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Des archéologues italiens fouillent sous le Saint-Sépulcre à Jérusalem : ils découvrent un jardin et une chambre funéraire décrits dans la Bible

Des archéologues italiens fouillent sous le Saint-Sépulcre à Jérusalem : ils découvrent un jardin et une chambre funéraire décrits dans la Bible

À Jérusalem, sous la basilique du Saint-Sépulcre en Israël, des fouilles menées par des archéologues italiens ont mis au jour des vestiges inattendus.

Selon des informations rapportées par le média israélien en ligne Times of Israel, une équipe de l’université La Sapienza de Rome a identifié, sous le sol de la basilique du Saint-Sépulcre à Jérusalem, des éléments qui rappellent de façon frappante le récit de la sépulture de Jésus dans le Nouveau Testament.

Un jardin et une chambre funéraire mis en évidence sous la basilique

Les fouilles se déroulent dans le cœur de la Vieille Ville de Jérusalem, sur le site considéré depuis des siècles comme le lieu de la crucifixion, de la mise au tombeau et de la résurrection de Jésus. La basilique du Saint-Sépulcre, point de convergence de millions de pèlerins chaque année, est construite autour de ce que les traditions chrétiennes identifient comme la tombe du Christ.

Au centre de l’édifice se trouve en effet une petite construction, l’édicule, qui abrite le tombeau vénéré. Sur cette structure repose une pierre que la tradition associe à l’endroit où le corps de Jésus aurait été déposé après la crucifixion. Les nouveaux travaux menés sous le pavement de la basilique ont permis de mettre au jour des indices qui renforcent ce lien entre le site actuel et le récit des Évangiles.

Les analyses montrent que, sous le sol de la basilique, se trouvaient un jardin planté d’oliviers et de vignes et une chambre funéraire, en écho direct au récit biblique.

Ces résultats proviennent de prélèvements réalisés sous le pavement ancien. Des spécialistes ont étudié les restes végétaux et les grains de pollen piégés dans les couches archéologiques. Les analyses archéobotaniques ont mis en évidence la présence d’uliviers et de vignes, deux espèces caractéristiques des paysages de Judée à l’époque antique.

Ce que disent les Évangiles sur la tombe de Jésus

Le lien avec la Bible repose en particulier sur un passage du Nouveau Testament. Le récit de l’évangile selon Jean, au chapitre 19, décrit avec précision le contexte de la mise au tombeau de Jésus après la crucifixion.

Le texte mentionne un jardin situé à proximité immédiate du lieu de la crucifixion, et, à l’intérieur de ce jardin, une tombe nouvellement taillée dans la roche, où personne n’avait encore été déposé. C’est là que le corps de Jésus est placé en raison de la proximité du sépulcre et de la préparation du sabbat.

Un jardin, une tombe « nouvelle », creusée dans la roche et proche du lieu de la crucifixion : les évangiles décrivent un cadre que les traces mises au jour sous le Saint-Sépulcre semblent aujourd’hui refléter.

Les découvertes auprès de la basilique ne suffisent pas, à elles seules, à démontrer de manière définitive qu’il s’agit précisément de la tombe mentionnée par l’évangile selon Jean. Elles apportent néanmoins des arguments matériels en faveur de l’ancienneté du culte et de la cohérence topographique du site avec le récit biblique.

Une équipe italienne à la manœuvre depuis 2022

Les recherches sont dirigées par Francesca Romana Stasolla, archéologue à l’université La Sapienza de Rome. Elle pilote un projet international lancé en 2022, à la suite d’un accord conclu en 2019 entre les trois principales autorités religieuses qui se partagent la garde du lieu : le patriarcat orthodoxe grec, la Custodie de Terre sainte (représentant l’Église catholique) et le patriarcat arménien.

À l’origine, le chantier répondait à un besoin très concret : le renouvellement du sol de la basilique, en grande partie posé au XIXe siècle. Les dalles actuelles datent pour l’essentiel de la période de reconstruction qui a suivi un incendie majeur en 1808. Le projet en cours constitue ainsi le plus vaste programme de restauration du pavement depuis ces travaux historiques.

