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Deux géants français se partagent l’eau de la planète : Veolia signe un triple accord en Arabie saoudite

En Arabie saoudite, Veolia vient de sceller un vaste partenariat dans l’eau, confirmant la mainmise de deux groupes français sur ce secteur stratégique.

Le site d’information économique à l’origine de cet article, dont la page a été consultée par notre rédaction, détaille un accord majeur signé par Veolia en Arabie saoudite. Ce triple contrat renforce encore la position des champions français de l’eau au Moyen-Orient et pose des questions sur la répartition du marché mondial entre quelques grands acteurs.

Un triple accord stratégique pour Veolia en Arabie saoudite

Selon les informations rapportées par le média source, Veolia a conclu en Arabie saoudite un ensemble de trois accords portant sur la gestion et le traitement de l’eau. Ces contrats concernent des activités clés : production d’eau potable, dessalement et traitement des eaux usées, au cœur de la stratégie du royaume pour sécuriser ses ressources hydriques dans un environnement désertique.

Le partenariat implique des autorités saoudiennes chargées de l’eau et de l’énergie, équivalents locaux d’un ministère de la Transition écologique et d’agences de l’eau en France. Il s’inscrit dans la politique de diversification économique du pays, qui cherche à réduire sa dépendance au pétrole et à investir dans les infrastructures, dont l’eau constitue l’un des piliers.

Avec ce triple accord, Veolia consolide sa place de partenaire industriel central de l’Arabie saoudite pour la production d’eau potable et la gestion du cycle de l’eau.

Les contrats comprennent notamment la conception, l’exploitation ou la modernisation d’installations existantes. Ils prévoient un transfert de savoir-faire vers les opérateurs saoudiens, une exigence fréquente dans les grands projets d’infrastructures du Golfe.

Deux champions français au cœur du « business » mondial de l’eau

Le titre de l’article insiste sur un point : « deux géants français se partagent l’eau de la planète ». Il fait référence à la position dominante de Veolia et de son concurrent français Suez dans les services de l’eau, de l’assainissement et des déchets dans de nombreuses régions du monde.

Ces deux groupes gèrent, via des contrats de délégation de service public ou des concessions industrielles, de vastes réseaux :

  • production d’eau potable pour des villes et des régions entières ;
  • usines de dessalement dans les zones arides ;
  • traitement des eaux usées urbaines et industrielles ;
  • recyclage de l’eau pour l’agriculture ou l’industrie.

L’Arabie saoudite fait partie des pays les plus dépendants au monde des technologies de dessalement. Les groupes français, à commencer par Veolia, y trouvent un terrain d’expansion majeur, porté par des investissements publics massifs.

Entre Veolia et Suez, une grande partie des méga-usines de dessalement et des réseaux d’assainissement du Moyen-Orient sont désormais sous pilotage français.

Le triple accord mentionné dans la source illustre cette tendance : face aux besoins croissants en eau potable, les autorités saoudiennes se tournent vers les acteurs déjà reconnus à l’échelle internationale pour sécuriser la gestion de ce bien vital.

Pour Riyad, un enjeu de sécurité hydrique et de prestige

En Arabie saoudite, la question de l’eau relève autant de la sécurité nationale que de la politique de développement. Le pays n’a pas de grands fleuves et subit un climat extrêmement aride. Sa stratégie repose donc sur :

  • le dessalement de l’eau de mer, très énergivore ;
  • la réutilisation des eaux usées traitées ;
  • la réduction des pertes sur les réseaux de distribution ;
  • une meilleure gestion de la demande, notamment agricole.
  • Les accords signés avec Veolia s’insèrent dans cette feuille de route. Ils doivent contribuer à sécuriser l’approvisionnement des grandes villes, mais aussi à moderniser des installations parfois vieillissantes. Dans le cadre de la stratégie « Vision 2030 » du royaume, ces investissements servent aussi d’outil de communication internationale, en mettant en avant une image de pays à la pointe des technologies environnementales.

    Un marché très convoité par les industriels internationaux

    Ce triple accord envoie un signal aux autres acteurs mondiaux de l’eau. Il montre que l’Arabie saoudite privilégie des groupes disposant déjà d’une longue expérience dans la région et d’une capacité d’investissement élevée. Les concurrents asiatiques et américains restent présents, mais les contrats les plus structurants reviennent souvent aux mêmes acteurs, Veolia et Suez en tête pour la France.

    Pour ces groupes, le Moyen-Orient représente un marché stable sur le long terme, avec des contrats qui s’étalent sur plusieurs décennies et des besoins quasi garantis par la croissance démographique et urbaine.

