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Au nord de Rome, une tombe étrusque « du plus haut rang » vieille de 2 700 ans livre armes, bijoux et une paire de chaussures de femme d’une rareté exceptionnelle

Vue archéologique d'une chambre funéraire étrusque souterraine contenant des armes, bijoux et objets de banquet disposés au sol en terre battue.

En Italie, une vaste sépulture antique révèle peu à peu les signes d’un pouvoir et d’une richesse longtemps enfouis.

Au nord de Rome, sur le site étrusque de Vulci, des archéologues ont mis au jour une tombe vieille d’environ 2 700 ans. Le média scientifique américain Live Science rapporte que cet ensemble funéraire, malgré les pillages subis au fil des siècles, conservait encore un mobilier exceptionnel.

Une chambre funéraire enfin retrouvée à Vulci

La sépulture a été baptisée « tombe de la chambre de pierre ». Elle se trouve dans l’ancienne cité de Vulci, en Italie centrale, territoire majeur de la civilisation étrusque avant la montée en puissance de Rome.

Les fouilles menées cet été s’inscrivent dans le cadre du projet Retour à Vulci. Elles ont permis d’identifier la chambre funéraire recherchée depuis la fin du XIXe siècle. En 1889, l’archéologue Stéphane Gsell avait repéré l’enceinte circulaire du tumulus, c’est-à-dire la grande butte recouvrant la tombe. Il n’avait pas pu poursuivre suffisamment ses travaux pour localiser le caveau.

Les archéologues estiment désormais avoir retrouvé la sépulture située à l’intérieur du tumulus repéré par Stéphane Gsell.

Le monument se révèle bien plus imposant que prévu. La tombe comprend trois chambres funéraires, dont les murs ont été dégagés par les équipes de fouille. L’effondrement ancien des toitures a aussi contribué à recouvrir et à préserver plusieurs objets pendant des siècles.

Armes, or et objets de banquet

Les vestiges retrouvés composent un inventaire qui renseigne sur le rang social des personnes inhumées. Les archéologues ont identifié des armes, des éléments de char, des objets en or, des plaques en bronze et des céramiques de grande qualité.

Christian Mazet, archéologue au British Museum et codirecteur du projet, a déclaré au média spécialisé Etruscan Times : « C’est la sépulture. Nous en sommes absolument certains. »

Selon lui, la présence conjointe d’armes, de pièces de char, d’objets en or et de céramiques raffinées ne laisse « aucun doute » sur le statut du monument.

« Il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’une tombe du plus haut rang », a affirmé Christian Mazet.

Parmi les trouvailles figurent aussi des bijoux, des vêtements et une paire de chaussures féminines. Ces chaussures constituent un élément particulièrement rare dans une tombe aussi ancienne. Les matières organiques résistent rarement au temps, à l’humidité et aux perturbations causées par les pillages.

Un service de banquet presque intact

Les chambres latérales ont livré des objets encore plus inhabituels, selon la Surintendance de l’archéologie, des beaux-arts et du paysage pour la province de Viterbe et l’Étrurie méridionale, l’administration italienne compétente pour le patrimoine dans cette zone.

  • Un trépied en bronze fabriqué sur l’île grecque de Rhodes ;
  • Un service de banquet presque complet ;
  • Des récipients restés à leur emplacement d’origine ;
  • Des éléments associés aux parures et à l’habillement ;
  • Des fragments liés à un char funéraire.

La conservation de certains vases à leur position initiale représente un atout précieux pour les chercheurs. L’emplacement des objets peut éclairer le déroulement du dépôt funéraire, les gestes accomplis autour du défunt et la place symbolique accordée au repas dans les rites étrusques.

Un tumulus qui pourrait rivaliser avec la Cuccumella

Vulci est déjà célèbre pour ses tombes riches, dont des milliers ont été mises au jour au XIXe siècle. La nouvelle tombe se trouve sous le « tumulus Gsell », une structure circulaire dont Stéphane Gsell avait estimé le diamètre à environ 31 mètres.

