Ce Tesla Model S frôle le million de kilomètres : 965 600 km au compteur en Australie, une seule batterie changée sous garantie et un seul jeu de plaquettes
En Australie, un chauffeur professionnel pousse son Tesla Model S dans ses retranchements, avec un kilométrage hors norme et un entretien minimal.
Un Tesla Model S utilisé comme véhicule de transport de passagers en Australie vient d’atteindre un cap spectaculaire après plus de huit ans de service intensif. Ce cas, rapporté par le site spécialisé espagnol, illustre jusqu’où peut aller une berline électrique quand elle roule chaque jour pour un usage professionnel, avec des coûts d’entretien et d’énergie très maîtrisés.
Près d’un million de kilomètres en huit ans pour un Tesla Model S australien
Le véhicule en question est un Tesla Model S 75D utilisé comme voiture de transport de passagers, l’équivalent d’un VTC ou d’un taxi haut de gamme. Son propriétaire, identifié sous le nom de Raynard, partage régulièrement l’évolution du compteur et les opérations d’entretien réalisées sur la voiture.
Après un peu plus de huit ans de circulation, la berline a dépassé les 600 000 miles, soit environ 965 600 kilomètres. Ce kilométrage correspond à ce qu’un automobiliste particulier parcourt en plusieurs décennies, mais ici, il a été atteint en moins de dix ans grâce à une utilisation quasi quotidienne et intensive.
Le Tesla Model S 75D a franchi la barre des 965 600 km, tout en restant opérationnel pour un usage professionnel au quotidien.
Pour donner une idée de l’ampleur de cette distance, le propriétaire rappelle que cela représente environ 2,5 voyages aller-retour vers la Lune ou près de 24 tours complets de la Terre. Malgré cela, la voiture continue de remplir sa mission de véhicule de transport sans interruption majeure.
Une seule batterie changée, et sous garantie
L’un des éléments les plus frappants dans ce cas est le faible nombre d’interventions lourdes sur la partie électrique. Raynard indique que la voiture n’a bénéficié que d’un seul remplacement de batterie depuis sa mise en circulation.
Ce changement est intervenu lorsque le compteur affichait 666 666 kilomètres. À ce moment-là, le système a enregistré une erreur, ce qui a conduit à l’installation d’un nouveau pack batterie, pris en charge dans le cadre de la garantie constructeur. La batterie d’origine a ainsi été remplacée par un pack d’une capacité de 90 kWh.
Une seule batterie remplacée en garantie autour de 666 666 km, puis un fonctionnement annoncé comme « comme neuf » par son propriétaire.
Depuis ce remplacement, le propriétaire affirme que la voiture fonctionne toujours comme à ses débuts. Son prochain objectif est désormais clair : atteindre le million de kilomètres, objectif qui pourrait être atteint rapidement si le rythme d’utilisation reste le même.
Des freins quasi intacts grâce à la récupération d’énergie
Autre élément marquant : l’usure très limitée du système de freinage. Raynard explique que les plaquettes de frein n’ont été changées qu’une seule fois en plus de huit ans.
Cette longévité s’explique par la forte utilisation de la « freinage régénératif », qui permet au moteur électrique de ralentir la voiture tout en rechargeant légèrement la batterie. Les freins mécaniques sont donc moins sollicités.
En huit ans d’usage professionnel, un seul jeu de plaquettes a été remplacé, un cas extrême rendu possible par la forte régénération au freinage.
Ce retour d’expérience montre que sur un véhicule électrique très utilisé, certains organes d’usure comme les freins, plaquettes et disques peuvent durer bien plus longtemps qu’on ne l’imagine, surtout lorsque la conduite favorise la récupération d’énergie.
Pneus, consommation, économies : le détail des chiffres
Les pneus, le principal poste de remplacement
Si la batterie et les freins ont été peu sollicités en termes de remplacement, ce n’est pas le cas des pneumatiques. Avec un usage intensif, les pneus restent les premiers éléments à changer régulièrement.
Le propriétaire estime qu’un train de pneus lui permet de parcourir entre 50 000 et 75 000 kilomètres. Avec près de 965 000 kilomètres au compteur, cela signifie un grand nombre de remplacements depuis la mise en service de la voiture.
Autonomie de chaque jeu de pneus : entre 50 000 et 75 000 km
Kilométrage total actuel : environ 965 600 km
Nombre de remplacements : de très nombreux trains de pneus en huit ans
C’est l’un des postes d’entretien les plus marquants sur ce véhicule, bien loin devant la batterie ou les freins, qui ont nécessité beaucoup moins d’interventions.
Une consommation mesurée à 18,6 kWh/100 km
Raynard a également communiqué un chiffre clé pour évaluer l’efficacité énergétique de son Model S. Depuis le changement de batterie et sur la période de roulage suivante, l’ordinateur de bord affiche une consommation moyenne d’environ 18,6 kWh pour 100 kilomètres.
Une moyenne de 18,6 kWh/100 km, malgré un usage intensif et un kilométrage approchant le million de kilomètres.
