En 2027, l’Europe va encore accélérer sur le rail, avec de nouveaux trajets spectaculaires et des prolongements de lignes très attendus.
Alors que les voyages en train séduisent de plus en plus les voyageurs européens, le magazine Condé Nast Traveller recense plusieurs itinéraires longue distance déjà annoncés pour 2027. De la Cappadoce aux fjords de la Baltique, en passant par la côte ligure et les grandes capitales, ces projets dessinent un réseau toujours plus dense, avec une nouvelle grande ligne rapide entre l’Italie et l’Allemagne en point d’orgue.
Le grand retour du voyage ferroviaire au long cours
Les vacances en train ont pris une nouvelle dimension en Europe. L’attrait pour des trajets plus lents, moins carbonés que l’avion, se combine à une montée en gamme de certaines offres : voitures-lits confortables, gastronomie à bord, itinéraires panoramiques. De nombreux opérateurs s’engouffrent dans cette tendance en préparant pour 2027 de nouveaux parcours transfrontaliers.
En 2027, plusieurs liaisons emblématiques vont apparaître ou s’allonger, permettant de traverser l’Europe sans prendre l’avion, de la Méditerranée à la Scandinavie.
Voici les sept trajets mis en avant par Condé Nast Traveller, à surveiller dès maintenant pour organiser ses futures échappées.
De Paris à la Cappadoce à bord du Golden Eagle Danube Express
Parmi les itinéraires les plus spectaculaires, le magazine cite le voyage « Paris–Cappadocia, Aurelian Odyssey » à bord du Golden Eagle Danube Express, un train de luxe privé. Ce parcours traverse six pays en douze jours et commence par une nuit dans un hôtel cinq étoiles à Paris, avec dîner de bienvenue pour faire connaissance avec les autres passagers.
Le train prend ensuite la direction de la Champagne, entre vignobles et cathédrales. Une journée entière est consacrée à la traversée de l’Autriche, avant une arrivée en soirée à Vienne, ponctuée d’un dîner raffiné et d’un concert privé de musique classique avec l’orchestre Vienna Supreme Orchestra.
Le convoi poursuit sa route via Postojna, Belgrade et Sofia, puis franchit la frontière turque pour atteindre Istanbul au septième jour. Après une nuit sur place et une deuxième journée de visite, l’itinéraire mène vers Izmir et Éphèse, puis vers Denizli et le site antique d’Hiérapolis, classé au patrimoine mondial de l’Unesco.
Le voyage se termine par un passage à Ankara, avec déjeuner dans un établissement haut de gamme, avant l’arrivée en Cappadoce au douzième jour. Un périple pensé comme une croisière ferroviaire, où l’expérience à bord compte autant que les escales.
Andalousie et Castille en train de luxe entre Madrid et Séville
Autre projet phare évoqué par Condé Nast Traveller : un itinéraire haut de gamme à travers le sud de l’Espagne, entre Madrid et Séville, prévu pour 2027. Ce trajet pourra se faire dans un sens comme dans l’autre, avec un fil conducteur : les villes historiques classées à l’Unesco.
Au départ de Madrid, les passagers débutent par une visite de la capitale et un déjeuner, avant de se rendre à Aranjuez pour découvrir le palais royal et ses jardins, inscrits au patrimoine mondial. Le parcours se poursuit par Tolède, autre ville espagnole emblématique classée par l’Unesco, puis par Cáceres et Mérida, connues pour leurs vestiges romains.
La route met ensuite le cap sur Jerez et Cadix, avant de rejoindre Cordoue, puis Séville au septième jour. La capitale andalouse abrite l’un des plus grands centres historiques d’Espagne, avec la cathédrale, l’Alcazar et l’Archivo de Indias, eux aussi inscrits à l’Unesco.
Cet itinéraire andalou, déjà réservable pour 2027, affiche des départs annoncés entre le 29 mars et le 27 septembre 2027, selon le calendrier publié par l’opérateur.
Condé Nast Traveller recommande de prolonger le séjour quelques jours à Séville pour profiter de son architecture, de son histoire et de ses bars à tapas.
De la Côte d’Azur à la côte ligure : Nice–Gênes en train régional
Tous les trajets mis en avant ne sont pas nouveaux : certains sont des « classiques » qui prennent un relief particulier dans un itinéraire de 2027. C’est le cas du parcours entre la Côte d’Azur et la Ligurie, de Nice à Gênes, par les trains régionaux français et italiens.
