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Des chercheurs découvrent une plante qui aspire l’or du sol : voici où le métal précieux s’accumule

Des chercheurs découvrent une plante qui aspire l'or du sol : voici où le métal précieux s'accumule

En Argentine, des scientifiques testent une technique surprenante : utiliser certaines plantes pour récupérer de l’or présent en très faible quantité dans le sol.

Le média économique argentin El Cronista rapporte les travaux de chercheurs qui s’intéressent à la « fitominería », la fitominéralurgie, une méthode où des plantes utilisent leurs racines pour absorber de minuscules particules d’or présentes dans la terre. Ce procédé, déjà étudié dans plusieurs pays, intrigue le secteur minier par son impact environnemental beaucoup plus limité que celui des mines à ciel ouvert.

Une plante qui « aspire » l’or caché dans le sol

À première vue, l’idée semble relever du conte de fées : une plante qui produirait de l’or pur et que l’on pourrait cultiver dans son jardin. En réalité, comme le souligne El Cronista, les végétaux ne créent pas le métal précieux. Ils l’aspirent là où il est déjà présent, mais à des concentrations trop faibles pour intéresser les méthodes minières classiques.

Le principe repose sur trois éléments :

  • un sol contenant des particules d’or, souvent extrêmement diluées ;
  • une plante capable de capter et concentrer ces métaux ;
  • un traitement final pour récupérer l’or dans la biomasse.

La plante agit comme une « pompe biologique » : elle aspire l’or dissous avec l’eau du sol puis le concentre dans ses tissus, surtout dans les feuilles et les tiges.

Dans un premier temps, les scientifiques ajoutent dans le sol un agent chimique qui permet de dissoudre les microparticules d’or fixées sur les minéraux. Une fois solubilisées, ces particules se mélangent à l’eau et deviennent accessibles pour les racines, au même titre que les autres nutriments.

Les espèces les plus efficaces : eucalyptus et « moutarde indienne »

Selon les travaux cités par El Cronista, le chercheur Chris Anderson, spécialiste de ce domaine, a identifié plusieurs plantes particulièrement efficaces pour ce type de récupération. Parmi elles, deux espèces se distinguent :

  • l’eucalyptus, un arbre déjà utilisé dans certaines régions minières ;
  • la mostarde indienne (Brassica juncea), une plante herbacée proche de certaines variétés de choux et de colza.

Ces végétaux présentent une caractéristique précieuse pour les chercheurs : ils supportent la présence de métaux lourds dans leurs tissus sans être détruits. L’or, une fois absorbé par les racines, circule dans la sève et se dépose sous forme de nanoparticules dans différentes parties de la plante. Celle-ci reste vivante, se développe normalement et accumule progressivement le métal tout au long de sa croissance.

Contrairement aux images virales qui laissent imaginer des feuilles couvertes de paillettes dorées, l’or reste invisible à l’œil nu. Il se loge dans la matière végétale à l’échelle nanométrique, ce qui impose un traitement spécifique pour le récupérer.

Comment l’or est-il récupéré dans la plante ?

Une fois la plante arrivée à maturité, l’étape suivante ressemble davantage à un processus industriel classique qu’à un simple geste de jardinage. Les chercheurs décrivent plusieurs phases :

  • la récolte des plantes arrivées au maximum de leur capacité d’accumulation ;
  • le séchage, puis l’incinération de la biomasse dans des installations adaptées ;
  • la récupération des cendres, très concentrées en métaux ;
  • le raffinage de ces cendres par des techniques métallurgiques traditionnelles pour obtenir l’or pur.

L’or ne sort pas d’une fleur comme une pépite : il se concentre dans les cendres après l’incinération de tonnes de végétaux cultivés sur un sol aurifère.

Cette contrainte explique pourquoi la fitominéralurgie reste une technologie de niche, nécessitant des équipements, des surfaces importantes et une expertise scientifique. Elle ne correspond en rien à une méthode artisanale pour « fabriquer » de l’or dans un pot de fleurs à domicile.

Qu’est-ce que la fitominería et pourquoi les industriels s’y intéressent ?

Le terme « fitominería » utilisé par El Cronista désigne ce que les chercheurs appellent en français la fitominéralurgie ou phytomining. Il s’agit de l’utilisation de plantes hyperaccumulatrices pour extraire des métaux d’un sol qui en contient, en quantités très diluées ou dans des zones difficiles à exploiter par les méthodes minières traditionnelles.

Cette approche présente plusieurs atouts pour l’industrie :

  • elle limite les explosions, le terrassement massif et les grands cratères des mines à ciel ouvert ;
  • elle réduit fortement le mouvement de terres et donc certaines nuisances paysagères ;
  • elle peut être déployée sur des sols déjà dégradés, comme des anciens sites miniers ou des tas de résidus (les « relaves ») ;
  • elle peut contribuer à dépolluer des terrains contaminés tout en générant une valeur économique.

Le média argentin insiste sur un autre point : la méthode ne se limite pas à l’or. Des équipes étudient aussi la capacité de certaines plantes à capter le platine, le palladium ou d’autres métaux stratégiques. Pour les industriels, l’enjeu est considérable, car ces ressources entrent dans la fabrication de composants électroniques, de catalyseurs automobiles ou encore de technologies de pointe.

Une technique exigeante, loin de la promesse de « fin de la pauvreté »

El Cronista titre de manière très accrocheuse sur la possible « fin de la pauvreté » grâce à une plante « qui génère de l’or pur ». Mais l’article précise clairement les limites : la fitominería ne crée pas de richesse à partir de rien. Elle ne fait que concentrer un métal déjà présent dans le sol, souvent dans des régions où l’activité minière existe déjà.

