En Chine, un imposant SUV hybride rechargeable repousse les limites habituelles du genre grâce à une batterie rarement vue sur ce type de véhicule.
Fang Cheng Bao, marque du groupe BYD consacrée aux 4×4 et aux SUV, vient de lever le voile sur le Ti9, son plus grand modèle à ce jour. Le média spécialisé Automobile Propre rapporte que ce véhicule de 5,27 mètres de long associe une vaste batterie à un moteur essence, dans une architecture hybride rechargeable qui brouille les frontières avec les voitures électriques.
Une batterie digne d’une voiture électrique
Le chiffre interpelle : le Fang Cheng Bao Ti9 embarque une batterie de 66,48 kWh. Une capacité supérieure à celle de nombreuses voitures électriques commercialisées en Europe.
À titre de comparaison, la Renault 5 E-Tech existe avec des batteries de 40 ou 52 kWh. La Citroën ë-C3 dispose, dans l’une de ses versions, d’une batterie de 44 kWh. L’Opel Astra Electric utilise quant à elle une batterie de 58,3 kWh. Ces modèles ont pourtant été conçus pour fonctionner uniquement à l’électricité.
Avec 66,48 kWh, le Ti9 transporte une réserve d’énergie électrique supérieure à celle de plusieurs véhicules qui n’ont aucun moteur essence.
Cette stratégie illustre la montée en puissance des constructeurs chinois dans la technologie des batteries. La Chine occupe une place déterminante dans le raffinage de nombreux matériaux et dans la production de cellules. Cette maîtrise industrielle aide les marques locales à proposer des hybrides rechargeables dotés de capacités autrefois réservées aux véhicules électriques.
310 kilomètres annoncés en mode électrique
Fang Cheng Bao annonce jusqu’à 310 kilomètres d’autonomie électrique selon le cycle chinois WLTC. Cette valeur doit être lue avec prudence par les automobilistes français : elle ne correspond pas au cycle d’homologation européen WLTP, utilisé pour les voitures vendues sur le marché européen.
Il serait donc hasardeux de convertir directement cette promesse en autonomie réelle ou en chiffre WLTP. Elle montre tout de même l’ambition du projet. Les hybrides rechargeables se limitent souvent à des trajets quotidiens électriques, avant de solliciter leur moteur thermique. Le Ti9 vise des distances bien plus longues entre deux passages à la borne.
Pour tirer parti d’une telle batterie, l’utilisateur doit évidemment recharger régulièrement le véhicule. Sans recharge, l’intérêt d’un hybride rechargeable diminue fortement, puisque le moteur essence doit alors déplacer une automobile particulièrement lourde.
Une technologie au lithium-fer-phosphate
La batterie du Ti9 adopte une chimie lithium-fer-phosphate, souvent désignée par l’abréviation LFP. Cette technologie est très répandue chez les fabricants chinois. Elle présente une densité énergétique moins élevée que certaines batteries utilisant notamment du nickel et du cobalt.
En contrepartie, les cellules LFP évitent ces deux matériaux coûteux. Elles peuvent donc réduire le coût de fabrication. Pour atteindre une capacité élevée, elles réclament généralement davantage de volume et de masse. Dans le cas du Ti9, le constructeur semble avoir accepté ce compromis sans chercher à réduire le gabarit du véhicule.
Capacité de la batterie : 66,48 kWh ;
Autonomie annoncée : 310 kilomètres selon le cycle chinois WLTC ;
Longueur : 5,27 mètres ;
Empattement : 3,13 mètres ;
Configuration intérieure : six places, réparties en 2+2+2 ;
Poids à vide : entre 2 865 et 2 965 kilogrammes.
Deux moteurs électriques et un moteur essence
Le Ti9 ne renonce pas au thermique. Son système hybride comprend un quatre-cylindres essence turbocompressé de 1,5 litre. Celui-ci développe jusqu’à 115 kW, soit 156 ch, en puissance maximale brute, et 110 kW, soit 150 ch, en puissance nette maximale.
Deux moteurs électriques complètent cet ensemble, avec un moteur placé sur chaque essieu. Chacun peut atteindre 200 kW, soit 272 ch. Cette implantation procure au SUV une transmission intégrale. BYD n’a pas encore communiqué la puissance cumulée de l’ensemble mécanique.
Le moteur essence peut intervenir selon le niveau de charge, le mode de conduite choisi ou la puissance demandée. Cette architecture permet de conserver une solution de secours pour les longs trajets, sans dépendre uniquement du réseau de recharge. Elle implique aussi d’embarquer à la fois batterie, réservoir, moteur thermique, échappement et composants électriques.
Le Ti9 cumule les atouts d’un grand véhicule électrique et ceux d’un hybride rechargeable, mais aussi le poids de ces deux univers.
