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100 francs en 1987 contre 30 euros aujourd’hui : peut-on encore s’offrir la même journée ?

Portefeuille contenant des billets et pièces en francs à côté de pièces et billets en euros, illustrant la comparaison du pouvoir d'achat entre 1987 et 2025

En 1987, avec 100 francs en poche, il était possible de s’offrir une sortie au cinéma,
de manger un plat du jour et de conserver encore quelques francs pour poursuivre sa journée.
Près de quarante ans plus tard, nous avons voulu refaire l’expérience avec l’équivalent
de cette somme. Et le résultat raconte beaucoup de l’évolution de notre pouvoir d’achat.

La vidéo a provoqué énormément de réactions sur les réseaux sociaux.
Il faut dire que l’expérience tient en une question extrêmement simple :
que pouvait-on réellement faire avec 100 francs en 1987,
et que peut-on faire aujourd’hui avec la même somme une fois l’inflation prise en compte ?

Car comparer directement 100 francs à 15,24 euros n’aurait aucun sens.

15,24 euros correspondent simplement à la conversion monétaire entre le franc et l’euro.
Mais près de quarante années d’inflation sont passées par là.

Et c’est là que les choses deviennent beaucoup plus intéressantes.

100 francs de 1987 ne valent pas 15 euros aujourd’hui

Pour effectuer une comparaison sérieuse, il faut regarder le pouvoir d’achat de la monnaie.

L’Insee dispose justement d’un convertisseur permettant de comparer une somme à différentes
époques en tenant compte de l’évolution générale des prix.

Selon la dernière année complète disponible,
100 francs de 1987 correspondent à environ 30 euros de 2025 en pouvoir d’achat.

Autrement dit, notre défi n’est pas de tenter de passer une journée avec 15 euros.

Il consiste à prendre environ 30 euros aujourd’hui et à essayer de reproduire
ce que permettaient 100 francs en 1987.

Sur le papier, la somme paraît déjà beaucoup plus confortable.

Dans la réalité, elle disparaît très vite.

En 1987, le cinéma ne dévorait pas tout le budget

Revenons quelques instants en arrière.

Nous sommes en 1987. La France paie encore en francs, Internet n’existe pas dans les foyers
et aller au cinéma fait partie des sorties populaires.

Les documents de l’époque permettent d’ailleurs de retrouver des traces très concrètes
des tarifs pratiqués.

Un rapport du Sénat publié à la fin de l’année 1987 évoquait par exemple une carte Pathé
permettant d’obtenir dix entrées pour 300 francs, soit 30 francs la séance.
UGC testait de son côté une formule donnant accès à quatre spectacles pour 100 francs,
soit 25 francs par séance.

Avec un billet de 100 francs,
une place de cinéma ne représentait donc qu’une partie du budget.

Et c’est exactement ce qui frappe lorsque l’on reconstitue une journée de cette époque.


Cinéma, plat du jour, quelques petites dépenses supplémentaires :
les 100 francs permettaient encore d’enchaîner plusieurs moments de consommation
dans une seule journée.

C’est cette sensation que notre vidéo remet brutalement en perspective.

Pas celle d’être riche avec 100 francs.

Mais celle de pouvoir faire plusieurs choses avec une seule coupure.

Aujourd’hui, on repart avec une trentaine d’euros

Avance rapide jusqu’à aujourd’hui.

Pour reproduire l’expérience, nous repartons donc avec environ 30 euros,
soit l’équivalent en pouvoir d’achat des 100 francs de 1987 selon les données de l’Insee.

Première dépense : le cinéma.

Contrairement à une idée répandue, la place de cinéma n’est d’ailleurs pas forcément
le principal coupable.

Le prix moyen réellement payé pour un billet reste inférieur aux pleins tarifs affichés
dans certaines grandes salles, notamment grâce aux abonnements, aux cartes,
aux réductions et aux séances à tarif préférentiel.

Puis arrive le déjeuner.

Et c’est généralement à ce moment-là que
notre billet virtuel de 30 euros commence sérieusement à souffrir.

Un plat du jour, une boisson, éventuellement un café… puis une séance de cinéma,
un déplacement ou une autre petite dépense :
le budget peut être épuisé avant d’avoir reproduit l’ensemble de la journée de 1987.

