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Pourquoi l’automne est le moment le plus malin pour planter, selon les jardiniers

Aux Pays-Bas, les jardiniers profitent de l’automne pour installer de nombreuses plantes avant l’arrivée des froids hivernaux.

Publié initialement le 16 septembre 2024 et actualisé le 24 mai 2026, un article du magazine néerlandais de jardinage Groei & Bloei détaille les raisons qui font de cette saison une période propice aux plantations. Arbres, arbustes, vivaces et bulbes peuvent mieux s’installer lorsque le jardin ralentit.

Une saison qui laisse du temps aux racines

L’automne modifie les conditions du jardin. Les températures baissent, les journées raccourcissent et l’évaporation diminue. Pour les végétaux récemment installés, cela signifie un risque de dessèchement moins marqué qu’en période chaude.

La terre conserve aussi une certaine chaleur après l’été, surtout au début de la saison. Les racines peuvent donc continuer à se développer avant le repos hivernal. Elles ont le temps d’adhérer au sol autour d’elles, ce qui aide les plantes à être plus stables lorsqu’elles reprendront leur croissance au printemps.

Planter à l’automne permet aux végétaux de s’enraciner avant la reprise de la végétation, tout en limitant les besoins en arrosage.

Ce calendrier concerne notamment les arbres, les arbustes, les plantes vivaces et les bulbes. Le déplacement d’un sujet déjà présent dans le jardin peut aussi être envisagé à cette période, quand il entre dans son repos végétatif.

Préparer le jardin selon son usage

Avant de planter, le magazine néerlandais conseille de réfléchir à la fonction du terrain. Certains veulent un jardin ornemental, d’autres un espace nourricier, tandis que beaucoup combinent les deux. Cette étape aide à organiser les plantations en tenant compte de la taille future de chaque végétal.

Dans un potager, les cultures les plus hautes sont placées au fond afin de ne pas faire d’ombre aux autres. Les plantes de taille intermédiaire occupent la zone centrale et les plus basses prennent place devant. Ce principe peut aussi guider l’aménagement d’un massif décoratif.

  • Les tomates, concombres et légumineuses grimpantes prennent place à l’arrière.
  • Le chou frisé, les carottes et les betteraves peuvent s’installer au milieu.
  • Les épinards, la roquette et les radis restent devant.

Anticiper les volumes évite qu’une plante vigoureuse ne prive ses voisines de lumière. Cela facilite aussi l’accès lors des arrosages, des récoltes et de l’entretien des massifs.

Des fleurs et des fruits utiles à la biodiversité

Planter à l’automne ne signifie pas attendre des mois avant de voir le jardin évoluer. Certaines espèces offrent justement leur intérêt visuel à cette saison. Margareth Hop, spécialiste des plantes pour Actifolia, cite les asters d’automne, les arbustes à baies et les graminées ornementales.

Elle recommande aussi une forme particulière de lierre adulte, qui se développe comme un arbuste indépendant plutôt que comme une plante grimpante. « Si je peux donner un conseil : plantez un arbuste de lierre adulte », explique Margareth Hop.

Selon elle, cet arbuste peut être taillé, à condition de ne pas intervenir après le mois d’août. « Les petites fleurs n’arrivent qu’en octobre et elles sont importantes pour beaucoup d’insectes. C’est leur dernière possibilité de reprendre des forces avant l’hiver », poursuit la spécialiste.

La floraison tardive du lierre peut fournir une ressource aux insectes, tandis que ses baies mûrissent au moment où les oiseaux cherchent davantage à se nourrir.

Les fruits deviennent mûrs en février. Margareth Hop souligne que cette période correspond à un moment où les oiseaux peuvent manquer de nourriture, et indique que les merles les apprécient particulièrement.

Plantes en pot ou végétaux à racines nues

Le moment de plantation dépend aussi de la manière dont le végétal est vendu. Au début de l’automne, les plantes cultivées en pot peuvent être mises en terre. Leur système racinaire reste entouré de son substrat, ce qui rend l’opération plus souple.

Les végétaux vendus avec une motte ou à racines nues conviennent davantage à la seconde moitié de l’automne. À ce stade, les feuilles tombent, le repos hivernal approche et la plante ne concentre plus ses efforts sur la croissance de son feuillage.

Le bon moment pour les arbres et les arbustes

Pour un arbre ou un arbuste à feuillage caduc, il est préférable d’attendre la chute des feuilles. Il ne perd alors plus d’eau par évaporation foliaire. Lors d’une plantation ou d’un déplacement, la plante perd inévitablement une partie de ses radicelles, ces fines racines chargées d’absorber l’eau et les éléments nutritifs.

En octobre, le sol reste souvent assez chaud pour favoriser la formation de nouvelles radicelles. Groei & Bloei propose une méthode simple pour préparer le trou de plantation :

  • Creuser un trou suffisamment large.
  • Mélanger une part de terre extraite avec une à deux parts de terreau ordinaire ou d’amendement destiné au sol.
  • Installer la motte dans ce mélange, puis reboucher le trou.
  • Le média déconseille d’incorporer du compost ou du fumier dans ce mélange au contact direct des racines, car celles-ci risqueraient de pourrir. Cette recommandation vaut pour les arbres et arbustes caducs comme persistants, selon l’article.

    Les plantes qui doivent attendre le printemps

    Toutes les espèces ne supportent pas une installation automnale. Les végétaux sensibles au gel, comme les hébés et les fuchsias cités par la source, gagnent à être plantés au printemps. Les espèces qui supportent mal un sol humide en hiver, telles que le hêtre ou certaines sauges, demandent aussi davantage de prudence.

    Les jeunes plantes fraîchement mises en terre sont plus vulnérables que celles qui ont déjà passé un été complet dans le jardin. Pour les plantations réalisées au début de l’automne, le magazine recommande également de vérifier que les végétaux ont reçu une fertilisation adaptée avant leur mise en place.

    Ce qu’il faut retenir pour un jardin en France

    En France aussi, l’automne est couramment une période de plantation pour les arbres, les arbustes, les haies et de nombreuses vivaces rustiques. Le climat local reste déterminant : les conditions ne sont pas les mêmes sur le littoral méditerranéen, en montagne ou dans les régions aux hivers très humides.

    Le jardinier doit surtout éviter de travailler une terre gelée, détrempée ou couverte de neige. Après la plantation, un arrosage permet de mettre le sol en contact avec les racines. Un paillage peut ensuite aider à limiter les variations de température et à freiner l’apparition des herbes indésirables.

    Une plantation réussie commence donc par l’observation : nature du sol, exposition, place disponible et résistance de l’espèce au froid. À l’automne, ce temps de préparation peut faire la différence lorsque le jardin reprendra vie au printemps.

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