En pleine course GT en Chine, une Ferrari s’embrase et un pilote reste coincé. Son rival interrompt sa course pour lui porter secours.
Sur un circuit de Shanghai, lors d’une manche du championnat GT, un terrible accident a failli coûter la vie au Britannique Ollie Millroy. Comme le rapporte le quotidien régional français La Dépêche, c’est un autre pilote, le Néerlandais Loek Hartog, qui s’est précipité vers la voiture en flammes pour le sortir de l’habitacle, alors qu’aucun secouriste n’était encore sur place.
Une Ferrari GT3 transformée en boule de feu à Shanghai
La scène se déroule sur le circuit de Shanghai, en Chine, lors d’une course du championnat GT. Au volant d’une Ferrari GT3 frappée du numéro 91, Ollie Millroy perd violemment le contrôle de sa voiture. Le choc est si brutal que la voiture s’embrase presque immédiatement.
Dans les instants qui suivent, la Ferrari se transforme en véritable boule de feu. Le pilote britannique, âgé de 36 ans, reste coincé dans l’habitacle. Les commissaires de piste et les pompiers ne sont pas encore arrivés sur la zone de l’accident. Le temps semble suspendu, alors que les flammes gagnent du terrain.
Une Ferrari GT3 accidentée, une boule de feu, un pilote coincé à l’intérieur, et aucun secours immédiat en vue sur le circuit chinois.
À ce moment précis, un autre concurrent, le Néerlandais Loek Hartog, comprend qu’il n’y a pas une seconde à perdre. Il ralentit, stoppe sa propre voiture et sort en courant, un extincteur à la main, pour tenter de sauver son rival pris au piège.
Le geste décisif de Loek Hartog, « aucun moment de doute »
Loek Hartog, engagé lui aussi sur cette manche du championnat GT, agit sans hésitation. Sur ses réseaux sociaux, il expliquera plus tard son état d’esprit au moment du drame.
« Juste là où je devais être », résume-t-il. Le pilote raconte avoir vu la voiture de Millroy se changer en énorme boule de feu. Face à ces images, il n’a pas réfléchi longtemps à la suite à donner à sa course.
« Quand j’ai vu une voiture se transformer en une énorme boule de feu, je n’ai pas eu besoin de réfléchir. […] Il n’y a pas eu un seul moment de doute », confie Loek Hartog.
Selon ses propos relayés par La Dépêche, Hartog pense immédiatement que le pilote à l’intérieur ne pourra pas sortir seul. Il s’arrête, quitte son habitacle, attrape un extincteur et court vers la Ferrari en feu. Il parvient à maîtriser suffisamment les flammes pour atteindre la porte, puis aide Ollie Millroy à s’extraire du véhicule.
Dans ce type de situation, chaque seconde compte. Hartog prend le risque de s’exposer lui-même à la chaleur, aux flammes et à d’éventuelles explosions de pièces mécaniques. Malgré tout, il reste près de la voiture jusqu’à réussir à tirer le pilote britannique hors de l’habitacle.
Un pilote grièvement blessé, mais vivant grâce à son rival
Miraculeusement, Ollie Millroy survit à l’accident. Ses blessures restent néanmoins très sérieuses. Le Britannique souffre de multiples fractures et de blessures internes, qui témoignent de la violence du choc.
cinq côtes cassées ;
une clavicule fracturée ;
une main et un doigt cassés ;
un poumon contusionné.
Dans un message publié sur Instagram, il décrit son état et son immense gratitude envers Loek Hartog. Il explique ne garder aucun souvenir des instants entourant l’accident : « Je ne me souviens de rien entre les 30 secondes qui ont précédé l’accident et l’heure qui a suivi », confie-t-il.
« Si je suis encore en vie ce soir, c’est entièrement grâce à un homme. Loek Hartog s’est arrêté immédiatement […] et a risqué sa propre vie pour me sortir de la voiture », écrit Ollie Millroy.
Malgré la gravité des blessures, le pilote britannique garde en tête que la situation aurait pu être bien plus dramatique. Il reconnaît que « cela aurait pu être bien pire » et souligne que ce geste de courage restera marqué à jamais dans sa mémoire.
Hospitalisé en Chine, il doit subir deux opérations dans les heures suivant l’accident. Les médecins lui imposent ensuite « quelques semaines de repos » sur place, avant tout retour à la compétition ou même à la vie quotidienne normale.
« Je te dois la vie » : un message de gratitude poignant
Dans sa publication, Ollie Millroy ne se contente pas de remercier son sauveur. Il insiste sur la portée humaine de cet acte, bien au-delà des rivalités de piste. Le Britannique évoque notamment ses trois enfants, à qui il compte raconter un jour en détail ce qu’il vient de vivre.
« Un jour, je raconterai cette histoire à nos trois enfants et, à leurs yeux aussi, Loek sera le plus grand super-héros de l’histoire », promet Ollie Millroy.
