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Une Porsche 935 de 700 ch produite à 77 exemplaires : John Ternus, nouveau patron d’Apple, fait l’inverse de Steve Jobs, qui cachait la sienne pour paraître moins riche

Le nouveau patron d’Apple, passionné de course automobile aux États-Unis, affiche une Porsche ultra-exclusive là où Steve Jobs préférait la dissimulation.

Le site technologique espagnol Xataka raconte comment John Ternus, nouveau dirigeant d’Apple, assume pleinement sa passion pour une rare Porsche 935 de 700 chevaux, quand Steve Jobs cachait sa propre 911 pour ne pas effrayer les investisseurs. Deux patrons, deux époques, deux façons d’afficher – ou non – la richesse dans la Silicon Valley, sur fond de liens historiques entre Apple et Porsche.

Steve Jobs, les Porsche… et l’art de paraître moins riche

Dès ses débuts, la marque Porsche incarne à la fois la compétition et le luxe ostentatoire. De grands noms de la tech comme Bill Gates n’ont jamais caché leur goût pour ces voitures. Steve Jobs en faisait partie, avec une Porsche 911 qui lui a valu quelques mésaventures, rappellent les informations rapportées par Xataka.

Une anecdote illustre son rapport très calculé à l’image de la richesse. Après son départ d’Apple dans les années 80, Steve Jobs fonde NeXT, sa nouvelle entreprise d’ordinateurs. Pour financer ce projet, il prépare la visite de Ross Perot, riche homme d’affaires américain prêt à investir à condition d’être convaincu par ce qu’il verrait.

Alors que la visite approche, Jobs réalise qu’un détail peut saper son argumentaire : les voitures de luxe garées devant les bureaux. Lui conduit une Porsche 911. Son collègue Randy Adams aussi. Jobs débarque alors dans son bureau en urgence et lance : « Randy, il faut cacher les Porsche ». Adams, surpris, lui demande pourquoi cacher une voiture aussi spectaculaire. Jobs répond qu’il ne veut pas que Ross Perot pense qu’ils ont déjà trop d’argent.

Steve Jobs fait cacher deux Porsche 911 avant la venue d’un investisseur, pour ne pas donner l’image de dirigeants déjà trop riches.

Les deux 911 terminent derrière les locaux, hors de vue. Ross Perot décidera d’investir 20 millions de dollars dans NeXT. Impossible de savoir si la disparition des Porsche a changé quoi que ce soit à sa décision, mais l’épisode illustre une idée chère à Jobs : un supercar devant l’entrée ne facilite pas les levées de fonds.

John Ternus, nouveau patron d’Apple aux USA, à fond sur circuit

Quarante ans plus tard, le décor a changé. John Ternus, nouveau dirigeant d’Apple aux États-Unis, est lui aussi un amoureux de Porsche. Mais son rapport à cette passion tranche nettement avec celui de Jobs.

John Ternus a officiellement pris la tête d’Apple le 1er septembre, après environ vingt-cinq ans passés dans l’entreprise. Selon les propos rapportés par Xataka, Eddy Cue, responsable des services chez Apple, a livré une anecdote révélatrice lors du Grand Prix de Formule 1 de Miami. Il y confie que Ternus « conduit une Porsche et fait des courses en amateur ». Il ajoute même que, ce week-end-là, Ternus n’était pas à Miami… parce qu’il tournait sur le circuit de Laguna Seca, en Californie.

Le Wall Street Journal, cité par Xataka, donne un chiffre concret sur ses performances : Ternus descend sous la barre de 1 minute 40 secondes au tour sur ce tracé californien. Un chrono qui indique un niveau de pilotage déjà très sérieux pour un amateur.

John Ternus tourne en moins de 1 min 40 s à Laguna Seca, un rythme qui le place parmi les amateurs très rapides.

Pour les observateurs américains, cela renforce l’image d’un patron très à l’aise à la fois dans la direction d’une des plus grandes entreprises au monde et au volant d’une machine taillée pour la piste.

Une Porsche 935 de 700 ch, produite à seulement 77 exemplaires

La voiture choisie par le nouveau patron d’Apple n’a rien d’un modèle banal. Selon les informations révélées par le média spécialisé Motor1 et reprises par Xataka, John Ternus roule sur circuit avec une Porsche 935 présentée en 2019 à Laguna Seca.

Ce modèle est une série extrêmement limitée : seulement 77 exemplaires produits par la marque allemande. Sous la carrosserie, Porsche a repris la base technique de la 911 GT2 RS. Sous le capot arrière, on trouve un moteur six cylindres biturbo de 3,8 litres, annoncé pour 700 chevaux.

Avec cette auto, Porsche rend hommage à la célèbre 935/78 surnommée « Moby Dick » en raison de sa longue queue aérodynamique. La nouvelle 935 reprend cet ADN de voiture de course mythique, pensée pour la piste avant tout.

