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Cette voiture à hydrogène vient de battre le record du monde : 652,5 km/h en deux passages et moins d’une heure

Sur le lac salé de Bonneville, aux États-Unis, un prototype britannique à hydrogène vient de repousser violemment les limites de la vitesse terrestre.

Un engin fuselé de près de dix mètres, alimenté non pas par de l’essence mais par de l’hydrogène, vient d’entrer dans l’histoire de l’automobile. Comme le rapporte le média spécialisé qui relate cet exploit, le constructeur britannique JCB a décroché un nouveau record mondial de vitesse terrestre pour un véhicule à combustion interne fonctionnant à l’hydrogène, sur la mythique plaine salée de Bonneville, dans l’Utah, aux États-Unis.

Un record historique à 652,5 km/h sur le lac salé de Bonneville

Le JCB Hydromax, présenté par la marque comme une « nave spatiale con ruedas », a atteint une vitesse moyenne de 652,5 km/h lors de deux passages chronométrés en août sur les salines de Bonneville, près de Salt Lake City. Il s’agit de la vitesse la plus élevée jamais enregistrée pour un véhicule à combustion interne alimenté par de l’hydrogène.

Le JCB Hydromax a signé 644,1 km/h lors de sa première tentative et 661,2 km/h lors de la seconde, soit 652,5 km/h de moyenne.

Aux commandes de ce monstre de 9,75 mètres de long se trouvait Andy Green, pilote de chasse britannique, ancien officier de la Royal Air Force et déjà détenteur de plusieurs records de vitesse terrestre. L’exploit reste soumis à la ratification officielle de la Fédération internationale de l’automobile (FIA), l’instance mondiale qui homologue ce type de performances, mais toutes les conditions imposées par la fédération ont été respectées.

Un ancien record BMW pulvérisé

Avec cette pointe à plus de 650 km/h, le JCB Hydromax efface des tablettes le précédent record FIA pour un véhicule à combustion interne d’hydrogène, détenu depuis 2004 par le BMW H2R. Le prototype allemand avait alors atteint 298 km/h, soit moins de la moitié de la vitesse du bolide de JCB.

L’engin britannique ne se contente pas de battre la marque du BMW H2R. Il dépasse aussi le record mondial de vitesse terrestre pour un véhicule à hydrogène doté d’une pile à combustible, fixé à 487 km/h. Le JCB Hydromax devient ainsi le véhicule à hydrogène le plus rapide de l’histoire, toutes technologies confondues.

652,5 km/h : une vitesse supérieure à tous les précédents records à hydrogène, qu’il s’agisse de moteurs thermiques ou de piles à combustible.

JCB bat aussi son propre record diesel, vingt ans après

Cette performance a une portée symbolique particulière pour JCB. Vingt ans plus tôt, en août 2006, au même endroit, le constructeur avait déjà fait tomber un record mondial de vitesse avec le JCB Dieselmax, un véhicule diesel piloté… par le même Andy Green.

Le Dieselmax avait alors atteint 563,6 km/h, devenant le véhicule diesel le plus rapide du monde. Cette marque reste le record mondial de vitesse terrestre pour moteurs diesel reconnu par la FIA.

Avec l’Hydromax, JCB dépasse désormais ce chiffre de près de 90 km/h, cette fois avec un moteur qui ne produit pas de CO₂ à l’échappement. Pour le groupe britannique, le message est clair : la vitesse extrême peut s’associer à une technologie de combustion plus propre.

« Un privilège énorme », confie le pilote Andy Green

Après ses tentatives réussies, Andy Green a salué la machine et le travail des ingénieurs. Il a déclaré : « Bonneville est la cuna del récord mundial de velocidad en tierra, y el JCB Hydromax acaba de entrar en esa historia. El vehículo es magnífico: estable, robusto y rápido. Establecer un récord mundial de velocidad en tierra con energía de hidrógeno, veinte años después del Dieselmax, es un enorme privilegio. Este récord es un logro extraordinario de un equipo de primera clase y una tecnología excepcional. »

Le Britannique reste par ailleurs l’homme le plus rapide du monde sur terre, avec un autre record hors normes : 1 225,6 km/h, la seule vitesse ayant franchi le mur du son au sol, et toujours homologuée.

Deux moteurs d’excavatrice à hydrogène pour 1 600 chevaux

Le record a été validé dans la catégorie A, Groupe XIV – Classe 7 du record mondial de vitesse terrestre de la FIA. L’Hydromax utilise deux moteurs à hydrogène dérivés de moteurs d’excavatrice produits en série par JCB, développant ensemble 1 600 chevaux.

Les moteurs à hydrogène de l’Hydromax sont issus de la même famille que ceux qui équipent déjà des engins de chantier JCB commercialisés.

Ces blocs sortent de l’usine de moteurs de JCB à Foston, dans le Derbyshire, au Royaume-Uni. Ils font partie d’un vaste programme hydrogène évalué à 100 millions de livres par le groupe, visant à décarboner sa gamme de machines de chantier.

