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Tateyama Kurobe Alpen Route et Kurobe Gorge Railway seront enfin reliées cet automne

Tateyama Kurobe Alpen Route et Kurobe Gorge Railway seront enfin reliées cet automne

Au nord du Japon, un nouvel itinéraire va relier des lignes touristiques mythiques en combinant train, ascenseur géant et funiculaire.

Dès l’automne au Japon, la Kurobe Unazuki Canyon Route va permettre de passer d’une vallée à l’autre au cœur des Alpes du nord de Honshu, en reliant enfin la Tateyama Kurobe Alpen Route et la Kurobe Gorge Railway. Ce projet, détaillé par le site d’actualités japonais SoraNews24, ouvre au grand public des infrastructures jusqu’ici réservées aux employés d’une centrale hydroélectrique.

Une nouvelle traversée des montagnes dans le Hokuriku

La région de Hokuriku, sur le versant nord de l’île principale de Honshu, est connue pour ses reliefs spectaculaires, ses gorges profondes et ses montagnes enneigées une grande partie de l’année. Mais l’accès à ces paysages se complique dès que l’on s’enfonce dans l’arrière-pays, où les routes sont rares et les conditions souvent difficiles.

C’est dans ce contexte que naît la Kurobe Unazuki Canyon Route, située dans la partie est de la préfecture de Toyama. Ce nouvel itinéraire a une fonction très précise : relier deux grands classiques du tourisme ferroviaire japonais, jusqu’ici totalement séparés par le relief :

  • la Tateyama Kurobe Alpen Route, parcours de montagne multi-transports qui traverse les Alpes du nord japonaises et passe par le célèbre barrage de Kurobe ;
  • la Kurobe Gorge Railway, petite ligne touristique qui remonte les gorges de Kurobe depuis la station thermale d’Unazuki Onsen.

Jusqu’à présent, la Kurobe Gorge Railway s’arrêtait à la gare de Keyakidaira, sans liaison directe avec le barrage de Kurobe, point clé de l’Alpen Route. Entre les deux, un chaos de parois rocheuses, de tunnels et de pentes extrêmement raides rendait toute correspondance classique presque impossible.

La Kurobe Unazuki Canyon Route ouvre au public un enchaînement unique : petit train de service, puits-ascenseur de 200 mètres, train à batterie en tunnel, funiculaire de montagne puis bus vers le barrage de Kurobe.

Une plongée dans les infrastructures d’une centrale hydroélectrique

La solution trouvée par les autorités japonaises consiste à tirer parti d’ouvrages existants. Pour construire et entretenir la centrale hydroélectrique Kurobegawa n°4, les compagnies Nippon Electric Power et Kansai Electric Power avaient déjà installé un réseau ferroviaire étroit et des tunnels au cœur même de la montagne. Ces installations n’étaient jusqu’ici utilisées que par les équipes techniques.

La Kurobe Unazuki Canyon Route donne désormais accès à ces infrastructures. Les voyageurs, après la fin de la ligne touristique de la gorge, montent à bord d’un train à voie étroite circulant dans un tunnel creusé spécialement pour les travaux de la centrale. Ce premier tronçon mène à un impressionnant puits vertical équipé d’un ascenseur.

Un ascenseur vertical de 200 mètres au cœur de la roche

Au centre du dispositif se trouve un puits-ascenseur d’environ 200 mètres de hauteur. Les visiteurs s’engouffrent dans cette colonne verticale, qui permet de gagner d’un seul coup un important dénivelé. L’ouvrage était à l’origine strictement utilitaire, mais sert désormais de pivot à l’itinéraire touristique.

Arrivés en haut de cet ascenseur géant, les voyageurs ne restent pas enfermés sous terre. Un point d’observation a été aménagé à proximité, offrant un panorama sur les reliefs environnants. SoraNews24 souligne que ces vues, accessibles jusque-là uniquement aux employés de la centrale ou à des randonneurs chevronnés, seront pour la première fois à portée de simples visiteurs.

Train à batterie, funiculaire et bus jusqu’au barrage de Kurobe

L’ascenseur n’est qu’une étape. En sortie de puits, les voyageurs embarquent sur un train à batterie circulant de nouveau en tunnel pendant une trentaine de minutes. Ce type de convoi permet de limiter les émissions et de fonctionner dans un environnement souterrain sans ventilation lourde.

