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Complémentaire santé solidaire : des retraités modestes y ont droit et paient parfois 0 euro

À la pharmacie, le ticket peut vite faire grimacer : une boîte de médicaments peu remboursée, une paire de lunettes à renouveler, un rendez-vous chez le dentiste qui approche. Pour beaucoup de retraités, ce ne sont pas des dépenses exceptionnelles, mais une petite inquiétude qui revient chaque mois, souvent au moment d’ouvrir le relevé bancaire. Certains pensent ne plus avoir droit à rien dès lors qu’ils touchent une pension. C’est faux. La Complémentaire santé solidaire, souvent appelée CSS, peut prendre en charge une grande partie des frais de santé et, dans certains cas, ne coûte absolument rien. Encore faut-il savoir qu’elle existe et oser vérifier sa situation. Une démarche parfois plus simple qu’on ne l’imagine.

La Complémentaire santé solidaire n’est pas réservée aux personnes sans pension

Dans l’imaginaire collectif, l’aide santé serait destinée aux personnes très éloignées de l’emploi ou en grande précarité. Pourtant, de nombreux retraités modestes peuvent y accéder, y compris lorsqu’ils perçoivent une pension régulière. Ce qui compte, ce n’est pas le fait d’être retraité, mais le niveau des ressources du foyer sur les douze derniers mois. Une petite retraite, une pension de réversion modeste ou des revenus irréguliers peuvent ouvrir la porte à la CSS. Le statut de retraité ne ferme donc rien à lui seul.

Marie, 72 ans, vit seule dans un appartement en location et touche une pension qui dépasse un peu 900 euros par mois. Pendant longtemps, elle a conservé une mutuelle individuelle à près de 70 euros mensuels, persuadée qu’elle n’avait aucune autre option. Après un échange avec une assistante sociale, elle a déposé une demande de Complémentaire santé solidaire. Son dossier a été accepté sans participation financière. Sur une année, la différence a représenté plusieurs centaines d’euros, une somme qui a fini dans les courses et le chauffage.

La CSS remplace ou complète une mutuelle classique, avec des garanties encadrées : consultations, médicaments, hospitalisation, lunettes, soins dentaires, audioprothèses. Elle évite aussi, dans la plupart des cas, l’avance de frais chez les professionnels de santé grâce au tiers payant. Les plafonds de ressources sont révisés régulièrement et dépendent de la composition du foyer ainsi que du lieu de résidence. Il faut donc regarder les montants actualisés sur le site de l’Assurance Maladie, plutôt que de se fier à un chiffre lu il y a deux ans dans un vieux prospectus.

Une aide gratuite pour certains retraités, une petite cotisation pour d’autres

La première action consiste à faire une simulation sur le compte ameli, ou à demander un accompagnement à sa caisse primaire d’assurance maladie. Il est aussi possible de remplir un formulaire papier, utile pour celles et ceux qui ne sont pas à l’aise avec Internet. La demande porte sur les ressources perçues au cours des douze mois précédant le mois de dépôt. Pension de retraite, revenus fonciers, pension alimentaire ou placements peuvent entrer dans le calcul. Mieux vaut préparer ses justificatifs tranquillement, sur la table du salon, sans attendre une facture médicale trop lourde.

Une erreur fréquente consiste à renoncer avant même d’avoir essayé, parce que l’on possède une petite épargne ou parce que l’on reçoit une pension de réversion. Beaucoup de retraités se disent : « Je gagne trop pour les aides. » Ils se trompent parfois. Lorsque les revenus restent sous le premier plafond, la CSS est gratuite. Lorsqu’ils dépassent légèrement ce seuil tout en restant sous le plafond supérieur, une participation mensuelle peut être demandée. Elle reste modérée et varie selon l’âge, bien loin du prix de certaines complémentaires privées. Soyons honnêtes : personne ne vérifie ses droits chaque matin.

Le dossier doit être complet, mais il ne demande pas de raconter toute sa vie. Une fois la décision obtenue, il faut choisir l’organisme qui gérera la complémentaire, soit la caisse d’assurance maladie, soit une mutuelle habilitée.

« Une pension modeste ne signifie pas qu’il faut accepter de renoncer aux soins ou de payer une mutuelle trop chère », rappellent régulièrement les travailleurs sociaux confrontés au non-recours.

Avant d’envoyer la demande, un rapide contrôle évite bien des délais :

  • vérifier les revenus déclarés sur les douze derniers mois ;
  • joindre les justificatifs demandés, surtout en cas de pension de réversion ;
  • signaler les personnes vivant au foyer, y compris le conjoint ;
  • conserver une copie complète du dossier envoyé ;
  • noter la date de fin des droits pour penser au renouvellement.

Renoncer à une mutuelle trop chère n’est pas une fatalité

La question de la santé arrive souvent sans prévenir. Une dent cassée, une cataracte à opérer, un appareil auditif dont le réglage ne suffit plus : ces situations ne choisissent pas le bon mois. La Complémentaire santé solidaire ne règle pas toutes les inquiétudes du quotidien, mais elle peut retirer une pression financière réelle. Pour un retraité qui compare chaque dépense, ne plus avancer certains frais ou bénéficier d’équipements inclus dans le dispositif 100 % Santé change concrètement la manière de se soigner. **La prévention redevient possible**, sans ce calcul silencieux qui pousse parfois à reporter un rendez-vous.

Il reste une réalité moins visible : beaucoup de personnes éligibles ne demandent pas la CSS. La pudeur joue, tout comme la fatigue administrative ou la peur de faire une erreur. On connaît tous ce moment où un courrier officiel reste plusieurs jours sur un meuble, parce qu’il semble trop compliqué à ouvrir. Un proche, un centre communal d’action sociale, une maison France Services ou une assistante sociale peuvent aider à démêler les documents. Demander un coup de main ne retire rien à l’autonomie ; cela permet souvent de retrouver un peu d’air.

Les retraités concernés ont aussi intérêt à comparer leur contrat actuel avant toute décision. Résilier une mutuelle coûteuse peut être pertinent après l’accord de la CSS, mais il ne faut pas se retrouver sans couverture entre deux démarches. La date de prise d’effet, les modalités de résiliation et la situation du conjoint méritent un regard attentif. **Un droit non demandé reste un droit perdu dans les faits.** Autour d’un café, entre voisins ou en famille, parler de cette aide peut faire tomber une idée tenace : celle selon laquelle les petites retraites doivent forcément choisir entre se soigner et boucler le mois.

Point essentiel Détail Valeur ajoutée pour le lecteur
Accès à la CSS Les retraités peuvent y avoir droit selon les ressources du foyer. Ne pas écarter l’aide au seul motif de percevoir une pension.
Coût possible La couverture peut être gratuite ou demander une faible participation liée à l’âge. Comparer avec le prix d’une mutuelle classique, souvent plus élevé.
Démarche Simulation sur ameli, dossier auprès de la CPAM ou accompagnement social. Passer de l’hésitation à une vérification concrète de ses droits.
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