La fitominería n’est pas une baguette magique : elle offre une voie plus verte pour récupérer des métaux, sans promettre de transformer chaque jardin en mine d’or.

Pour fonctionner, cette technique nécessite :

  • un sol géologiquement riche en métaux, même à faible concentration ;
  • des intrants chimiques pour rendre ces métaux solubles ;
  • une logistique agricole (semis, irrigation, récolte) ;
  • des installations pour brûler la biomasse et traiter les cendres.

Elle pourrait toutefois changer la manière dont certaines compagnies minières gèrent leurs déchets et leurs friches, en transformant des terrains pollués en surfaces végétalisées capables de récupérer une partie des métaux encore présents.

Et en France, où en est la recherche sur ces plantes « mineuses » ?

En France, des équipes de recherche en agronomie et en environnement s’intéressent depuis plusieurs années aux « plantes hyperaccumulatrices », notamment pour la dépollution des sols. La logique reste proche de celle décrite par El Cronista : utiliser le vivant pour capter des métaux lourds ou des éléments polluants, puis gérer la biomasse chargée en métaux.

Ces travaux relèvent de deux grands axes :

  • la phytoremédiation, qui vise à dépolluer des sols contaminés par des métaux lourds ou des résidus industriels ;
  • le phytomining, qui étudie la possibilité de valoriser une partie de ces métaux récupérés.

En France, ces recherches impliquent souvent des organismes publics comme l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) ou le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), en lien avec des universités. L’objectif principal reste la gestion durable des sites pollués, plus que la production industrielle d’or.

Les autorités encadrent strictement les expériences sur le terrain, notamment pour éviter :

  • la dispersion de plantes exotiques potentiellement envahissantes ;
  • le transfert de métaux dans la chaîne alimentaire, par exemple via des animaux broutant ces plantes ;
  • les risques liés au stockage ou à la combustion de biomasse très chargée en éléments toxiques.

Quels usages concrets et quels risques à long terme ?

Pour un lecteur français, l’intérêt de la fitominéralurgie se situe surtout dans deux domaines : la réhabilitation de sites industriels ou miniers et la récupération de métaux stratégiques. Dans les deux cas, la plante sert d’outil intermédiaire entre la pollution ou la ressource brute et un métal plus facilement exploitable.

Les risques restent réels si la technique est mal encadrée :

  • accumulation de métaux toxiques dans des zones où des animaux domestiques ou sauvages pourraient consommer les plantes ;
  • incendies mal contrôlés lors de l’incinération, avec dispersion de particules métalliques ;
  • détournement d’usage par des acteurs qui chercheraient à exploiter des terrains sans respect des normes environnementales.

Les chercheurs insistent donc sur la nécessité d’intégrer la fitominéralurgie dans des projets globaux de gestion des sites, avec contrôles réguliers, protocoles de sécurité et traçabilité des métaux récupérés.

Une passerelle entre botanique, géologie et industrie minière

El Cronista présente la fitominería comme un pont entre la botanique et la métallurgie. Cette image décrit assez bien la réalité des projets : il faut à la fois comprendre la physiologie des plantes, la géochimie des sols et les procédés industriels de raffinage.

Domaine Rôle dans la fitominéralurgie
Botanique Choix des espèces, étude de leur tolérance aux métaux, de leur croissance et de leur capacité d’accumulation.
Géologie Cartographie des sols riches en métaux, compréhension de la forme chimique de ces éléments.
Chimie Sélection des agents permettant de dissoudre le métal pour le rendre assimilable par les plantes.
Métallurgie Traitement des cendres, séparation et raffinage des métaux jusqu’à l’obtention d’un produit commercialisable.

Pour l’instant, cette technologie reste expérimentale à grande échelle, même si des essais et des démonstrations existent déjà. Le scénario décrit par El Cronista – une plante « qui produit de l’or pur » et que l’on pourrait « semer dans n’importe quelle maison » – sert avant tout à attirer l’attention sur ce champ de recherche. Derrière cette formule, la réalité demeure celle d’un outil parmi d’autres pour rendre la mine un peu moins destructrice et valoriser des ressources qui resteraient sinon inexploitées.

Questions fréquentes

Ces plantes créent-elles réellement de l'or ?

Non. Les plantes n'inventent pas l'or, elles l'absorbent simplement là où il est déjà présent dans le sol, mais en concentration trop faible pour intéresser les méthodes minières classiques. Elles agissent comme une pompe biologique qui concentre le métal dans leurs tissus.

Pourquoi ne pas cultiver ces plantes dans son jardin pour devenir riche ?

Parce que la fitominéralurgie nécessite un sol géologiquement riche en métaux, des traitements chimiques pour rendre l'or soluble, une logistique agricole complète et surtout des installations industrielles pour incinérer des tonnes de végétaux et traiter les cendres. Ce n'est pas une méthode artisanale.

Quels sont les avantages de cette technique par rapport aux mines classiques ?

La fitominéralurgie limite les explosions, les terrassements massifs, les cratères à ciel ouvert et le mouvement de terres. Elle peut aussi être déployée sur des sols dégradés ou des anciens sites miniers pour les dépolluer tout en créant une valeur économique.

Cette méthode fonctionne-t-elle pour d'autres métaux que l'or ?

Oui. Les équipes de recherche étudient aussi la capacité des plantes à capturer le platine, le palladium et d'autres métaux stratégiques utilisés dans l'électronique et les catalyseurs automobiles.

Pourquoi la recherche française s'y intéresse-t-elle ?

En France, les organismes publics étudient les plantes hyperaccumulatrices surtout pour la phytoremédiation, c'est-à-dire la dépollution des sols contaminés par des métaux lourds, avec une valorisation secondaire des métaux récupérés.
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