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Un reptile de 85 millions d’années exhumé près d’Aix-en-Provence : « L’évolution est plus complexe que ce qu’on pensait »

Fossile partiel de reptile aquatique du Crétacé mesurant 2,5 mètres, avec ossements denses et membres ressemblant à des pattes adaptées à l'eau douce.

Dans le sud de la France, des ossements anciens interrogent les scientifiques sur l’incroyable capacité d’adaptation des reptiles du Crétacé.

Publié le 28 septembre 2026, l’article de Franceinfo, média public d’information, relaie les travaux de deux chercheuses du CNRS menés près d’Aix-en-Provence, dans les Bouches-du-Rhône. Les restes étudiés apportent un éclairage inattendu sur les mosasaures, longtemps associés aux mers et aux océans.

Un animal vieux d’environ 85 millions d’années

Le fossile appartient à un grand reptile qui vivait il y a environ 85 millions d’années, durant le Crétacé supérieur. Cette période s’étend approximativement de 100,5 à 66 millions d’années avant notre ère. Les scientifiques y situent de nombreux animaux aujourd’hui disparus, dont les dinosaures non aviens et les mosasaures.

Le spécimen mis au jour près d’Aix-en-Provence mesurait environ 2,5 mètres. Il reste donc bien plus petit que l’image souvent associée à ces reptiles, celle d’animaux marins géants capables d’atteindre 15 mètres de long.

Les os retrouvés suggèrent qu’un parent des mosasaures marins a vécu dans un environnement d’eau douce.

Cette piste repose autant sur la morphologie de l’animal que sur le lieu où ses restes ont été exhumés. Dans le même secteur, les chercheurs ont aussi trouvé des fossiles de mollusques caractéristiques des milieux d’eau douce. Ces indices dessinent le portrait d’un reptile dépendant de cet environnement pour survivre.

Des membres qui ressemblent davantage à des pattes

Les mosasaures les plus connus vivaient dans les océans. Ils possédaient des membres adaptés à la nage et évoluaient dans un milieu marin. Or, le fossile provençal présente une autre configuration : ses membres évoquent davantage des pattes que ceux de ses cousins océaniques.

Cette particularité intéresse Nathalie Bardet, rattachée au Centre de recherche en paléontologie lié au Muséum national d’histoire naturelle, et Alexandra Houssaye, du laboratoire Mécanismes adaptatifs et évolution, aussi appelé Mecadev. Les deux chercheuses du CNRS sont à l’origine de cette étude.

Alexandra Houssaye insiste sur la portée scientifique de ces restes, malgré leur apparence peu spectaculaire : « En lui-même, ce n’est pas un fossile sublime, des restes qui vont fasciner les foules. »

Pour la chercheuse, l’intérêt se situe ailleurs : dans ce que ces os racontent sur les chemins parfois inattendus suivis par l’évolution. « Mais de trouver ces restes-là en milieu d’eau douce nous prouve que l’évolution est plus complexe, plus riche que ce qu’on pensait », explique-t-elle à ICI Provence.

Une adaptation qui bouscule l’image des mosasaures

Cette observation invite à nuancer l’idée d’animaux uniquement adaptés aux vastes étendues marines. « Les mosasaures ne sont pas juste des bêtes qui font 15 mètres de long dans les océans », poursuit Alexandra Houssaye.

Les éléments relevés sur le squelette montrent qu’au sein d’un même grand groupe animal, des formes de vie pouvaient emprunter des trajectoires différentes. Certaines populations se spécialisaient pour la mer ; d’autres semblaient capables de s’accommoder de milieux distincts.

  • Le spécimen a vécu il y a environ 85 millions d’années.
  • Il mesurait approximativement 2,5 mètres.
  • Ses restes ont été trouvés près d’Aix-en-Provence.
  • Ses membres paraissent plus proches de pattes que de membres voués à la nage océanique.
  • Des fossiles de mollusques d’eau douce ont été identifiés dans le même secteur.

