En Allemagne, des essais de collision menés par DEKRA montrent que la sécurité du passager dépend aussi de son installation à bord.
Publié le 28 juin 2022, cet article de DEKRA, organisme allemand spécialisé dans l’expertise automobile et la sécurité routière, rappelle qu’un siège mal réglé peut réduire fortement l’efficacité de la ceinture et de l’airbag. Les résultats concernent en particulier la place du passager avant, souvent laissée dans une position intermédiaire sans tenir compte de la morphologie de celui qui l’occupe.
Le réglage du conducteur ne suffit pas
Avant de prendre la route, le conducteur règle en général son siège pour atteindre les pédales et le volant sans contrainte. Cette habitude place souvent son corps dans une configuration relativement compatible avec le fonctionnement de la ceinture et de l’airbag.
Le passager avant n’a pas les mêmes repères. Il ne doit ni appuyer sur des pédales, ni saisir un volant. Il peut donc être tenté de reculer excessivement son siège, de l’incliner ou de s’installer de façon relâchée. Or, ces ajustements modifient la trajectoire du corps en cas de choc.
Les équipements de retenue ne protègent pleinement que si le corps est placé dans la zone pour laquelle ils ont été conçus.
Les spécialistes de DEKRA ont réalisé trois essais avec trois véhicules identiques. Chaque voiture embarquait trois mannequins représentant des profils corporels différents : un adulte de corpulence moyenne, une femme de petite taille et un prototype conçu pour reproduire la répartition de masse corporelle d’une femme âgée.
Les mannequins changeaient de place entre le siège conducteur, le siège passager avant et la banquette arrière. À chaque essai, le siège conducteur était adapté à son occupant. Le siège passager avant, lui, restait dans une position centrale. Selon DEKRA, cette position correspondait au réglage le plus fréquemment observé dans des véhicules réels et dans les données étudiées sur les accidents.
Une position centrale inadaptée à certaines morphologies
Les résultats ont fait apparaître des écarts sensibles côté passager. D’après Andreas Schäuble, chercheur en accidentologie et expert en biomécanique chez DEKRA, l’association de la ceinture et de l’airbag n’a correctement fonctionné avec le réglage central que pour le mannequin représentant un homme de taille moyenne.
Pour le mannequin féminin de petite taille, le siège aurait dû être placé plus haut et nettement plus près de la planche de bord. Ce constat ne signifie pas qu’il faut avancer le siège au maximum. Il souligne qu’un réglage unique ne convient pas à tous les passagers.
Le mannequin représentant une personne âgée a présenté un autre risque. Son centre de gravité plus bas l’a enfoncé davantage dans l’assise au moment de l’impact. Son bassin a alors glissé sous la partie basse de la ceinture.
« Les essais apportent une preuve frappante de l’effet que de simples changements de position du siège ont sur le corps lors d’un accident », explique Andreas Schäuble.
Ce phénomène de glissement sous la sangle ventrale empêche la ceinture de retenir le corps comme prévu. La sangle peut alors ne plus s’appuyer correctement sur les os du bassin, qui doivent absorber une part des efforts lors d’une collision.
Le siège trop incliné aggrave le danger
Andreas Schäuble précise que ce mouvement peut aussi survenir lorsque le dossier est trop fortement incliné vers l’arrière. Dans cette posture, l’épaule perd le contact nécessaire avec la partie haute de la ceinture et le bassin risque de passer sous la sangle basse.
« Ni la sangle diagonale ni la sangle ventrale ne peuvent alors exercer pleinement leur effet de retenue », alerte l’expert. Il ajoute : « S’allonger ou s’installer avachi peut être potentiellement mortel pour les passagers avant en cas de collision. »
Le dossier doit rester aussi droit que possible.
Les épaules doivent demeurer en contact avec le dossier.
La ceinture doit être positionnée sur les zones solides du corps, notamment le bassin.
L’appuie-tête doit être proche de la tête.
Les pieds sur la planche de bord, une posture à proscrire
L’expert de DEKRA insiste aussi sur une habitude particulièrement dangereuse : poser ses pieds sur la planche de bord. Cette position semble parfois confortable durant un long trajet, mais elle expose le passager à des blessures très graves si l’airbag se déclenche.
« Si l’airbag se déploie alors que les jambes sont dans cette position, les genoux sont projetés vers la tête », explique Andreas Schäuble. La sangle ventrale ne peut alors plus prendre appui sur le bassin et risque de s’enfoncer dans l’abdomen.
Les pieds doivent rester dans l’espace prévu au sol, devant le siège passager.
Un airbag se gonfle en une fraction de seconde. Il constitue un complément à la ceinture, pas une alternative. Son déploiement est prévu pour accompagner un occupant assis face à la route, le dos placé contre son siège et les jambes dirigées vers le plancher.
Les repères donnés par les essais
DEKRA propose plusieurs points de contrôle pour le siège passager avant. Le siège ne devrait être reculé que jusqu’à conserver un écart d’environ trois doigts entre les genoux et la boîte à gants. L’objectif est d’éviter une position trop éloignée, sans rapprocher les jambes de façon excessive de la planche de bord.
Lorsque le véhicule le permet, la hauteur d’assise mérite aussi une vérification. Andreas Schäuble conseille de viser un regard situé approximativement à mi-hauteur du pare-brise. Cette position aide à conserver une bonne visibilité tout en maintenant le corps dans un alignement plus favorable.
Régler l’avancement du siège selon la longueur des jambes.
Redresser le dossier pour garder les épaules appuyées.
Adapter la hauteur du siège lorsque ce réglage existe.
Rapprocher l’appuie-tête au plus près de l’arrière de la tête.
Placer le haut de l’appuie-tête près du sommet du crâne.
Ce que prévoit la règle en France
En France, le port de la ceinture de sécurité est obligatoire à l’avant comme à l’arrière d’un véhicule lorsqu’un siège en est équipé. Cette obligation concerne aussi le passager avant. La ceinture doit être attachée correctement : la sangle diagonale passe sur l’épaule et traverse le thorax, tandis que la partie basse se place sur le bassin, non sur le ventre.
Les airbags ne dispensent jamais du port de la ceinture. Ils ont été conçus pour agir avec elle. Dans un choc, la ceinture limite le déplacement initial du corps ; l’airbag amortit ensuite le mouvement vers l’avant. Une mauvaise posture peut perturber cette complémentarité.
Un détail de confort qui devient un enjeu de sécurité
L’appuie-tête ne sert pas seulement à soutenir la nuque lors d’une pause. En cas de choc arrière, il contribue à limiter le mouvement brutal de la tête vers l’arrière. Un écart trop grand entre la tête et l’appuie-tête réduit son rôle protecteur.
Le réglage du siège passager mérite donc la même attention que celui du conducteur avant le départ, surtout lorsque plusieurs personnes utilisent la voiture. Quelques secondes suffisent pour vérifier la distance aux genoux, l’inclinaison du dossier, la position de la ceinture et l’emplacement de l’appuie-tête.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.