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À 77 ans, Daniel Guichard a tourné le dos aux chambres d’hôtel : il vit désormais dans un camping-car de 5,5 tonnes

En France, le chanteur Daniel Guichard a trouvé une façon radicale d’échapper aux hôtels et aux loges en tournée.

Le célèbre interprète de « Mon vieux » a organisé sa vie de tournée autour d’un immense camping-car qui lui sert à la fois de maison, de bureau et de loge. Comme le raconte le site spécialisé en loisirs et voyages qui l’a rencontré, l’artiste de 77 ans sillonne désormais les routes de France avec son « chez-lui » sur quatre roues, loin des couloirs impersonnels des hôtels.

Un chanteur de légende qui préfère sa maison roulante aux hôtels

Depuis une dizaine d’années, Daniel Guichard a bouleversé sa façon de vivre la route. Les valises à répéter, les allers-retours entre le coffre de la voiture, la loge et la chambre d’hôtel ont fini par l’épuiser. Il l’explique clairement : il en avait assez de transporter ses guitares, ses costumes de scène et tout son nécessaire d’un point A à un point B.

« Alors, depuis une dizaine d’années, Daniel Guichard a décidé de se déplacer en tournée à bord d’un camping-car. »

À 77 ans, l’interprète de « La Tendresse » continue de donner des concerts et de parcourir le pays. Mais lui qui dit ne pas aimer voyager a trouvé une solution qui lui convient : se déplacer avec sa maison. Il résume son état d’esprit en une phrase : « Plus de loges, plus d’hôtel, je suis chez moi où que je sois ».

Concrètement, son camping-car tient lieu de :

  • logement pendant les tournées,
  • loge avant et après les concerts,
  • espace de travail pour préparer ses spectacles,
  • lieu de repos entre deux dates.

Un camping-car de 5,5 tonnes, aussi cher et confort qu’une maison

Au fil des années, Daniel Guichard en est déjà à sa troisième « maison roulante ». Son modèle actuel, un imposant intégral de la marque Niesmann + Bischoff, affiche un poids total de 5,5 tonnes. Ce type de véhicule, très haut de gamme, se rapproche davantage d’un petit appartement que d’un simple camping-car familial.

Le chanteur décrit un engin « qui dispose évidemment de tout le confort d’une maison, et qui coûte le prix d’une maison d’ailleurs ».

Normalement, un tel poids nécessite un permis poids lourd. En France, au-delà de 3,5 tonnes, un permis spécifique est en principe obligatoire. Pourtant, le chanteur prend le volant lui-même en toute légalité. Il bénéficie en effet d’une particularité liée à la réglementation d’époque.

Un « vieux » permis B qui change tout

Daniel Guichard explique profiter d’un avantage méconnu : il détient un permis B datant d’avant 1976. La loi lui permet ainsi de conduire cet intégral de 5,5 tonnes sans passer le permis poids lourd. Cette exception concerne uniquement les anciens permis, délivrés à une époque où les limitations étaient moins strictes.

Juste avant la crise sanitaire liée au Covid, le chanteur a donc sauté le pas et s’est offert ce « gros bahut ». Il ne le regrette pas : quelque 90 000 km plus tard, il s’en dit toujours enchanté. Son unique frustration concerne son épouse, qui n’a plus le droit de manœuvrer ce mastodonte puisqu’il dépasse le poids toléré par son propre permis. Elle conduisait pourtant avec plaisir leur précédent modèle, un camping-car Rapido plus léger.

Une vie sur les routes… mais pas à l’année

Si le camping-car occupe une place centrale dans sa vie, Daniel Guichard ne vit pas en permanence à bord. Entre deux tournées, il rentre dans sa maison de l’Hérault, où il réside avec sa famille. Sa « maison roulante » reprend du service au moment des concerts, comme pour la tournée qu’il prépare en Bretagne, une région qu’il affectionne particulièrement.

Pour cette prochaine série de dates, il compte repartir avec son épouse à ses côtés. « C’est elle qui connaît le mieux l’engin », reconnaît-il. Elle n’hésite pas à le rappeler à l’ordre lorsqu’il appuie un peu trop sur l’accélérateur.

Son épouse « le siffle au passage lorsqu’il dépasse, un peu, les limitations de vitesse ».

Stationner un mastodonte : une loge sur roues derrière les salles

Malgré la taille de son Niesmann + Bischoff, le chanteur ne rencontre pas de difficulté majeure pour stationner. Le véhicule se gare généralement à l’arrière des salles de concert. Ces zones sont prévues pour accueillir les camions qui transportent le matériel de scène. Son intégral se range donc simplement à côté du camion qui transporte ses équipements.

Lorsqu’il se produit à Paris, Daniel Guichard opte pour une solution connue des camping-caristes : le camping du bois de Boulogne. Ce site situé dans l’ouest de la capitale peut accueillir des véhicules de grande taille, tout en offrant un accès raisonnablement facile aux salles de spectacle parisiennes.