  • Année de présentation : 2019
  • Lieu de présentation : circuit de Laguna Seca, Californie
  • Puissance : 700 ch
  • Configuration moteur : six cylindres à plat, 3,8 litres, biturbo, en position arrière
  • Nombre d’exemplaires : 77

Chaque exemplaire était proposé à environ 701 948 euros hors taxes. Une fois les impôts ajoutés, la facture dépasse très largement le seuil symbolique du supercar. Par sa rareté, son prix et le prestige de son modèle d’origine, la 935 de Ternus fait partie des Porsche les plus exclusives jamais fabriquées.

Près de 702 000 euros hors taxes pour une 935 réservée à 77 clients fortunés : la voiture de John Ternus coche toutes les cases du collector de circuit.

Une voiture trop radicale pour les rues de Cupertino

Malgré ce pedigree, les employés d’Apple ne risquent pas de voir souvent cette 935 devant le siège de Cupertino. Ce n’est pas seulement une question d’image, mais de réglementation.

Frank-Steffen Walliser, responsable de Porsche Motorsport, expliquait que cette 935 n’a pas été homologuée pour la route. Résultat : les ingénieurs et designers se sont affranchis d’une grande partie des contraintes habituelles imposées aux voitures de série. À la clé, une machine 100 % tournée vers le circuit, mais interdite sur la voie publique.

Conséquence directe pour John Ternus : sa Porsche 935 ne peut rouler que sur des pistes fermées, lors de journées de roulage ou d’événements de compétition amateurs. L’« habitat naturel » de cette auto se limite donc aux circuits comme Laguna Seca, et non aux rues de la Silicon Valley.

Apple et Porsche, une histoire commune sur les circuits

Au-delà des goûts personnels de Steve Jobs et John Ternus, Apple et Porsche partagent une histoire commune dans le sport automobile. Xataka rappelle qu’en 1980, l’écurie Dick Barbour Racing engage une Porsche 935 K3 aux 24 Heures du Mans avec une livrée aux couleurs arc-en-ciel d’Apple. À l’époque, la marque à la pomme utilise ce logo multicolore sur ses ordinateurs.

Ce clin d’œil a été réédité récemment. En mai, Porsche a aligné deux prototypes 963 sur le circuit de Laguna Seca avec une décoration inspirée de cette ancienne livrée Apple. L’objectif : célébrer à la fois les 50 ans de la fondation d’Apple et les 75 ans de Porsche Motorsport.

Des 24 Heures du Mans en 1980 à Laguna Seca en 2024, les couleurs d’Apple ont régulièrement orné des Porsche de course.

Cette continuité renforce l’idée de « vies parallèles » entre Apple et Porsche : design soigné, image haut de gamme, présence en compétition et proximité avec les dirigeants de la tech américaine.

En France, quelle place pour ces supercars de circuit ?

Pour un lecteur français, la situation de John Ternus illustre un cas bien connu des passionnés : certaines voitures ne sont conçues que pour la piste. Comme la Porsche 935 de Ternus, des modèles vendus en France par différentes marques ne peuvent rouler que sur circuit, faute d’homologation routière.

En France, l’homologation passe notamment par des règles strictes de sécurité et de pollution, contrôlées par les autorités compétentes et, pour les véhicules de série, par le passage au contrôle technique. Les voitures réservées à la piste sont immatriculées différemment, transportées sur remorque ou camion et utilisées dans des circuits homologués, par exemple le Castellet, Magny-Cours ou Dijon-Prenois.

Pour les amateurs qui veulent vivre une expérience proche de celle d’un dirigeant comme John Ternus, sans posséder de telle voiture, les circuits français proposent des stages de pilotage. Ils permettent de conduire des véhicules très puissants dans un cadre sécurisé, avec un encadrement professionnel, en respectant le code du sport automobile.

Une passion coûteuse et très encadrée

La voiture n’est qu’une partie de la facture pour un passionné de ce niveau. En France comme aux États-Unis, rouler régulièrement avec une machine de ce type implique :

  • des frais d’entretien élevés (pneus, freins, révisions spécifiques) ;
  • des droits de piste pour accéder aux circuits ;
  • une assurance adaptée à un usage sur circuit ;
  • un éventuel transport de la voiture sur remorque.

Les constructeurs et les organisateurs insistent aussi sur la préparation du conducteur. Le pilotage d’une voiture de 700 chevaux, sur un circuit technique comme Laguna Seca ou sur une piste française rapide, demande des compétences précises : gestion du freinage, trajectoires, compréhension des drapeaux et consignes de sécurité.

Les amateurs se tournent donc souvent vers des cours de pilotage ou des roulages encadrés. Ces formations permettent de progresser sans se mettre en danger, ni mettre en danger les autres, et de mieux maîtriser des voitures très puissantes. Dans le cas d’un dirigeant de haut niveau, ce type d’activité sert aussi parfois de défouloir, loin des salles de réunion et des négociations avec les marchés financiers.

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