La séquence se poursuit par un funiculaire de 815 mètres de long, qui grimpe une pente très marquée. Le trajet dure environ vingt minutes. Ce dispositif, fréquent en montagne, utilise deux cabines qui se croisent et se contrebalancent sur un rail, pratique pour franchir des pentes que ne pourrait pas prendre un train classique.

Enfin, un bus prend le relais pendant environ quarante minutes. Il circule d’abord en tunnel, puis ressort à l’air libre pour rejoindre le barrage de Kurobe. À ce moment-là, le paysage change de registre, avec les crêtes enneigées du mont Tsurugi qui se dévoilent à l’horizon.

Au total, le nouvel itinéraire combine environ une heure et demie de transports successifs, offrant aussi bien des sensations d’ingénierie souterraine que des points de vue dégagés sur les Alpes japonaises.

Des panoramas longtemps réservés aux initiés

Sur certaines portions de la Kurobe Unazuki Canyon Route, les visiteurs pourront apercevoir la cascade de Kumokiri, haute de 165 mètres. Les angles de vue proposés sur cette chute d’eau ou sur les crêtes du mont Tsurugi étaient jusqu’ici l’apanage de techniciens de centrale ou de randonneurs très expérimentés.

Le site SoraNews24 insiste sur ce changement : ces paysages, qui exigeaient autrefois un engagement important en montagne ou une qualification professionnelle en ingénierie, deviennent accessibles au plus grand nombre, sans matériel d’alpinisme ni longues marches.

Depuis le barrage de Kurobe, terminus de cette nouvelle route, il devient possible de rejoindre facilement la Tateyama Kurobe Alpen Route. Les voyageurs pourront alors repartir :

  • vers l’ouest, en direction de la préfecture d’Ishikawa ;
  • ou vers l’est, en traversant la frontière de préfecture pour rejoindre Nagano.

Pour un touriste étranger comme pour un voyageur japonais, cette connexion change la logique du séjour. Il devient réaliste de combiner dans la même escapade la Kurobe Gorge Railway, l’Alpen Route et un passage par la station thermale d’Unazuki Onsen, qui se trouve sur la ligne des gorges.

Dates d’ouverture et conditions de réservation au Japon

La Kurobe Unazuki Canyon Route devait au départ accueillir ses premiers voyageurs durant l’été 2024. L’ouverture a été repoussée après le séisme de Noto, survenu en janvier 2024, qui a perturbé l’organisation de nombreux projets dans la région.

D’après les informations relayées par SoraNews24 à partir du site officiel de la Kurobe Unazuki Canyon Route et du média spécialisé Traicy, l’inauguration est désormais fixée au 2 octobre. L’ouverture prend la forme d’une « grand opening », avec un lancement officiel du parcours à cette date.

L’accès ne se fera pas au fil de l’eau : les réservations sont obligatoires. Elles passent par des agences de voyages japonaises bien connues comme JTB, NTA ou Hankyu Travel. Pour un touriste venant de France, l’itinéraire a donc vocation à s’inscrire dans un circuit organisé ou un voyage sur mesure monté avec un intermédiaire local.

L’ouverture avait été retardée par le séisme de Noto de janvier 2024 ; la Kurobe Unazuki Canyon Route accueillera finalement ses premiers passagers le 2 octobre, uniquement sur réservation.

Ce que cette ouverture change pour un voyageur français

Pour un public français, la région de Hokuriku reste moins connue que Kyoto ou Tokyo, mais elle attire un nombre croissant d’amateurs de montagne, de neige et de bains thermaux. L’existence de cette nouvelle liaison simplifie la préparation d’un séjour axé sur les paysages alpins japonais.

Concrètement, un itinéraire type peut désormais s’organiser autour de trois axes :

  • arrivée dans la préfecture de Toyama, puis accès à Unazuki Onsen et à la Kurobe Gorge Railway ;
  • enchaînement avec la Kurobe Unazuki Canyon Route jusqu’au barrage de Kurobe ;
  • poursuite via la Tateyama Kurobe Alpen Route vers Nagano ou Ishikawa, avec la possibilité de rejoindre des hubs ferroviaires majeurs.
  • Pour un lecteur français habitué aux Alpes, l’expérience mixe des éléments familiers – funiculaire, barrage, point de vue de haute montagne – avec des aspects très japonais : petit train touristique en gorge étroite, tunnels techniques réutilisés pour le tourisme, station thermale traditionnelle à Unazuki Onsen.

