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Vous mettez 40 euros d’essence : voici la part exacte qui part en impôts, et ce n’est pas le carburant qui coûte le plus cher

Vous mettez 40 euros d'essence : voici la part exacte qui part en impôts, et ce n'est pas le carburant qui coûte le plus cher

Au Portugal, quand vous payez 40 euros à la pompe, près de la moitié part directement à l’État. Mais cela varie selon le carburant.

Le site d’actualité portugais qui publie ces chiffres détaille, à partir des prix moyens relevés le 23 septembre 2026, comment se répartit chaque euro dépensé en carburant au Portugal. Entre prix du litre, logistique, marges et fiscalité, l’essence et le gazole ne sont pas logés à la même enseigne, et la part des impôts surprend souvent les automobilistes.

Au Portugal, que payez-vous vraiment quand vous mettez 40 euros d’essence ?

Au Portugal, comme en France, le montant qui s’affiche sur le terminal de paiement ne correspond pas seulement au carburant versé dans le réservoir. Il intègre aussi toute une série de taxes, ainsi que les coûts de transport, de stockage et la marge des différents intermédiaires.

Le média portugais s’est penché sur un cas très concret : un plein de 40 euros, réalisé à partir des prix moyens nationaux le 23 septembre 2026. L’objectif : montrer, poste par poste, où part exactement cet argent.

Essence 95 simple : près de la moitié du plein part en impôts

Pour la gasoline simple 95 (l’équivalent de l’essence sans plomb 95 en France), le prix moyen national retenu est de 2,115 euros le litre. Avec 40 euros, un automobiliste portugais achète ainsi environ 18,9 litres de carburant.

Ce montant se partage en deux grands blocs : d’un côté le prix « hors taxes » (coût du carburant, logistique, marges), de l’autre la fiscalité.

Sur 40 euros d’essence 95 au Portugal, 21,51 euros payent le carburant et les coûts associés, contre 18,49 euros d’impôts.

Dans ce scénario, la structure du prix est la suivante :

  • 21,51 euros pour le carburant lui-même, la logistique et les marges commerciales, soit 53,8 % de la facture totale ;
  • 18,49 euros d’impôts, soit 46,2 % de la dépense.

Les 18,49 euros d’impôts se décomposent en trois taxes distinctes :

  • ISP (impôt sur les produits pétroliers, équivalent portugais de la TICPE) : 8,01 euros, soit 20 % du montant total ;
  • taxe carbone : 3,01 euros, soit 7,5 % ;
  • TVA (au taux de 23 %) : 7,48 euros, soit 18,7 %.

En clair, sur un plein de 40 euros de gasoline simple 95 au Portugal, un peu moins de 22 euros couvrent le carburant et sa mise à disposition. Le reste, 18,49 euros, se dirige vers le fisc, entre impôt spécifique, taxe carbone et TVA.

Gazole simple : une fiscalité plus légère que pour l’essence

Le même exercice a été réalisé pour le gazole simple, très utilisé au Portugal comme en France pour les véhicules diesel. Là aussi, le calcul porte sur un plein de 40 euros, avec le prix moyen national observé le 23 septembre 2026.

Une part d’impôts plus faible, mais un litre plus cher

Pour le gazole simple, le prix moyen relevé atteint 2,221 euros le litre. Avec 40 euros, l’automobiliste peut acheter environ 18 litres.

La ventilation des 40 euros change toutefois sensiblement par rapport à l’essence 95.

Sur 40 euros de gazole au Portugal, environ 25 euros rémunèrent le carburant et les coûts, et autour de 15 euros partent en impôts.

Le média portugais détaille les montants :

  • 24,85 euros pour le coût du carburant, la logistique et les marges, soit 62,1 % du total ;
  • 15,15 euros pour la fiscalité, soit 37,9 % de la dépense.

Les 15,15 euros d’impôts se répartissent là encore entre trois postes :

  • ISP : 4,55 euros, soit 11,4 % du montant total ;
  • taxe carbone : 3,12 euros, soit 7,8 % ;
  • TVA : 7,48 euros, soit 18,7 %.

Autrement dit, pour un plein de 40 euros de gazole simple au Portugal, environ 15 euros correspondent aux différents impôts appliqués, tandis que presque 25 euros paient le carburant et sa distribution.

Essence ou gazole au Portugal : quel carburant est le plus taxé ?

À première vue, le consommateur portugais pourrait penser que le gazole, plus cher au litre dans cet exemple (2,221 euros contre 2,115 euros), est aussi le plus lourdement taxé. Les chiffres montrent l’inverse.

En pourcentage du plein, l’essence 95 supporte une charge fiscale nettement plus élevée que le gazole simple.