Les premières évaluations du projet Retour à Vulci suggèrent que le monument pourrait approcher la taille de la Cuccumella, le plus grand tumulus étrusque connu sur le site. Celui-ci atteint environ 70 mètres de diamètre.

Christian Mazet a souligné auprès d’Etruscan Times que tous les indices conduisaient à y voir l’un des ensembles funéraires les plus monumentaux de Vulci. Les recherches devront préciser la taille réelle du monument et l’organisation complète de ses espaces.

Ce que ces objets racontent des Étrusques

Les Étrusques ont dominé une large partie de l’Italie centrale pendant plusieurs siècles. Leur civilisation a connu un recul à partir du IVe siècle avant notre ère, au moment de l’expansion romaine.

Leur langue n’est comprise que partiellement. Les tombes, les inscriptions et les objets constituent donc des sources majeures pour reconstituer leur société. Une sépulture de haut rang ne renseigne pas seulement sur une famille fortunée : elle permet aussi d’observer les échanges commerciaux, les techniques artisanales et les pratiques rituelles.

Le trépied provenant de Rhodes illustre ainsi l’existence de circulations d’objets et de savoir-faire à travers la Méditerranée antique. Rhodes se situe aujourd’hui en Grèce, près de la côte sud-ouest de la Turquie. Sa présence à Vulci témoigne de contacts entre les élites étrusques et d’autres régions méditerranéennes.

La recherche archéologique en France

En France, les fouilles archéologiques relèvent notamment de l’Institut national de recherches archéologiques préventives, l’Inrap, et des services régionaux de l’archéologie. L’archéologie préventive intervient avant des travaux d’aménagement susceptibles d’endommager des vestiges enfouis.

Les tombes antiques découvertes sur le territoire français peuvent elles aussi contenir des objets révélant le statut social, les rites ou les échanges des populations anciennes. Les équipes documentent minutieusement la position de chaque pièce avant son prélèvement. Cette méthode permet de conserver les informations que l’objet seul ne peut pas livrer.

Pourquoi la tombe a été recouverte

Après les fouilles, les archéologues ont recouvert la tombe et son tumulus afin de les protéger. Cette mesure limite l’exposition des structures à l’eau, aux variations de température, à l’érosion et aux intrusions.

Les recherches doivent reprendre en 2027. Elles pourraient aider à déterminer l’identité des personnes enterrées, la chronologie exacte des dépôts et le rôle de cette famille dans la société étrusque de Vulci.

Questions fréquentes

Pourquoi cette tombe étrusque est-elle restée perdue pendant plus d'un siècle?

Bien que l'archéologue Stéphane Gsell ait repéré le tumulus (la butte circulaire) en 1889, il n'avait pas pu poursuivre ses travaux suffisamment longtemps pour localiser la chambre funéraire elle-même. Le projet Retour à Vulci a enfin retrouvé la sépulture cet été.

Comment les archéologues savent-ils que cette tombe appartient à une personne de très haut rang?

La présence conjointe d'armes, de pièces de char, d'objets en or, de céramiques raffinées et de bijoux ne laisse aucun doute sur le statut social élevé du ou des défunts. Christian Mazet, codirecteur du projet, affirme qu'il s'agit clairement d'une tombe du plus haut rang.

Pourquoi les chaussures découvertes sont-elles si rares?

Les matières organiques comme le cuir et les tissus résistent rarement au temps, à l'humidité et aux perturbations causées par les pillages au fil des siècles. La découverte de chaussures féminines aussi anciennes représente une exceptionnelle conservation.

Que révèle la présence d'un trépied en bronze provenant de Rhodes?

Elle témoigne de contacts commerciaux entre les élites étrusques et d'autres régions méditerranéennes, illustrant les circulations d'objets et de savoir-faire dans l'Antiquité.

Quand les fouilles reprendront-elles et pourquoi ont-elles été arrêtées?

Après les fouilles estivales, les archéologues ont recouvert la tombe et son tumulus pour les protéger de l'eau, des variations de température, de l'érosion et des intrusions. Les recherches doivent reprendre en 2027 pour identifier les personnes enterrées et préciser la chronologie des dépôts.
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