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Il achète 240 Land Rover Defender à 26 200 euros pièce : après transformation, il les revend près de 171 700 euros chacun

Un Land Rover Defender restauré et transformé de couleur claire, vue de trois quarts avant, dans un atelier ou showroom professionnel, illustrant l'excellence artisanale du « restomod » de luxe de Twisted Automotive.

En Angleterre, un préparateur automobile a misé à crédit sur des Land Rover Defender en fin de carrière, avant d’en faire des objets de luxe.

Cette histoire racontée par le média spécialisé Supercar Blondie se déroule au Royaume-Uni. Elle suit le pari risqué, en 2015, de Charles Fawcett, patron du préparateur Twisted Automotive, qui a racheté d’un coup 240 Land Rover Defender neufs juste avant l’arrêt de leur production. Neuf ans plus tard, ces 4×4 rustiques, profondément transformés, se négocient à des prix qui font tourner les têtes.

Un pari à crédit sur 240 Defender en fin de production

Lorsque Land Rover annonce la fin du Defender historique après 33 ans de carrière, la plupart des constructeurs et des professionnels regardent déjà vers des modèles plus modernes. Charles Fawcett, lui, voit dans cette fin programmée une fenêtre unique. En 2015, il commande 240 Defender neufs, juste avant la fermeture de la chaîne en 2016.

Selon les chiffres cités par Supercar Blondie, l’accord obtenu tourne autour de 30 600 dollars par véhicule, soit un peu moins de 28 000 euros et environ 22 600 livres sterling. Le ticket global approche alors 7,3 millions de dollars, soit près de 6,7 millions d’euros. Au final, 239 véhicules auraient effectivement été livrés.

Les coûts ne s’arrêtent pas au chèque initial. En intégrant transport, stockage, préparation et transformation, la facture grimpe vers 8 millions de livres sterling, soit environ 9,3 millions d’euros. Une grande partie de cette somme repose sur des emprunts. Au moment de signer, Fawcett ne dispose ni des fonds nécessaires, ni même des bâtiments adaptés pour stocker et travailler une telle flotte.

Pour honorer ses remboursements, Twisted Automotive doit vendre rapidement jusqu’à six Defender transformés par mois au lancement du programme.

Pour soutenir ce rythme, l’entrepreneur peut s’appuyer sur une structure déjà conséquente. Il décrit à Supercar Blondie une entreprise « importante » de 220 employés répartis sur environ 14 sites, couvrant la tôlerie à la main, la fibre de carbone, la production de véhicules et même de bateaux. Il rappelle que l’ensemble repose sur une motivation avant tout personnelle : selon lui, Twisted s’est développé pendant 25 ans autour de ses idées, portées ensuite par une équipe « phénoménale » allant des ateliers à la direction.

Du 4×4 utilitaire au luxe sur-mesure « restomod »

Les Defender achetés par Twisted ne sont pas revendus bruts. L’entreprise se positionne sur le « restomod » haut de gamme : des véhicules anciens, entièrement remis à niveau, modernisés et personnalisés, sans renier leur base d’origine.

Chaque Land Rover passe par une reconstruction complète. Le 4×4 est démonté, puis remonté avec une approche quasi artisanale. Les estimations évoquées tournent entre 1 500 et 2 500 heures de travail par exemplaire. Dans l’année mentionnée dans le portrait, 45 Defender doivent ainsi traverser les ateliers, chacun mobilisant plusieurs mois de travail cumulé.

  • Châssis revu et renforcé ;
  • Motorisation optimisée ;
  • Liaisons au sol modernisées ;
  • Freinage amélioré ;
  • Isolation phonique retravaillée ;
  • Habitacle entièrement habillé et configuré sur-mesure.

Twisted applique la même philosophie à une petite série de Range Rover, une douzaine par an environ, traités comme des pièces de manufacture plutôt que comme de simples véhicules de série.

Une histoire de famille et de nostalgie mécanique

Derrière cette stratégie industrielle se cache aussi un attachement intime au modèle. Charles Fawcett explique que le Defender représente pour lui un moment « nostalgique ». Son père en possédait un lorsqu’il était enfant et lui avait déjà apporté des modifications qu’il jugeait en avance sur leur temps.

Dans les années 1970 et au début des années 1980, son père tenait une entreprise de construction de remorques, puis de transformation de Land Rover et de Range Rover, notamment en pick-up à six roues motrices. Il travaillait sur des véhicules très particuliers, qu’il qualifiait lui-même de « trucs bizarres ». Dans les années 1980 et 1990, le jeune Charles voit défiler chaque semaine plusieurs voitures différentes, très analogiques, chacune avec ses « bizarreries » et son caractère propre.

Le Defender, brut, mécanique et simple, devient naturellement le terrain de jeu idéal pour prolonger cet héritage familial autour de véhicules au caractère marqué.

Une opération devenue mine d’or

Financièrement, le coup de poker se transforme en véritable machine à générer du chiffre d’affaires. À l’origine, les premiers Defender Twisted sortent des ateliers pour des prix compris entre 70 000 et 90 000 livres sterling, soit environ 81 000 à 104 000 euros.

Avec la rareté grandissante du Defender d’origine et la réputation montante de Twisted, la cote grimpe fortement. Les conversions se négocient désormais, selon les montants évoqués, entre 180 000 et 320 000 livres sterling, soit environ 170 000 à 380 000 euros. Certains exemplaires atteindraient, selon les marchés, entre 200 000 et 300 000 dollars, soit approximativement 185 000 à 278 000 euros.

