priorité affichée reste la préservation du couple principal.
Quand la santé sexuelle du conjoint entre en jeu
Dans l’étude relayée par LadBible, une femme anonyme illustre ce mécanisme avec un cas très concret : son mari souffre de troubles érectiles. Cette difficulté, connue sous le nom de dysfonction érectile, rend leurs rapports sexuels compliqués, voire impossibles.
« Si mon mari n’avait pas de problèmes d’érection, ces types n’auraient aucune chance », confie-t-elle à Alicia M. Walker.
Cette participante ne remet pas en cause l’amour qu’elle porte à son mari. Elle décrit l’infidélité comme une réponse à une difficulté médicalement identifiée, pour laquelle elle ne voit pas d’issue simple à court terme. Là encore, son intention déclarée n’est pas de quitter son compagnon, mais de préserver la relation malgré cette limite.
Que dit cette étude sur l’état de certains couples ?
Les travaux d’Alicia M. Walker, tels que présentés par le site britannique, mettent en lumière un angle rarement abordé : l’infidélité comme symptôme d’un problème durablement ignoré ou minimisé dans le couple.
Les femmes interrogées décrivent souvent :
des années de frustration sexuelle ou d’absence de rapports ;
des discussions restées sans effet ou vite évacuées ;
la peur d’être jugées « trop exigeantes » ou « obsédées par le sexe » ;
le sentiment que tout le reste fonctionne bien dans le couple.
La recherche ne prétend pas que toutes les infidélités féminines répondent à ce schéma. Elle met plutôt au jour une configuration particulière : des femmes attachées à leur ménage, mais qui ne veulent plus renoncer à une vie sexuelle jugée satisfaisante.
Comment cette analyse résonne-t-elle avec la situation en France ?
En France, les enquêtes sur la vie de couple montrent régulièrement que la sexualité demeure un sujet sensible, parfois difficile à aborder ouvertement. Les spécialistes de la sexologie et les thérapeutes de couple constatent fréquemment, eux aussi, des situations de « couples sans relations sexuelles » ou de déséquilibre durable du désir.
Les mécanismes décrits par Alicia M. Walker peuvent donc parler à un public français : beaucoup de partenaires hésitent à mettre un terme à un couple dans lequel tout, ou presque, fonctionne bien, à l’exception de la chambre à coucher. Dans ce contexte, certains choisissent la thérapie de couple, d’autres une prise en charge en sexologie, d’autres enfin se tournent vers des solutions individuelles… ou des aventures de l’ombre.
En France, un trouble comme la dysfonction érectile se discute en principe avec un médecin généraliste ou un urologue, avec des traitements possibles. Les sexologues, qu’ils soient médecins ou psychologues selon les cas, proposent aussi un accompagnement spécifique. Le recours à l’infidélité reste un choix personnel, mais cette étude rappelle qu’il intervient parfois après l’échec d’autres pistes de résolution.
Infidélité « stratégique » : quels enjeux pour les couples français ?
La notion d’« affaire hautement stratégique » décrite par Walker soulève des questions plus larges, valables en France comme aux États‑Unis. Gérer une double vie oblige à mentir, à cacher des informations, à gérer le risque de découverte. Cela peut générer un stress important, voire un sentiment de culpabilité, même si la personne trompe en se disant qu’elle protège son couple.
Élément mis en avant par l’étude
Enjeu concret pour le couple
Manque de communication efficace sur la sexualité
Accumulation de frustrations et de non‑dits
Recours à une liaison comme « contournement »
Risque de rupture en cas de révélation ou d’attachement à l’amant
Volonté affichée de préserver la relation principale
Contradiction entre intention affichée et trahison vécue par le partenaire
Pour un couple vivant en France, cette étude peut servir de point de départ à une réflexion sur la place accordée à la sexualité dans la relation. Certains choisiront d’en parler avec un professionnel, d’autres de réouvrir le dialogue à deux, avant que la frustration ne se transforme en double vie.
Sexualité, satisfaction et construction du couple : quelques repères
Dans le débat public, la question de la sexualité est souvent réduite au nombre de rapports ou à la fréquence de l’infidélité. Les travaux d’Alicia M. Walker, eux, rappellent qu’il s’agit aussi de satisfaction, de reconnaissance des besoins de chacun et de capacité à en parler.
La notion d’« orgasme » occupe une place centrale dans les propos des participantes. En sexologie, l’orgasme ne se limite pas à un plaisir instantané ; il participe aussi, pour certaines personnes, au sentiment d’être désirées, vivantes, en lien avec leur propre corps. Quand cet aspect disparaît durablement de la relation, la frustration peut prendre une ampleur que le couple sous‑estime.
La recherche relayée par LadBible ne présente pas une solution clé en main pour les couples, ni un mode d’emploi à suivre. Elle met surtout en lumière un décalage : certains partenaires s’estiment satisfaits de la relation telle qu’elle est, quand l’autre se sent, silencieusement, à bout de ressources. Comprendre cette tension peut inciter à prendre davantage au sérieux les discussions sur le désir, la fréquence des rapports et la satisfaction sexuelle, y compris en France.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.
Selon cette étude, pourquoi des femmes trompent-elles leur partenaire ?
Selon Alicia M. Walker, ces femmes trompent pour préserver leur couple face à une frustration sexuelle durable, et non pour le quitter. L'infidélité est décrite comme une stratégie imparfaite pour contourner un problème identifié, sans intention de tomber amoureuses de l'amant.
Ces femmes recherchent-elles une connexion émotionnelle avec leur amant ?
Non. La chercheuse souligne que ces femmes « ne cherchaient pas de connexion » mais cherchaient surtout des « orgasmes ». Elles maintiennent une frontière émotionnelle stricte, l'amant fonctionnant comme un « prestataire » ciblé sur le plan strictement sexuel.
Qu'est-ce qui pousse ces femmes à rester dans leur couple plutôt que de divorcer ?
Elles invoquent l'attachement sincère à leur partenaire (souvent décrit comme un « bon partenaire »), la peur de détruire la famille, l'impact financier du divorce, et la volonté de préserver la stabilité et la vie communes. Pour elles, le divorce apparaît plus destructeur que l'infidélité.
Cette étude affirme-t-elle que toutes les infidélités féminines obéissent à ce schéma ?
Non. Alicia M. Walker précise que sa recherche met au jour une configuration particulière, celle de femmes attachées à leur ménage mais ne voulant plus renoncer à une vie sexuelle satisfaisante. Elle ne prétend pas expliquer toutes les infidélités féminines.
Ce phénomène existe-t-il aussi en France ?
L'article suggère que oui : les enquêtes françaises montrent que la sexualité reste un sujet sensible dans les couples, et les thérapeutes constatent fréquemment des situations de « couples sans relations sexuelles » ou de déséquilibre durable du désir.