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Évacuation d’un avion : 10 % des passagers reprendraient leur bagage malgré les ordres de l’équipage, l’IATA lance « Save a Life, Not a Bag »

Évacuation d'un avion : 10 % des passagers reprendraient leur bagage malgré les ordres de l'équipage, l'IATA lance « Save a Life, Not a Bag »

L’Association du transport aérien international alerte sur le comportement des passagers lors d’évacuation d’urgence d’avion, lors de son assemblée annuelle en 2026.

À l’occasion de son assemblée générale à Dubaï, l’Association de transport aérien international (IATA) a présenté une nouvelle campagne mondiale de sécurité, relayée par le média spécialisé Aviacionline, pour tenter de faire changer les réflexes des passagers lors des évacuations d’urgence d’avion.

Une campagne mondiale pour rappeler un ordre simple : « laissez tout et sortez »

L’IATA, principale organisation mondiale des compagnies aériennes, a dévoilé la campagne « Save a Life, Not a Bag » (« Sauvez une vie, pas un bagage »). Son objectif : convaincre les passagers de ne pas récupérer leur bagage cabine en cas d’évacuation d’urgence.

Lors d’une évacuation, chaque seconde perdue à récupérer un bagage peut coûter des vies, rappelle l’IATA.

La campagne est soutenue par les deux grands régulateurs aéronautiques occidentaux : l’Agence de la sécurité aérienne de l’Union européenne (EASA) et l’Administration fédérale de l’aviation américaine (FAA), équivalent de la direction générale de l’aviation civile (DGAC) en France.

Willie Walsh, directeur général de l’IATA, cité par Aviacionline, insiste sur la gravité du phénomène : récupérer ses affaires « n’est pas un problème mineur ». Selon lui, « même emporter un sac à main peut affecter l’évacuation sûre de tous à bord ». Il rappelle que les consignes de l’équipage sont « claires et simples : laissez tout derrière vous et avancez rapidement ».

Des passagers confiants… mais souvent dans l’erreur

Pour étayer sa campagne, l’IATA a commandé une étude dans quatre pays clés pour le trafic aérien mondial : États-Unis, Royaume-Uni, Émirats arabes unis et Singapour. Les résultats montrent un décalage important entre ce que les passagers pensent savoir et ce qu’ils feraient réellement.

  • 80 % des personnes interrogées affirment savoir comment se comporter en cas d’évacuation.
  • Mais seules 61 % répondent correctement qu’il faut abandonner tous les effets personnels et quitter l’avion immédiatement.
  • 33 % disent avoir déjà vu des images ou des reportages montrant des passagers emportant leur bagage pendant une évacuation.
  • Parmi ce tiers, 22 % reconnaissent qu’ils seraient probablement tentés de faire la même chose.

Autre constat : le public surestime largement le temps disponible pour quitter un avion en urgence. Les procédures de certification sont conçues pour permettre l’évacuation complète d’un appareil en 90 secondes. Or, seuls 18 % des personnes interrogées connaissent ce standard. À l’inverse, 38 % pensent disposer de trois minutes ou plus.

Un passager sur dix admet qu’il reprendrait son bagage, ou suivrait ceux qui le font, même en cas d’ordres contraires de l’équipage.

L’étude met aussi en avant un élément de psychologie du voyageur : 60 % des répondants déclarent qu’ils seraient moins enclins à perdre du temps à récupérer leurs affaires s’ils avaient gardé sur eux, dès le début du vol, leurs objets essentiels les plus petits (papiers, téléphone, médicaments).

Pourquoi quelques secondes gagnées sur un bagage peuvent coûter des vies

Pour les autorités de sécurité aérienne, le message est clair : l’évacuation doit être la plus rapide et la plus fluide possible. Chaque arrêt, chaque demi-tour et chaque bagage encombrant se répercute sur toute la file de passagers.