Étape Montant moyen par Defender
Achat neuf (2015) ≈ 26 200 €
Premières ventes Twisted ≈ 81 000 à 104 000 €
Ventes actuelles évoquées ≈ 170 000 à 380 000 €

L’ordre de grandeur mis en avant retient un prix moyen autour de 171 700 euros pour un Defender Twisted, à comparer à un coût d’achat initial proche de 26 200 euros par véhicule. Aucun détail précis n’est donné sur la marge nette une fois déduits les coûts de main-d’œuvre, de pièces, de structure et de financement, mais le chiffre d’affaires global associé à ce programme dépasserait 50 millions de livres, soit plus de 58 millions d’euros.

Un objet de passion, pas un outil de travail

À ces niveaux de prix, il ne s’agit plus d’un simple 4×4 utilitaire. Les clients achètent un objet affectif. Charles Fawcett insiste sur cette dimension émotionnelle. Il affirme que Twisted ne cherche pas à « être Land Rover », mais à préserver un lien personnel avec chaque véhicule.

Il décrit ces Defender comme des achats entièrement passionnels, sans utilité rationnelle autre que les sensations procurées au propriétaire. Dans cette vision, chaque exemplaire racontant une histoire, la valeur réside autant dans l’image, la rareté et la finition que dans la fiche technique.

Et en France, quel marché pour ce type de transformation ?

En France, le phénomène du « restomod » haut de gamme existe aussi, même s’il reste un marché de niche. Certains préparateurs se sont spécialisés dans la restauration et la modernisation de modèles de collection : citadines anciennes, youngtimers des années 1980-1990, ou SUV iconiques comme le Toyota Land Cruiser.

La logique reste comparable :

  • achat d’un modèle recherché ou en voie de disparition ;
  • rénovation poussée, parfois avec des équipements modernes (freinage, suspensions, confort) ;
  • personnalisation esthétique et intérieure très poussée ;
  • revente à une clientèle prête à payer le prix pour un véhicule unique.

Le cadre réglementaire français impose toutefois une vigilance particulière. Les transformations importantes peuvent nécessiter une nouvelle homologation et un passage par les services compétents (équivalents de la réception à titre isolé), afin que le véhicule reste autorisé à circuler sur route ouverte. Les professionnels doivent aussi composer avec des exigences environnementales et sécuritaires parfois plus strictes que dans d’autres pays.

Pour un passionné français intéressé par ce type de projet, deux voies existent généralement : faire appel à un préparateur reconnu en France, ou acheter un véhicule déjà transformé et homologué. Dans tous les cas, les montants restent élevés, sans atteindre systématiquement les niveaux observés chez Twisted Automotive.

Twisted se projette au-delà du Defender et se diversifie dans le nautisme

Fort du succès des Defender, Charles Fawcett regarde désormais vers de nouveaux projets. Il évoque la volonté de créer « le véhicule Twisted », une sorte de synthèse ultime de ce que fait l’entreprise, conçu « depuis une feuille blanche ». L’idée : un modèle entièrement sur-mesure, qui ne serait plus basé sur un véhicule existant, mais développé par Twisted de bout en bout.

La diversification passe aussi par la mer. Fawcett explique qu’il avait « vraiment envie de faire quelque chose avec des bateaux ». Twisted a ainsi racheté un fabricant britannique de semi-rigides, Scorpion, présenté comme une référence dans ce segment. L’entreprise construit désormais ses propres bateaux sous la bannière Twisted Marine, toujours avec cette même approche d’objets techniques haut de gamme portés par la passion du fondateur.

Des Land Rover Defender aux semi-rigides Scorpion, Twisted applique le même principe : transformer des machines existantes en produits exclusifs, chers et fortement chargés en émotion.

Cette stratégie illustre une tendance plus large dans l’automobile comme dans le nautisme : certains clients fortunés cherchent moins un moyen de transport qu’un objet singulier, qu’ils considèrent comme un prolongement de leur identité. Pour des préparateurs comme Twisted, cette quête d’exception ouvre un marché où la valeur ne se limite plus à la fiche technique, mais s’appuie sur la rareté, l’histoire et la personnalisation poussée.

Questions fréquentes

Pourquoi Charles Fawcett a-t-il acheté 240 Land Rover Defender en même temps ?

Il a vu la fin programmée du Defender historique après 33 ans de carrière comme une fenêtre unique. En 2015, il a commandé 240 véhicules neufs juste avant la fermeture de la chaîne de production en 2016, anticipant leur futur statut de rareté.

Comment Twisted Automotive transforme-t-elle les Land Rover Defender ?

Chaque véhicule est entièrement démonté puis remonté de manière quasi artisanale, nécessitant entre 1 500 et 2 500 heures de travail. Les transformations incluent un châssis renforcé, une motorisation optimisée, des liaisons au sol modernisées, un freinage amélioré et un habitacle entièrement habillé sur-mesure.

Quel est le profit réalisé sur chaque Defender vendu actuellement ?

L'article ne détaille pas la marge nette après déduction des coûts de main-d'œuvre, de pièces, de structure et de financement. Seul le prix de vente moyen actuel d'environ 171 700 euros est cité, comparé à un coût d'achat initial de 26 200 euros.

Charles Fawcett avait-il une raison personnelle de se lancer dans ce projet ?

Oui, le Defender représente pour lui un moment nostalgique : son père en possédait un lorsqu'il était enfant et effectuait des modifications. Son père exploitait d'ailleurs une entreprise de transformation de Land Rover et de Range Rover dans les années 1970 et 1980.

Existe-t-il un marché similaire en France ?

Oui, le phénomène du « restomod » haut de gamme existe en France, bien que réduit à une niche. Certains préparateurs se spécialisent dans la restauration et modernisation de citadines anciennes, youngtimers des années 1980-1990 ou SUV iconiques comme le Toyota Land Cruiser.
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