En France, Citroën réfléchit au retour d’une familiale compacte et modulable, à contre-courant de la domination des SUV.
Alors que les monospaces ont presque déserté les catalogues, la marque française remet l’usage au centre de sa réflexion. L’article source évoque le concept ELO, présenté au Salon de Bruxelles en 2026, comme une piste concrète pour imaginer la voiture familiale Citroën de la fin de la décennie.
Le monospace, une idée que Citroën refuse d’abandonner
Depuis une quinzaine d’années, les SUV ont progressivement remplacé les monospaces dans les parkings des familles. Leur carrosserie haute, leurs passages de roues marqués et leur image de véhicule polyvalent ont séduit une grande partie des automobilistes. Pourtant, le monospace conservait des atouts très pratiques : une meilleure exploitation du volume intérieur, de grandes surfaces vitrées, une visibilité généreuse et une modularité pensée pour les passagers.
Chez Citroën, la disparition de la C4 SpaceTourer en 2022 a marqué la fin d’une époque. Ce modèle, connu auparavant sous le nom de C4 Picasso, incarnait une recette longtemps populaire : un véhicule familial confortable, lumineux et différent des berlines classiques.
Citroën ne cherche pas seulement à reproduire un ancien monospace : la marque veut remettre l’espace, la modularité et la vie à bord au cœur du projet.
Xavier Chardon, patron de Citroën, a indiqué travailler sur « l’avenir du monospace ». La formule laisse entendre que la marque examine une alternative aux SUV compacts, sans pour autant promettre le retour exact d’une Xsara Picasso moderne.
Le concept ELO, un laboratoire sur roues
Présenté à Bruxelles en 2026, le concept ELO donne une idée de cette réflexion. Ce prototype électrique affiche un format étonnamment compact : 4,10 mètres de long, 1,92 mètre de large et 1,70 mètre de haut. Une longueur proche de celle d’une citadine polyvalente, avec une ambition familiale bien plus affirmée.
L’ELO peut accueillir jusqu’à six personnes. Dans sa configuration habituelle, il compte quatre places. Deux sièges d’appoint, rangés sous la banquette arrière, peuvent prendre place lorsque le besoin se présente. Citroën affirme que cette solution ne condamne pas le coffre, un enjeu déterminant pour un véhicule destiné aux familles.
Une longueur contenue de 4,10 mètres ;
Jusqu’à six places à bord ;
Une motorisation électrique placée sur l’essieu arrière ;
Des portes latérales antagonistes sans pied milieu ;
Un vaste accès latéral annoncé à 1,92 mètre ;
Un habitacle pensé aussi pour les loisirs et les escapades.
Le prototype a été développé avec Decathlon pour certains éléments d’aménagement intérieur et avec Goodyear pour les pneumatiques. Il ne s’agit donc pas d’une simple étude de style. Citroën y teste des usages liés aux déplacements familiaux, aux activités de plein air et au couchage occasionnel.
Un intérieur inspiré d’un petit camping-car
Le concept adopte plusieurs solutions spectaculaires. Son poste de conduite central rappelle celui de la McLaren F1. Le siège du conducteur peut pivoter. Des matelas gonflables sont rangés dans deux bacs sous le coffre, tandis qu’un écran de projection escamotable complète l’équipement.
Ces aménagements ont peu de chances d’arriver tels quels sur une voiture commercialisée à grande échelle. Le concept ELO n’est pas conçu pour être homologué. Son intérêt se situe ailleurs : montrer qu’un véhicule court peut offrir un habitacle transformable et accueillant.
Le principe défendu par l’ELO est simple : conserver un gabarit adapté à la ville tout en libérant un maximum de place pour les occupants.
Une filiation assumée avec la Xsara Picasso
La Xsara Picasso a marqué Citroën par son style rond, presque ovoïde, et par sa recherche de simplicité. Elle avait réussi à rendre désirable une carrosserie alors associée avant tout à la praticité. Son nom reste lié à une période où les familles cherchaient un véhicule spacieux sans passer par un grand break.
Le futur modèle évoqué par l’article ne reprendrait pas exactement cette silhouette. Le concept ELO privilégie des volumes plus carrés, des lignes franches et une approche plus fonctionnelle. Cette orientation correspond aussi à une tradition de la marque : proposer des voitures reconnaissables, parfois inattendues, avec une attention particulière portée au confort et à l’usage quotidien.
Des rendus non officiels signés Andrei Avarvarii imaginent déjà une version plus douce et plus réaliste du véhicule. Ces images ne représentent pas le modèle définitif. Elles illustrent seulement une interprétation possible d’une familiale inspirée du concept.
Des motorisations encore très incertaines
Citroën n’a confirmé ni la production, ni le calendrier définitif, ni les motorisations du futur véhicule. Des informations non confirmées avancent l’hypothèse d’une plateforme capable d’accueillir des moteurs essence, diesel, hybrides et électriques.
Une telle souplesse permettrait à la marque de répondre à des usages très différents. L’électrique peut convenir aux trajets urbains et périurbains, notamment pour les automobilistes qui souhaitent circuler avec une vignette Crit’Air 0. Les motorisations hybrides restent recherchées par de nombreux conducteurs européens qui alternent ville, route et longs déplacements.
À ce stade, aucune donnée fiable ne permet de préciser l’autonomie, la puissance, le prix ou la capacité de recharge d’une éventuelle version électrique. Le projet se situe donc encore entre l’intention industrielle et l’étude de faisabilité.
Ce qui pourrait changer en France
En France, le marché automobile reste largement orienté vers les SUV. Les familles qui recherchent six ou sept places se tournent souvent vers des grands SUV, des ludospaces ou des fourgons aménagés. Un monospace compact proposant six places dans un format proche de 4,10 mètres occuperait donc une position rare.
Le principal avantage pourrait être concret au quotidien : se garer plus facilement qu’avec un grand véhicule familial, tout en disposant de places supplémentaires de façon ponctuelle. La hauteur d’accès, les larges ouvertures et les rangements comptent aussi pour les parents de jeunes enfants, les aidants familiaux ou les personnes qui transportent régulièrement du matériel.
La modularité, un argument plus utile qu’un simple style
Dans une voiture familiale, la modularité désigne la capacité à adapter l’habitacle : rabattre un siège, déplacer une banquette, ajouter une place d’appoint ou libérer du volume pour des bagages. Elle ne garantit pas à elle seule le confort de tous les passagers. La qualité des assises, l’espace aux jambes et l’accessibilité des sièges arrière restent décisifs.
Le défi sera aussi économique. Un format original ne suffira pas si le tarif s’éloigne des attentes des familles. Citroën devra trouver l’équilibre entre équipement, coût d’achat, autonomie éventuelle et volume intérieur. L’idée d’un monospace électrique abordable est séduisante, mais elle dépendra des arbitrages industriels de la marque.
Le modèle est évoqué pour 2027 ou 2028, sans annonce officielle à ce jour. Entre le concept ELO et une voiture de série, Citroën devra encore résoudre les questions de sécurité, d’homologation, d’ergonomie et de rentabilité. Pour l’instant, la promesse tient surtout dans un retour assumé à une idée que le marché avait presque abandonnée : une familiale conçue d’abord pour ceux qui voyagent à bord.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.