Des tournées au combat contre les ZFE : un engagement pour « les gueux »

À force de passer des heures sur les routes, Daniel Guichard s’est intéressé de près aux réalités vécues par les automobilistes et les conducteurs de véhicules de loisir. Ses trajets, ses contraintes de stationnement et la taille de son camping-car l’ont sensibilisé aux restrictions de circulation, notamment autour des grandes villes.

Il a ainsi rejoint l’écrivain Alexandre Jardin dans la lutte contre les zones à faibles émissions (ZFE). Ces ZFE, en France, limitent l’accès des véhicules jugés trop polluants à certains centres urbains, en fonction de leur vignette Crit’Air. De nombreux propriétaires de voitures anciennes, de vieux utilitaires ou de camping-cars s’inquiètent de ne plus pouvoir entrer dans certaines métropoles.

L’artiste a participé « à la lutte contre les ZFE, et en faveur des “gueux” » aux côtés d’Alexandre Jardin.

En parlant de « gueux », le chanteur et l’écrivain défendent ceux qui roulent avec des véhicules modestes, souvent parce qu’ils n’ont pas les moyens d’en changer. Selon lui, la situation s’est un peu apaisée et « les politiques ont fini par renoncer ». Il reste toutefois méfiant : « Mais jusqu’à quand ? » s’interroge-t-il. Il promet de rester vigilant, pas uniquement sur la route, mais aussi face aux décisions publiques qui peuvent impacter les automobilistes.

Le camping-car en France : un mode de vie qui séduit

Le choix de Daniel Guichard s’inscrit dans une tendance de fond observée en France. Le camping-car attire de plus en plus de retraités, de familles et parfois de travailleurs nomades. Beaucoup y voient un moyen de voyager en restant « chez soi », d’organiser ses étapes à son rythme, ou encore de réduire certains coûts d’hébergement lors des déplacements fréquents.

Pour un artiste en tournée, ce choix présente plusieurs avantages concrets :

  • une logistique simplifiée : pas de bagages à refaire à chaque étape ;
  • un environnement familier qui réduit la fatigue ;
  • une meilleure maîtrise des horaires avant et après les spectacles ;
  • moins de dépendance aux hôtels et aux loges disponibles.

En France, les camping-cars restent soumis à des règles spécifiques : limitations de stationnement dans certains centres-villes, respect des aires dédiées, restrictions possibles liées aux ZFE. Un véhicule de 5,5 tonnes comme celui de Daniel Guichard doit également tenir compte des ponts, des petites routes et parfois des interdictions de circulation pour les véhicules lourds.

Ce que cela représente pour un lecteur français qui voudrait faire comme lui

Pour un particulier en France désireux d’adopter un mode de vie proche de celui de Daniel Guichard, plusieurs points changent en fonction du poids et du type de camping-car choisi. En dessous de 3,5 tonnes, le permis B classique suffit. Au-delà, le conducteur doit en principe disposer d’un permis poids lourd ou d’une extension adaptée, sauf cas très particuliers liés aux anciens permis.

Poids du camping-car Permis nécessaire (principe général en France)
Jusqu’à 3,5 tonnes Permis B
Plus de 3,5 tonnes Permis poids lourd ou extension spécifique

La situation de Daniel Guichard reste donc particulière. Son ancien permis B lui permet légalement de conduire un véhicule que la plupart des conducteurs actuels ne pourraient pas piloter sans formation complémentaire. Cette exception ne s’applique pas aux nouveaux titulaires du permis.

À cela s’ajoutent des questions pratiques : coût d’achat d’un camping-car, entretien, assurance, carburant, péages, mais aussi choix des aires de stationnement. Le chanteur gère ces aspects à l’échelle d’une carrière et d’une tournée, alors qu’un particulier les envisagera dans le cadre de vacances ou d’un long voyage à la retraite.

Une maison roulante, entre liberté, contraintes et vigilance

Le cas de Daniel Guichard illustre à la fois l’attrait et les limites d’une maison roulante en France. Pour un artiste habitué à la route, ce choix apporte une vraie stabilité. Il retrouve partout le même lit, la même cuisine, le même espace de travail. Sa tournée se transforme en prolongement de son quotidien plutôt qu’en succession de chambres impersonnelles.

Cette liberté comporte aussi des contraintes : manœuvrer un véhicule de 5,5 tonnes, respecter les règles de circulation, anticiper les possibilités de stationnement autour des salles, rester attentif aux évolutions réglementaires comme les ZFE. L’engagement public de Daniel Guichard aux côtés d’Alexandre Jardin montre que ces sujets dépassent son seul confort personnel et touchent à un débat plus large sur la mobilité, le pouvoir d’achat et l’accès aux centres-villes.

Pour un lecteur français, cette histoire offre un aperçu très concret de ce que représente un tel mode de vie : une autonomie appréciable, un confort proche de celui d’une maison, mais aussi une série d’arbitrages entre budget, réglementation et choix de véhicule. Les tournées de Daniel Guichard, elles, continuent de se préparer au rythme de ce grand intégral qui lui sert tout à la fois de maison, de loge, de bureau et de poste d’observation des routes françaises.

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