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MG3 : au crash-test Euro NCAP, le siège conducteur a glissé de 11 cm vers l’avant, une première depuis 1997, et de nombreux propriétaires boudent la réparation gratuite

Lors d’un crash-test en Europe, la citadine MG3 a révélé un défaut rarissime de siège, au point d’alerter publiquement Euro NCAP.

Huit mois après un essai de choc frontal qui a mis en lumière une défaillance de sécurité inédite depuis la fin des années 1990, l’organisme européen Euro NCAP presse désormais les propriétaires de MG3 de répondre à un rappel pourtant gratuit, rapporte le site automobile Carscoops. La marque, propriété du groupe chinois SAIC, a corrigé le problème en usine, mais une partie des conducteurs concernés ne se présente toujours pas en concession.

Un crash-test 2025 qui fait glisser le siège conducteur

En septembre 2025, lors d’un test de choc frontal mené par Euro NCAP en Europe, la MG3 a connu une défaillance que les ingénieurs de l’organisme n’avaient pas observée depuis 1997. Pendant l’impact, un élément de verrouillage a cédé sur un côté du siège conducteur.

Le siège du conducteur de la MG3 a avancé d’environ 11 cm en plein choc frontal, augmentant le risque de blessure.

Concrètement, le loquet qui bloque la glissière n’a pas tenu, laissant le rail du siège coulisser vers l’avant d’environ 11,5 cm, soit 4,4 pouces. Un tel mouvement, en pleine décélération violente, modifie la position du conducteur par rapport au volant, à l’airbag et à la ceinture, ce qui peut aggraver les blessures, notamment au thorax et au cou.

Euro NCAP, qui effectue des essais standardisés depuis 1997, souligne qu’aucune voiture n’avait montré exactement ce type de défaillance de siège en près de trois décennies de tests. Ce caractère exceptionnel a poussé l’organisme à suivre de près la réaction du constructeur.

MG identifie la cause et renforce l’ancrage du siège

À la suite de cet échec au crash-test, MG a engagé une analyse technique approfondie. Selon Carscoops, la marque affirme avoir identifié la cause précise de la rupture du verrouillage, avant de proposer une solution de conception.

La réparation validée par Euro NCAP consiste à renforcer les pièces de verrouillage dans le rail de siège. L’objectif est d’empêcher tout déplacement intempestif du siège lors d’un choc, même violent, en maintenant fermement l’ensemble rail-siège sur la structure de plancher.

Dès août 2025, MG a commencé à intégrer ces composants renforcés en usine sur tous les nouveaux exemplaires de MG3. Les véhicules produits après cette date sortent donc déjà corrigés des chaînes de montage, que ce soit pour l’Europe, le Royaume-Uni, l’Australie ou l’Afrique du Sud.

Un rappel mondial, gratuit, mais largement ignoré

Le véritable enjeu concerne les milliers de MG3 déjà livrées avant la modification de production. Pour ces voitures, MG a mis en place un rappel officiel dans plusieurs régions du monde, dont l’Europe, le Royaume-Uni, l’Australie et l’Afrique du Sud.

  • La réparation est intégralement prise en charge par MG.
  • Les propriétaires doivent simplement prendre rendez-vous en concession.
  • Aucun incident réel lié à ce défaut n’a été signalé à ce jour.

Euro NCAP affirme que tous les propriétaires des véhicules concernés ont été informés, par les canaux habituels des rappels constructeurs. Pourtant, beaucoup ne se sont pas déplacés. Une partie des MG3 roule ainsi toujours avec le système de verrouillage d’origine.

Malgré un rappel gratuit et une modification validée, une proportion significative de propriétaires n’a pas encore fait vérifier leur MG3.

Face à cette inertie, l’organisme de sécurité a décidé de sortir de sa réserve habituelle et d’interpeller directement les automobilistes.

Euro NCAP monte au créneau pour appeler les propriétaires à réagir

Euro NCAP, qui se limite généralement à publier des notes et des rapports techniques, a pris la parole publiquement pour insister sur la nécessité d’agir. Le directeur du programme, le docteur Aled Williams, rappelle l’ampleur du souci détecté et la réponse du constructeur.

Dans une déclaration relayée par Carscoops, il explique que cette défaillance de sécurité importante a été révélée lors des tests et salue la réaction jugée « robuste » de MG Motor. Il invite clairement les propriétaires de MG3 et de MG3 Hybrid+ qui n’auraient pas encore tenu compte du rappel ou qui n’en auraient pas entendu parler à contacter sans attendre leur concessionnaire MG.

La marche à suivre est simple : le réseau MG vérifie si le véhicule entre dans le champ de la campagne, puis planifie l’intervention si nécessaire, sans frais pour le conducteur. L’appel d’Euro NCAP vise à toucher aussi ceux qui auraient ignoré un courrier, un mail ou un message du constructeur.