Ce niveau de consommation reste contenu pour une grande berline électrique lourde et utilisée comme outil de travail, souvent en circulation urbaine ou périurbaine, avec de fréquents trajets quotidiens.
Près de 100 000 dollars australiens économisés sur le carburant
Le propriétaire a aussi regardé l’impact financier de l’électrique par rapport à un modèle thermique équivalent.
Selon les estimations fournies par la voiture elle-même, la berline aurait permis d’économiser près de 100 000 dollars australiens de carburant, soit environ 61 600 euros au taux de change actuel. Cette estimation dépend bien sûr des hypothèses retenues pour le prix de l’électricité et du carburant, mais elle donne un ordre de grandeur.
Indicateur
Valeur annoncée
Kilométrage total
Environ 965 600 km
Nombre de batteries remplacées
1 (sous garantie, vers 666 666 km)
Jeux de plaquettes remplacés
1
Consommation moyenne
18,6 kWh/100 km
Économie estimée en carburant
≈ 100 000 dollars australiens (≈ 61 600 €)
Pour un chauffeur dont le véhicule roule presque en permanence, la facture énergétique représente une part significative des coûts. Réduire cette dépense sur plusieurs centaines de milliers de kilomètres change sensiblement la rentabilité de l’activité.
Ce que cela dit de la durée de vie des voitures électriques
Ce cas australien reste un exemple extrême, lié à une utilisation professionnelle très soutenue. Il montre néanmoins plusieurs tendances qui intéressent les conducteurs comme les professionnels du transport.
D’abord, il illustre la capacité d’un véhicule électrique correctement entretenu à dépasser de très loin les kilométrages habituels des voitures particulières. Les 965 600 kilomètres parcourus placent ce Model S parmi les modèles les plus roulants signalés publiquement.
Ensuite, il met en avant la structure des coûts d’entretien différente d’un véhicule électrique : peu d’interventions sur le groupe motopropulseur, une batterie changée en garantie après plusieurs centaines de milliers de kilomètres, des freins très peu remplacés grâce à la régénération, mais des pneus soumis à une rotation fréquente.
Sur ce Model S, la principale usure réelle concerne les pneus, tandis que la mécanique électrique reste étonnamment stable à très haut kilométrage.
Pour les conducteurs français, ce type de témoignage ne fournit pas une garantie, mais donne un ordre d’idée des potentiels kilométrages atteignables, surtout pour les professionnels comme les VTC, taxis ou navettes.
Qu’en est-il des Tesla très kilométrées en France ?
En France, plusieurs propriétaires de Tesla et d’autres modèles électriques rapportent eux aussi des kilométrages élevés, notamment parmi les chauffeurs VTC, taxis ou flottes d’entreprises. Les principes observés en Australie se retrouvent en partie : moins de révisions mécaniques classiques, pas de vidanges moteur, peu de changements de plaquettes dans les premières années, mais une attention particulière à l’état des pneus.
Les constructeurs, dont Tesla, prévoient des garanties spécifiques sur les batteries et moteurs électriques, avec une durée ou un kilométrage couverts. Ces garanties varient selon les modèles et les années, et encadrent la prise en charge d’un éventuel remplacement de batterie en cas de défaut ou de perte de capacité excessive.
En usage intensif en France, les équivalents du cas australien se retrouvent surtout chez les professionnels du transport de personnes, qui font parfois plusieurs centaines de kilomètres par jour. Pour ces métiers, la question centrale devient l’équilibre entre coût d’achat, coût de l’électricité, rythme des remplacements de pneus et éventuels arrêts pour entretien.
Freinage régénératif, usure des pneus : ce qu’un conducteur doit retenir
Le freinage régénératif est un élément clé pour comprendre la faible usure des plaquettes sur ce Model S. Sur une voiture électrique, lever le pied de l’accélérateur déclenche souvent une décélération importante, le moteur électrique fonctionnant alors comme un générateur. Une partie de l’énergie cinétique est convertie en électricité, stockée dans la batterie.
Pour un conducteur français, apprendre à anticiper et à « laisser rouler » en profitant de cette régénération permet non seulement de réduire la consommation, mais aussi d’épargner les freins mécaniques. C’est particulièrement vrai en ville ou sur route avec beaucoup de ralentissements.
À l’inverse, les pneus subissent une contrainte forte sur les voitures électriques. Le couple immédiat disponible à l’accélération, le poids plus élevé lié à la batterie et le roulage intensif, comme dans ce cas australien, accélèrent l’usure des gommes. Un suivi régulier de la pression, un style de conduite souple et un choix de pneus adaptés aident à contenir ce poste de dépense.
Ce Tesla Model S proche du million de kilomètres en Australie donne ainsi un aperçu très concret des forces et des limites d’un véhicule électrique en usage professionnel intensif : une base mécanique robuste, une énergie moins coûteuse qu’un carburant fossile à long terme, mais une vigilance accrue sur les éléments d’usure comme les pneus.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.