Le principe est simple : prendre un train régional de Nice à Vintimille, première grande ville après la frontière italienne. La ligne longe la Méditerranée et dessert des arrêts emblématiques comme Èze-sur-Mer, Monaco ou Menton.
À Vintimille, il suffit de monter dans un train régional italien pour rallier Gênes en environ deux heures. Condé Nast Traveller conseille de réserver plusieurs jours sur place pour arpenter ses palais historiques, leurs escaliers en marbre, les restaurants de quartier dans les hauteurs, ou encore les quartiers de Boccadasse et Albaro.
Trajet accessible avec des billets régionaux classiques.
Possibilité de s’arrêter dans les stations de la Riviera française.
Connexion directe vers d’autres villes italiennes depuis Gênes.
Les nouveaux projets en Italie : Turin–Venise et axes à grande vitesse
L’Italie est déjà bien maillée par Trenitalia, mais l’article souligne que la SNCF prépare son arrivée renforcée sur le marché italien avec deux nouvelles liaisons envisageables à partir de septembre 2027.
Une première ligne relierait Turin, Milan, Rome et Naples. La seconde, plus courte mais présentée comme particulièrement attractive, mettrait Turin et Venise sur une même liaison rapide. Condé Nast Traveller y voit une base idéale pour un court séjour en train, à insérer dans un voyage plus long ou comme trait d’union entre deux city-breaks.
Le magazine rappelle qu’un itinéraire 100 % ferroviaire depuis le Royaume-Uni passerait par un Eurostar entre Londres et Paris, puis par un Frecciarossa ou un TGV entre Paris et Turin. La capitale du Piémont est décrite comme une destination urbaine riche en événements culturels et en gastronomie, avant une continuation vers Venise.
La perspective d’une liaison directe Turin–Venise opérée par une entreprise française illustre la concurrence croissante sur le marché des trains à grande vitesse en Italie.
Allemagne, Danemark, Norvège : vers une grande diagonale Berlin–Oslo
Plus au nord, Condé Nast Traveller met en avant un projet porté par la compagnie allemande Deutsche Bahn, en coopération avec l’opérateur norvégien Vy et la société danoise DSB. L’objectif : proposer à terme deux allers-retours quotidiens entre Berlin et Oslo, via Hambourg, Copenhague, Malmö et Göteborg.
La première étape de ce projet doit se concrétiser en décembre 2027, avec la mise en service de trains ICE L entre Hambourg et Copenhague. Ce tronçon offrira déjà un trajet direct entre l’Allemagne et le Danemark, pensé notamment pour des escapades hivernales entre marchés de Noël, friperies et cafés chaleureux.
Selon le calendrier annoncé, la liaison Berlin–Oslo complète serait proposée à partir de l’été 2028. La durée totale du trajet devrait se situer entre quatorze et quinze heures. L’enjeu est de rendre possible un voyage continu en train de la capitale allemande à la capitale norvégienne, en traversant trois pays intermédiaires.
Bruxelles–Strasbourg–Bâle : une ligne prolongée jusqu’en Suisse
Autre évolution prévue pour 2027 : l’allongement d’un service existant entre Bruxelles et Strasbourg, qui sera étendu jusqu’à Bâle à partir de juillet 2027, selon les éléments relayés par Condé Nast Traveller. Cette extension reliera la capitale belge à la Suisse en passant par le nord-est de la France.
Un aller-retour est annoncé les vendredis, samedis et dimanches. Pour les voyageurs venant du Royaume-Uni, l’itinéraire pourra commencer par un Eurostar entre Londres et Bruxelles, puis se poursuivre après une halte dans la ville belge avant de rejoindre Strasbourg, puis Bâle.
Le journal en ligne souligne l’intérêt de faire une pause en Alsace : Strasbourg, plus petite que Paris, mais riche en activités, offre croisières sur l’Ill, terrasses en été et atmosphère de village de Noël en hiver. Le trajet s’achève à Bâle, ville frontalière où se rencontrent Suisse, France et Allemagne le long du Rhin.
Munich–Rome : la grande nouveauté à grande vitesse entre l’Italie et l’Allemagne
La nouvelle ligne mise en avant dans le titre de l’article concerne une liaison directe entre Munich et Rome opérée par Trenitalia, prévue pour l’été 2027. Ce projet de grande ligne rapide renforcera les échanges entre l’Italie et l’Allemagne, avec des rames Frecciarossa sur toute la distance.
