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Barcelone approuve le triplement de sa taxe sur les croisiéristes en escale de moins de 12 heures : 24 euros par passager, plus 6 euros de taxe régionale en Espagne

Barcelone approuve le triplement de sa taxe sur les croisiéristes en escale de moins de 12 heures : 24 euros par passager, plus 6 euros de taxe régionale en Espagne

À Barcelone, les passagers de croisière de passage pour quelques heures devront bientôt mettre bien plus la main au portefeuille.

La ville de Barcelone, en Espagne, s’apprête à frapper fort le tourisme de croisière. Selon le média spécialisé Cruise Industry News, le conseil municipal a validé une hausse spectaculaire des taxes locales imposées aux croisiéristes en escale courte. Objectif affiché : répondre à un modèle jugé « insoutenable » pour les quartiers et envoyer un signal clair aux compagnies maritimes.

Une taxe municipale portée à 24 euros pour les escales de moins de 12 heures

D’après le site d’information local Metropoli Aberta, cité par Cruise Industry News, la mairie de Barcelone a approuvé une augmentation majeure de la taxe municipale payée par les passagers de croisière. Elle passera à 24 euros par personne pour les voyageurs qui ne restent pas plus de 12 heures en ville.

Les croisiéristes en escale de moins de 12 heures à Barcelone devront bientôt s’acquitter de 24 euros de taxe municipale, auxquels s’ajouteront 6 euros de taxe régionale.

La mesure a été validée lors d’une réunion du comité de l’économie et des finances de la ville. Elle avait été proposée plus tôt cette année par le maire socialiste Jaume Collboni, qui souhaite durcir rapidement la régulation du secteur des croisières.

Cette hausse représente un triplement de la taxe municipale actuelle. Selon Cruise Industry News, une montée en charge progressive jusqu’en 2029 était initialement envisagée, mais la majorité municipale a finalement choisi de tout appliquer d’un coup.

Une décision politique assumée contre un tourisme jugé « insoutenable »

Pour les soutiens de la mesure, il ne s’agit pas seulement de recettes fiscales, mais d’un levier pour rééquilibrer l’activité touristique dans la capitale catalane.

Un défenseur du projet, cité par Metropoli Aberta, estime que le tourisme de croisière est aujourd’hui « insoutenable » pour Barcelone et perturbe la vie quotidienne de certains quartiers. Nuisances sonores, flux massifs de visiteurs concentrés sur quelques heures, pression sur les transports et les espaces publics reviennent régulièrement dans les critiques.

Le conseiller municipal Marc Serra, élu du parti BComú (Barcelone en commun), a assumé la dimension dissuasive de la réforme. Selon Cruise Industry News, il présente ce changement comme un outil destiné à envoyer un message direct aux compagnies :

Marc Serra, représentant de BComú, explique que la nouvelle taxe doit servir d’« outil » pour pousser les compagnies de croisière à « chercher d’autres destinations ».

Ce durcissement fiscal marque une nouvelle étape dans la politique de Barcelone, qui cherche depuis plusieurs années à reprendre la main sur un tourisme de masse parfois contesté par les habitants, en particulier dans le centre historique et près du port.

24 euros de taxe municipale, 6 euros de taxe régionale : ce que paiera un croisiériste

La hausse ne se limite pas à la taxe municipale. Les passagers de croisière devront aussi s’acquitter d’un prélèvement régional.

  • 24 euros de taxe municipale, décidée par la ville de Barcelone ;
  • 6 euros de taxe régionale, perçue par les autorités de Catalogne ;
  • soit 30 euros au total pour un passager en escale courte.

Cette somme vient s’ajouter au prix de la croisière elle-même et aux éventuelles taxes portuaires prises en charge par les compagnies. Elle vise surtout les voyageurs dits « port of call », ceux qui ne font que passer quelques heures à terre avant de remonter à bord.

À l’inverse, Barcelone cherche à encourager les opérations de « homeporting », c’est-à-dire les croisières dont la ville constitue le port de départ ou d’arrivée. Ces passagers restent plus longtemps, fréquentent davantage les hôtels, les restaurants et les commerces, et sont perçus comme générant plus de retombées pour l’économie locale.

Un outil pour favoriser les croisières au départ de Barcelone

Selon Cruise Industry News, la municipalité espère que cette taxe plus élevée sur les simples escales incitera les compagnies à privilégier Barcelone comme port de base. Les autorités locales y voient une manière d’orienter le modèle touristique sans interdire directement les navires.

Ce choix reflète une stratégie de « qualité plutôt que quantité » : moins de flux massifs concentrés sur quelques heures, davantage de séjours plus longs et mieux répartis dans la ville.

Vers un plafonnement du nombre de croisiéristes et une réorganisation du port

La fiscalité n’est qu’un volet des mesures envisagées. Cruise Industry News rappelle que Barcelone discute aussi activement d’une limitation du nombre total de passagers de croisière accueillis chaque année.

Les autorités locales étudient un plafond annuel d’environ 3,5 millions de croisiéristes arrivant à Barcelone.

Un cap de cet ordre marquerait une volonté claire de contenir la croissance du secteur. La question fait l’objet de débats réguliers entre la mairie, l’autorité portuaire, les compagnies et les associations de riverains.

Réduction du nombre de terminaux de croisière

La transformation passe aussi par l’aménagement du port. Cruise Industry News rappelle qu’un plan a déjà été approuvé pour réduire le nombre de terminaux de croisière à Barcelone.