Profitant de cette intervention, les responsables religieux ont accepté qu’une équipe scientifique mène des fouilles systématiques sous le sol, dans la limite compatible avec le maintien des célébrations liturgiques et de l’accueil des pèlerins.

Un chantier résolument interdisciplinaire

Le programme se distingue par son approche croisée. Autour de l’équipe italienne se sont rassemblés des spécialistes de plusieurs domaines :

  • des archéologues, chargés de documenter les structures, tombes et niveaux d’occupation successifs ;
  • des géologues, qui analysent la formation du rocher et les transformations du relief à travers les siècles ;
  • des archéobotanistes, qui étudient les restes végétaux, graines et pollens conservés dans le sous-sol.

L’objectif est de reconstituer une image aussi précise que possible de l’environnement originel, avant la construction des basiliques successives, et d’en proposer une restitution scientifique et visuelle accessible au public.

Une zone hors les murs à l’époque de Jésus

Francesca Romana Stasolla a résumé l’un des enjeux majeurs du chantier dans un entretien accordé au Times of Israel. Elle rappelle que le secteur du Saint-Sépulcre faisait déjà partie de la ville à l’époque de l’empereur romain Hadrien, au IIe siècle après Jésus-Christ.

À cette période, les Romains reconstruisent Jérusalem et la rebaptisent Aelia Capitolina, une colonie fondée sur les ruines de la ville détruite après les révoltes juives. Le site du futur Saint-Sépulcre est alors intégré au tissu urbain romain.

Selon l’archéologue italienne, au temps de Jésus, la zone se trouvait encore à l’extérieur de la ville, ce qui correspond à l’usage d’installer les sépultures hors les murs.

Cette remarque rejoint les connaissances établies sur l’urbanisme de Jérusalem au Ier siècle. Les tombes étaient généralement aménagées en périphérie, dans des jardins ou des carrières désaffectées. Le fait que le secteur ait été ensuite recouvert par des constructions romaines, puis par des églises, renforce l’idée d’une continuité de mémoire autour du lieu.

Les analyses scientifiques encore en cours

Les premiers résultats portent sur les données archéobotaniques et l’étude des pollens, mais le travail reste loin d’être terminé. Les chercheurs attendent notamment les analyses par datation radiocarbone, qui permettront de préciser l’âge des couches mises au jour et des vestiges associés.

Pour l’heure, les indices convergent vers une occupation antérieure à la période chrétienne, ce qui cadre avec l’hypothèse d’un jardin et de tombes utilisés au tournant de notre ère. Les prochains mois devraient affiner cette chronologie.

Élément étudié Résultat préliminaire Enjeu scientifique
Pollens et restes végétaux Présence d’oliviers et de vignes Confirmation d’un paysage de jardin à l’époque antique
Stratigraphie sous le pavement Traces de structures funéraires Identification de chambres sépulcrales anciennes
Datation radiocarbone En cours Fixer l’époque exacte d’utilisation du site

Que représente le Saint-Sépulcre pour un fidèle français ?

Pour les chrétiens de France, la basilique du Saint-Sépulcre en Israël constitue le principal lieu de pèlerinage lié directement à la passion du Christ. Des paroisses, des diocèses, mais aussi des mouvements de jeunes ou des communautés religieuses organisent régulièrement des voyages en Terre sainte, en passant par Jérusalem.

Ces fouilles donnent un relief particulier à ces déplacements. Elles offrent des éléments concrets sur l’environnement dans lequel s’inscrit le récit évangélique. Pour un pèlerin français, savoir qu’un jardin d’oliviers et de vignes existait effectivement sous l’actuelle basilique renforce le sentiment de continuité entre le texte biblique et le lieu visité.

