EUROTEL

Comment aider les oiseaux à passer l’hiver : les gestes simples qui peuvent leur sauver la vie quand il gèle

Aux Pays-Bas, l’hiver réduit les ressources disponibles pour les oiseaux, entre nuits glaciales et journées trop courtes pour se nourrir.

Publié le 11 décembre 2018 par Vogelbescherming, une association néerlandaise de protection des oiseaux, cet article rappelle qu’un jardin peut offrir nourriture, abri et lieux de repos à la faune durant les périodes de gel.

Le froid met les oiseaux à rude épreuve

Après l’automne, la saison froide devient une période difficile pour de nombreuses espèces. Les nuits sont longues et les heures de lumière, nécessaires pour chercher de quoi manger, se réduisent. Insectes, graines et fruits sauvages se font aussi plus rares.

Pour un petit oiseau, conserver sa chaleur demande beaucoup d’énergie. Il doit donc trouver rapidement des aliments riches, tout en évitant les prédateurs et les intempéries. Un espace extérieur aménagé avec quelques refuges peut alors faire la différence.

En hiver, un jardin accueillant ne se limite pas à une mangeoire : il offre aussi des cachettes, des plantes et des zones peu entretenues.

Planter des arbustes qui nourrissent et protègent

Un arbre ou un arbuste sert à la fois de refuge, de support pour les nids et de source de nourriture. Les végétaux produisant des baies attirent particulièrement les oiseaux quand les ressources diminuent.

La source cite notamment l’aubépine, l’églantier, le lierre et le fusain. Ces plantes peuvent fournir des fruits, tout en formant un couvert végétal utile face au vent et à la pluie. Elles accueillent aussi de petits invertébrés, recherchés par certaines espèces.

La plantation se réalise habituellement pendant le repos végétatif, à l’automne ou en hiver hors période de gel. Il faut prévoir un emplacement adapté à la taille future de l’arbuste, afin qu’il puisse se développer sans tailles répétées.

Le coin sauvage, un garde-manger discret

Une partie du jardin peut rester volontairement moins ordonnée. Quelques branches, des pierres empilées et un tas de feuilles mortes créent des abris pour les insectes et les petits animaux. Les oiseaux y trouvent à la fois de la nourriture et une protection.

Merles, moineaux domestiques, accenteurs mouchets et rouges-gorges fréquentent volontiers ces zones. Les feuilles et le bois mort abritent des proies minuscules pendant l’hiver. Quand revient le printemps, les végétaux denses et les branchages peuvent aussi servir de matériaux ou de support pour la nidification.

  • Laisser les feuilles mortes dans un coin plutôt que de les évacuer ;
  • Déposer des branches sans bloquer les passages ;
  • Conserver une végétation dense au pied de certains arbustes ;
  • Éviter les traitements chimiques qui réduisent les insectes disponibles.

Les nichoirs servent aussi pendant les nuits froides

Le nichoir ne joue pas uniquement un rôle au printemps. En hiver, il constitue un refuge contre le vent, la pluie et le gel. Certaines espèces peuvent s’y regrouper pour limiter leurs pertes de chaleur.

La source évoque une observation réalisée en Angleterre : treize troglodytes mignons auraient été comptés dans un même nichoir. Ce comportement collectif permet à ces oiseaux de profiter de la chaleur corporelle du groupe au cours d’une nuit particulièrement froide.

Un nichoir doit rester calme, hors d’atteinte des prédateurs et placé de manière stable. Il convient aussi de le nettoyer à la fin de la saison de reproduction, avec des gestes simples, afin de limiter l’accumulation de parasites et de vieux matériaux.

Une nourriture énergétique quand le gel s’installe

Lorsque le jardin offre déjà des baies, des graines et des abris, un apport alimentaire peut compléter les ressources naturelles. Les aliments riches en matières grasses aident les oiseaux à faire face à leurs dépenses énergétiques hivernales.

Vogelbescherming conseille des boules de graisse ou des préparations maison réalisées avec de la graisse de friture non salée, fondue puis mélangée, si souhaité, à des graines biologiques. La préparation peut sécher dans un récipient ou être suspendue avec une ficelle.

Les graines de tournesol noires sont décrites comme plus grasses que les graines rayées. Leur intérêt varie aussi selon les espèces et la façon dont la nourriture est présentée.

Type d’oiseaux cité Emplacement conseillé par la source
Mésanges et moineaux domestiques Distributeur de graines
Pinsons et grives Sol ou table de nourrissage

Multiplier les points de nourrissage permet ainsi de mieux répondre aux habitudes de plusieurs espèces. Il faut placer la nourriture dans un endroit dégagé, où les oiseaux peuvent repérer l’arrivée d’un danger, tout en gardant des arbustes proches pour se mettre à couvert.

Ce qui s’applique en France

En France, la Ligue pour la protection des oiseaux invite elle aussi les particuliers à soutenir les oiseaux en période de froid, notamment avec une nourriture adaptée et de l’eau renouvelée lorsque les températures sont négatives. Les mangeoires doivent être entretenues régulièrement : des graines humides, des restes accumulés ou des fientes peuvent favoriser la transmission de maladies entre individus.

Le pain, les aliments salés, les produits sucrés ou les restes de cuisine ne constituent pas une alimentation adaptée pour les oiseaux sauvages. Mieux vaut privilégier des graines, des fruits appropriés selon les espèces, ou des matières grasses non salées prévues pour cet usage. L’eau mérite aussi une attention particulière : un récipient peu profond, nettoyé fréquemment, peut servir à boire et à entretenir le plumage.

Le nourrissage gagne à rester régulier pendant une vague de froid : commencer puis interrompre brutalement l’apport peut désorienter des oiseaux habitués à cette ressource.

Observer sans déranger

Installer des aménagements pour les oiseaux offre aussi l’occasion de les observer depuis une fenêtre, sans s’approcher. Les différences de comportement deviennent visibles : certains restent au sol, d’autres préfèrent les branches, les distributeurs ou les haies épaisses.

Aux Pays-Bas, l’association à l’origine de l’article encourage les habitants à participer à un comptage annuel des oiseaux des jardins. En France, la LPO et le Muséum national d’Histoire naturelle proposent également des opérations de sciences participatives. Ces observations aident à mieux suivre la présence des espèces près des habitations.

Un jardin vivant repose enfin sur des gestes cumulés : garder une haie, préserver quelques feuilles, offrir un abri, nettoyer les points d’eau et varier les zones de nourriture. Même un balcon peut accueillir un petit point d’eau ou une mangeoire entretenue, à condition de ne pas exposer les oiseaux à un risque de chute ou à la présence d’animaux domestiques.

Défiler vers le haut