Pourquoi tant de rappels restent sans suite

Le cas de la MG3 illustre un phénomène récurrent dans le monde automobile : une partie des propriétaires ne répond pas aux campagnes de rappel, même lorsqu’elles concernent la sécurité. Plusieurs raisons reviennent régulièrement :

  • véhicule revendu, propriétaire non identifié ou mal contacté ;
  • banalisation du rappel, perçu comme un simple contrôle de routine ;
  • contraintes de temps et de déplacement pour se rendre en atelier ;
  • sous-estimation du risque réel en l’absence d’accident médiatisé.

Dans le cas de la MG3, l’absence d’incident recensé dans la circulation peut donner l’illusion que le défaut est théorique. Les organismes de sécurité rappellent pourtant que les procédures de test reproduisent des scénarios d’accidents graves et révèlent des points faibles qui ne se manifestent pas forcément au quotidien.

Ce que cela signifie pour les conducteurs français

MG commercialise ses modèles en France, mais la MG3 reste surtout présente sur certains marchés européens et hors d’Europe. Pour un automobiliste français, ce type d’affaire met en lumière le fonctionnement des rappels de sécurité.

En France, lorsqu’un défaut de sécurité est identifié, le constructeur doit lancer une campagne de rappel officiellement enregistrée, souvent en concertation avec les autorités (comme la répression des fraudes et les services du ministère chargé des Transports). L’information peut remonter sur des bases publiques consultables par les consommateurs.

En France, les rappels sécurité sont pris en charge par le constructeur et peuvent être vérifiés auprès du réseau ou via les historiques d’entretien.

Pour un propriétaire français de MG ou d’une autre marque, quelques réflexes restent utiles :

  • Vérifier régulièrement le courrier et les mails liés au véhicule.
  • Contacter le concessionnaire en cas de doute sur une campagne en cours.
  • Conserver les factures et attestations d’intervention liées aux rappels.
  • En cas de rappel lié à la sécurité, les ateliers pratiquent une intervention gratuite. Il peut s’agir d’une reprogrammation électronique, d’un remplacement de pièces ou d’une vérification approfondie de certains organes comme les freins, les airbags ou, comme ici, les sièges.

    Un siège qui avance : pourquoi c’est si problématique

    Le défaut observé sur la MG3 concerne un ensemble souvent négligé par les automobilistes : l’ancrage du siège. Dans un véhicule moderne, la sécurité ne repose pas uniquement sur les airbags, mais aussi sur la capacité de la structure et de l’intérieur à maintenir le corps dans la bonne position.

    Lors d’un choc frontal, la ceinture de sécurité retient le torse, l’airbag amortit la tête et la poitrine, et le siège soutient le bassin et le dos. Si le siège avance brusquement, ce trio perd en efficacité :

    • le conducteur se rapproche trop du volant et de l’airbag, ce qui augmente la violence du contact ;
    • la ceinture n’agit plus à l’endroit prévu, ce qui peut provoquer un « sous-marinage » (le corps glisse sous la ceinture) ;
    • les forces se répartissent différemment sur le cou, la colonne et les membres inférieurs.

    Les essais Euro NCAP servent notamment à vérifier que les sièges, les rails, les ceintures et les prétensionneurs gardent leur cohérence lors d’un impact. Un simple loquet fragilisé peut suffire à dégrader l’ensemble du dispositif de protection.

    Un rappel qui concerne aussi la MG3 Hybrid+

    L’appel d’Euro NCAP ne vise pas seulement la version thermique de la MG3. Le docteur Aled Williams mentionne explicitement la MG3 et la MG3 Hybrid+. Les propriétaires des deux variantes sont invités à vérifier si leur véhicule fait partie des exemplaires concernés par la campagne.

    Si la structure de base du siège et des rails est commune, une correction identique ou très proche peut s’appliquer à ces différents modèles. Le réseau MG dispose des numéros de série et des plages de production couvertes par la modification.

    Un rappel discret, mais un signal fort pour la sécurité

    Pour MG, ce dossier est doublement sensible. D’un côté, la marque a réagi en identifiant la cause, en corrigeant la production et en lançant un rappel gratuit à l’échelle internationale. De l’autre, le fait qu’Euro NCAP prenne la parole directement montre que l’affaire ne se limite pas à un simple détail technique.

    Ce type d’épisode rappelle à tous les fabricants qu’un crash-test raté ne se joue pas uniquement sur la note globale, mais aussi sur la capacité à corriger un défaut et à convaincre les propriétaires d’appliquer la solution. Pour les conducteurs, même lorsque le véhicule fonctionne parfaitement au quotidien, une campagne de rappel liée à la sécurité mérite d’être prise au sérieux, surtout quand elle touche un élément aussi central que le siège du conducteur.

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