Le trajet doit desservir Innsbruck, Bolzano, Trente, Rovereto, Vérone, Bologne et Florence, avant d’atteindre Rome. La durée totale annoncée tourne autour de huit heures et demie. À moyen terme, l’ouverture du tunnel de base du Brenner, prévue actuellement pour fin 2032, devrait réduire le temps de parcours d’environ une heure.
Cette future liaison Munich–Rome incarne la montée en puissance des trains à grande vitesse transalpins et offrira une alternative structurée à l’avion pour relier l’Italie centrale au sud de l’Allemagne.
Selon le calendrier présenté, la desserte devrait ensuite évoluer : à partir de décembre 2028, la ligne Munich–Milan serait prolongée jusqu’à Naples, tandis que la liaison Munich–Rome serait étendue à Berlin, créant un long axe nord–sud pour les voyageurs.
Ce que ces projets changent pour les voyageurs français
Pour un public français, ces annonces ont plusieurs conséquences concrètes. D’abord, beaucoup d’itinéraires restent accessibles sans avion : Paris–Cappadoce part de France, la Côte d’Azur–Ligurie se prend à Nice, Bruxelles–Strasbourg–Bâle passe par le territoire français, et Turin–Venise ou Munich–Rome sont facilement atteignables via les TGV ou les Frecciarossa déjà en service depuis Paris ou Lyon.
La SNCF joue un rôle direct dans certains de ces développements, notamment en visant de nouvelles liaisons à grande vitesse en Italie. En parallèle, l’Agence de financement des infrastructures de transport et la SNCF Réseau, en France, travaillent sur d’autres projets nationaux, mais sans lien direct avec les trajets cités par Condé Nast Traveller.
Il existe déjà des équivalents français en termes de trains de nuit ou de longues distances intérieures, comme les trains de nuit relancés vers certaines villes de province, mais les programmes détaillés pour 2027 n’atteignent pas encore l’ampleur des grands axes transfrontaliers décrits ici.
Comment préparer un voyage en train longue distance en Europe
Organiser ce type de trajet demande une anticipation plus grande que pour un aller-retour en avion, surtout lorsqu’il s’agit de trains de luxe ou de liaisons inaugurales. Les opérateurs publient souvent leurs calendriers avec plusieurs mois d’avance, voire plus pour les itinéraires les plus haut de gamme.
Trajet
Période annoncée
Type d’expérience
Paris–Cappadoce
Dates ponctuelles en 2027
Train de luxe avec excursions guidées
Madrid–Séville
29 mars–27 septembre 2027
Itinéraire culturel en Espagne
Nice–Gênes
Trajet existant
Voyage régional côtier
Turin–Venise
Projet pour septembre 2027
Liaison à grande vitesse en Italie
Hambourg–Copenhague
Décembre 2027
Premier tronçon vers Berlin–Oslo
Bruxelles–Strasbourg–Bâle
Juillet 2027
Ligne prolongée vers la Suisse
Munich–Rome
Été 2027
Grande vitesse Italie–Allemagne
Pour un voyageur français, un point d’attention concerne les correspondances : combiner Eurostar, TGV, Frecciarossa ou trains régionaux impose souvent de réserver sur des plateformes différentes et de prévoir une marge de sécurité entre deux trains, surtout lorsque les billets ne sont pas en correspondance garantie.
Autre aspect à garder à l’esprit : certains trajets mis en avant par Condé Nast Traveller sont des produits touristiques complets, vendus avec hébergements, repas et visites guidées. Ils se distinguent des liaisons commerciales classiques, gérées par les opérateurs publics ou privés, qui ne couvrent que le transport.
Un avantage concret : multiplier les étapes sans repasser par l’aéroport
Ces nouvelles lignes rendent plus simple la construction de voyages « à segments », en enchaînant plusieurs pays. Un itinéraire possible pour 2028 pourrait, par exemple, consister à partir de Paris vers Turin, poursuivre vers Venise, puis rejoindre l’Allemagne avant de remonter jusqu’en Scandinavie par les futures liaisons Munich–Berlin et Berlin–Oslo.
Un des principaux bénéfices tient à la flexibilité : on peut ajouter facilement quelques nuits à Strasbourg, Gênes ou Bâle pour découper le trajet et profiter de villes souvent moins fréquentées que les grandes capitales. C’est aussi un moyen concret de réduire sa dépendance à l’avion pour des distances intermédiaires, tout en conservant un confort appréciable à bord.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.