    Une répartition du marché mondial qui interroge

    Le fait que « deux géants français se partagent l’eau de la planète » soulève des questions politiques et sociales. La concentration de ce secteur entre quelques grandes entreprises privées, alors qu’il touche à un bien commun, nourrit régulièrement les débats, y compris en France.

    Les défenseurs de ce modèle rappellent que les infrastructures de l’eau nécessitent des investissements lourds, une ingénierie complexe et une expertise technique pointue, difficiles à assurer pour des collectivités seules. Les détracteurs alertent sur le risque de dépendance vis-à-vis d’acteurs privés, de hausse des tarifs ou de manque de transparence.

    Enjeu Pour les États Pour les groupes privés
    Sécurité de l’approvisionnement Garantir l’accès à l’eau potable Assurer la continuité de service
    Financement Limiter le poids sur les budgets publics Sécuriser des revenus de long terme
    Technologie Bénéficier des innovations sans les développer seules Valoriser la recherche et développement

    Dans un pays comme l’Arabie saoudite, fortement dépendant de l’eau industrielle et des grands projets de dessalement, ces arbitrages prennent une dimension encore plus nette. Les contrats attribués à Veolia s’inscrivent dans ce cadre, avec un rôle central laissé à un opérateur international pour des infrastructures critiques.

    Ce que cela change pour un lecteur français

    Pour un lecteur en France, ces annonces ne sont pas qu’un mouvement stratégique à des milliers de kilomètres. Elles éclairent la puissance d’influence de l’ingénierie française dans le domaine de l’eau et le poids de ces groupes dans la vie quotidienne, y compris sur le territoire national.

    En France, l’eau potable et l’assainissement sont de la compétence des communes ou des intercommunalités. Celles-ci peuvent gérer l’eau :

    • en régie publique, avec leurs propres services ;
    • ou via une délégation de service public à un opérateur comme Veolia ou Suez.

    La situation française diffère toutefois de celle de l’Arabie saoudite : l’État fixe un cadre réglementaire strict, les tarifs sont encadrés, et la ressource provient majoritairement des nappes phréatiques et des rivières, non du dessalement de l’eau de mer.

    Des débats similaires sur la place du privé dans l’eau

    Les débats rencontrés en Arabie saoudite à propos de la dépendance aux grands groupes internationaux trouvent un écho en France. Plusieurs villes françaises, comme Paris, ont fait le choix de revenir à une gestion publique de l’eau au cours des dernières années, estimant reprendre la main sur un service considéré comme stratégique.

    D’autres collectivités ont renouvelé leur confiance à des opérateurs privés, en mettant en avant leur capacité à financer des travaux et à moderniser les réseaux. Dans tous les cas, l’expertise accumulée par des groupes comme Veolia aide à décrocher des contrats à l’étranger, comme ce triple accord en Arabie saoudite.

    Un secteur où la technologie pèse de plus en plus lourd

    Le cœur de métier de Veolia ne se limite plus à « fournir de l’eau ». Les grands contrats internationaux reposent désormais sur des solutions très technologiques : capteurs pour surveiller les réseaux, logiciels de pilotage en temps réel, optimisation de la consommation énergétique des usines, recyclage des eaux usées pour l’industrie ou l’agriculture.

    Le dessalement de l’eau de mer, très présent en Arabie saoudite, illustre cette tendance. Il s’appuie sur des techniques comme l’osmose inverse, qui consiste à faire passer l’eau de mer à travers des membranes spéciales pour en retirer le sel. Cette technologie reste énergivore et coûteuse, mais elle devient incontournable dans les régions arides ou insulaires.

    Chaque nouveau contrat de dessalement oblige les industriels à réduire le coût énergétique du mètre cube d’eau produite, un enjeu central pour la viabilité de ces projets.

    Pour les États du Golfe, ces défis énergétiques se combinent à ceux de la transition climatique : produire de l’eau potable tout en limitant les émissions de gaz à effet de serre liées aux usines de dessalement.

    Des enjeux environnementaux et sociaux croissants

    Au-delà des aspects industriels et financiers, ces contrats posent aussi la question de l’impact environnemental. Les rejets de saumure (eau très salée) au large des côtes, la consommation d’énergie, l’empreinte des grands projets d’infrastructures sur les écosystèmes locaux figurent parmi les points de vigilance régulièrement soulevés par les ONG.

    Pour les populations locales, l’enjeu est très concret : garantir une eau potable de qualité, en quantité suffisante, à un prix supportable. En France comme en Arabie saoudite, les controverses sur le prix de l’eau, la transparence des contrats et la répartition des responsabilités entre public et privé continueront à accompagner les mouvements stratégiques des géants français du secteur.

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