Trois terminaux existants doivent être démolis. L’espace libéré servira à construire une infrastructure nouvelle, plus grande et présentée comme plus moderne. Cette restructuration vise à concentrer l’activité de croisière dans une zone mieux équipée, en éloignant une partie des navires de certaines zones sensibles de la ville.

Pour les habitants, la mairie met en avant la promesse d’une meilleure intégration du port dans la ville et d’un contrôle renforcé des flux touristiques. Pour les compagnies, cela signifie une adaptation à une offre portuaire remodelée, mais potentiellement plus efficace sur le plan opérationnel.

Que signifierait une telle politique en France ?

En France, plusieurs grandes villes portuaires sont confrontées à des enjeux proches de ceux de Barcelone, notamment Marseille, Nice, Cannes ou Le Havre. Les débats portent souvent sur la pollution de l’air, les nuisances et l’occupation de l’espace urbain par les groupes de croisiéristes.

Le principe d’une taxe spécifique sur les nuitées existe déjà via la taxe de séjour, perçue par les communes touristiques. Certaines villes appliquent aussi des droits de port ou des redevances environnementales pour les navires, facturés aux compagnies maritimes.

Une mesure strictement calquée sur Barcelone — 30 euros par passager en simple escale — supposerait en France une décision des collectivités locales concernées, en lien avec les ports autonomes ou les grands ports maritimes. Le pouvoir de fixer ce type de contribution relève du cadre légal national et des compétences des collectivités territoriales.

Sur la question des terminaux, l’équivalent français serait une décision prise avec les autorités portuaires, souvent sous tutelle de l’État, afin de réaménager les zones d’accueil des croisières. Cela peut passer par la fermeture de certains quais, le déplacement des terminaux ou la modernisation d’infrastructures existantes.

Un débat qui progresse aussi sur les restrictions de navires

En France, comme en Espagne, plusieurs associations de riverains et collectifs écologistes appellent à des restrictions sur la taille des navires, leur nombre ou leur accès à certains ports proches de centres-villes. Certaines mesures portent par exemple sur des limitations de vitesse, des branchements électriques à quai ou des critères environnementaux pour les navires admis.

Barcelone ajoute une dimension fiscale très visible à ce mouvement, ce qui pourrait nourrir les réflexions d’autres villes portuaires européennes, y compris en France.

Un changement concret pour les croisiéristes et les compagnies

Pour un passager, cette hausse de taxe représente un coût supplémentaire non négligeable sur une simple journée d’escale. Selon la politique commerciale de la compagnie, cette somme peut être répercutée directement sur le prix de la croisière ou apparaître en ligne séparée dans les « frais et taxes ».

Pour les compagnies, la décision de Barcelone pèse dans l’arbitrage entre les différents ports méditerranéens. Un itinéraire avec plusieurs escales au sein de l’Union européenne doit intégrer les coûts portuaires, les contraintes réglementaires et les attentes des clients en matière de destinations phares.

Élément Situation à Barcelone
Taxe municipale croisiériste 24 euros par passager en escale de moins de 12 heures
Taxe régionale 6 euros par passager
Objectif principal Réduire les escales courtes, encourager le homeporting
Projet de plafond annuel Envisagé à 3,5 millions de croisiéristes
Infrastructures portuaires Démolition de trois terminaux, construction d’un nouveau

Un signal adressé au reste de la Méditerranée

La Méditerranée concentre une part très importante du marché mondial de la croisière. Barcelone y occupe un rôle de premier plan, à la fois comme port de départ et comme escale très prisée. En durcissant sa fiscalité et en repensant ses infrastructures, la ville envoie un message à l’ensemble du secteur.

Les réactions des compagnies et l’évolution des flux de passagers dans les prochaines années serviront de test. D’autres métropoles côtières observeront de près si cette stratégie permet à Barcelone de mieux maîtriser l’impact du tourisme de croisière tout en préservant une activité économique significative.

Questions fréquentes

Combien paieront exactement les passagers en escale courte à Barcelone ?

24 euros de taxe municipale plus 6 euros de taxe régionale, soit 30 euros au total, s'ajoutant au prix de la croisière.

Pourquoi Barcelone augmente-t-elle aussi fortement ces taxes ?

La ville considère le tourisme de croisière comme « insoutenable » en raison des nuisances sonores, des flux massifs concentrés sur quelques heures et de la pression sur les transports et espaces publics, particulièrement dans le centre historique.

Quel est l'objectif réel de cette hausse fiscale ?

Dissuader les escales courtes et inciter les compagnies à privilégier Barcelone comme port de départ ou d'arrivée (homeporting), où les passagers restent plus longtemps et génèrent plus de retombées économiques locales.

Quelles autres mesures Barcelone envisage-t-elle pour contrôler le tourisme de croisière ?

Un plafonnement annuel d'environ 3,5 millions de croisiéristes, la réduction des terminaux de croisière de trois à un, et une restructuration du port pour mieux intégrer cette activité.

Pourquoi cette augmentation a-t-elle été appliquée immédiatement et non progressivement ?

Bien qu'une montée en charge progressive jusqu'en 2029 ait été initialement envisagée, la majorité municipale a choisi d'appliquer la hausse complète d'un coup pour envoyer un signal plus fort aux compagnies maritimes.
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