En France, le pendant institutionnel de la Custodie de Terre sainte, qui coordonne la présence catholique sur les lieux saints, se retrouve notamment dans les diocèses et les sanctuaires nationaux, comme le sanctuaire de Lourdes ou la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre. Ces sites organisent souvent des collectes ou des journées spéciales en soutien aux chrétiens de Terre sainte et aux travaux de conservation des sanctuaires de Jérusalem.

Pourquoi l’archéobotanique pèse dans le débat historique

Les résultats obtenus au Saint-Sépulcre mettent en lumière une discipline encore peu connue du grand public : l’archéobotanique. Elle consiste à étudier les restes de plantes conservées dans les sols archéologiques, qu’il s’agisse de graines carbonisées, de bois, de fibres ou de grains de pollen.

Ces indices permettent de reconstituer :

  • le type de végétation présente à une époque donnée ;
  • les cultures pratiquées dans un secteur ;
  • l’usage d’un espace (jardin, champ, zone sauvage, verger, vignoble, etc.).

Dans le cas du Saint-Sépulcre, la combinaison olivier–vigne renvoie à un paysage familier de la Judée antique et correspond à la description biblique d’un jardin situé à proximité du lieu de la crucifixion. Ce faisceau d’indices renforce la cohérence du site sans trancher la question théologique de l’authenticité exacte du tombeau.

Un chantier à la fois scientifique, religieux et touristique

Le projet mené sous la basilique ne se limite pas à la recherche académique. Il répond à plusieurs enjeux imbriqués : l’entretien d’un monument majeur, la sauvegarde d’un lieu de culte et la gestion d’un afflux constant de visiteurs venus du monde entier.

En modernisant le pavement tout en ouvrant le sous-sol aux scientifiques, les Églises de Jérusalem cherchent à concilier respect du sanctuaire, rigueur archéologique et accueil des pèlerins.

Pour les chercheurs italiens et leurs partenaires, ce chantier constitue une occasion rare d’accéder à un site habituellement saturé de fidèles et de cérémonies. Pour les Églises, c’est l’occasion d’appuyer par des données matérielles une tradition qui structure depuis des siècles la foi de millions de croyants.

Les prochaines étapes, avec la publication détaillée des résultats et l’avancement des datations, seront suivies de près par les historiens, les théologiens mais aussi les agences de pèlerinages françaises, qui pourront s’appuyer sur ces données pour proposer des visites plus documentées du Saint-Sépulcre et de son environnement archéologique.

Questions fréquentes

Qu'ont exactement découvert les archéologues sous le Saint-Sépulcre ?

Les chercheurs ont mis au jour un ancien jardin planté d'oliviers et de vignes, ainsi qu'une chambre funéraire. Ces vestiges ont été identifiés par l'analyse des restes végétaux et des grains de pollen présents dans les couches archéologiques du sous-sol.

Comment cette découverte correspond-elle aux Évangiles ?

L'évangile selon Jean, chapitre 19, décrit la mise au tombeau de Jésus dans un jardin situé près du lieu de la crucifixion, avec une tombe nouvellement creusée dans la roche. Les vestiges découverts reflètent précisément ce cadre biblique.

Qui dirige ces fouilles et depuis quand ?

L'archéologue italienne Francesca Romana Stasolla, de l'université La Sapienza de Rome, pilote ce projet lancé en 2022, suite à un accord conclu en 2019 entre les trois principales autorités religieuses qui gardent la basilique.

Ces découvertes prouvent-elles que c'est vraiment la tombe de Jésus ?

Non, les découvertes ne suffisent pas à le prouver de manière définitive, mais elles apportent des arguments matériels en faveur de l'ancienneté du culte et de la cohérence topographique du site avec le récit biblique.

Pourquoi le site était-il hors de la ville à l'époque de Jésus ?

Selon l'archéologue italienne, au Ier siècle, la zone se trouvait à l'extérieur des murs de Jérusalem, ce qui correspondait à l'usage d'installer les sépultures en périphérie, dans des jardins ou des carrières désaffectées.
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