Florian Guillermet, directeur exécutif de l’EASA, rappelle que « l’évacuation rapide dans une situation d’urgence sauve des vies ». Il insiste : pour que cela fonctionne « tous les passagers doivent aussi faire leur part ». Autrement dit, ce n’est pas seulement leur propre vie qu’ils protègent, mais celles des autres personnes à bord.

Les risques concrets sont multiples :

  • un bagage lourd ou volumineux ralentit la marche et crée des embouteillages dans l’allée centrale ;
  • les valises à roulettes peuvent bloquer les sorties et se coincer dans les portes ;
  • les passagers occupés à fouiller les coffres à bagages font perdre des secondes vitales aux rangées entières situées derrière eux ;
  • les objets rigides risquent de percer ou d’endommager les toboggans d’évacuation gonflables ;
  • un sac porté à l’épaule réduit la liberté de mouvement et augmente le risque de chute.

L’IATA souligne aussi un autre effet souvent ignoré : le bagage peut masquer la signalisation lumineuse au sol qui guide les passagers vers les sorties de secours, et gêner les équipes de sauvetage à l’extérieur, en obstruant les zones d’arrivée au bas des toboggans.

Un phénomène amplifié par les réseaux sociaux

La campagne « Save a Life, Not a Bag » répond à une tendance observée ces dernières années : des passagers qui, en pleine évacuation, prennent le temps de filmer ou de photographier la scène avec leur téléphone.

De nombreuses vidéos circulent en ligne, montrant des personnes descendant des toboggans avec des valises, des sacs à dos ou même des cabas bien remplis, parfois un enfant dans les bras en plus. Les autorités y voient un double problème : la perte de temps liée au bagage, et la distraction causée par la volonté de filmer.

Bryan Bedford, administrateur de la FAA, cité par Aviacionline, regrette « un nombre de plus en plus important de passagers qui ne suivent pas les instructions de l’équipage de conduite pendant les urgences ». Pour lui, « la sécurité est une responsabilité partagée » et des passagers « informés et attentifs » contribuent à rendre l’évacuation « plus rapide et plus sûre pour tous à bord ».

Les cinq règles simples mises en avant par l’IATA

La campagne s’appuie sur une série de vidéos et de supports numériques, conçus avec des spécialistes du comportement humain. L’IATA a choisi des images surréalistes pour marquer les esprits et ancrer quelques réflexes clés.

La campagne résume le bon comportement en cinq règles : écouter, abandonner, ne pas filmer, avancer, sortir vite.

Règle Objectif
Prêter attention à la démonstration et aux consignes de l’équipage Savoir quoi faire immédiatement en cas d’urgence réelle
Laisser tout derrière soi Ne pas perdre de temps avec les bagages ou effets personnels
Ne pas filmer Rester concentré sur l’évacuation et garder les mains libres
Rester en mouvement Éviter les bouchons et permettre une sortie fluide
Sortir rapidement par la sortie indiquée Respecter les indications de l’équipage et ne pas revenir en arrière

Nick Careen, vice-président senior en charge des opérations, de la sécurité et de la protection à l’IATA, rappelle que « la majorité des passagers sait quoi faire en cas d’accident ». Le problème vient d’une minorité : « même un ou deux passagers qui prennent quelques secondes de plus pour récupérer des objets personnels peuvent mettre des vies en danger ». Pour lui, tout l’enjeu est de « créer de bonnes habitudes » : écouter à chaque fois les démonstrations de sécurité et garder ses objets essentiels sur soi.

Ce que cela change pour les passagers en France

En France, les règles de sécurité à bord sont encadrées par la réglementation européenne et par la Direction générale de l’aviation civile. Les compagnies françaises appliquent les mêmes principes que ceux défendus par l’IATA, l’EASA et la FAA.