Le résultat dépend évidemment de la ville, du restaurant choisi,
des réductions disponibles au cinéma et des habitudes de chacun.

Mais c’est précisément ce qui rend l’expérience intéressante :
il ne s’agit pas d’affirmer qu’il est impossible de manger et d’aller au cinéma
avec 30 euros partout en France.

Il s’agit de constater qu’en reproduisant le même programme et les mêmes catégories
de dépenses, la marge de manœuvre paraît aujourd’hui beaucoup plus faible.

Alors, est-ce simplement « la faute de l’euro » ?

Pas vraiment.

C’est aussi là qu’il faut se méfier des comparaisons nostalgiques trop rapides.

Le passage du franc à l’euro n’explique pas, à lui seul, ce phénomène.
L’Insee tient justement compte de l’inflation pour déterminer l’équivalent des 100 francs.

Le problème est qu’un chiffre d’inflation représente une
moyenne portant sur un immense panier de biens et de services.

Or notre journée n’est pas composée de ce panier moyen.

Elle est composée de restauration, de loisirs, de transport et de petites consommations.

Et tous ces prix n’évoluent pas exactement au même rythme.

Certaines dépenses du quotidien peuvent augmenter davantage que l’inflation moyenne,
tandis que d’autres progressent moins vite.


C’est cette accumulation que le consommateur ressent lorsqu’il sort son portefeuille.

Ce que 100 francs racontent surtout de notre rapport à l’argent

C’est probablement pour cette raison que la vidéo suscite autant de réactions.

Les 100 francs servent presque de machine à remonter le temps.

Pour ceux qui ont connu cette époque, ils rappellent immédiatement des souvenirs :
le prix d’un café, une place de cinéma, le restaurant du midi,
quelques courses ou une sortie entre amis.

Pour les plus jeunes, la comparaison est presque difficile à imaginer.

Mais le plus intéressant n’est finalement pas de déterminer si
« tout était mieux avant ».

C’est de constater à quel point
la perception d’une petite somme d’argent a changé.

En 1987, dépenser quelques dizaines de francs permettait de fractionner son budget
entre plusieurs moments de la journée.

Aujourd’hui, une trentaine d’euros peut toujours permettre de sortir, bien sûr.
Mais dès que l’on additionne restaurant, loisirs, déplacement et petites dépenses,
la somme peut disparaître extrêmement rapidement.

Et c’est peut-être cela que notre expérience montre le mieux.


100 francs n’étaient pas une fortune en 1987.
Mais ils donnaient le sentiment de pouvoir faire beaucoup de choses.

Près de quarante ans plus tard,
leur équivalent ne procure plus tout à fait la même sensation.

Questions fréquentes

Pourquoi 30 euros et non 15,24 euros ?

Parce que 15,24 euros correspond uniquement à la conversion monétaire franc-euro, sans tenir compte des quatre décennies d'inflation. L'Insee utilise un convertisseur qui ajuste selon l'évolution générale des prix pour comparer le vrai pouvoir d'achat.

Est-ce la faute de l'euro si le pouvoir d'achat a baissé ?

Non, le passage du franc à l'euro n'explique pas seul ce phénomène. L'inflation moyenne masque que certaines dépenses du quotidien (restauration, loisirs, transport) ont augmenté davantage que d'autres, créant une accumulation que ressent le consommateur.

Peut-on toujours faire cinéma et restaurant avec 30 euros aujourd'hui ?

Oui, mais cela dépend de la ville, du restaurant choisi et des réductions disponibles. L'expérience montre que la marge de manœuvre est beaucoup plus faible qu'en 1987 : il est difficile d'enchaîner plusieurs moments de consommation avec la même facilité.

Qu'indique cette comparaison sur notre rapport à l'argent ?

Elle révèle que la perception d'une petite somme a profondément changé : en 1987, fractionnner son budget entre plusieurs activités était naturel ; aujourd'hui, la même somme en pouvoir d'achat ne procure plus cette même sensation de liberté de dépense.

Comment l'INSEE calcule-t-il l'équivalent de 100 francs en euros ?

L'INSEE dispose d'un convertisseur qui compare une somme à différentes époques en tenant compte de l'évolution générale des prix. Les données utilisées ici proviennent de la dernière année complète disponible (2025).
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