Pour un même montant de 40 euros :

  • l’essence 95 consacre 46,2 % de la dépense aux impôts ;
  • le gazole simple n’y consacre « que » 37,9 %.

La différence vient principalement de l’ISP, plus élevée sur l’essence que sur le gazole. Les taux de taxe carbone restent assez proches entre les deux carburants, et la TVA à 23 % s’applique au prix global dans chaque cas.

Les valeurs d’ISP mentionnées intègrent un rabais exceptionnel en vigueur au moment du calcul (référence à la Portaria n° 432-A/2026/1, l’équivalent d’un arrêté ministériel). Si ce dispositif venait à évoluer ou être supprimé, la part des taxes dans le prix final pourrait augmenter.

Des montants susceptibles de changer dans le temps

Les calculs publiés par le média portugais s’appuient sur les prix moyens nationaux du 23 septembre 2026. Ils donnent donc une photographie à un instant précis du marché des carburants au Portugal.

Les valeurs peuvent changer en fonction de plusieurs paramètres :

  • évolution des cours internationaux du pétrole ;
  • variation des marges de raffinage et de distribution ;
  • ajustements des taux ou montants d’ISP ;
  • modifications de la taxe carbone ;
  • décisions politiques sur le taux de TVA.

Pour les automobilistes portugais, la part des impôts dans le plein peut donc augmenter ou diminuer au fil des mois, même si les mécanismes de base restent les mêmes.

Comment fonctionne la fiscalité des carburants en France ?

En France, la structure du prix des carburants repose sur des mécanismes proches de ceux décrits pour le Portugal, même si les noms des taxes et les montants exacts diffèrent.

Une grande partie du prix provient aussi des taxes

Sur un litre d’essence ou de gazole vendu en France, le prix se décompose en trois grands ensembles :

  • le coût du produit pétrolier lui-même (achat de pétrole brut, raffinage) ;
  • les coûts de transport, de stockage, de distribution et les marges des acteurs ;
  • les taxes, qui regroupent principalement un impôt spécifique et la TVA.

L’équivalent français de l’ISP portugais est la TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques). C’est une accise fixe par litre, différente selon le carburant. Elle représente une part importante du prix final à la pompe.

À cette taxe s’ajoute la TVA, appliquée au taux normal sur l’ensemble : prix hors taxes et TICPE comprise. Ce mécanisme rend la structure proche de celle du Portugal, où la TVA frappe également un prix déjà gonflé par les autres impôts.

Des choix politiques sur la différence essence/gazole

Comme au Portugal, la fiscalité française peut faire varier le niveau d’imposition entre essence et gazole. Pendant longtemps, le gazole a bénéficié d’un avantage fiscal par rapport à l’essence. Des réformes ont cherché à réduire cet écart, en lien avec les préoccupations environnementales et sanitaires.

En France, les montants précis évoluent parfois par la loi de finances ou par des mesures exceptionnelles, par exemple pour amortir une forte hausse des prix à la pompe. Les automobilistes ont ainsi pu bénéficier, à certaines périodes, d’une remise ponctuelle par litre appliquée directement en station.

Pourquoi les États taxent-ils autant les carburants ?

La forte pression fiscale sur l’essence et le gazole répond à plusieurs logiques, communes à de nombreux pays européens, dont le Portugal et la France.

  • Recettes budgétaires : ces taxes assurent des rentrées importantes pour l’État, stables à court terme, qui financent le budget général.
  • Signal prix : un carburant cher incite à réduire la consommation, à choisir des véhicules moins gourmands, ou à se tourner vers d’autres modes de transport lorsque c’est possible.
  • Dimension environnementale : la taxe carbone, comme au Portugal, vise directement les émissions de gaz à effet de serre en renchérissant les énergies les plus polluantes.

Pour un automobiliste portugais ou français, cela signifie que la variation de la fiscalité peut, à elle seule, changer fortement la facture à la pompe, sans que le prix du pétrole brut n’ait nécessairement bondi.

Comment un conducteur peut-il interpréter ces chiffres pour son budget ?

Comprendre la part d’impôts dans un plein de carburant aide à mieux anticiper son budget automobile, surtout lorsque les prix augmentent rapidement.

Dans l’exemple portugais, la comparaison entre essence 95 et gazole simple met en évidence un point clé : à dépense identique de 40 euros, la répartition entre impôts et coût du carburant varie sensiblement selon le produit choisi. Cela peut influencer le calcul de rentabilité entre véhicule essence et diesel, notamment pour ceux qui parcourent de longs trajets.

Pour un lecteur français, même si les montants précis ne sont pas transposables tels quels, la logique reste comparable : une part très significative de chaque plein relève de choix fiscaux et réglementaires. En cas de nouvelle mesure gouvernementale sur les taxes, l’impact se répercute rapidement sur le ticket de caisse du prochain passage à la station-service.

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