Le président de JCB, Anthony Bamford, a piloté ce projet industriel et porté l’idée d’un record à Bonneville dès le début de l’année précédente. Il a expliqué : « Hace veinte años llegamos a Bonneville con el JCB Dieselmax y demostramos el potencial de la ingeniería británica con la energía diésel. Hoy lo hemos vuelto a hacer, esta vez con motores de hidrógeno. Este récord se ha logrado con motores de producción en serie, los mismos que impulsan actualmente las excavadoras JCB. Ese es el objetivo del JCB Hydromax: demostrar que el hidrógeno funciona, y que funciona hoy al más alto nivel con cero emisiones. »

Un défi technique relevé par l’équipe d’ingénieurs

Ryan Ballard, directeur de l’ingénierie de JCB et responsable du projet Hydromax, a insisté sur la transformation réalisée. Il a confié : « Este récord pertenece al equipo de ingeniería que transformó un motor de excavadora de hidrógeno en el más rápido de su tipo en el mundo. Ha sido un desafío increíble desde que se asumió este desafío, en febrero del año pasado. Llegamos completamente preparados y el vehículo estuvo a la altura. »

Ce travail a porté sur l’adaptation de moteurs conçus pour des engins lents, très robustes, à une utilisation en vitesse extrême, avec des contraintes thermiques et mécaniques bien plus sévères.

Un « jalon historique » salué par la FIA

Le président de la FIA, Mohammed Ben Sulayem, a tenu à réagir à cet exploit technique, qu’il a présenté comme un signal fort pour l’avenir de l’automobile sportive.

« Un jalon véritablement historique pour le sport automobile, qui montre comment innovation, performance, vitesse et durabilité peuvent aller de pair », a salué le président de la FIA.

Pour lui, le sport automobile reste un laboratoire technologique majeurs, où se testent des solutions nouvelles avant une diffusion plus large. La combustion de l’hydrogène, telle qu’explorée par JCB, illustre selon la FIA un des chemins possibles vers une mobilité plus durable, en complément des véhicules électriques à batterie ou à pile à combustible.

Un programme hydrogène qui dépasse le simple record

Le record de Bonneville intervient au moment où JCB accélère ses investissements en Amérique du Nord. Le groupe s’apprête à ouvrir une nouvelle usine à San Antonio, au Texas, pour un montant de 500 millions de dollars, avec 1 500 emplois à la clé pour la production de machines destinées au marché américain.

L’Hydroxmax s’inscrit dans une longue tradition de projets extrêmes chez JCB :

  • le JCB Dieselmax, record mondial de vitesse terrestre diesel en 2006 (563,6 km/h) ;
  • le JCB Fastrac, devenu en 2019 le tracteur le plus rapide du monde avec 135,191 mph ;
  • le JCB GT, qui a établi en 2014 un record de vitesse pour une rétrochargeuse avec 72,58 mph.

Quelques jours avant la tentative officielle visant la FIA, l’Hydromax avait déjà franchi une étape symbolique. Lors de la très renommée « Speed Week » de Bonneville, organisée par la Southern California Timing Association (SCTA), il a dépassé les 592,6 km/h.

À cette occasion, il a établi un record SCTA dans la catégorie Blown Gas Streamliner (plus de 500 pouces cubes), avec une vitesse de 368,347 mph, autre marque importante dans le programme d’essais.

L’hydrogène en France : où en est la vitesse et la mobilité ?

En France, aucun programme ne vise aujourd’hui ce type de vitesse à hydrogène sur terre. Les efforts se concentrent plutôt sur :

  • des bus et autocars à hydrogène pour les collectivités locales ;
  • des utilitaires et camions, souvent en phase de tests ;
  • quelques trains régionaux équipés de piles à combustible ;
  • des démonstrateurs de voitures sportives ou de compétition à hydrogène.

Les records de vitesse terrestres restent rares sur le territoire français, qui ne dispose pas de sites comparables aux grandes salines de Bonneville. L’exploration de la combustion d’hydrogène se déroule plutôt sur banc d’essai ou sur piste fermée à des vitesses bien inférieures.

Les grands constructeurs français travaillent davantage sur la pile à combustible, qui transforme l’hydrogène en électricité, que sur la combustion directe d’hydrogène dans un moteur thermique. L’approche de JCB illustre une autre voie : adapter des moteurs existants pour limiter les émissions de CO₂, avec une transition plus progressive depuis les motorisations diesel actuelles.

Que signifie concrètement un moteur thermique à hydrogène ?

Un moteur thermique à hydrogène reste un moteur à combustion interne, proche d’un moteur essence ou diesel. La différence vient du carburant : l’hydrogène brûle dans l’air en produisant surtout de la vapeur d’eau. La conception doit être adaptée, car l’hydrogène s’enflamme plus facilement et peut entraîner des phénomènes de détonation.

Caractéristique Moteur diesel classique Moteur thermique à hydrogène
Carburant Gazole (hydrocarbures) Hydrogène gazeux
CO₂ à l’échappement Élevé Nul ou très faible
Polluants locaux (NOx, particules) Présents Réduits mais possibles
Architecture Moteur connu, très diffusé Basé sur des blocs existants modifiés

Ce type de moteur peut intéresser des secteurs comme les engins de chantier, les machines agricoles ou certains poids lourds, où l’usage intensif et la facilité de ravitaillement jouent un rôle clé. Des essais de vitesse extrême, comme ceux du JCB Hydromax, servent alors de vitrine technologique et de banc d’essai brutal pour éprouver fiabilité et matériaux.

Pour un lecteur français, ce record montre qu’en parallèle des batteries, l’industrie continue de miser sur plusieurs pistes pour réduire les émissions du transport et des engins mobiles. L’hydrogène, qu’il alimente une pile à combustible ou un moteur thermique, reste une option surveillée de près, à condition qu’il soit produit avec une électricité bas carbone.

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