Il termine son message par des mots qui résument la relation nouée dans l’urgence : « Merci Loek. Je te dois la vie pour ton geste altruiste d’aujourd’hui ». Pour un pilote professionnel, habitué à côtoyer le danger, reconnaître ainsi la dette contractée envers un rival souligne la violence de l’accident et la détermination de son sauveur.
L’épisode rappelle que, derrière le casque et les couleurs d’écuries concurrentes, les pilotes partagent un même risque et un même réflexe de solidarité. Sur la piste de Shanghai, la compétition est passée en arrière-plan face à l’urgence de sauver une vie.
La sécurité sur les circuits : un enjeu permanent
Ce type d’accident remet en lumière l’importance des procédures de sécurité dans le sport automobile. Même si les normes ont nettement progressé ces dernières décennies, le risque d’incendie après un choc violent reste bien réel, en particulier sur des voitures puissantes comme les GT3.
Les circuits, qu’ils soient en Chine ou ailleurs, disposent généralement de plusieurs niveaux de protection :
des commissaires de piste formés, placés à intervalles réguliers autour du tracé ;
des extincteurs positionnés en bord de piste ;
des véhicules d’intervention rapide (médicaux et techniques) ;
des postes de commande qui déclenchent drapeaux et neutralisations de course.
Dans le cas de Shanghai, La Dépêche précise qu’« il n’y avait ni commissaires de piste ni pompiers en vue » au moment précis où la voiture de Millroy brûlait. La distance avec le poste le plus proche, ou la soudaineté de l’incendie, ont pu retarder l’arrivée des secours. Ce laps de temps a suffi pour que l’intervention de Hartog devienne décisive.
Les pilotes reçoivent eux aussi une formation de base à l’usage des extincteurs et aux procédures d’urgence. L’attitude de Loek Hartog illustre cette préparation, mais aussi la capacité à agir vite dans un environnement sous haute pression, avec du bruit, de la fumée et un risque permanent.
Ce que cela rappelle aux passionnés français de sport auto
Pour un lecteur français, cet accident en Chine renvoie directement au sujet de la sécurité dans les compétitions sur circuit. En France, les courses se déroulent sous le contrôle de la Fédération française du sport automobile (FFSA), qui impose un cadre strict : commissaires formés, médecins de piste, voitures médicales, contrôles techniques réguliers des véhicules et équipements de protection obligatoires pour les pilotes.
Comme dans les championnats internationaux, les pilotes engagés dans des séries GT ou des compétitions de niveau inférieur portent des combinaisons ignifugées, des gants et cagoules anti-feu, des casques homologués et des systèmes de retenue de la tête de type HANS. Les voitures disposent d’arceaux de sécurité, de systèmes d’extinction embarqués et de structures renforcées pour encaisser les chocs.
Les incidents graves restent rares, mais chaque accident spectaculaire conduit les instances à analyser les causes et à ajuster les règles. Des retours d’expérience venus de l’étranger, comme ce qui s’est produit à Shanghai, peuvent nourrir les réflexions en France, que ce soit sur la position des postes de secours, la formation des commissaires ou la sensibilisation des pilotes aux gestes d’urgence.
Comprendre la catégorie GT3 et ses risques spécifiques
La voiture d’Ollie Millroy, une Ferrari GT3, appartient à une catégorie très répandue en sport automobile moderne. Les GT3 sont des voitures dérivées de modèles de série de prestige, profondément modifiées pour la compétition : allègement, aérodynamique spécifique, puissance moteur importante, systèmes de sécurité renforcés.
Ces voitures roulent à des vitesses élevées, avec des freinages violents et des appuis aérodynamiques importants. En cas de sortie de piste ou de collision avec un autre véhicule, l’énergie dégagée reste considérable. Un choc sur un réservoir, un élément de carburant ou une zone chaude du moteur peut déclencher un incendie rapide.
C’est pour cette raison que les systèmes d’extinction embarqués, ainsi que la présence d’extincteurs en bord de piste, jouent un rôle central. Le geste de Hartog montre aussi que connaître l’emplacement de ces matériels et savoir les utiliser peut faire la différence entre un grave accident et un drame irréversible.
Un acte de courage qui dépasse le cadre de la course
Au-delà des chiffres et des règlements, cette scène sur le circuit de Shanghai met en avant une réalité souvent moins visible du sport auto : la solidarité entre pilotes. Dans un environnement où tout pousse à la performance, au chrono et à la rivalité entre écuries, certains choix ramènent à une valeur simple, la protection de la vie humaine.
Le témoignage d’Ollie Millroy, qui prévoit déjà de raconter l’épisode à ses trois enfants, et les propos mesurés mais clairs de Loek Hartog, rappellent que ces sportifs acceptent une part de risque à chaque départ. Quand ce risque se matérialise, le rôle de ceux qui se trouvent « juste là où ils devaient être » devient capital.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.