Un SUV proche des trois tonnes
Le gabarit du Ti9 est à l’image de sa batterie. Long de 5,27 mètres, il affiche un empattement de 3,13 mètres, ce qui doit permettre de dégager un habitacle très spacieux pour ses six occupants. Son poids à vide atteint presque trois tonnes dans sa version la plus lourde.
Les informations issues de son enregistrement auprès du ministère chinois de l’Industrie indiquent également la présence d’un LiDAR et de la suite d’aides à la conduite DiPilot 300. Le LiDAR est un capteur utilisant des impulsions lumineuses pour mesurer les distances et cartographier l’environnement du véhicule. Il peut contribuer aux systèmes d’aide à la conduite, sans remplacer la vigilance du conducteur.
Le Ti9 pourrait aussi remorquer jusqu’à 2 000 kg et atteindre 220 km/h. Ces caractéristiques confirment son positionnement haut de gamme et familial, très éloigné du format des hybrides rechargeables compacts.
Quelle lecture pour le marché français ?
En France, les véhicules neufs commercialisés doivent être homologués selon les règles européennes. Une éventuelle arrivée du Ti9 imposerait donc de connaître son autonomie mesurée selon le cycle WLTP, sa consommation homologuée et ses équipements proposés sur le marché français.
Le cycle WLTP vise à fournir une base commune de comparaison entre les véhicules vendus en Europe. Il ne reproduit pas tous les usages réels : la météo, la vitesse, le relief, le chauffage, la climatisation et la charge transportée influencent directement l’autonomie. Sur un SUV de près de trois tonnes, ces paramètres peuvent peser lourdement sur la consommation électrique.
La question de sa commercialisation hors de Chine reste ouverte. L’un de ses modèles apparentés, le Bao 5, est déjà vendu sous la marque Denza. Le Ti9 pourrait donc, à terme, être proposé sous le nom Denza Bao 9. Il se retrouverait alors face à des SUV de luxe établis, tels que le Range Rover, le Mercedes GLS ou le BMW X7.
Le choix d’une double architecture
Le Ti9 soulève un débat technique simple : lorsqu’une batterie permet de parcourir plusieurs centaines de kilomètres annoncés en mode électrique, l’ajout d’un moteur essence reste-t-il pertinent ? La réponse de Fang Cheng Bao consiste à conserver les deux systèmes.
Cette formule peut rassurer les conducteurs effectuant de longs déplacements dans des zones où la recharge est moins accessible. Elle augmente aussi la masse et la complexité du véhicule. Sur route, un poids proche de trois tonnes influe sur l’énergie nécessaire aux accélérations, au freinage et aux relances.
Le Ti9 apparaît ainsi comme la démonstration d’une tendance chinoise : utiliser une batterie de grande capacité pour faire d’un hybride rechargeable un véhicule électrique au quotidien, tout en maintenant un moteur essence pour les contraintes des trajets les plus longs.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.
Pourquoi Fang Cheng Bao associe-t-il une batterie énorme à un moteur essence sur le Ti9 ?
Cette architecture hybride rechargeable vise à rassurer les conducteurs effectuant de longs déplacements dans des zones où la recharge est moins accessible, tout en permettant une autonomie électrique de plusieurs centaines de kilomètres pour les trajets quotidiens.
La capacité de batterie du Ti9 est-elle vraiment comparable à celle des voitures électriques ?
Oui, les 66,48 kWh du Ti9 surpassent ceux de nombreuses électriques européennes comme la Renault 5 E-Tech (40 ou 52 kWh) ou la Citroën ë-C3 (44 kWh), ce qui illustre la montée en puissance des constructeurs chinois dans la technologie des batteries.
Peut-on faire confiance aux 310 kilomètres d'autonomie annoncés ?
Ces 310 kilomètres sont mesurés selon le cycle chinois WLTC, non le cycle européen WLTP, ce qui rend une conversion directe hasardeuse. En France, l'autonomie réelle dépendrait fortement de la météo, du chauffage, de la charge et du relief.
Le Ti9 sera-t-il vendu en France ou en Europe ?
La question reste ouverte, mais un modèle apparenté, le Bao 5, est déjà vendu sous la marque Denza, ce qui suggère que le Ti9 pourrait être proposé sous le nom Denza Bao 9 face aux SUV de luxe établis comme le Range Rover ou le Mercedes GLS.
Quel type de batterie utilise le Ti9 ?
Le Ti9 adopte la technologie lithium-fer-phosphate (LFP), très répandue chez les fabricants chinois. Cette chimie présente une densité énergétique moins élevée mais réduit les coûts en évitant les matériaux coûteux comme le nickel et le cobalt.