Des os très denses, utiles pour se déplacer sous l’eau

Les chercheurs ont relevé une autre caractéristique : les os du reptile présentent une forte densité. Cette morphologie se rencontre habituellement chez des animaux marins. Elle aurait aidé le reptile à plonger et à se déplacer dans l’eau avec une moindre dépense d’énergie.

Un os dense peut jouer un rôle comparable à un lest naturel. Il alourdit le corps et facilite l’immersion, là où un animal plus léger risquerait de remonter rapidement vers la surface. Dans le cas de ce mosasaure, ce trait associé à un cadre d’eau douce renforce l’intérêt du fossile.

La densité des os et les indices du terrain racontent l’histoire d’un animal aquatique adapté à un environnement qui ne correspond pas au modèle marin habituel.

La prudence reste de mise face à un matériel fossile incomplet. Les paléontologues reconstituent un mode de vie à partir d’indices croisés : forme des os, densité du squelette, animaux retrouvés à proximité et nature du milieu ancien. Chaque fragment compte dans cette enquête menée à plusieurs dizaines de millions d’années de distance.

Ce que cette trouvaille apporte à la recherche française

En France, le CNRS et le Muséum national d’histoire naturelle participent à l’étude et à la conservation des collections scientifiques, dont les fossiles. Les travaux menés près d’Aix-en-Provence illustrent le rôle de ces institutions dans l’analyse des formes de vie disparues et de leurs environnements.

La paléontologie ne consiste pas seulement à identifier un animal ou à reconstituer son apparence. Elle cherche aussi à comprendre ses contraintes : son habitat, ses déplacements, ses ressources et les transformations qui ont permis à sa lignée de s’installer dans un milieu donné.

Dans ce dossier, l’enjeu dépasse donc l’identification d’un reptile ancien. Il touche aux mécanismes de l’évolution. Comme le formule Alexandra Houssaye, « la nature trouve toujours plus de solutions, plus de combinaisons pour s’adapter ».

Pourquoi l’eau douce constitue un indice déterminant

Un milieu d’eau douce ne présente pas les mêmes conditions qu’un océan. Les organismes qui y vivent doivent composer avec d’autres ressources et d’autres équilibres écologiques. La présence de mollusques adaptés à cet environnement permet aux scientifiques de mieux caractériser le cadre dans lequel évoluait le reptile.

Le fossile provençal rappelle ainsi que les groupes d’animaux disparus ne formaient pas des ensembles uniformes. Derrière l’image du mosasaure marin se cachent des adaptations variées, dont certaines restent encore à documenter dans les roches et les collections scientifiques.

Questions fréquentes

Comment les chercheurs savent-ils que ce reptile vivait en eau douce et non en mer ?

Les restes ont été trouvés dans un secteur où ont aussi été découverts des fossiles de mollusques caractéristiques des milieux d'eau douce. De plus, la morphologie de l'animal, notamment ses membres ressemblant à des pattes plutôt qu'à des nageoires, correspond à ce type d'environnement.

Pourquoi les os denses de ce reptile l'aidaient-ils à se déplacer en eau douce ?

Les os denses jouent un rôle comparable à un lest naturel, alourdissant le corps et facilitant l'immersion. Cela permettait au reptile de plonger et de se déplacer sous l'eau avec une moindre dépense d'énergie.

Quelle était la taille de ce mosasaure comparé aux mosasaures marins connus ?

Ce spécimen mesurait environ 2,5 mètres, bien plus petit que les mosasaures marins géants qui pouvaient atteindre 15 mètres de long.

Que dit cette découverte sur l'image habituelle des mosasaures ?

Elle nuance l'idée que les mosasaures étaient uniquement adaptés aux vastes étendues marines. Elle montre au contraire que des populations au sein du même groupe animal emprunter des trajectoires très différentes, certaines se spécialisant pour la mer, d'autres s'accommodant de milieux distincts.

Pendant quelle période géologique ce reptile a-t-il vécu ?

Le fossile date du Crétacé supérieur, une période s'étendant approximativement de 100,5 à 66 millions d'années avant notre ère.
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