En Chine, une infrastructure ferroviaire hors norme relie deux grandes villes sur une distance qui dépasse celle de nombreux trajets autoroutiers.
Publié en décembre 2019, l’article du site d’information technologique espagnol Xataka s’intéresse au Grand Pont de Danyang-Kunshan, situé dans la province chinoise du Jiangsu. Cet ouvrage porte une partie de la ligne ferroviaire à grande vitesse reliant Pékin à Shanghai.
Un viaduc ferroviaire de 164,8 kilomètres
Le Grand Pont de Danyang-Kunshan figure dans le Guinness World Records comme le plus long pont du monde. Sa longueur atteint 164,8 kilomètres. Une dimension difficile à visualiser : elle dépasse largement la distance séparant certaines grandes villes françaises voisines.
Ce pont n’est pas un unique tablier suspendu au-dessus d’un fleuve. Il s’agit d’un immense ensemble de viaducs, de travées et de sections ferroviaires surélevées. Il permet au train à grande vitesse de franchir plaines, zones urbaines, cours d’eau et secteurs lacustres sans interrompre son parcours.
Le Grand Pont de Danyang-Kunshan s’étend sur 164,8 kilomètres et se situe à une hauteur moyenne de 30,48 mètres.
L’ouvrage franchit notamment le lac Yangcheng sur une section de 9,6 kilomètres. Cette portion a nécessité une attention particulière lors de sa conception. La structure devait résister à des phénomènes naturels et à l’éventuel choc de navires militaires, selon les éléments rapportés par Xataka.
Quatre ans de travaux et des moyens considérables
Le chantier a commencé en 2006 et s’est achevé quatre ans plus tard. Le pont a été terminé en 2010, avant son inauguration en 2011. Une réalisation rapide au regard de ses dimensions, même si elle a mobilisé une main-d’œuvre et des matériaux en quantités considérables.
10 000 travailleurs ont participé au chantier ;
l’investissement total a atteint 8,5 milliards de dollars ;
450 000 tonnes d’acier ont été nécessaires ;
le projet a représenté un volume de 2,3 millions de mètres cubes ;
la structure repose sur 2 000 piliers ;
22 tunnels totalisant environ 16 kilomètres complètent le parcours.
Les 450 000 tonnes d’acier utilisées correspondent, selon la comparaison reprise par le média espagnol, à la quantité requise pour construire 65 tours Eiffel. Cette image donne une idée de l’ampleur matérielle d’un ouvrage qui ne se limite pas à un pont traditionnel.
Les piliers jouent un rôle déterminant. Ils soutiennent les voies tout en répartissant les charges sur un sol parfois humide ou traversé par des cours d’eau. Dans une région exposée à l’activité sismique, les ingénieurs doivent aussi prévoir les mouvements du terrain et les contraintes liées aux secousses.
Une pièce maîtresse de la liaison Pékin-Shanghai
Le Grand Pont de Danyang-Kunshan supporte la ligne à grande vitesse Jinghu, entre Pékin et Shanghai. Cette liaison ferroviaire mesure 1 318 kilomètres et a ouvert le 30 juin 2011, à une période proche de celle de l’inauguration du pont.
Le parcours compte 24 arrêts et deux voies. Les trains peuvent atteindre 326 kilomètres par heure, ce qui permet de relier les deux métropoles en moins de cinq heures, d’après les données citées dans l’article. La présence d’un viaduc aussi étendu répond à une logique de continuité : éviter les ralentissements imposés par les obstacles naturels et les zones très bâties.
Pourquoi construire aussi long ?
Un grand viaduc ferroviaire peut remplacer une succession de remblais, de petits ponts et de passages à niveau. Il limite aussi les coupures dans certains espaces traversés. Sur une ligne rapide, la régularité du tracé compte autant que la vitesse maximale : courbes, pentes et variations de terrain doivent rester compatibles avec la circulation des trains.
Cette infrastructure montre aussi la place prise par le rail à grande vitesse dans les grands déplacements chinois. La liaison Pékin-Shanghai concerne deux pôles majeurs du pays, séparés par plus d’un millier de kilomètres. Un tracé direct et largement surélevé permet de maintenir un niveau de service élevé sur cette distance.