    Les équivalents et différences avec la France

    En France, certains aménagements rappellent partiellement ce projet : les funiculaires alpins, les trains de montagne vers des barrages ou les visites de centrales hydroélectriques exploitées par des énergéticiens. La démarche reste cependant différente.

    La Kurobe Unazuki Canyon Route réunit en un seul parcours :

    • un tronçon de chemin de fer de service à voie étroite adapté au public ;
    • un ascenseur vertical de grande hauteur creusé dans la montagne ;
    • un train à batterie circulant en tunnel ;
    • un long funiculaire en forte pente ;
    • un trajet en bus débouchant sur un itinéraire touristique déjà très structuré, la Tateyama Kurobe Alpen Route.

    En France, il existe des visites de centrales hydroélectriques, des trains touristiques de haute montagne et de grands barrages accessibles, mais rarement avec un niveau d’intégration aussi poussé entre infrastructures industrielles et parcours touristique continu. L’itinéraire japonais se situe à la frontière entre transport régional, découverte d’ouvrages d’art et visite organisée de site énergétique.

    Un itinéraire technique mais accessible, avec quelques précautions

    Sur le plan technique, ce type de parcours repose sur des dispositifs éprouvés : voie étroite pour circuler en galerie, ascenseur vertical pour franchir un fort dénivelé sans route, traction électrique par batteries pour éviter les émissions dans les tunnels, funiculaire sur forte pente. Chaque segment est pensé pour transporter en sécurité un flux de passagers encadré et réservé à l’avance.

    Pour un voyageur, certains points méritent d’être anticipés : la présence prolongée dans des tunnels, le passage dans un puits-ascenseur profond, l’enchaînement de plusieurs modes de transport avec des horaires à respecter. Les personnes sujettes au vertige ou mal à l’aise dans les espaces confinés peuvent avoir intérêt à s’informer précisément sur le parcours auprès de l’agence avant de réserver.

    À l’inverse, ce type de trajet convient particulièrement :

    • aux passionnés d’ingénierie, de travaux souterrains et d’hydroélectricité ;
    • aux amateurs de trains touristiques et de lignes de montagne ;
    • aux voyageurs qui souhaitent accéder à des panoramas de haute montagne sans marche longue ni équipement technique.

    Associée à la Tateyama Kurobe Alpen Route et à un séjour dans une station thermale comme Unazuki Onsen, la Kurobe Unazuki Canyon Route offre un exemple concret de reconversion partielle d’infrastructures industrielles en circuit touristique structuré, dans un pays où la montagne reste un atout majeur pour attirer les visiteurs étrangers comme japonais.

    Questions fréquentes

    Quand ouvre la Kurobe Unazuki Canyon Route ?

    La Kurobe Unazuki Canyon Route ouvre le 2 octobre 2024, après un report dû au séisme de Noto de janvier 2024.

    Comment se compose exactement cet itinéraire ?

    L'itinéraire combine un train de service étroit, un puits-ascenseur de 200 mètres, un train à batterie en tunnel, un funiculaire de 815 mètres et un bus, pour un total d'environ une heure et demie de transports.

    Comment réserver pour emprunter cette nouvelle route ?

    Les réservations sont obligatoires et s'effectuent par des agences de voyages japonaises comme JTB, NTA ou Hankyu Travel, ce qui suppose un circuit organisé ou un voyage sur mesure.

    Quels paysages les voyageurs pourront-ils découvrir ?

    Les visiteurs auront accès à des vues sur la cascade de Kumokiri (165 mètres de hauteur), les crêtes du mont Tsurugi enneigées et les gorges de Kurobe, panoramas jusque-là réservés aux techniciens et randonneurs expérimentés.

    Pourquoi cette nouvelle route utilise-t-elle des infrastructures de centrale hydroélectrique ?

    Les autorités japonaises ont réutilisé les tunnels, puits et installations ferroviaires construits pour la centrale hydroélectrique Kurobegawa n°4, qui étaient jusqu'alors fermés au public.
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