Les consignes données au décollage et avant l’atterrissage – démonstration de sécurité, rappel des issues de secours, interdiction de récupérer les bagages en cas d’évacuation – ne relèvent pas d’un simple conseil, mais d’une obligation de sécurité. En cas d’urgence, ne pas suivre les instructions de l’équipage peut être considéré comme un manquement grave au règlement intérieur du transporteur.

Pour un passager français, les réflexes recommandés sont donc les mêmes que ceux mis en avant par la campagne internationale :

  • regarder réellement la démonstration de sécurité, même si l’on prend souvent l’avion ;
  • repérer, mentalement, la sortie de secours la plus proche de son siège ;
  • garder sur soi ses documents d’identité, ses médicaments vitaux et son téléphone, plutôt que dans le coffre à bagages ;
  • accepter l’idée que le bagage cabine puisse être définitivement perdu ou endommagé en cas d’évacuation, et que la priorité reste la sortie rapide.

Des conseils pratiques pour mieux se préparer à une évacuation

Pour limiter la tentation de récupérer ses affaires en situation de stress, l’IATA met en avant des stratégies très concrètes. Garder sur soi, dans une petite pochette, les quelques objets vraiment essentiels évite de se sentir « dépendant » de son bagage cabine en cas de problème.

Avant un vol, quelques gestes simples peuvent faire la différence :

  • glisser ses papiers, moyens de paiement et médicaments importants dans une poche fermée ou une ceinture discrète ;
  • placer son téléphone dans une poche facilement accessible, plutôt que profondément rangé dans un sac ;
  • éviter de s’encombrer d’objets lourds ou volumineux en cabine, surtout si l’on voyage avec de jeunes enfants ;
  • expliquer brièvement à ses proches la conduite à tenir en cas d’évacuation, en particulier aux enfants ou aux personnes peu habituées à l’avion.
  • Les experts en sécurité aérienne rappellent enfin que la pression psychologique joue un rôle majeur : voir d’autres passagers attraper leur bagage peut donner l’impression qu’il est « normal » d’en faire autant. Savoir à l’avance que ce comportement met en danger tout le monde aide à résister à cet effet d’entraînement.

    Pour l’IATA, l’enjeu est autant culturel que technique : transformer l’image du « bon réflexe » en cas d’urgence. Non pas sauver son bagage à tout prix, mais accepter de le perdre pour préserver des vies, y compris celles de parfaits inconnus assis quelques rangs plus loin.

    Questions fréquentes

    Combien de temps faut-il pour évacuer complètement un avion ?

    Les procédures de certification sont conçues pour permettre l'évacuation complète d'un appareil en 90 secondes. Cependant, seuls 18 % des passagers interrogés connaissent ce standard, tandis que 38 % pensent disposer de trois minutes ou plus.

    Pourquoi est-il si dangereux de récupérer son bagage lors d'une évacuation ?

    Un bagage ralentit la marche et crée des embouteillages, peut bloquer les sorties de secours, fait perdre des secondes vitales à toute la file de passagers, risque de percer les toboggans gonflables et peut masquer la signalisation lumineuse qui guide vers les sorties.

    Quel est le pourcentage de passagers qui affirment savoir se comporter en cas d'évacuation ?

    80 % des personnes interrogées affirment savoir comment se comporter en cas d'évacuation, mais seules 61 % répondent correctement qu'il faut abandonner tous les effets personnels et quitter l'avion immédiatement.

    Qu'est-ce que l'IATA recommande pour réduire la tentation de récupérer ses affaires ?

    60 % des répondants déclarent qu'ils seraient moins enclins à perdre du temps à récupérer leurs affaires s'ils gardaient sur eux, dès le début du vol, leurs objets essentiels les plus petits comme leurs papiers, téléphone et médicaments.

    Qui soutient la campagne « Save a Life, Not a Bag » ?

    La campagne est soutenue par les deux principaux régulateurs aéronautiques occidentaux : l'EASA (Agence de la sécurité aérienne de l'Union européenne) et la FAA (Administration fédérale de l'aviation américaine).
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