La Chine domine le classement des très grands ponts
Le Grand Pont de Danyang-Kunshan n’est pas un cas isolé. D’après le classement évoqué par Xataka, sept des dix plus longs ponts du globe se trouvent en Chine. Le viaduc de Changhua-Kaohsiung, long de 157 kilomètres, arrive juste derrière lui.
Le classement mentionne aussi plusieurs autres ouvrages chinois : le pont de Cangde, long de 115 kilomètres, celui de Tianjin, avec 113 kilomètres, ainsi que le pont de Weinan Weihe, qui atteint 79 kilomètres. Le premier ouvrage situé hors de Chine dans cette liste est le pont Bang Na, en Thaïlande, avec 54 kilomètres.
La concentration de ces ouvrages en Chine s’explique par la multiplication des grandes lignes ferroviaires et par la nécessité de traverser de vastes territoires très urbanisés ou marqués par des contraintes géographiques.
Le mot « pont » peut d’ailleurs recouvrir des réalités très différentes. Certains ouvrages franchissent avant tout une étendue d’eau. D’autres, comme Danyang-Kunshan, constituent une longue succession de structures surélevées. Leur fonction principale est alors de porter une voie ferrée ou une route au-dessus d’obstacles multiples.
Quels repères en France ?
La France ne possède pas d’équivalent à un viaduc ferroviaire de près de 165 kilomètres. Le pays compte néanmoins de nombreux ouvrages d’art indispensables aux lignes ferroviaires, aux autoroutes et aux routes nationales. Les viaducs permettent de franchir vallées, fleuves, axes routiers et zones accidentées.
Le viaduc de Millau, dans l’Aveyron, est l’un des ouvrages français les plus connus. Il porte l’autoroute A75 au-dessus de la vallée du Tarn. Sa fonction diffère de celle du pont chinois, puisqu’il s’agit d’une infrastructure routière et non d’un maillon d’une ligne ferroviaire à grande vitesse.
Pour le réseau ferré, SNCF Réseau gère l’infrastructure nationale. Les ouvrages présents sur les lignes à grande vitesse font l’objet de contrôles et d’opérations de maintenance, car la circulation à vitesse élevée exige une surveillance précise des voies, des équipements et des structures qui les supportent.
Un enjeu de sécurité et d’entretien
Construire un pont géant ne constitue qu’une première étape. Son exploitation impose ensuite des inspections régulières. Les équipes doivent surveiller l’état des piliers, des joints, des voies et des systèmes de drainage. Les variations de température peuvent faire bouger les matériaux, tandis que le vent, les pluies et les vibrations liées aux trains sollicitent continuellement la structure.
Dans le cas de Danyang-Kunshan, la protection face aux séismes et aux risques liés au lac constitue un élément central. La très grande longueur du pont impose aussi de prévoir des interventions sur des dizaines de kilomètres, sans désorganiser durablement le trafic entre Pékin et Shanghai.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.
Pourquoi le Grand Pont de Danyang-Kunshan est-il aussi long ?
Ce viaduc ferroviaire n'est pas un seul pont suspendu mais une succession de structures surélevées qui permettent au train à grande vitesse de franchir sans interruption des plaines, zones urbaines, cours d'eau et secteurs lacustres. Cette continuité permet de maintenir une vitesse régulière et d'éviter les ralentissements imposés par les obstacles naturels.
Combien de temps a pris la construction de ce pont ?
Le chantier a commencé en 2006 et s'est achevé quatre ans plus tard, avant l'inauguration en 2011. Cette réalisation rapide au regard de ses dimensions a mobilisé une main-d'œuvre et des matériaux considérables.
Quelle est la hauteur du pont et à quoi correspond-elle ?
Le Grand Pont de Danyang-Kunshan se situe à une hauteur moyenne de 30,48 mètres. Cette élévation permet à la structure de franchir les obstacles du terrain sans interrompre le parcours du train.
Pourquoi tant de ponts géants se trouvent-ils en Chine ?
La concentration d'ouvrages de cette ampleur s'explique par la multiplication des grandes lignes ferroviaires à grande vitesse et la nécessité de traverser de vastes territoires très urbanisés ou marqués par d'importantes contraintes géographiques.
Quel est le plus long pont du monde après celui-ci ?
Le viaduc de Changhua-Kaohsiung, également en Chine, est le deuxième plus long pont du monde avec 157 kilomètres de long, selon le classement évoqué dans l'article.